TEINTURERIES
Sommaire technique. — Il y a deux méthodes pour colorer les tissus ou les fibres textiles : 4° la feënture en un? ou teinture par immersion; 2° le coloriage de l’une des faces par plusieurs couleurs en réalisant des dessins, ou teinture par impression.
4° Dans la feënture par immersion, il faut d’abord débarrasser les fibres et les étoffes des matières étrangères qui y adhèrent. C’est là l'opération dite du blanchiment. I consiste en des lavages avec combinaison d'actions mécaniques, et souvent d'actions chimiques. | |
Vient ensuite le mordançage, qui a pour but d’imprégner les fibres d’une substance variable, capable d’y entraîner et d'y fixer la matière colorante, en vertu d’un mécanisme chimique sur lequel on n’est pas encore bien fixé.
Puis l’2mmersion dans le bain de teinture.
Le nettoyage des tissus teints, qui retiennent toujours du liquide du bain et des parties RÉLERS Il se fait à l’aide de lavages à l’eau froide.
Le séchage des tissus teints.
La teinture par impression suppose, comme la précédente,
le blanchiment, la préparation des mordants et des couleurs.
Les opérations spéciales sont : l'impression ou l’application, qui se fait au bloc ou à la pape à la planche plate, au rouleau.
Le séchage et l'oxydation des mordants. Le séchage a besoin d’être rapide, car il doit empêcher la couleur de se répandre sur les frontières du dessin. L’aération ou oxydation a pour but d’évaporer les acides et de fixer leurs bases.
Le dousage ou dégommage, qui consiste à faire passer l’étoffe dans un bain dont la composition peut varier, mais qui, le plus souvent, est formé par de la bouse de vache. Il a pour résultat: de chasser l'acide acétique de l’acétate d’alumine, qu'on emploie le plus souvent comme mordant et dont la base doit rester seule, de niveler les points trop épais en couleur, de chasser l’excès de mordant.
La teinture ou garançage, c'est l'immersion dans un bain tüinctorial.
Le blanchiment et avivage des garancés ; ces opérations consistent en des immersions successives dans des bains de savon, d'acides très étendus, de bains de bichlorure d’étain, de bains de son; elles ont pour but de donner plusde vivacité aux couleurs, et d'en enlever là où elles ne doivent pas être.
Enfin, le séchage.
Hygiénologie. — Le danger prédominant dans les teintureries résulte du maniement incessant de substances toxiques ou caustiques, avec complication d'inspiration incessante des particules de ces substances entraînées par les buées. Pour le simple dégraissage et nettoyage des étoffes déjà portées quisont toujours confiées aux teinturiers, les ouvriers manient de l’ammoniaque, du fiel de bœuf, de la térébenthine, de la benzine, de l’alcool, des terres grasses, du sulfure de carbone.
Dans le mordançage ils sont en contact continuel avec le nitrate d’alumine, le nitrate de cuivre, le prussiate de potasse, le chromate et l’acétate de plomb, les arséniates et arsénites de potasse, le chlorure d’étain, le bichlorure de mercure, les cyanures doubles de fer et d’étain, le purpu-
rate d'ammoniaque, les acides azotique, chlorhydrique, acétique, oxalique, chromique et picrique.
ÉSNISISSISISISIIIIINQÇ ER
Fig. 114. — Machine à passer et à dégorger.
Elle comprend deux machines symétriques ou jumelles a b sont deux cylindres supportés par un bâti en fonte. Le cylindre inférieur a une extrémilé libre pour permettre de placer le coton c. — dd est un déclanchement qui permet d’abaisser le cylindre supérieur sur l’inférieur ; mm sont les bassins contenant l’un le bain de mordançage, l’autre de l’eau pour le dégorgeage. Un tuyau à robinet disposé sur l'un des côtés el au-dessous des cylindres permet de renouveler le mordant sans que l'ouvrier ait besoin de se déranger. Pour le dégorgeage on serre beaucoup plus les cylindres que pour le mordançage.
