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Fig. 102. — Fabrication de la céruse à Clichy.

La dissolution de la litharge dans l'acide acétique s'effectue dans une cuve plus élevée, À, que le reste de l'appareil et munie d’un agitateur mécanique. Un robinet permet de faire arriver ensuite directement la dissolution dans une seconde cuve B située plus bas, dans laquelle les parties insolubles se déposent par lerepos. De là, la partie liquide passe d'elle-même dans une grande euve, située plus bas encore, dans laquelle s'opère la transformation en carbonate à l’aide d’un courant d'acide carbonique qui y est distribué d'une manière égale par une série de tubes immergés ab. Cet acide est fourni par un petit four F, à cuve, où brûle du coke avec de la craie et passe avant dans un laveur E. Un robinet permet, après la précipitation de la céruse, de faire tomber l’acide acétique devenu libre dans un réservoir inférieur, d'où un monte-jus H le reporte dans la première cuve.

Néanmoins, comme la méthode hollandaise est encore fréquemment employée en France, il convient d'indiquer les dispositions palliatives qu’on peut lui appliquer.

Pour les fosses, 1l faut employer du fumier de chevalet non du fumier de carnivores, parce que les excréments de ces derniers dégagent beaucoup plus d'hydrogène sul-

Poincaré. — Myg. industr. 18

furé sous l'influence de la fermentation, non seulement pour empêcher la céruse de prendre une teinte grise, mais surtout pour diminuer les causes d’incommodité pour le voisinage. Il vaut encore mieux remplacer le fumier par du tan, ainsi que cela se fait en Angleterre, ou des matières sucrées en fermentation, comme en Autriche.

Pour diminuer les poussières au moment du démontage des fosses, du dépotage des plaques, de lèur transport au décapage et à l’épluchage, 1l convient qu’un chemin de fer permette d'amener près de la fosse des vagonnets contenant de l’eau dans laquelle les plaques seront immédiatement plongées en sortant des pots. Il est mieux encore, comme on le fait à Lille (1), d’arroser le las de fumier avec de l’eau froide quelques instants avant le démontage. L'eau vient abaisser la température du tas qui marque généralement 70 à 75°, et en raison de la différence de coefficient de dilatation du métal et de son carbonate, il se produit une rétraction qui fendille la couche de céruse et qui permet aux ouvriers de la détacher par une simple torsion.

D’après Gautier, ces deux modes d'intervention de l'eau suffiraient pour atténuer les dangers de l’épluchage et du décapage. On possède aussi aujourd’hui plusieurs machines qui réalisent le décapage et l’épluchage sans intervention de la main de l’homme. Telles sont : 1° la machine à pistons, qui consiste en des marteaux mus par la vapeur ou un moteur hydraulique et frappant les plaques sur une table, machine qu'il est facile d'isoler pis une cage hermétique.

2° La machine de MM. Walkers et RAA ers, qui consiste dans des rouleaux ou cylindres cannelés en bois tournant dans une caisse contenant de l’eau, de telle sorte que la céruse se détache dans une atmosphère aqueuse qui prévient sa diffusion dans l'air de l'atelier.

3° La machine de MM. Levainville et Rambaud, qui opère à sec, mais en vase clos à l’intérieur d’une construction en

(1) Arnould, Congrès de Paris.

planches n'offrant qu’une petite porte pour l'introduction des feuilles.

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Fig. 103. — Machines Levainville et Rambaud.

Une toile sans fin ggg évoluant sur des rouleaux c,c,c conduit ces , feuilles entre une première paire de rouleaux cannelés II où elles éprouvent un premier écrasement. Le plan incliné dd les fait passer entre une seconde paire de rouleaux cannelés KK, d'où elles s’engagent dans un blutoir incliné À, qui est en rotation continue. La céruse détachée et en partie pulvérisée par les rouleaux traverse le grillage du blutoir, tombe dans un réservoir inférieur, pendant que les feuilles continuant leur route vont tomber dans un autre réservoir situé en avant du précédent. |

Gautier se prononce nettement pour la voie humide, et à ce compte le second système devrait avoir la préférence. Il estime que les machines qui opèrent à sec laissent toujours passer de la poussière, même quand elles sont hermétiquement.closes.

