DS K
Fig. 39. -- Presse hydraulique.
d’eau beaucoup plus large; agissant à son tour sur un plateau mobile qui serre la matière contre un autre plateau fixe. Cette presse permet d'agir sur une plus grande masse de matière sans nécessiter plus de dépense musculaire
On doit s'attacher à économiser en toutes circonstances, et autant que possible, la dépense musculaire en même temps que les occasions d'efforts capables d’engendrer;des hernies, des congestions pulmonaires et des hypertrophies du cœur. Ainsi lorsqu'il s’agit de soulever et d'élever un corps pesant, 1l faut tout au moins soulager l’ouvrier en le faisant se servir d'une poulie et d’une corde (à la condition toutefois que le travail reste concentré approximativement
dans le même point). Le treuil augmente encore plus la puissance de l'effet mécanique par rapport à l'effort fourni. La grue est encore plus puissante et permet en outre de déplacer aussi l’objet dans le sens horizontal. Même quand ces instruments sont mus à main d'homme à l’aide d’une manivelle, ils multiplientconsidérablement la puissance humaine. Mais dans les grandes industries rien n’est plus facile que de les mettre en mouvement par la vapeur ou-une force hydraulique. Dans l’intérieur des usines les monte-charges économisent la dépense musculaire d'autant plus qu'elles permettent de transporter à tous les étages non seulement les matériaux et les produits, mais encore les ouvriers euxmêmes.
Pour l'élévation des substances solides on peut encore,
QE Fig. 40. — Vis d’Archimède.
suivant les circonstances, se servir de plans inclinés avec trains de wagons reliés et entraînés par des chaînes, le mouvement étant assuré soit par la vapeur, soit même parfois simplement par la pesanteur.
L'élévation des liquides s'obtient avecla vis d’Archimède. soit avec une noria, soit avec une pompe élévatoire.
La vis d'Archimède est trop connue pour exiger une véritable description. C’est un cylindre incliné mis en rotation par une manivelle ou par une courroie de transmission. Autour de ce cylindre, un tube ouvert à ses deux extrémités décrit des tours de spire. Parle fait de la rotation chaque point culminant des spires devient tour à tour le point le plus élevé et le pointle plus bas. Le liquide s’introduisant
par l'ouverture inférieure se trouve ainsi, en obéissant à une série de plans inclinés, transporté jusqu'à l'extrémité supérieure de la vis.
La noria consiste en une chaîne double sans fin, articulée, portant une série de seaux équidistants. Dans la course de cette chaine, chaque seau vient tour à tour plonger dans le liquide, s’en charger et déverser son contenu au moment où il exécute son mouvement de réflexion à l’extrémité supérieure de la noria. Cette machine peut aussi servir à élever les solides.
Avec la pompe élévatoire, le liquide est élevé par un piston. Mais le monte-jus est certainement ce qu'il y a de plus perfectionné. Il consiste ordinairement en un cylindre en tôle parfaitement clos, muni de deux robinets latéraux un peu au-dessous de son extrémité supérieure. À l’un d’eux A s'adapte le tuyau amenant le liquide à élever; l’autre B constitue simplement une ouverture de #'op-plein qui indique que le liquide amené a atteint le niveau qu'il ne doit pas dépasser pour pouvoir être lancé. Sur un des côtés de la paroi supérieure aboutit un tuyau C destiné à amener de la vapeur. Enfin au centre s'engage un quatrième tuyau D qui descend dans l’intérieur jusqu'auprès du fond et qui d'autre part s'adapte à une conduite, laquelle par sa direction et sa disposition peut diriger le liquide vers sa destina-
tion nouvelle. On tient d’abord les robinets À et B seuls ouverts. Le liquide à transporter arrive dans le cylindre. Quand il a atteint le niveau ff ce que l'on sait par l’écoulement qui se produit en B, on ferme ces deux robinets et on ouvre celui de la vapeur. La pression qui s'exerce à la surface du liquide le lance par D vers sa destination. Lorsqu'il est ainsi monté, on ferme la vapeur et on ouvre de nouveau les deux premiers robinets, et ainsi de suite.
Avec tous ces moyens, on économise à la fois Le temps,
Tuyau D d'ascension Ÿ
Vs introduire
la fatigue musculaire, et on diminue les chances de contact de Pouvrier avec la matière transportée.
Enfin on peut obtenir un déplacement horizontal, venant offrir méthodiquement et peu à peu la matière à ouvrer à l'organe opérateur, à l’aide d'un chariot, c'est-à-dire d’un support avancant, d’une quantité mathématiquement calculée et avec une vitesse déterminée, sur des rails.
Accidents des machines. — les: blessures occasionnées par les machines sont excessivement variables sous le rapport de leur siège et de leur nature. Mais elles ont ceci de commun : 1° qu'elles donnent rarement Heu à des
Poincaré, — Hyg. industr: )
hémorrhagies, parce qu'elles procèdent presquetoujours par arrachement, et qu'elles amènent l’obstruction des lumières artérielles par la tunique moyenne; 2° qu'elles sont toujours excessivement graves ; 3° qu’elles s'accompagnent de pertes de substance énormes; de broiement des viscères et des os, tout en respectant souvent la continuité de la peau; 4° qu'elles donnent lieu à des suppurations interminables; 5° qu'elles sont suivies d'élimination d'esquilles, de fausses articulations, d'infirmités incurables et d'affreuses difformités.
Elles sont dues, tantôt à ce que l’ouvrier a été saisi et entrainé par une courroie de transmission qu'il a voulu replacer dans sa gorge, sans faire arrêter la machine, tantôt parce qu'il s'est trop approché d’une machine avec des vêtements flottants, tantôt parce qu'il l’a touchée par inadvertance. Dans ces cas, il est passé au laminoir ou il est frappé violemment contre le plafond, et la mort est à peu près constante.
Des blessures plus localisées sont produites par le service des machines chez ceux qui sont obligés de livrer et de reprendre les matières premières, ou ouvrées. Lesdoigts s'engagent dans l'engrenage, la main et le bras sont souvent happés et arrachés, en laissant une plaie irrégulière, par suite des différences de rétraction des divers tissus. Aussi est-1l toujours nécessaire de pratiquer l’amputation beaucoup plus haut.
