FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE
Sommaire technique. — Cette fabrication comprend deux grandes phases, la production d'acide sulfureux et la transformation de cet acide sulfureux en acide sulfurique hydraté. | |
1° Production de l'acide sulfureux. — Pour l'obtenir on peut employer soit du soufre, soit des pyrites, et particu-. lièrement le sulfure de fer. On peut demander le soufre à deux provenances : au produit des solfatares dit soufre brut, ou au produit de l’épuration chimique du gaz d’éclairage. Dans cette dernière opération, le peroxyde de fer du mélange de Laming s'empare du soufre de la houille. Le sulfure de fer formé s’oxyde spontanément et son soufre est mis en liberté après une certaine expositiôn à l'air.
Le soufre etles pyrites ont naturellement besoin, l’un et l’autre, d’être brûlés au contact de l'air pour fournir l’acide sulfureux, mais pour le soufre l'opération est dite combustion du soufre, et pour les pyrites, elle est dite grellage des pyrites. La combustion du soufre peut se faire dans différents fours & soufre dont le plus répandu consiste en un bâtiment maçonné dont la sole recoit des marmites dans lesquelles est placé le soufre. Des ouvertures permettent de régler l'entrée de l'air et un tuyau de dégagement con-
duit l'acide sulfureux dans les appareils de transformation. On allume le soufre à l’aide d’une tige de fer rouge; une fois la combustion en train, l’ouvrier n’a plus qu’à retirer les marmites pour en verser les résidus et les recharger.
Le grillage des pyrites doit être précédé de la préparaion des pyrites qui consiste à broyer le minerai et le faire passer dans un crible de façon à obtenir de petits fragments à peu près uniformes. On les fait ensuite griller dans des fours de systèmes variés.
Transformation de l'acide sulfureux en acide sulfurique. — L'agent principal de cette transformation est l'acide nitrique qui doit procurer à l'acide sulfureux l'oxygène nécessaire pour l’élever à l’état d'acide sulfurique. Il peut déjà céder de son oxygène directement, mais il agit surtout d'une autre manière. En cédant de l'oxygène, il devient bioxyde d'azote qui, ayant une grande affinité pour l’oxygène, en enlève instantanément à l'air, pour devenir acide po azotique qui, sous l'influence je la vapeur d’eau qu'on injecte dans les chambres, se transforme en acide azotique et bioxyde d'azote. C’est grâce à ce rôle d’entremetteur du bioxyde d'azote que la même quantité d'acide azotique peut servir longtemps. L’acide azotique nécessaire à l'opération est emprunté à du salpêtre qu’on décompose avec de l'acide sulfurique. Dans le mélange d'acide sulfureux et de vapeurs nitreuses, il est aussi nécessaire de faire intervenir de la vapeur dan
Il faut donc faire arriver ces trois agents de la réaction, acide sulfureux, vapeurs nitreuses et vapeur d’eau, dans un même contenant qui prend le nom de chambre de plomb, parce que pour offrir la résistance nécessaire à l’action chimique, cette chambre a besoin d’être revêtue à l’intérieur de feuilles de plomb. Le résultat n’est complet qu’à la condition de prolonger le contact en faisant circuler les gaz et les vapeurs dans une série de chambres de plomb. Cette série de chambres doit aujourd’hui se terminer par l'appareil dit de Gay-Lussac qui a pour but de condenser les vapeurs nitreuses qu’entraînent toujours les gaz à la sortie des chambres.
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