‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 2 sur 172 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'hygiène industrielle n’occupe pas parmi les moyens d’invesüigation clinique le rang auquel elle a droit. En général, on se. borne à tenir compte des professions dans les cas d’intoxications saturnine et mercurielle, et encore parce que ces genres d’em- * poisonnement sont devenus partie intégrante des’ programmes des cours de pathologie. Mais ce ne sont pas là les seuls genres d'intoxication d'origine industrielle. Ils sont, au contraire, très nombreux et très variés, ceux qu'engendre l’activité profeSsionnelle, et ils restent pour la plupart méconnus; aussi se perpétuent-ils, minent-ils de plus en plus l’économie malgré tous les traitements, qui ne sauraient remplacer ici la suppression ou l'atténuation de la cause.

Que de troubles nerveux entés sur une anémie profonde, qui sont dus exclusivement aux poussières, aux gaz et vapeurs qui saturent l'atmosphère de certains ateliers, notamment à l’oxyde de carbone, l'acide sulfhydrique, etc.

Que de déformations, que de troubles dans les appareils EE moteur, pulmonaire et digestif, qui sont l’œuvre exclusive des attitudes et des mouvements exigés par la main-d'œuvre et qui défient la thérapeutique et l'intervention chirurgicale tant que les conditions du travail ne sont point améliorées!

En négligeant ce point de vue étiologique, on s'expose même à de véritables errreurs de diagnostic.

À chaque imstant, le médecin trouve dans l'exercice de sa profession l'occasion d'appliquer les notions d'hygiène industrielle ou de regretter de ne point les posséder.

Ces notions sont, a fortiori, indispensables pour les membres des conseils d'hygiène qui, du reste, appartiennent pour la plupart au corps médical, car c’est sur ce terrain spécial que se meuvent leurs attributions. Il ne peut plus s'établir en France une industrie, quelle qu’elle soit, sans une autorisation préfec-

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