Mesures contre les accidents de machines. — 11 importe avant tout de ne pas laisser les industriels encombrer leurs ateliers de machines par économie d'espace et de frais généraux, l’on doit même ménager entre elles des passages assez larges pour éviter les frôlements, établir en outre des barrières autour de chacune d'elles, entourer de gaïnes les arbres verticaux et les transmissions de mouvements. Les graisseurs automatiques devraient être d’un emploi général, parce que l'opération du graissage que les ouvriers sont obligés de répéter fréquemment est très dangereuse. Î faut établir et maintenir la discipline et l’ordre dans le travail des ouvriers. Avant de mettre les machines
en train, le mécanicien devra siffler pour avertir tout le personnel. D'autre part il est aussi nécessaire que chaque atelier soit muni d’une sonnerie d'alarme pour prévenir le mécanicien d'arrêter. Malheureusement il ne peut que stopper et le mal est souvent produit avant l'arrêt effectif. Aussi est-ce pour les ingénieurs un devoir urgent de lrouver un moyen d'obtenir l’arrèt instantané. Contre les projections de fragments par éclats de meules ou de
Poulie matrice lt
rer = Poulie folle
| lorer
Fig. 43.
machines à volants, sous l’action de la force centrifuge, 1l faut établir ce qu'on appelle un bouclier, consistant soit en une plaque de fonte ou de tôle, soit en un treillage en fil de fer très résistant, quand la vue de la machine ne doit pas être masquée. Mais l'hygiéniste doit surtout une grande attention à l'installation des commandes par les courrotes. Le moteur met en mouvement un long axe d'arbre, qui de distance en distance présente une roue-poulie faisant corps et tournant avec lui. Chacune de ces poulies est
chargée de mettre en mouvement une machine distincte à l'aide d’une courroie en cuir, formant deux anses fermées, mise en mouvement par la poulie de l'arbre et transmettant ce mouvement à une autre poulie qui actionne toutes les parties de chaque machine. À chaque instant il y a intérêt à arrêter le jeu d’une machine sans arrêter le fonctionnement des voisines. Dans ce but on dispose à côté de la poulie active de l'arbre une poulie dite folle qui est disposée de facon à tourner sans actionner la machine et sur laquelle on fait glisser la courroie quand on veut arrôter cette dernière. Il ne faut pas permettre d'opérer ce déplacement à la main mème armée d’un bâton fourchu, car celui-ci peut être accroché et entrainer Fouvrier qui le ent, F faut au moins un désembrayeur fire, c'est-à-dire un levier terminé en haut par une fourche dont les branches emboitent la courroie, tout en la laissant libre de circuler, articulé sur un pivot fixé au mur ou au bâti de la machine, levier que l’ouvrier peut faire jouer, soit pour l’incliner sur la poulie folle, soit pour le ramener sur la poulie maîtresse à l’aide d'une corde qui le met hors de toute atteinte. Mais comme dans ces conditions la courroie continue à circuler sans travail utile, non seulement il y à perte de force motrice, mais l’ouvrier peut encore être saisi par la courroie lorsqu'il est obligé de réparer soit elle, soit les parties voisines de la machine; il convient donc de l’immobiliser et de préférer aux poulies folles le système de M. Herland dans lequel le levier porte la courroie sur un plan incliné et immobile placé près de la poulie.
La lumière intense des foyers et des matières en fusion peut engendrer des rétino-choroïdites, et même des cataractes, conséquence de la congestion des membranes vasculaires et de la contraction harmonique de l'iris et du musele accommodateur. Les conserves ardoisées sont ici une mesure indispensable.
La chaleur des foyers et celle des étuves provoque des sueurs diffuses qui épuisent de plus en plus l’économie. Il en résulte en outre une soif inévitable qui conduit presque
fatalement à l’abus des boissons alcooliques et qui, en tout cas, si elle est satisfaite avec de l'eau, devient la cause de la fatigue et de la dilatation des voies digestives, ainsi que d’une diarrhée débilitante. Dans les étuves et même dans les ateliers mal ventilés, Fair est rapidement saturé, la sueur ne peut plus se vaporiser en rafraichissant le corps et le calorique s’accumule dans l’économie en produisant un grand malaise et l'acidité du suc musculaire. Si la ven- Hilation est très active, si surtout 1} y a des déplacements rapides et répétés-vers un endroit frais, la sueur se refroidit. De là un élément notable pour la production d'angines, d'amygdalites, de bronchites, de pneumonies et de pleur'ÉsIes.
La maculation des téguments et des vêtements par les matières employées expose les ouvriers à des effets caustiques locaux et à des intoxications d'autant plus assurées que le poison pénètre consécutivement par la voie digestive. Les mains maculées sont à chaque instant portées à la bouche et elles maculent à leur tour tous les aliments. L'ouvrier peut ainsi rapporter le poison chez lui et compromettre sa famille. Il faut exiger lemploi de vêtements de travail mis à l'entrée dans l'atelier et défaits à la sortie. Il faut imposer une propreté excessive et par conséquent mettre à la disposition des ouvriers des lavabos et des bains. Enfin on doit travailler à étendre de plus en plus l'emploi de procédés mécaniques et en vases clos.
Les mauvaises conditions physiologiques générales relèvent de la durée du travail, de l’âge, du sexe, du mode de recrutement, du logement et de l'alimentation, de léclairage, du chauffage. | - Le rendement de la machine humaine est limité et obéit à la loi physiologique de lintermittence. Le travail ne saurait être continu ni même prolongé sans repos, qu'au prix de l’altération et même de la destruction de la machine. Du moment où il doit être limité physiologiquement, il doit l'être aussi administrativement. Je ne partage pas l'opinion de M. Napias qui estime que l’État ne doit inter-
venir que pour le mineur dont il est le tuteur, et qu'à l'adulte il ne doit que la liberté. Car iei ce n’est pas l’ouvrier qui peut être le juge de son propre intérêt, et en matière de santé il est un véritable mineur. Je n'attache aucune importance à l'argument, mis tant de fois en avant, d’après lequel, les heures supplémentaires résultant d’un contrat passé entre le patron et l’ouvrier, celui-ci est libre d’accepter ou de se retirer. Car louvrier est souvent obligé de céder devant les sollicitations impérieuses de la misère. Pour beaucoup, l'entrée à l'usine est l'unique ressource, quelles que soient les conditions faites. Le surcroît de salaire n’est nullement un correctif, et Michel Lévy a outrepassé la vérité en disant : « L'argent, c'est de l'hygiène enmagasinée. » La première condition du bien-être et de la santé est de ne pas se surmener et de ne pas passer toute son existence dans un milieu toxique. Le confortable intérieur ne pourra jamais couvrir un pareil déficit. D'ailleurs il faut bien peu connaître la classe ouvrière pour ne pas savoir que, la plupart du temps, les suppléments de paye vont s’user dans les cabarets, en ajoutant une cause de détérioration de plus pour la santé.
En France la loi fixe à douze heures le travail des adultes; mais elle admet des exceptions pour certains cas qui ont été précisés dans le décret du 17 mai 1851 et celui du 31 janvier 1866. Parmi ceux-ci il en est qui peuvent se présenter dans toutes les industries et d’autres qui sont basés sur la nature de quelques industries. Les cas communs à la plupart des industries, sinon à toutes, sont relatifs à l'entretien et à la surveillance des chaudières, des étuves, séchoirs, dont l’action ne doit pas subir d'interruption ; au travail particulier des chauffeurs et des mécaniciens qui doivent préparer la mise en train avant l’arrivée des ouvriers et ne quitter leur poste qu'après eux; aux fonctions des gardiens de nuit, au nettoiement périodique des machines et aux réparations nécessitées par un accident. Quant aux exceptions spéciales, elles seront signalées à propos des industries qui en sont l’objet.
Pour le travail dangereux, l'alternance est une mesure de premier ordre. Ce ne sont pas toujours les mêmes ouvriers qui doivent y être employés. Il faut établir des escouades passant tour à tour au poste dangereux. L'habileté acquise et l'adaptation peuvent y perdre, mais c’est là un palliatif qui doit dominer toute autre considération. Quand l'alternance est rendue à peu près impossible par les ressources du personnel ou par les aptitudes spéciales exigées par le genre de travail, 1! faut tout au moins y suppléer par un grand fractionnement du travail, par de courtes et fréquentes sorties en plein air.