Quel que soit le mode d’épluchage, la céruse doit ensuite passer au broyage, pour lequel il convient d’exiger l’écraseur représenté par la figure 104. R

Les écailles de céruse fournies par l’épluchage sont versées dans la trémie R (et elles peuvent y être transportées mécaniquement depuis le réservoir de l’appareil précédent. Le conduit B O qui est muni d'un babillard les transmel à une seconde trémie Q, d’où elles tombent

entre une série de jeux de cylindres cannelés CDEF. Entre chacun de ces jeux, des plans inclinés formant entonnoirs les maintiennent dans la bonne direction A. Au-dessous de chaque jeu un tamis ne laisse passer que la céruse suffisamment divisée, HIJK. Le premier tamis élimine les parcelles de plomb encore adhérentes à la céruse. Elles glissent le long du plan incliné G pour s’accumuler dans un

Fig. 104. — Machine à écraser la céruse.

compartiment particulier où elles peuvent être reprises. Un autre plan incliné conduit dans un autre compartiment la céruse grossière qui n’a pu traverser aucun tamis.

À côté de ces mesures relatives au choix des méthodes et au manuel opératoire, il ne faut pas en négliger d'autres, plus indirectes, qui s'appliquent également aux différentes

branches de l’industrie du plomb. Les ouvriers doivent être astreints de la façon la plus rigoureuse à des lavages avant leur sortie. On a recommandé de faire ces lavages avec des dissolutions de sulfures alcalins. Mais alors on fixe du sulfure dé plomb dans les glandes sébacées et sudoripares. Il vaut mieux des lavages à grande eau sous des robinets qui viennent ajouter l’action mécanique de la douche. On a aussi conseillé de faire un lavage finalavec du pétrole qui a la propriété de bien entrainer les particules plombiques. Mais il laisse sur le corps une odeur persistante et désagréable qui trouble même l’appétence de l’ouvrier. Des bains fréquents doivent compléter les soins de propreté, mais je ne sais si on est dans le vrai en indiquant des bains de Barèges, car le sulfure de plomb trouve dans la matière sébacée des moyens subséquents d'absorption. Le point important est, au contraire, de pratiquer des frictions dans le bain, pour détacher mécaniquement ce que l’eau ne peut pas dissoudre. Les vêtements d'atelier sont ici tout à fait indispensables. Les ouvriers devraient être soumis à des visites médicales hebdomadaires, et le médecin renverrait immédiatement tout sujet présentant les prodromes de l’intoxication.

C’est à tort qu’on a conseillé comme moyen prophylactique de boire du lait pendant le travail, car non seulement il n’est pas un véritable antidote et ne servirait au fond que d’aliment ; mais par son séjour à l'usine, 1l deviendrait un véhicule actif du poison. L'iodure de potassium jouit incontestablement de la propriété d'éliminer le’ plomb par les urines, mais son administration continue finirait par nuire à l'économie et, en outre, son effet éliminatoire s’épuise très vite. |

Enfin, comme les murs des ateliers se couvrent rapidement de poussières que la trépidation des machines fait constamment voltiger dans l’atmosphère, ils doivent être arrosés vigoureusement toutes les semaines avec des pompes à incendie.

Il y aurait, en ce qui concerne la céruse, une mesure

beaucoup plus radicale que toutes celles que nous avons pu indiquer, ce serait de substituer à la céruse, dans la peinture,-un succédané non plombique. Les peintres sont, au point de vue de l’art, intéressés eux-mêmes à cette substitution, puisque le blanc de plomb noircit sous l'influence de l'acide sulfhydrique des fosses d'aisances. Deux substances donnent de bons résultats, l'oxyde de zine, dont l'emploi se répand de plus en plus, et le sulfure de zine qui est riche de promesses.

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