‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 26 sur 172 · FABRICATION DES ÉTHERS · texte numérisé non relu

FABRICATION DES ÉTHERS

Sommaire technique. — Deux éthers seulement sont l'objet d'une véritable production industrielle, ce sont l'éther sulfurique et V'éther acétique. Le premier s'obtient en distillant de l'alcool avec de l'acide sulfurique et en purifiant le produit de la distillation par l’eau, les alcalis etune nouvelle distillation. Le résultat est supérieur si on ajoute peu à peu l'alcool à l'acide sulfurique au fur et à mesure que l’éther se produit. Tandis que dans les laboratoires de chimie la distillation se fait avec une simple cornue en verre, dans l’industrie on l’effectue dans un alambic en plomb dont le chapiteau communique au moyen d’un long tube avec un serpentin ordinaire; ce dernier

verse l'éther dans un matras à col étroit. L'alambie est muni d'un tube qui sert à introduire l'alcool par fractions. L’éther ainsi obtenu renferme de l'alcool et de l'acide sulfureux dont il faut le débarrasser. Dans ce but on l’agite quelque temps avec de l’eau qui s'empare de l'alcool; puis on le fait digérer avec un lait de chaux ou une lessive de polasse ou de soude qui s'empare de l'acide sulfureux. Puis on distille de nouveau le tout pour extraire l’éther des véhicules aqueux et alcalin.

L’éther acétique résulte théoriquement de la distillation d'un mélange d'alcool et d'acide acétique ; mais pour faciliter l’éthérisation de l'alcool, on est obligé d'ajouter de l'acide sulfurique. En outre, dans la grande industrie, au lieu d'ajouter directement de l'acide acétique, on le fait naître sur place en se servant d'acétate de plomb ou d’acétate de soude. Quant aux appareils, 1ls sont les mêmes que pour l’éther sulfurique.

Hygiénologie. — Le danger d'incendie et d'explosion est encore plus considérable qu'avec le pétrole. Toutes les précautions indiquées pour la distillation de cette dernière substance ont donc encore plus leur raison d’être ici. La seconde distillation est surtout plus dangereuse, et elle doit se faire, non pas comme la première à feu nu, mais au bain-marie. Il vaudrait mieux, du reste, employer le chauffage à la vapeur pour les deux opérations. Les mesures visant les émanations dans l'atmosphère des ateliers sont tout aussi indispensables, puisqu'il s'agit d’une substance qui compromet beaucoup plus l'existence et la santé que le pétrole. L'action physiologique de Péther et ses effets toxiques sont trop connus pour avoir besoin d'être décrits ici. Rappelons seulement que léther en diffusion dans l'atmosphère pénètre dans l’économie par la voie pulmonaire, détermine des troubles de l’innervation, des altérations de la sensibilité, et à dose très active, une anesthésie complète, Il est vrai qu'il s'établit assez tôt une accoutumance qui atténue ces effets. Quoi qu'il en soit, il est cerlain que ceux qui pénètrent dans les fabriques d’éther

ou même qui passent dans leur voisinage éprouvent quelques vertiges et une espèce d'ivresse. IL importe donc de

recommander de bien luter les appareils et d'employer de bons réfrigérants.

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