Une mesure désirable serait un examen médical préalable de chaque ouvrier, afin d'établir une véritable sélection dans le travail, ou adaptation de l'occupation aux conditions physiques personnelles, afin de ne demander jamais à chaque machine humaine que :ce qu'elle peut donner.
Relativement à l’ége, la loi du 19 mai 1874 fixe à dix-huit ans le début de la période du plein travail. Avant dix ans, tout travail industriel est interdit. De dix ans à dix-huit, il n’est toléré qu'avec des restrictions. C’est là la période de l'enfance ouvrière. Avant seize ans le travail de nuit et celui du dimanche sont interdits. Il est un certain nombre d'industries dans lesquelles les enfants ne peuvent pas travailler avant seize ans. Nous indiquerons ces exceptions au fur et à mesure. Pour assurer lexécution de cette loi, le législateur à prescrit qu'un véritable contrat soit passé entre le patron et l'enfant ouvrier et établi suivant des conditions déterminées; que des visites de surveillance soient faites fréquemment par des fonctionnaires appelés inspecteurs divisionnatres du travail des enfants ; qu'il soit institué en outre des commissions locales destinées à exercer une influence morale considérable. Enfin il a fixé les pénalités applicables aux divers cas d’infractions. Tout cela est parfaitement conçu, mais en pratique la chose laisse encore à désirer. La surveillance est facilement trompée. Il faudrait des enquêtes auxquelles on intéresserait le plus de monde
possible de la localité et non plus de e simples visites, presque toujours régulières et souvent prévues.
L'enfant ne devrait pas être retenu plus de six “heures à l'usine, et encore avec un ou deux intervalles de repos, de facon à ramener à cinq heures le {otal du travail eflectif.
En ce qui concerne le sexe, quel qué soit son âge, lafemme ne doit pas être soumise au même régime industriel que l'homme, car elle offre beaucoup moins de résistance que lui et donne plus facilement PER à tous les germes morbides. Il faut surtout songer qu'avec elle la propagation de l'espèce et la valeur de générations futures se trouvent plus particulièrement compromises, et que par conséquent ce n’est pas seulement lintérêt individuel qui est mis en jeu, mais encore l’intérêt national. En effet l’intoxication . industrielle détermine spécialement l'avortement, les accouchements prématurés ainsi que la fréquence des mort-nés, et devient ainsi une des grandes causes de la dépopulation. En tout cas les survivants viennent porter en eux, à une plus haute puissance, la détérioration paternelle, contr1buant ainsi pour une large part à la déchéance de l'espèce humaine et à l’affaiblissement de la force nationale.
Il est à remarquer qu'actuellement, en France, on se montre moins exigeant que dans les pays où le sentiment mercantile étoufle habituellement tous les autres. Tandis qu'en Angleterre la loi n'assimile jamais la femme à l’homme et la maintient, toute son existence, dans les conditions industrielles de l'adolescent, en France, dès l’âge de dix-huit ans, on cesse de la protéger, elle qui joue le plus erand rôle dans le nombre et la valeur des générations futures. Disons toutefois que la loi du 19 mai 1874 n’autorise le travail de nuit et du dimanche qu'à partir de vingt et un ans.
L'atelier est l’Aabitation le plus souvent occupée par l’ouvrier. En dehors des moyens de ventilation, ce milieu du travail doit donc présenter certaines conditions favorables au bien-être de l'ouvrier. L'éclairage de jour, se faisant par des vitraux disposés en toitures obliques et alter-
nant avec des plans pleins, parait être le plus favorable au travail des yeux. L'éclairage de nuit se fait le plus généralement au gaz, et parfois au pétrole, surtout à la campagne. Quoique le gaz crée des dangers par les fuites, et dégage trop dé calorique et une grande quantité de produits de combustion; quoique le pétrole expose à des dangers d’incendie et répande des odeurs qui ne sont pas sans inconvénients pour les voies pulmonaires et le cerveau, il est certain qu'en raison de la puissance de leur lumière ces deux modes d'éclairage artificiel sont préférables aux lampes à huile, mais 1l importe de multiplier assez les becs pour qu'ils éclairent beaucoup, tout en étant placés bien audessus du plan horizontal de la vision. Un palliatif heureux serait de leur appliquer aussi le système d'évacuation dont il a été question. L'application de l'éclairage électrique tend à se répandre de plus en plus. Nous n'avons pas à faire ressortir les avantages qu'il offre à l’industrie, mais à apprécier sa valeur hygiénique. Les soubresauts et les scinüllements particuliers à la lumière électrique doivent certainement fatiguer la rétine. Il importe done de disposer les foyers de facon à ce qu'ils ne frappent pas directement les veux des ouvriers. Toutefois les lampes d'Édison, surtout quand elles sont alimentées par des accumulateurs, donnent une lumière fixe et facile à régler. Aussi Manthner les regarde-t-11 comme très favorables dans les ateliers, d'autant plus qu'elles rendent plus délicat le sens des couleurs, ce quiest important dans l'industrie (4). Cette lumière en raison de sa richesse en rayons électro-chimiques active trop le roulement nutritif des veux, il faut recommander l'emploi des conserves de la couleur complémentaire du violet, c’est-à-dire jaune. Il est enfin un danger d’un autre ordre contre lequel il convient de mettre en garde les ouvriers. Ainsi que Grange l’a établi (2), un homme peut être foudroyé en touchant les fils conducteurs alimentant Îles lampes électriques. Le bulbe rachidien est le point de len-
(1) Annales d'hygiène, t. XIV, 3° série, p. 109. 2) Ibid, 1885, t. XIII, 3 série.
céphale le plus sensible à l’action des courants électriques intenses. Cela arrête la respiration. Le danger est plus grand avec les générateurs électriques à courants alternatifs qu'avec ceux à courants continus. Dans lintérêt de la vue des ouvriers, il convient encore de donner aux murs une teinte vert d’eau.
Le chauffage par circulation d’eau chaude est le plus hygiénique pour les ateliers. Mais on peut aussi accepter le chauffage par la vapeur qui permet d'utiliser la vapeur perdue des machines.
L'antagonisme entre l'intérêt du publie et celui du travailleur se fait sentir jusque dans les détails de construetions. Pour éviter les infiltrations vers le voisinage 1l est de règle de rendre le sol imperméable soit par un bon dallage, soit par une couche de bitume. Or, un industriel, doublé d'un hygiéniste distingué, M. Koechlin Schwartz (1), déclare que les ouvriers redoutent l’asphalte, parce qu'il fait gonfler les pieds. Ce qu'ils préfèrent ce sont les planches d'abord, puis, à leur défaut, la brique et au besoin les carreaux. Mais ils redoutent le ciment presque autant que le bitume. |
Contre l’imprégnation des murs et des planches par les miasmes humains, les gaz et les vapeurs industrielles, il faut des lavages et des balayages fréquents, le blanchiment périodique à la chaux, le savonnage fréquent des peintures qui doivent être en outre renouvelées au bout de six à sept ans.
