‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 42 sur 172 · FABRIQUES D'ENGRAIS · texte numérisé non relu

FABRIQUES D'ENGRAIS

Sommaire technique. — Il y a lieu de diviser les engrais en organiques et chimiques.

Les engrais organiques peuvent être de plusieurs provenances. Les plus employés sont ceux qui sont formés par les matières excrémentitielles des hommes et des animaux. Sous cette forme, les engrais ne deviennent l’objet d'une véritable industrie que dans les grands centres, Dans les campagnes on se contente de les amasser sans le moindre soin dans le voisinage des habitations. Dans le Nord on applique souvent la méthode dite Hamande, qui consiste à transporter et à tenir en réserve les matières dans des citernes disséminées sur les différents points de culture et à y puiser au fur et à mesure des besoins. Pour les vidanges des grands centres qui n’ont point adopté le système du tout à l'égout, on fabrique sous le nom de poudrette une espèce d'extrait-engrais, afin d'économiser les frais de transport et d’obténir le plus d'effet possible sous un petit volume. Les vidanges sont versées dans de vastes bassins étagés et peu profonds, où elles laissent déposer successivement leurs parties solides. Les parties liquides sortent des bassins inférieurs, à peu près dépouillées des matières tenues en suspension, et sont conduites par un égout dans une rivière voisine. Il reste dans les bassins des matières pâteuses qu'on enlève à la drague ou à la pelle pour les placer sur un terrain en dos d'âne, où on les retourne à mesure que leur dessiccation s'opère. Au bout d'un certain temps, il reste une matière pulvérulente qui est la poudrette. On la dispose en tas pyramidaux dont les faces sont battues, afin d'éviter les effets de l'infiltration des eaux pluviales. Un autre procédé a été mis en pratique par Chlodzko. Il consiste à faire filtrer les eaux vannes à travers des amas de fagots. C’est la reproduction des bâti-

ments de graduation RPPAUHÉE au traitement des eaux salines.

On utilise aussi les chairs des animaux sacrifiés dans les ateliers d’équarrissage. On les fait cuire dans des chaudières, puis dessécher, et on les réduit en poudre.

Onmetencore à profit le sang recueilh dans les abattoirs. Tantôt on le coagule par l’ébullition et on fait sécher le coagulum à l’étuve; tantôt on le fait absorber par de la terre végétale desséchée au four et on répand le mélange sur les Fes

Enfin nous devons encore faire rentrer Lee le même ordre d'engrais la poudre d'os ou de déchets d'os provenant des industries confectionnant des objets avec le tissu osseux. À côté d'une certaine quantité d'azote, cette poudre apporte le sel le plus utile à la nutrition des plantes, le phosphate de chaux. :

Les engrais chüniques trouveront leur place dans la deuxième classe.

Hygiénologie. — C'est à l'hygiène municipale et non à l'hygiène industrielle qu'il appartient d'entreprendre une croisade contre l'habitude des fumiers, qui est déplorable sous le rapport économique, puisqu'elle laisse perdre l'essence même de l’engrais, le purin ; sous le rapport hygiénique, puisqu'elle infecte à la fois l’air et les puits par la double voie des microbes et des parasites plus élevés. Nous n'avons pas non plus à nous prononcer sur la valeur de l'utilisation immédiate des vidanges par des trrigations qu'on cherche à substituer à la fabrication de la poudrette. Il est toujours du devoir de l'hygiène industrielle d’atténuer les inconvénients de cette dernière industrie tant qu'ellé existe encore.

Les règlements prescrivent à ce genre d'industries un éloignement minimum de 200 mètres de toute habitation et de 400 mètres des routes nationales, départementales, et même vicinales, à moins que ces dernières ne servent exclusivement à l'exploitation agricole. Pour les simples dépôts d'engrais parfaitement desséchés on accorde la deuxième classe et même la troisième si ces dépôts ne renferment pas plus de 2,500 kilogrammes. Cette tolérance est

fâcheuse, car non seulement elle prête à des abus, mais si ces poussières sèches donnent peu d’odeur, elles n’en restent pas moins riches en microbes qui trouveront toujours sur les muqueuses l'humidité nécessaire à leur réviviscence. En tous cas, ces magasins doivent être dallés ou bitumés, non adossés à un mur mitoyen, être à l'abri de toute cause d'humidité et munis d’une cheminée d'appel.

Malgré leur éloignement, les fabriques proprement dites doivent être entourées d’un mur très élevé, les fosses en maçonnerie cimentée pour éviter les infiltrations qui pourraient menacer même les puits lointains, les transports effectués dans des tinettes bien fermées. On demande généralement en outre, sans être écouté la plupart du temps, de désinfecter les matières avant le transport, soit avec du chlorure de zine, soit avec du sulfate de fer, 10 kilogrammes par mètre cube. Il importe en outre de ne jamais charger ou ouvrir les voitures que dans l’intérieur de l’établissement et d'opérer la transformation en engrais aussi rapidement que possible.

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