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FABRIQUE D'ORJETS EN CARTON VERNISSÉS ET LAQUÉS

Sommaire technique. — Cette industrie nécessite deux ordres d'opérations préliminaires, la fabrication du carton et celle des vernis.

La fabrication des feuilles de carton s'effectue, partie avec des matières premières, paille et chiffons; partie avec les déchets de carton résultant de la confection des objets. Elle comprend le hachage de la paille, sa malaxation sous l’eau, ainsi que celle des déchets, la macération de la pâte, son étalage en feuilles et la dessiccation de celles-ci.

La fabrication des vernis consiste à faire cuire dans des chaudières de l'huile de lin avec du copal.

Le carton fabriqué est découpé à l’aide d’emporte-pièces. suivant la forme et les contours de l’objet à réaliser. Il est collé aux endroits voulus, avec de la colle faite avec de la

farine de seigle, puis moulé dans la fonte ou le fer. On le mate, soit dans des presses à bras ou hydrauliques, soit à l’aide de balanciers mus par la vapeur.

L'objet, une fois formé, est imprégné d'huile de Tin et mis dans une étuve à 148°. À sa sortie, il est devenu rigide et peut être lissé à la meule. Les vides que présente souvent le carton sont bouchés avec de la terre de pipe. On enduit ensuite l’objetavec du noir de famée délayé dans de l'huile de lin; après quoi, nouveau séchage à l'étuve.

Les opérations subséquentes diffèrent suivant le genre de décoration que doit recevoir l'objet.

Les objets destinés à être nacrés sont enduits d'une couche de vernis sur les faces qui seront ornées. Sur cette couche on applique la nacre suivant les dessins voulus. On met ensuite plusieurs couches de vernis noir. Onrâcle l'ob-. jet avec un couteau en forme de pioche aiguisée, on revernit plusieurs fois. Après dessiccation, on polit avec du charbon de bois, et ensuite avec du tripoh. Le vernis noir employé est composé de bitume, de gomme, d'huile de lin et d'essence de térébenthine.

Les objets destinés à recevoir un décor d'impression sont d'abord vernis deux ou trois fois seulement, puis polis au charbon de bois. Les impressions y sont ensuite appliquées à l’aide de papier transparent imbibé d'eau, au moyen d’une éponge et recouvert de bronze sur sa face interne. Les peintres appliquent les reliefs qu'ils bronzent, dorent ou mettent encouleur. ils recouvrent la-partie décorée d’un vernis clair, composé de gomme, d'huile de lin et d'essence de térébenthine. |

Pour la fabrication des boutons de chaussures et de vètements, le carton préparé est simplement livré en bandes à une machine très ingénieuse, qui forme elle-même les anses en fil de fer. Les boutons sont ensuite noireis et Vernis.

Une machine particulière produit, avec le carton, des bobines pour filatures. On fabrique aussi toutes sortes de vases de toilette inattaquables aux acides, de vases pour les

pharmaciens et les photographes, et même des disques pour roues de vagons.

Hygiénologie. — Reconnaissons de suite que dès sa naissance cette industrie a su prévenir tous les inconvénients pouvant résulter de la dépense musculaire, des attitudes vicieuses, de la compression du thorax ou des membres. En effet, l’emboutissage et l’estampage, les seules opérations qui auraient pu faire naître des dangers de ce genre, s'effectuent à l’aide de moules, de machines puissantes et ingénieuses qui ne demandent plus à l’ouvrier que l'attention, de l'habitude et un peu d’habileté. Dans les ateliers de confection le seul danger réside dans la chaleur des étuves et dans les émanations de produits empyreumaliques et d'essence de térébenthine. Non seulement ces émanations peuvent être très désagréables en raison de leur caractère écœurant et nauséabond, mais elles peuvent irriter les muqueuses, conjonctivale, pituitaire, pharyngienne et bronchique, produire de la dyspepsie, des vertiges et de la céphalalgie. Mais ces dangers peuvent être en grande partie annihilés en adoptant pour les étuves les dispositions suivantes :

Les pièces, aussitôt qu'elles ont été vernissées, sont placées dans des vagonnets munis d’un couvercle, Ceux-ci sont sur des rails qui les conduisent dans une étuve en forme de tunnel et communiquant avec une puissante cheminée d'appel. Des portes en fer ferment les deux extrémités du tunnel, Après un séjour suffisant, les vagonnets sont retirés par l’ouverture opposée. MM. Adf, de Forbach, qui ont établi ce dispositif dans leur usine de Pont-à-Mousson, font encore depuis des essais variés pour assurer l'extraction des vapeurs par le vide et mème pour les condenser. Je dois dire que le dispositif initial m'a paru donner déjà des résultats extrêmement satisfaisants.

Reste la question de la fabrication des vernis et de la cuisson de l'huile de lin. À Forbach, elle est tolérée dans l'usine mème, qui se trouve au centre de la ville. A Pontà-Mousson, le Conseil d'hygiène de Meurthe-et-Moselle a

pensé devoir l’interdire et n'autoriser que la confection des objets.

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