Pour les veux c’est un perfectionnement utile que d’adoucir la teinte blanche des murs par l'addition d’un peu de bleu.
Au point de vue du danger d'intoxication, non seulement il faut défendre aux ouvriers de manger dans les ateliers, mais on devrait rendre obligatoire la construction de réfectoires situés hors de l'enceinte ou n'ayant d'ouverture qu'à l'extérieur. Car en prenant leurs repas dans les cours et
(1) Revue d'hygiène, avril 1883.
sous les hangars, les ouvriers ne sont pas encore à l'abri du danger. D'ailleurs la surveillance pour les soins de propreté ne peut plus s'exercer du moment où on laisse les ouvriers se disséminer dans les cours à l'heure des repas.
En vue des empoisonnements, il faudrait aussi que chaque industriel füt mis, par une instruction administrative, au courant des premières manifestations du genre d’intoxication inhérente à son industrie et qu'il imposàt lui-même la suspension immédiate du travail. Il devrait même avoir Loujours sous la main les substances capables de paralyser où d'atténuer laction du poison et être instruit du mode d'administration.
Enfin il y aurait intérêt à introduire chez nous la loi anglaise de 1868 qui donne presque force de loi aux règlements intérieurs et aux instructions disciplinaires adoptées par les chefs d'usine. Il suffit que l'industriel soumette son projet au ministre, et une fois que ce dernier l’a approuvé, il acquiert la valeur d'un règlement de police, c’est-à-dire que les prescriptions deviennent obligatoires et que les infractions relèvent des tribunaux.
Notions générales sur les empoisonnements communs à plusieurs industries. — Dans lintérèt mème de l’économie de l'exposition, il convient de présenter encore des généralités sommaires sur la symptomatologie de quelques empoisonnements produits par des subslances qui figurent dans le cortège toxique de plusieurs genres d'industries. Grâce à elles, il suffira dans les descriptions particulières de renvoyer à cette base commune, tout en signalant les particularités introduites dans le tableau clinique par la variété chimique de la substance à incriminer, par son mode de manipulation et ses conditions d'absorption.
Les empoisonnements qui se rencontrent dans plusieurs industries sont ceux produits par les émanations carboniques, l'acide sulfureux, les vapeurs nitreuses, l'acide azotique, le chlore, l'acide sulfhydrique, l'acide eyanhydrique, l'acide phénique, le sulfure de carbone, les émanations
merecurielles, les produits arsénicaux, les produits saturnins ct cuivreux.
Émanations carboniques. — Les gaz qui vicient le plus souvent les atmosphères industrielles sont l'acide carbonique et l’oxyde de carbone, parce que non seulement beaucoup de réactions chimiques leur donnent naissance, mais parce qu'il n'est pas d'industrie qui ne nécessite l'emploi du feu.
On s'accorde aujourd’hui à considérer Pacide carbonique comme dénué de toute action toxique, et comme étant seulement irrespirable à deux titres: d’abord parce qu'ilne peut revivifier le sang, ensuite parce qu'en vertu des lois de l'osmose il empèche la sortie de l'acide carbonique engendré dans l’économie. Mais, même en ne lui accordant que ce mode d'action, on est obligé de reconnaître que son mélange à l'air, au troisième et même au dixième, détermine une sensation de chaleur qui, d’abord limitée à la poitrine, s'étend ensuite à tout le corps, de la congestion de la face, une augmentation de fréquence dans la respiration, un peu de vertige, de l’oppression. À une dose plus forte, on produit chez les animaux de l’anesthésie.
L'action toxique de l’oxyde de carbone est au contraire incontestée. La présence de ce gaz dans l'atmosphère produit des nausées, de la céphalalgie, un sentiment de compression aux tempes, des bourdonnements, des éblouissements, de la somnolence, de l'insensibilité progressive, une * grande résolution musculaire, puis de véritables paralysies. La circulation capillaire est considérablement ralentie. La respiration devient lente et pénible. Si l'action est forte et prolongée, 1l survient du coma suivi de mort au milieu d’un calme ressemblant à de la léthargie. On sait que, d'après CI. Bernard, l’oxyde de carbone tue en se substituant à l'oxygène des globules qu'il paralyse en les rendant ainsi inaptes aux combustions organiques.
Quand l’oxyde de carbone est inhalé à dose filée et tous les jours, il détermine un état d’anémie se signalant spécialement par des névralgies et un état de névrose com-
GÉNÉRALITÉS SUR L'HYGIÈNE INDUSTRIELLE. à
parable à ce qu’on observe chez certains hystériques.
Émanations sulfureuses. — L'acide sulfureux qui se dégage dans les fabriques de chapeaux de paille, d'exploitaton des pyrites, de bleu d'outre-mer, de blanchiment de la soie, de la laine et des plumes, ete., a été considéré comme peu dangereux par Carminati, Hirt, Greets (4). Hirt en particulier prétend qu'un ouvrier peut, sans le moindre trouble respiratoire, vivre dans un milieu contenant 7 p.100 d'acide sulfureux, que quelques-uns seulement éprouvent un certain allanguissement des fonctions digestives. Eulenberg (2) estime qu’elles nuisent un peu, uniquement parce qu'elles entrainent la plupart du temps avec elles des vapeurs arsénicales ou nitreuses.
Zeller (3) le regarde au contraire comme étant toujours très dangereux. Le docteur japonais Ogata a établi leur nocuité d'une facon plus précise. Il suffit de moins d'un demi-nullième, non seulement pour produire une vive irritation des yeux et des voies pulmonaires, mais même pour déterminer la mort chez les petits animaux. Diverses expériences le portent à penser que l'acide sulfureux tue par un mécanisme analogue à celui de loxyde de carbone, c'est-àdire en accaparant l'oxygène des globules. Lui, le ferait pour se transformer en acide sulfurique.
D'ailleurs j'ai pu m'assurer, par une enquête personnelle, que les ouvriers des usines où ce gaz se dégage éprouvent souvent de la céphalalgte, de l'inappétence, des douleurs stomacales et intestinales, de la toux quinteuse ressemblant à celle de la coqueluche, de l'oppression, des angines et des ophtalmies fréquentes à forme catarrhale, Enfin les émanations sulfureuses peuvent nuire assez à la végétation environnante pour motiver des dommages-intérèts.
Emanations sulfuriques. — En ingestion, l'acide sulfurique produit une violente inflammation et des eschares des
(1) Ueber vergiftung mit schwefliger Süure Inaugural Abhandlung Tübèngen, 1812.
2) Handbuch der Gewerb. Hygiène, Berlin, 18*6.
