‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 72 sur 172 · INDUSTRIE DU ZINC · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DU ZINC

Sommaire technique. — Comme hygiéniste nous avons à examiner deux branches de cette industrie, l’extraction du métal zinc et la fabrication du blanc de zinc, particulièrement destiné à la peinture.

Extraction. — Si le minerai est de la calamine, on commence par le calciner pour en chasser l’eau et l'acide carbonique, puis on le divise avec des bocards. Si c’est de la blende ou du sulfure, on le grille dans un four à réverbère pour chasser le soufre et oxyder le zine. L'un et l’autre sont ensuite réduits dans des fours après les avoir mélangés avec de la houille ou du coke. Le zinc métallique se vaporise et est recueilli par condensation. Le zinc ainsi obtenu renferme encore du carbone, de l’arsenic, du fer, du manganèse et parfois de l’étain, du cuivre, du plomb, du cadmium. On ne cherche guère à le purifier par distillation que dans les laboratoires.

Fabrication du blanc de zinc. — I] s'obtient le plus souvent en brülant de la vapeur de zinc. Il est toutefois un procédé, dit de Sorel, qui consiste à oxyder directement le zinc en simple fusion. |

Hygiénologie. — La manipulation du blanc de zinc est relativement beaucoup moins dangereuse que celle du blane de plomb. C’est pourquoi tous les hygiénistes s'accordent à demander la substitution du premier au second dans la peinture. Mais cette manipulation est loin d’être tout à fait innocente. Bouchut et Landouzy ont signalé, sous son

influence, la production d’angines, d'irritation des bronches, des stomatites avec exsudation des gencives, de la fétidité de l’haleine, de la salivation, de coliques, de diarrhée et de diverses éruptions cutanées. Il est vrai qu'il y a lieu detenr un grand compte de l’action purement mécanique de ces poussières et de leur contamination constante par de l’arsenic, du cuivre, etc. Mais peu importe, quel que soit l'agent de cette poudre complexe qui produise ces effets, ceux-ci n'en sont pas moins toujours à subir par les ouvriers.

En tout cas l’action nocive des vapeurs de zine, qui sont plus pénétrantes, est incontestable. Or, si l’on est exposé surtout à ces vapeurs métalliques pendant la fonte, et l’extraction du métal, on l’est aussi, mais à un moindre degré, pendant la fabrication du blanc. Il importe donc de bien préciser ces effets; suivant Schlockow (1), les ouvriers employés au traitement du minerai peuvent rarement travailler au delà de quarante-cinq ans. Ils présentent une exagération de la sensibilité des extrémités inférieures, un affaiblissement de la sensibilité tactile, en même temps qu'une augmentation de l’irritabilité réflexe, une diminution du sens musculaire, des douleurs en ceinture, des contractions spasmodiques, des tremblements, un défaut de coordination, et plus tard une paresse musculaire des membres abdominaux. Cet ensemble symptomatique fait supposer à l’auteur l’existence d’une myélite de la partie inférieure de la moelle, peut-être localisée dans les cordons antéro-latéraux et due à un dépôt de zinc.

D'après Greenhow (2), il se produirait parfois, surtout les jours de grandes fontes, un empoisonnement aigu caractérisé par de la perte d’appétit, de la lourdeur d’estomac, des nausées, de l'oppression, de la toux, de la céphalalgie, des bourdonnements d'oreilles, de la faiblesse générale, des douleurs contuses dans les membres, des frissons, des tremblements, des sueurs froides, une fièvre ardente. Après une nuit de sommeil, il ne reste plus que

(1) Revue d'hygiène, 1879, p. 687.

(2) Annales d'hygiène, 1863, t. XX, p. 468.

de la courbature. Blandet a signalé les mêmes faits sous le nom de fiévre de zinc, mais il était tenté de l’attribuer au cuivre du zinc.

Quant à la salubrité publique, les vapeurs ne l’intéressent que dans un très court rayon, et encore on peut l’éviter. Elle est surtout compromise par l’écoulement des eaux de lixiviation.

Le plus grand danger résidant dans les vapeurs de zine, il convient avant tout d'éviter leur propagation, par un bon choix d'appareils. Trois méthodes sont employées pour l'extraction, et ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients hygiéniques.. Fed CHE

Dans la méthode Æégeoise, employée par la Société de la Vieille-Montagne, on se sert de fours dans lesquels sont étagées des cornues ressemblant à de gros tuyaux. Ces cornues sont prolongées par des tuyaux inclinés en bas et ayant leur ouverture extérieure complètement libre.

Dans la première période du chauffage, il se dégage une grande quantité d'hydrogène carboné qui vient brüler à l'orifice des tuyaux avec une flamme jaune rougeûtre. Dans une seconde période, c'est de l’oxyde de carbone qui sort en brülant avec une flamme bleue. Dans la troisième, alors que la réduction est en pleine activité, il se mélange des vapeurs de zine à l’oxyde de carbone, et la flamme devient d’un blanc verdâtre. À ce moment on emmanche sur les tuyaux en fonte des allonges en tôle zinguée, dans lesquelles la vapeur de zinc est supposée se condenser. Au bout de deux heures on enlève ces allonges, et on les secoue au-dessus d’un récipient pour recueillir la poussière de zinc. L'ouvrier nettoie ensuite l’orifice des cornues avec une râcloire afin d'enlever la poussière qui les obstrue, et il fait couler le zinc resté à l’état de simple fusion dans les cornues.

Il résulte de là que latelier est exposé à se charger successivement d'hydrogène carboné, d'oxyde de carboue et de vapeurs de zine. Il est vrai qu'on enflamme ces produits pour les détruire au fur et à mesure ; mais, outre que tout

ne subit pas l'oxydation, celle-ci donne encore naissance à de l'acide carbonique et à de l’oxyde dé zinc. L’ouvrier est en outre directement compromis aux moments où il secoue les allonges, où il racle les cornues et où il les vide, Ce procédé devrait être condamné, et il est à regretter qu'une

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