FABRIQUES DE SOUDE
Sommaire technique.— Deux grandes méthodes sont mises en pratique aujourd’hui; la méthode par l'acide sulfurique, dite plus couramment le procédé ancien ou de Leblanc ; la méthode par l’'ammontaque dite encore le procédé moderne ou de Solway.
= Procédé Leblanc. — La théorie du procédé Leblanc consiste à transformer le chlorure de sodium en sulfate de soude, par l'acide sulfurique ; à transformer ensuite ce sulfate en carbonate, en le calcinant avec un mélange de carbonate de chaux et de charbon. Cette dernière substance est considérée comme n'agissant qu'à titre de matière ré. ductrice.
Dans la pratique, il y à deux séries distinctes d’ PRE: tions correspondant aux deux phases de la théorie : 4° la transformation du chlorure de sodium en sulfate de soude ; 2° la transformation du sulfate de soude en carbonate de soude.
La fabrication du sulfate de soude comprend elle-même deux opérations : la préparation de l'acide sulfurique et la décomposition du chlorure de sodium.
L'acide sulfurique se prépare en grand par le grillage des pyrites et oxydation de l'acide. sulfureux, détenu, au moyen de l'acide azotique.
La décomposition du chlorure de sodium nécessite la combinaison de deux genres d'appareils : les fours où le sel est soumis à l’action de l'acide sulfurique, qui sont dits fours à sulfate, et des appareils condensateurs pour l'acide chlorhydrique mis en liberté.
Le four se divise en deux compartiments, la cuvette et la calcine. Dans la cuvette, on introduit d’abord le chlorure
(1) Gubler et Napias. Congrès international d'hygiène de Paris.
de sodium, puis on fait arriver l'acide sulfurique qui s'empare de la soude en mettant en liberté l'acide chlorhydrique. Quand, sous l'influence de la chaleur, le mélange a pris une consistance assez ferme, on le fait passer dans la calcine où il est porté jusqu’au rouge. Enfin on fait tomber le sulfate, ainsi formé et débarrassé en grande partie de l'excès d'acide sulfurique, dans une cave voütée où on le laisse refroidir.
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Fig. 142. — Four à moufle pour la soude.
A est la cuvette en plomb où s’opère la réaction de l'acide sulfurique sur le sel; la flamme du foyer situé au côté opposé chauffe la voûte du four B, en allant de F en G ; elle redescend en dessous en HI, d'où elle passe ensuite sous la cuvette en KL, et s'échappe enfin par la cheminée M. Les vapeurs chlorhydriques sortent par le tube en grès c.
Il se dégage de l’acide chlorhydrique aussi bien dans la calcine que dans la cuvette; mais beaucoup plus dans cette dernière. Cest cet acide qu'il importe d’emprisonner relativement en le condensant et le dissolvant dans de l’eau. Dans ce but, la cuvette et la calcine doivent être surmontées de tuyaux de dégagement aboutissant à une série de bonbonnes contenant de l’eau, qui doivent toutes être successivement traversées de bas en haut par la colonne gazeuse.
2° Pour opérer la décomposition du sulfate de soude,
INDUSTRIES A CLASSEMENT VARIABLE OÙ MIXTE. 389 on le soumet au grillage, après l'avoir mélangé à une certaine quantité de charbon de terre et de carbonate de chaux. Pendant qu'il est dans les fours à griller, ce mélange doit être remué avec des räbles. Il se produit à chaque instant des jets gazeux, appelés chandelles. Quand la transformation est jugée opérée, l’ouvrier amène la matière au moyen de râteaux, vers la porte de travail, et la fait tomber dans un récipient en bois où elle se moule en blocs et se solidifie. Ces blocs, qui prennent le nom de pains de soude, sont retirés après refroidissement complet et soumis au cassage. Les fragments sont dissous dans des chaudières chauffées à la vapeur. Cette dissolution constitue l'opération du lessivage.
La solution obtenue est ensuite conduite dans des bassins maintenus à 40°. Dans ces bassins, il se forme un dépôt de sulfure de fer, appelé marcs nosrs.
On fait passer le liquide qui surnage dans d’autres bassins, dits d'évaporation, où la liqueur se concentre et où la to se produit.
Enfin les cristaux sont retirés, séchés sur des plaques de fonte chauffées et emballés dans des tonneaux pour être livrés aux commerce.
À ces opérations principales, 1l est d'usage dans la plupart des usines, d’enjoimdre d’autres qui ont pour but de fixer et d'utiliser l'acide chlorhydrique contenu dans l’appareil de condensation, On le transforme en chlorure de calcium. Dans ce but, cet acide est d’abord soumis à l’action du peroxyde de manganèse qui, en s emparant de son hydrogène, le transforme en chlore. Celui-ci est conduit par des tuyaux en plomb dans des chambres où il y à de la chaux blanche pulvérisée. Pendant toutes les phases de cette opération, un dégagement de chlore et d’acide chlorhydrique tend à se produire dans latmosphère de l'atelier. ds :
Procédé par l'ammontaque. — Dans ce procédé là théorie consiste a mettre en présence du chlorure de sodium et du bicarbonate d’ammoniaque, de facon à obtenir par
Poincaré. —- Hyg. industr. 25