(3) Annales d'hygiène, t. XX, 2e série, 1863, Chevalier.
voies digestives, sur lesquelles il est d'autant moins utile d'insister que, dans son travail normal, louvrier ne peut être exposé qu'aux vapeurs de cette substance; et encore 1l est deux circonstances qui tendent à atténuer considérablement leurs effets. C’est d'abord que la pesanteur spécifique de cet acide abat bien vite sur le sol les vapeurs qu'il peut dégager. La seconde c’est que cette vapeur accapare instantanément l'humidité de l'air et n'arrive plus dans les voies intérieures que notablement diluée. C’est probablement ce qui fait que, sous ce rapport, la clinique industrielle n'a rien signalé de bien spécial. Néanmoins Eulenberg (1) n'hésite pas à attribuer à l’inhalation de ces vapeurs les cas où les ouvriers se plaignent d’acidité de l'estomac et de troubles dans la digestion. Ajoutons que si on enferme un animal sous une cloche avec une capsule contenant de l'acide sulfurique fumant, il se produit de Firritation manifeste des muqueuses conjonctives, nasale et labiale, puis plus tard de la toux. L'inflammation des bronches peut à la longue devenir assez intense pour produire l'asphyxie. | |
Vapeurs nitreuses. — Elles se produisent dans plusieurs industries, entre autres dans la fabrication des acides azotique, sulfurique, arsénique, oxalique et picrique, de l'arséniate de soude, du persulfate de fer, de la nitro-benzine, dans les ateliers d’orfévrerie et de dorure.
Leur dégagement donne lieu à une vive irritation des bronches et parfois à de la rougeur de la peau, et on attribue généralement ces effets à une action simplement caustique. Mais Bley (2) qui a vu trois cas très graves dus à ces vapeurs et qui, dans une autopsie, à pu constater non-seulement une congestion pulmonaire, mais encore une congestion cérébrale, estime qu'il s’agit d’un véritable empoisonnement par absorption. Ce qui le prouve à ses yeux, cest que les accidents se manifestent, non immédiatement, mais après quelques heures de calme. Il admet qu'il
(1) Handbuch der Gewerbe. Hygiène, Berlin, p. 161. (2) Annales d'hygiène, 1830, p. 281.
GÉNÉRALITÉS SUR L'IYGIÈNE INDUSTRIELLE. 19 y à primitivement une altération du sang qui agit ensuite sur le cœur en déterminant une asystolie. Celle-ci serait la cause directe des congestions cérébrale, pulmonaire et cutanée.
L'action directe et caustique sur les voies respiratoires ne saurait cependant être contestée ; car dans un cas mortel, Tardieu et Roussin ont trouvé Fa plus grande partie des poumons tachetés en jaune etréduits en une ‘véritable gelée offrant une réaction très acide (1). Toutefois les accidents graves sont excessivement rares, parce qu'on ne saurait être surpris par de forts dégagements, car ils ne se produisent que sous l'influence de l'addition de féactifs que l’'ouvrier introduit Fui-mème. Il sait par conséquent quand le danger va éclater et il peut se tenir sur ses gardes. En outre la teinte rutilante de ces vapeurs les décèle toujours. Mais 1l est probable que, malgré ce genre d’avertissement, 1l se produit assez souvent des accidents qui, sans ètre mortels, n’en sont pas moins sérieux et qui passent inaperçus, faute de publicité. Du reste des cas de bronchites capillaires graves ont été signalés par Sucquet, Charier, Desgranges et Tandler (2); la gravité de ces bronchites tient probablement à une généralisation très rapide. J’ajouterai enfin que les expériences que j'ai pratiquées m'ont montré, comme à Eulenberg, que les animaux plongés dans une atmosphère nitreuse meurent et présentent, en même temps qu'une forte hypérémie des centres nerveux, des poumons gorgés de sang, criblés de petits noyaux apoplectiques et dans un état de ramollissement très marqué. De toutes les vapeurs, ce sont celles qui enflamment le plus la conjonctive. |
Vapeurs d'acide azotique. — Elles déterminent une toux très violente, de la dyspnée et mème une suffocation promptement mortelle. Il est vrai que le dégagement azotique est toujours accompagné d’un dégagement azoteux.
EÉmanations chlorées. — Le chlore que les.ouvriers sont
(1) Annales d'hygiène, 2° série, t. XLIV, 1875, p. 345. (2) Archiv der Heilknunde; €. XX, p. 551. |
eXposés à respirer, particulièrement dans les fabriques d'eau de javelle, de soude, de papiers, dans les lavoirs, les blanchisseries et dans les afeliers de damasquinage des canons de fusil, détermine du larmoiement, une vive 1rritation de la conjonctive qui, à la longue, peut devenir une ophtalmie rebelle, du coryza, des accès de suffocation avec un spasme intense de la glotte, de la toux violente, des hémoptysies, des s pneumonies excessivement graves, des bronchites catarrhales et de la pneumonie caséeuse. Lorsque l'absorption porte sur du gaz pur, il peut en résulter une asphyxie complète. Diéprbs Hirt, toutefois, une atmosphère qui n'en renferme qu'un demi-centième peut ètre considérée comme à peu près innocente.
Acide sulfhydrique. — WW se dégage partioulatidens dans les tanneries, l'exploitation di ane es, les usines à gaz, la fabrication de l’oxychlorure de plomb, les raffineries, les fabriques de produits pain les ateliers de bronzage. |
Il est surtout nuisible quand il est à l’état naissant.et qu'il résulte de la combinaison directe de l'hydrogène avec le soufre. Les expériences de Hoppe-Seyler tendent à prouver qu'il altère considérablement, le sang, qu'il chasse l'oxygène de sa combinaison avec l'hémoglobine ainsi que le démontre l’exämen spectroscopique. Les dispositions personnelles sont pour beaucoup: dans les effets observés. Dans une même atmosphère chargée de.ce gaz, on verra des ouvriers tomber: comme Fu és, landis que d'aulres.se plaindr ont Seulement de malaise général et de douleurs à l'estomac : toutefois si ces derniers séjournent longtemps ils peuvent-arriver à une perte de connaissance.
A l’autopsie, on trouve le sang liquide et ayant absolument la couleur de l'encre. Il n'y a point d’autres lésions. Ce qu'il y à de très singuher, c’est que la tolérance ne s'établit point ; les personnes très impressionnables à cette action y deviennent de plus en plus sensibles à mesure qu'elles s'y exposent. Presque toutes, même quand elles n'ont pas éprouvé d'accidents graves au début, finissent,
GÉNÉRALITÉS SUR L'HYGIÈNE INDUSTRIELLE. si
travers les années, par tomber dans un état cachectique caractérisé par de l’anorexie, des pesanteurs d'estomac, la décoloration des muqueuses, une teinte jaune-paille de la peau, de l’'anémie, de la gène des mouvements de la respiraton, une fibldsu générale, et des éruptions furonculeuses. Acide cyanhydre ique. — HiRACurs opérations industrielles soumettent les ouvriers à l’action de cette substance, ce sont : la teinture et Marne en bleu de Prusse des ‘étoffes, la fabrication et la manipulation de certaines substances explosives, la dorure et l’argenture galvaniques, la fabrication des cyanures et mème celle du gaz d'éclairage. C’est certainement une des substances les plus dangereuses. Son inhalation tue les cobayes en une seconde, et -kes lapins en trois secondes. L'application d'une seul . goutte sur l'œil tue en vingt secondes (1). Acide phénique et phénols. — Dans les industries où les “phénols entrent en scène, soit comme production, soit comme agents de réaction, l’ouvrier est exposé à avoir, à chaque ‘instant, les téguments maculés par eux, et 1l peut en résulter une brülure au troisième degré. Leur ingestion dans les voies digestives ne peut être que le résultat d’une méprise où d'un crime. Mais il est évident que ces accidents ont plus de’ raisons de se produire là où ces substances entrent dans le maniement journalier. Si la dose ingérée ne dépasse pas 4 grammes, H'ne se produit qu'une sensation de brülure dans les voies digestives, des étourdissements passagers, des four millenients des doigts, et le poison s'élimine assez rapidement'par les voies pulmonaires ; à haute dose, la mort est constante et ést précédée de nausées,, de vomissements, .de respiration stertoreuse avec haleine caractéristique, de battements du cœur tumultueux, de fréquence.et de petitesse du pouls, d'angoisse, de prostration, de stupeur et de délire alternant avec des syncopes. A l’autopsie, on trouve les poumons congestionnés, criblés d'infaretus, le foie, les reins stéatosés, et de l’inflammation
(1) Annales d'hygiène, ?° série, t. XL, p. 227. Poincaré. — Hyg. industr. $)
parfois ulcéreuse des voies digestives. Les urines renferment de l'acide phénylo-sulfurique.
