‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 139 sur 172 · DC · texte numérisé non relu

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peurs liquéfiables, qui sont de l’eau, de l'acide pyroligneux ou acide acétique, du goudron, de la benzine, du toluène, de la créosote, de l'alcool méthylique, des acides formique, butyrique, valérianique, caproïque, etc.

Le mélange gazeux est plus riche en hydrogène bicarboné que le gaz d'éclairage. Aussi a-t-on cherché à l’utiliser à la place de ce dernier. En Allemagne, on consomme beaucoup de ce gaz de bois, mais en France on l'utilise comme combustible dans l’usine mème, en le ramenant sous les chaudières, et on n'utilise comme produits commerciaux principaux que le charbon et l'acide pyroligneux, et accessoirement, le goudron.

En France, cette distillation s "exécute généralement avec l'appareil suivant :

SR R Ne cu ==

Fig. 187. — Appareil pour la distillation du bois.

Le bois en bûchettes est placé dans la caisse en fonte c qui repose dans un fourneau à grille. Le conduit { amène les produits de la

distillation dans le réfrigerant, qui se compose de quatre tuyaux horizontaux, réunis par les tuyaux f£é enveloppés de manchons en tôle mmm dans lesquels circule de l’eau froide. Celle-ci est fournie par le réservoir R, arrive par le tube ss dans le manchon inférieur, puis dans les supérieurs par les tubes 00, et s'échappe échauffée par le tube 0’. Les liquides condensés tombent par le conduit p dans le réservoir H. Le conduit k mène les produits purement gazeux el inflammables sous le foyer, de telle sorte qu'une fois la distillation en train, il n’y a plus besoin d'autre combustible.

Le goudron tombe au fond du bain acide qui forme la masse principale. On sépare par décantation. Maïs la solution brute d’acide est d’un rouge brun et dégage une forte odeur empyreumatique. Pour épurer cet acide pyroligneux, on le distille d’abord dans un alambic en tôle, ce qui le débarrasse du goudron et de sa couleur brune, maïs qui lui laisse encore une odeur désagréable due à l'alcool méthylique et à des carbures légers. On le sature avec de la chaux éteinte, puis par de la craie. Il se forme de l’acétate de chaux qu'on traite par du sulfate de soude. On obtient du sulfate de chaux qui se dépose et de l’acétate de soude dissous qu’on décante. On fait cristalliser deux fois. Pour décolorer ces cristaux, on procède à ce qu’on appelle la fritte. C'est une torréfaction qui se fait avecles plus grands ménagements dans des chaudières plates, où il faut continuellement agiter la masse avec des ringards pour éviter une action trop forte et trop partielle de la chaleur. Cette torréfaction a pour but de volatiliser le goudron qui entache les cristaux. Enfin, pour rendre libre l'acide acétique, on traite les cristaux d’acétate de soude par de l'acide sûifurique.

Hygiénologie. — La carbonisation du bois en meule donne évidemment à l'atmosphère le maximum de fumée de gaz et de produits volatils empyreumatiques ou acides. Mais ces inconvénients importent peu pour la salubrité publique, parce que forcément cette opération s'effectue dans le voisinage des bois et loin de toute habitation et parce que les produits de la combustion sont immédiatement et. largement diffusés dânsune atmosphère complètement libre:

Avec la distillation, il semble que les inconvénients de-

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vraient être en partie conjurés, puisque les produits odorants et irritants sont condensés, recueillis et utilisés. Il n’en est rien; malgré les soins apportés à la construction des appareils et aux opérations, ilrègne toujours dans l’intérieur de l’usine une odeur désagréable qui irrite la gorge, les bronches, les conjonctives, qui agace mème le système nerveux et qui résulte des fuites inévitables d’alcool méthylique, de créosote, de goudron, d'acide acétique, etc. À certains moments et sous certains vents, ces effets franchissent mème les murs de l'usine. Pour l'extérieur, c'est la cheminée qui cause les inconvénients les plus constants, car elle donne, malgré tout, issue à une fumée épaisse et odorante. Le classement de 1866 a cru pouvoir établir: une distinction bien inutile. Il ne maintient la distillation du bois dans la deuxième classe que si les gaz ne sont pas brülés, et il accorde la troisième, quand les gaz sont brülés. Aucun distillateur ne consentirait aujourd’hui à perdre cette masse gazeuse si combustible et si éclairante. Tous l’amènent sous le foyer quand ils n’en font point commerce comme gaz d'éclairage. Malheureusement, cette combustion n’empèche pas la fumée de la cheminée d’être épaisse et encore chargée de principes empyreumatiques. Quant aux odeurs qui se dégagent des récipients et appareils, c’est surtout dans la rectification et au moment de la fritte que le fait se produit d’une manière notable. Aussi, le règlement impose-t-1l la deuxième classe à la recüfication; mais c'est encore là une décision bien irréfléchie. L'industriel qui distille du bois purifie aussi son acide pyroligneux, et il ne sort de l’usine que dans un état commercial. Il serait mieux de ne pas admettre de distüinctions qui conduiraient forcément à des tolérances fàcheuses et de placer toujours l’industrie dans son ensemble, qu'on brüle les gaz ou non, dans une seule et même classe ; la deuxième et mème la première ne serait pas un abus. Il faudrait peut-être plus de soins dans le lutage des appareils, faire les décantations et surtout la fritte sous des hottes aboutissant à la cheminée d'appel.