Les matières acides et alcalines exercent d’abord sur les mains et les bras une action que nous avons déjà signalée plusieurs fois et qui se traduit par de l’insensibilité cutanée et uu engourdissement musculaire. Sous l'influence des actions différemment combinées des acides, des alcalis, des préparations arsenicales et mercurielles, du chlorure d’étain et des chromates, la peau des mains s’enflamme, des vésicules apparaissent surtout sur les parties latérales des doigts; bientôt ces vésicules sont remplacées par des ulcérations douloureuses et tenaces. D'autre part il se produit des coryzas, des ulcérations de la pituitaire et même la perforation de la cloison, qui doit être particulièrement attribuée aux chromates ; des stomatites et des tremblements qui sont spécialement imputables à l'absorption du mercure ; de la céphalalgie, du malaise avec une espèce d’ébriété
provenant de la térébenthine, de la benzine et de l'alcool ; de l'excitation intellectuelle, sensorielle et musculaire due au sulfure de carbone ; des troubles digestifs, de l’anorexie, des vomissements ; des contractions tétaniques des doigts attribuées avec plus ou moins de raison à l'alcool méthylique ; des tendances à l’asphyxie ou aux syncopes, particulièrement là où l’emploi des cyanures développe des dégagements d'acide cyanhydrique.
Ajoutons que l’atmosphère de tous les ateliers est sursaturée d'humidité entraînant avec elle des particules 1rritantes. De là des angines et des bronchites chroniques et de l’hydrohémie. La station debout sur un sol toujours très
| | mouillé détermine à la longue un tremblementdes jambes, des crampes dansles mollets, etmêmedes ulcères atoniques.
Le tissu fourni par le cylindre m passe sur la traverse à qui le redresse ; de là dans | = l’auge n en glissant
Es <R sous un rouleau d KKKKKKKKKKKKS NAS cuivre 0. Là il s’imprègne du mordant, il passe entre les deux cylindres presseurs e et f qui réparlissent le mordant et expulsent l'excès. Enfin 1l s’enroule sur le cylindre récepteur r.
Fig. 115. — Machine à foularder.
Les dispositions prises dans les ateliers et les modifications du mode de travail peuvent seules atténuer les inconvénients que nous venons d'indiquer. Reprenons donclasérie des opérations, examinons-les en détail, voyons les progrès déjà faits, et quels sont ceux qu'ilserait possible de réaliser. . Longtemps les lavages et dégorgeages se sont effectués à main d'homme dans une eau courante, le lavage doit être fait maintenant à l’aide du dash-wheel (Voir Généralités,
fig. 24), et le dégorgeage à l’aide de l'appareil reproduit par la figure 32 dans les Généralités. I] est évident qu'on évite déjà ainsi aux ouvriers bien des causes de fatigue, de froid et d'humidité.
Le mordançcage donne encore lieu à un travail qui peut être évité. En effet, dans la plupart des ateliers de mordancage, des femmes portent d’une table aux ouvriers des écheveaux humectés d’eau. Les ouvriers brassent à mains avec vigueur les écheveaux dans des jarres de terre encastrées dans une maçonnerie. Après ces brassages, ils les enlèvent et les expriment fortement en les tordantsur une forme de cornefixée dans ‘un poteau; après quoi, les femmes reprennent Îles écheveaux, Îles ouvrent et les étalent sur une table.
C'estlà ce qu'elles appellent /reser.
Pour le mordançage de la laine, les inconvénients sont encore plus grands, car l’ouvrier est obligé de travailler au-dessus d’une chaudière d’où s’échappent les vapeurs du mordant en ébullition.
I convient done de demander, pour les fils de coton, l'emploi de la maclune à passer (fig. 114) de M. Prévinaire de Harlem. |
Pour le mordançage des toiles, on doit se servir de la machine à foularder (ig.115)employée dans les usines d’apprèt.
Pour les tissus de laine il faut se servir du #inquet. Le mordant est dans une cuve carrée surmontée d’un tour horizontal à l’aide duquel on fait passer et repasser le tissu dans le liquide.
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