Sulfure de carbone. — Cinq industries exposent à l’action de cette substance. Ce sont l’industrie du caoutchouc, celle des apprêts d’étofles, les filatures de laine, les huileries et surtout la fabrication de ce produit chimique.
Suivant Arrigo Thomassia (1), cette substance une fois pénétrée dans le sang s’emparerait immédiatement de la graisse phosphorée des globules, transformerait lhémoglobine en hématine, ainsi qu'on peut le constater par l'analyse spectrale, et dépouillerait complètement le sang de ses propriétés respiratoires et nutritives. Elle tuerait par asphyxie d’'hématose,
Mes expériences personnelles n'ayant point porté sur l'état du sang, je ne suis autorisé n1 à confirmer ni à infirmer cette assertion. Mais elles m'ont montré que, sile sang est forcément touché le premier et sert d'intermédiaire inévitable entre l’atmosphère toxique et les centres nerveux, ce sont en définitive ces derniers qui deviennent le théâtre de lempoisonnement. Ils sont le siège d’une hypérémie intense et d’un travail inflammatoire aboutissant par places à une dégénérescence pulpeuse du tissu nerveux. La symptomatologie observée concorde, du reste, parfaitement avec ces résultats anatomo-pathologiques. On constate en effet pendant un certain temps des phénomènes d’exaltation portant sur toutes les sphères d'action des centres nerveux. Puis à cette période d’exaltation succède une période de collapsus et d'anéantissement progressif detoutes les manifestations nerveuses. Les troubles d’excitation consistent en une céphalalgie intense, vertiges, douleurs fulgurantes des membres, crampes violentes, éblouissements, bourdonnements d'oreille, grande irritabilité de caractère, hypéresthésie générale, grande exeitabilité musculaire et génésique, métrorrhagies, palpitations cardiaques, nausées et vomissements.
(1) Annales d'hygiène, 1882, P- 292.
La dépression consécutive se manifeste par du décourasement, de l'abattement, de la tristesse, un affaiblissement des membres qui rend la marche trainante, chancelante et pémible, et qui devient une véritable paralysie, l’insensibilité des téguments, l'impuissance génésique et la déchéance intellectuelle.
Toutefois, dans un récent rapport adressé au onei d'hygiène de la Seine, Dujardin-Beaumetz à innocenté à peu près complètement Le sulfure de carbone à la suite d’expériences pratiquées par lui, et d'une enquête industrielle avant porté sur toute l’Europe. Selon lui, les accidents signalés par Delpech et Bouchardat seraient dus à ce qu’autrefois on n’emplovait que du sulfure impur, dégageant beaucoup d'acide sulfhydrique. Tout ce qu'il concède, c'est qu'il peut y avoir un peu de nocuité, lorsqu'il s'agit qu travail en chambre.
* Vapeurs de térébenthine. — Elles sont loin d'être simplement désagréables, comme on le pense généralement. Les observations produites {par Chevalier (1) prouvènt qu'elles déterminent souvent de la céphalalgie, des vertiges et de l'anorexie. J'ai depuis, par une enquête ayant porté sur des peintres en boiseries et sur porcelaine, reconnu la vérité de ces assertions. J'ai en outre constaté une espèce d'ivresse, une grande 1rritabilité de caractère, des picotements aux yeux et des sensations lumineuses subjectives, des angines granuleuses, du coryza et de la toux. Chez les animaux, en poussant l’'empoisonnement à sa dernière limite, Liersch (2) a vu qu'il en résulte une asphyxie comme avec tés vapeurs carboniques, de l'agitation, de l’affaissement, de la titubation, de la paralysie des extrémités et des mouvements convulsifs.
Émanations mercurielles. — Les industries qui exposent à l absorption du mercure sont : l'extraction et le traitement du minerai, la fabrication des sels de mercure, des glaces, des papiers peints, des fleurs artificielles, des chapeaux de
(1) Annales d'hygiène, 2e série, t. XX.
(2) Viertel jahr schrift. f. gericht med., oct. 1862.
soie et de feutre, des bijoux, des draps imprimés, des couleurs d’aniline, la dorure, le damasquinage des fusils.
Dans chacune de ces industries, l’intoxication mercurielle revêt parfois un cachet particulier que nous ferons ressortir dans leur étude spéciale. Ici nous nous en tiendrons au tableau général des accidents possibles.
La maladie la plus fréquente, et celle qui est généralement la première en date, consiste en la stomatite mercuréelle qui peut affecter la forme aiguë ou la forme chronique. Dans le premier cas, linflammation de la bouche acquiert très rapidement et presque instantanément une violence extrème ; les ganglions et les glandes salivaires prennent de suite un développement considérable. La muqueuse buccale et la langue se tuméfient au point que cette dernière ne peut plus se mouvoir, ni même être contenue dans la avité. La salivation est des plus abondantes. Les ulcérations d'abord multiples et distinctes se fusionnent et toute la surface se trouve uicérée. La parole et l'alimentation deviennent impossibles, Les douleurs sont atroces et produisent une insomnie absolue. La mort peut se produire par épuisement et par excès de souffrances.
Dans la stomatite chronique qui, le plus souvent, est précédée de l’aiguë, mais qui peut s'établir d'emblée et d'une manière progressive, ce qui frappe le plus d’abord, c'est l'haleine insupportable des ouvriers. La salivation, les ulcérations et les engorgements glandulaires font presque défaut. Les gencives sont seulement fongueuses et avec un liséré d’un rouge vif, Mais ce qu'il y à de plus cruel et d'inévitable, ce sont le déchaussement et la chute des dents, chute qui se fait souvent sans douleur et que les ouvriers désirent du reste, parce qu'elle la fait cesser, s'il en existait avant. Somme toute, on peut dire que ce qui distingue la stomatite industrielle de la stomatite thérapeutique, ce sont son excessive intensité et sa gravité.
Vient ensuite, dans l’ordre chronologique et comme fréquence, l'encéphalopathie mercurielle, plus généralement désignée par l’une de ses formes, sous le nom de #remble-
ment mercuriel. Elle s'annonce par une insomnie persistante, par la faiblesse des mouvements des membres, qui, en outre, sont beaucoup moins assurés. Bientôt les membres deviennent le siège de frémissements et de vacillations.