AMIDONNERIES.

Sommaire technique. — Le but à atteindre étant de séparer l’amidon du gluten qui l'accompagne dans la farine, on à eurecours à la fermentation putride qui détruit la matière azotée en la rendant soluble, et qui respecte la malière amylacée. On fait done macérer la farine dans l’eau pendant près d’un mois. Pour hâter la putréfaction, on y ajoute un peu des macérations précédentes qui jouent le rôle de ferment. Quand la fermentation est accomplie, l’amidon s’est précipité et les eaux-mères se trouvent renfermer de l’acétate d’ammoniaque, du phosphate de chaux, de la dextrine, des matières azotées et du gluten devenus solubles, de l'acide sulfhydrique, des acides carbonique, acéüque et lactique. La couche d’amidon est recueillie après décantation ; on la lave et on la tamise plusieurs fois; on la laisse égoutter dans des caisses percées de trous ou dans des paniers. Il reste une masse appelée pazn qu’on sèche d'abord à l'air libre, puis à l'étuve. Sous l'influence de la dessiccation, le pain se fendille spontanément en aiguilles qui sont livrées telles quelles au commerce. D’autres fois les pains sont broyés et blutés pour être vendus en poudre. Très souvent on emploie des sons au lieu de farine; alors, après la macération, il faut lixivier le résidu solide sur un tamis. L'eau versée entraine l’amidon et les parcelles de son restent sur le tamis. Celles-ci sont utilisées pour l’alimentation des animaux.

Hygiénologie. — Ce qui peut rendre réellement dangereuses les amidonneries, c’est l’emploi de la fermentation pour désagréger la trame celluleuse qui emprisonne l'amidon. Non seulement le mélange d’acétate d’ammoniaque, d'acides sulfhydrique, acétique, lactique et butyrique, donne une résultante d’effluves nauséabondes, écœurantes, excessivement pénibles à supporter; mais les eaux résiduaires vont créer sur tout leur parcours des foyers fébrigènes, plus dangereux encore que ceux qu’engendre Île rouissage

du chanvre. Il y avait là un motif plus que suffisant pour faire placer les amidonneries dans la première classe. Le rôle des hygiénistes est donc aujourd’hui d'y faire renoncer et de généraliser l’emploi des procédés plus modernes dits par extraction mécanique. Les industriels ne peuvent qu'y gagner au point de vue du rendement et même des facilités d'exploitation, car avec cette modification opératoire lesamidonneries sont admises dans la deuxième classe.

Pour réaliser cette extraction mécanique, il suffit d'hydrater le blé, de le broyer ensuite entre des cylindres,

Fig. 188. — Amidonnière Martin.

puis sous des meules verticales en pierre dure, tournant dans une auge circulaire, garnie à la partie inférieure d’un tamis en toile métallique que traverse l’amidon entrainé par un courant d’eau continu. Quand on opère, non plus sur le grain, mais sur la farine du froment, on fait d’abord avec celle-ei une pâte semblable à celle du pain, mais sans addition de levain et de sel. On soumet ensuite cette pâte à l'amidonnaière de Martin, représentée par la figure 188.

Un tuyau verse des filets d'eau sur un cylindre cannelé qui malaxe la pâte contre des tamis métalliques ou de soie. Le gluten reste sur ces dermers et l’eau entraîne l’amidon. dans l’auge, | | |

Avee ce procédé les amidonneries ne sont pas tout à

fait innocentes pour la salubrité publique. Car il faut toujours rejeter les eaux de décantation de l’amidon qui renferment encore une assez forte proportion de matières organiques, et leur déversement dans les cours d’eau à ciel ouvert reproduit les mêmes inconvénients sur une moindre échelle, voilà tout. Aussi faut-il chercher à les utiliser, soit pour l’agriculture par irrigation des champs, soit pour la nourriture des animaux. Dans ce dernier cas, on est naturellement obligé d'emmagasiner ces eaux dans des citernes. Il importe que cellés-c1 soient étanches et surmontées de cheminées d’aérage. Le contenu doit être extrait à l’aide de pompes et transporté dans les diverses étables, plus particulièrement pendant la nuit et en vases clos. [lne faut aussi permettre ce genre d'utilisation que pour une clientèle extérieure et ne jamais l'utiliser sur place par l'annexion de vastes porcheries qui multiplieraient dans un mème point l’intensité du foyer d'infection. En vue des eaux de nettoyage des ateliers, 1l convient d'exiger le pavage ou le bitumage des cours et des locaux, afin de ne pas transformer le sol en un fumier permanent. Toutes ces obligations s'imposent d’une manière plus absolue encore pour les usines où on a recours à la fermentation. .

Il est enfin une condition fâcheuse qui toutefois est plus intérieure qu'extérieure, c’est celle des poussières qui sont surtout abondantes dans les séchoirs et dans les lieux où on concasse les pains obtenus. On doit demander, sous ce rapport, une large aération des étuves avant d'y laisser péné trer les ouvriers ; mais on ne peut qu'applaudir à l'applica tion du'système de la ventilation partielle dans les He où s'opère le concassage.

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