Enfin il s'établit un tremblement qui est analogue à celui de la paralysie agitante et qui rend impossible tout travail manuel. [est variable dans son intensité et n’est point continu. [l cesse dans le repos absolu et augmente sous l’influence des boissons alcooliques, des fatigues et des variations atmosphériques. Plus tard il se produit des douleurs lancinantes intolérables qui parcourent le membre de son extrémité à sa racine, une paralysie des extenseurs, des accès convulsifs, des contractures qu’on regarde comme la conséquence de la paralysie partielle, un affaissement intellectuel qui bientôt rend l’ouvrier impropre à toute espèce de travail. |
Ajoutons qu'il existe dans la science un certain nombre d'observations signalant du délire, dés hallucinations, de l'épilepsie, de la manie, de la démence, et de la paralysie générale. Charpentier (4) vient encore d'en publier une où ces symptômes cérébraux se sont montrés. Malheureusement, la plupart du temps, les sujets ne sont point indemnes d’alcoolisme, et il est difficile de faire la véritable part du mercure, Toutefois Lunier a vu la paralysie générale être complètement imputable à l’hydrargyrisme. Enfin Maréchal (2) a signalé une émotivité excessive, de linsomnie, de l’anesthésie et de la chorée.
Il peut aussi s'établir ce qu'on appelle la cachexie mercuréelle. Elle traduit une altération du sang, dont la nature spéciale n’est pas encore déterminée, un aflaiblissement général et une perturbation de toute la vie de nutrition. On voiten outre apparaître divers phénomènes d'apparence syphilitique, tels qu'ulcérations caractéristiques des muqueuses nasale et buccale, gonflement des ganglions cervicaux, périostoses de la tête, du tibia et du fémur, douleurs
(1) Revue d'hygiène, 1885, p. 131.
(2) Journal d'hygiène, 163,2 avril 1885.
nocturnes, éruptions maculeuses, papuleuses et squameuses sur la poitrine et le euir chevelu.
Les femmes sont sujettes à des avortements et à des accouchements prématurés. Les enfants naissent chétifs, maladifs, rachitiques et meurent souvent en bas âge. Ces effets désastreux par la dégénérescence de la race se produisent lors même que l’homme seul travaille, mais ils sont bien plus marqués quand le père et la mère le font.
Un fait digne de remarque, c’est que sous l'influence de la cachexie mercurielle, les cheveux après être tombés peuvent .repousser en plus grande abondance et avec une teinte plus foncée. Enfin il est une remarque qu'il importe de faire, c’est que l’encéphalopathie et la cachexie mercurielles peuvent éclater sans avoir jamais été précédées de stomatite et du moindre malaise, etcela après un très grand nombre d'années de travail, de sorte que dans les inspections il ne suffit pas de surveiller seulement ceux qui ont eu de la salivation.
Merget (1) a émis une opinion qui parait assez paradoxale. Selon Jui les vapeurs de mercure ne sont pas nuisibles quand elles sont émises à la température de l'air ambiant, parce qu'alors elles ne peuvent pas s’y condenser. Il prétend mème que dans ces conditions ces vapeurs sont favorables à la santé, qu'elles donnent de la vigueur et de l’embonpoint. '
Émanations et poussières arsenicales. — L'arsenic est peut être la substance toxique qui figure dans le plus grand nombre d'industries, On observe rarement, si non jamais, la reproduction du cortège symptomatique qui caractérise l'empoisonnement eriminel par l’arsenic, c’est-à-dire des coliques violentes avec vomissements répétés; de la ‘cyanose, une grande prostration, de l’enrouement, de l’anurie, des eschares consécutives, ete. Il faut pour cela que l’économie recoive à la fois des quantités d’arsenic dont l'introduction ne se réalise jamais dans le fonctionnement
(A Revue sanilaire de Bordeaux, 10 février 1885, p'33.
normal des industries. Le fait ne peut se présenter que sous l'influence d’une méprise accidentelle ou d'une intention criminelle, au même titre que dans toutes les autres circonstances de la vie sociale. Il peut arriver toutefois qu'un ouvrier inspire tout d'un coup une grande quantité de vapeurs arsenicales, lorsqu'un creuset ou une chaudière viennent à éclater et livrer leur contenu à une volatilisation brusque et considérable sur les charbons ardents. Encore, dans ce cas, les effets diffèrent-ils des précédents et consistent-1ls surtout en'des vomissements avec syncopes, une ardeur excessive à la gorge et la petitesse du pouls. Mais dans les conditions ordinaires, c’est-à-dire lorsque louvrier subit une action pour ainsi dire très diluée mais répétée tous les jours, les effets prennent un tout autre caractère. C'est comme un capital lentement acquis, mais grossissant sans cesse et ne portant intérêt qu'après un certain temps d'accumulation.
Les premiers effets, et les plus apparents, sont même loeaux et résultent de l’action caustique cathartique des malières arsenicales. Ce sont des plaques érythémateuses siégeant particulièrement aux plis du coude, du genou et de laine, ainsi que dans le creux de l’aisselle ; des plaques d'urticaire s'accompagnant de vives démangeaisons et suivies de desquamation : des plaques d'eczéma, des vésicules disséminées ; des papules qui souvent prennent une teinte carminée très remarquable; des pustules qui se transforment en ulcérations ne se distinguant des ulcères syphihtiques que par une induration moins résistante et l’aspect melliforme de leur exsudation. Ce qui prète à l'illusion, c'est qu'en général elles siègent aux parties génitales, en raison sans doute de la finesse de la peau de ces organes sur lesquels les mains sont à chaque instant portées au moment de la miction. Enfin sur les doigts on observe fréquemment des ulcérations non précédées de pustules et résultant de la chute de véritables eschares superticielles.
On doit encore considérer comme étant dus à une action locale les conjonctivites, les blépharites, le coryza, les
8S TRAITÉ D'HYGIÈNE INDUSTRIELLE, | croûtes nasales, les angines que lon observe fréquemment.
Plus tard il s'établit une véritable cachexie qui se traduit par une anorexie permanente avec des phases de diarrhée et de vomissements, des douleurs articulaires et museulaires, des vertiges, de Fenrouement, une toux sèche, des hémorrhagies nasales, une teinte terreuse de Ta peau, un amaigrissement de plus en plus marqué, un affaiblissement progressif qui finit par devenir une véritable parésie.
D'après Ludwig (4), on peut retrouver larsenic dans les os; mais surtout dans le foie et les reins. Ivyena beaucoup moins dans les muscles et seulement des traces dans Le cerveau.
Les industries qui exposent à l'intoxication arsenicale sont: les usines d'extraction et de transformation de l'arsenc ; les Jlatures qui se servent de l’arséniate de soude pour désuinter la laine ; les verreries qui emploient Pacide arsénieux dans la préparation de la poudre vitrifiante ; Les chapelleries où les poils sont détachés des peaux par des fictions avec un mélange de mercure et d'acide arsénieux ; les or/évreries où le bronzage en noir se fait avec du sulfate d'arsenie, le bronzage en vert avec de Farséniate de cuivre et où limitation de vert de montagne s'obtient avec du vert arsenical de Schweinfurt; les fabriques de papiers peints où où emploie souvent le même vert; les mégisseries où, pour l’ébourrage des peaux, on se sert d'une pâte composée de chaux et de sulfure d'arsenie ; les ateliers d'emrpaillage où l’arsenic sert de moyen de conservation; les ateliers de peinture où l’on se sert souvent de vert de Scheele ; les atehers de couture ou les femmes font des robes en tarlatane verte dont la coloration est obtenue avec une solution gommeuse d'arsenite de cuivre ; enfin les ateliers de leurs arhficielles où le sulfure d'arsenie et l'arséniate de cuivre jouent un grand rôle, comme matières colorantes.
A côté de ces industries où l'arsenic constitue une ma- Uère première, il'en est d'autres, où ce poison intervient à
(1) Annales d'hygiène, 1882, p. 88.
Utre de matière étrangère, ce sont les fonderies et les ateliers de moulage du cuivre, car ce métal renferme toujours de l’arsenie, les fonderies de zinc, pour la même raison, les fabriques de couleurs d'aniline.
Smanations et poussières satwrnines. — La symptomatologie de Pintoxication par 16 plomb appartient trop à la chnique habituelle pour qu'ily ait la moindre utilité à l'exposer ic. Nous nous contenterons.done d’une simple énumération, par pure mesure d'ordre. Les symptômes caractéristiques sont : amaïgrissement, teinte subictérique de la peau, haleine forte, liséré bleu grisätre, dit de Burton, des gencives; coliques excessivement douloureuses avec rétraction de la paroi abdominale, constipation et vomissements porracés; douleurs musculaires avec crampes, douleurs, articulaires et même véritables accès de goutte; accès épileptiformes alternant avec des périodes de délire ou de stupeur, et laissant à leur suite des paralysies partielles qui affectent particulièrement les muscles extenseurs du poignet et des doigts ; parfois cécité passagère, albuminurie fréquente due à l'élimination du plomb par les reins (4), grande tendance pour les femmes aux avortements, aux accouchements prématurés, grande mortalité parmi les nouveau-nés. Enfin dans les cas d'intoxication ancienne et considérable, mort dans le marasme.
Émanations et poussières cuivreuses. — Le maniement du cuivre est moins dangereux qu'on le croyait autrefois. Amand Gauthier a démontré que, par 1e fait de fa préparation des aliments, nous en introduisons enyiron 6 milligrammes par jour, sans en souffrir le moins du monde. Galippe a constaté que des animaux peuvent consommer jusqu'à 4 grammes de sulfate de cuivre sans en mourir. Il a pu lui-même se nourrir pendant un an d'aliments assez chargés de cuivre pour donner la teinte bleue caractéristique. D'ailleurs la santé des ouvriers des fabriques de vert-de-gris ne paraît nullement souffrir, suivant Chevalier
(1) Olivier, Annales d'hygiène, 2€ série, t. XXIT,
et Pécholier, Personnellement je crois qu'en cette circonslance, comme dans bien d'autres, ilne faut accepter qu'avec une certaine réserve des assertions aussi absolues, La colique de cuivre que Blandet caractérise par des douleurs violentes, accompagnées d'une grande dépression et soit de diarrhée sanguinolente, soit au contraire de constipation, n'est pas un simple rève, Elle s'observe réellement quelquefois, et Phygiéniste n'a point à désarmer devant sa rareté, Fly a aussi à tenir compte de l'action irritante des budes cuivreuses sur les muqueuses buccale et pharyngée qui se traduit par de la sécheresse de la bouche et par un sentiment de constrietion à la gorge, ainsi que de leuraction excitante sur les centres nerveux qui se traduit par des douleurs et des crampes,
Plan de l'hygiène industrielle spéciale, — Avantde passer ù l'étude hygiénologique des diverses industries en partie culier, il nous faut encore poser les bases de lordre que nous nousproposons de suivre, L'ordre alphabétique adopté par Vernois facilite singulièrement Les recherches et convient surtout aux ouvrages destinés à être consultés à l'occasion; mais les allures de dictionnaire se prèlent peu à un but d'initiation, Une classilication basée sur la nature des industries a surtout sa raison d'être dans les traités de pure lechnique industrielle, Du moment où le côté hygiénique devient le véritable objecuf, est lui évidemment qui représente la base la plus rationnelle, C'est pourquotr nous croyons devoir adapter notre classification au classement officiel établi par PAdministration française, classement qui divise les industries en trois classes, la première comprenant celles qui doivent ètre absolument éloignées des habilalions; la seconde, celles dont on pourra tolérer le rapprochement, après une enquôle établissant Pinnocuité des dispositions adoptées, où après constatation de l'introdueon de correctifs capables de les rendre beaucoup moins offensives : la Lroisième, celles qui peuvent loujours être autorisées dans le voisinage des habitations, tout en reslant soumises à la surveillance de la police,
GÉNÉRALITÉS SUR L'HYGIÉNR INDUSTRIELLE. y1
I'est vrai que ce classement officiel ne donne nullement la mesure réelle de la nocuité des industries. Car l'adminisration s'est exclusivement préoccupée de ce qui pouvait lroubler la quiétude des voisins où menacer la salubrité publique, Elle n'a tenu absolument aucun compte des dansers courus par les ouvriers, [en résulte que ce sont souvent les industries qui portent sur les substances les plus Loxiques qui se trouvent rangées parmi les plus innocentes, c'est-à-dire dans la troisième classe ; et cela uniquement parce que le danger n'a pas paru (souvent à Lort) suscepible de franchir les murs de l'usine, [y a là une anomalie choquante pour lPhygiéniste qui, lui, doit sa sollicitude à tout le monde,
Mais tel qu'il est, le classement officiel ne s'en impose pas moins, C'est lui qui doit diriger les décisions des Conseils d'hygiène, el c'est en cela qu'il devient une base pralique pour l'adoption d'une classification dans un Traité d'hygiène industrielle, La mémoire s'assimile bien mieux un groupement observé dans un exposé descriptif qu'une longue liste sous forme de tableau. |
Nous apporterons toutefois quelques modifications au cadre administratif, [est un assez grand nombre d’indusries qui, suivant le mode d'exploitation, sont admises lantôt dans une classe, Llantôt dans une autre. De là, dans l'application, une cause d'incertitude qu'on pourrait peuttre diminuer, en groupant à part ces industries à situation instable, Enfin les innovations incessantes de Ta science industrielle, ainsi que l’insouciance des populations qui négligent souvent d'adresser à l'autorité des plaintes parfaitement justilites, font qu'actuellement il est un assez grand nombre d'industries restant en dehors de tout classement. . De là la nécessité d'un nouveau groupe qui ne saurait être passé sous silence,
Notre programme comprendra donc : un deuxième chapitre consacré aux industries appartenant exclusivement à la première classe; un troisième consacré aux industries appartenant exelusivement à la deuxième classe; un qua-
trième comprenant les industries appartenant exclusivement à la troisième classe; un cinquième comprenant Îles industries à classement multiple ; enfin un sixième englobant toutes les industries non encore classées. Chacun de ces chapitres comprendra trois subdivisions basées sur la législation relative au travail des enfants: une première comprenant les industries dans lesquelles ee travail est absolument interdit ; une deuxième comprenant celles où ce travail est toléré sous certaines conditions ; enfin un troisième comprenant celles où il est toujours autorisé,