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spath broyé ; d’autres fois, simplement avec des scories de
forge. La cuisson demande une température de 120°. Elle s'opère dans des fours particuliers représentés par la figure 110.
La porcelaine se distingue, eomme matière première, en ce que la pâte est surtout faite avec le kaolin, argile blanche très pure qui provient de roches primitives composées de feldspath, de quartz et de mica. On lave cette roche pour séparer le sable et le mica de l’argile blanche. On forme avec cette dernière des petits pains qu'on fait sécher au soleil. On ajoute du sable comme matière dégraissante et du feldspath pour rendre la pâte plus translucide. Toutes ces maières premières sont réduites en poudre impalpable. On les mélange intimement et avec de l’eau on en fait une bouillie claire dans des cuves. On met la bouillie dans des sacs de toile serrée qu'on soumet à de fortes presses pour chasser l’eau. On a ainsi une pâte ferme qu’on marche et qu’on malaxe longtemps. Puis on conserve la pâte pendant deux ans, soit sous l’eau, soit dans des caves humides. Il s'établit une fermentation, dite pourriture, qui a pour but de détruire la matière organique, mais qui dégage de l'acide sulfhydrique. Au moment du façonnage, on marche de nouveau la pâte et on la malaxe à la main ; on en forme des boules qu’on projette avec force sur les murs ou sur les établis, pour en chasser les gaz développés par la putréfaction. Le façonnage, suivant les pièces, s'effectue soit au tour, soit par moulage, soit par coulage. On laisse sécher les pièces, puis on les soumet à une demi-cuisson.
On applique le vernis par immersion comme pour la faïence. Ce vernis se compose uniquement de feldspath délayé dans de l’eau vinaigrée.
Dans certaines usines, la première cuisson est faite à une haute température, ce qui Ôôte à la porcelaine de sa porosité; alors le vernissage ne peut plus se faire par immersion, et on applique le vernis soit au pinceau, soit par saupoudrage.
Dans l’un et l’autre cas il faut une seconde cuisson plus complète, dans des fours à alandiers ayant plusieurs étages,
donnant de plus en plus de chaleur de haut en bas, et par lesquels on fait passer successivement les pièces. La figure 111 représente le four employé.
L'ornementation des porcelaines par des dessins dorés ou colorés s'effectue sur les vases déjà cuits et vernissés. Les matières colorantes employées sont des oxydes métalliques associés à des fondants constitués par le quartz, le
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Fig. 111. — Four à porcelaine. Fig. 112. — Four pour l’ornemen-
tation des porcelaines.
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feldspath, l'acide borique, le nitre, les carbonates alcalins, le minium, la htharge, l’oxyde de bismuth. La plupart des couleurs dues aux oxydes métalliques changent de teinte par la cuisson. La couleur initiale ne se conserve qu'avec le bleu de cobalt, le vert de chrome, les bruns de fer et de manganèse, lés jaunes de titane, les noirs d’urane, le rouge de protoxyde de cuivre.
On mèle intimement ces couleurs avec les fondants, on les broie à la molette sur une plaque de verre dépoli avec
de l'essence de térébenthine. On applique au pinceau. La plupart des couleurs ne supportent qu’une température modérée, aussi est-on obligé de limiter la chaleur en se servant de fours à moufle représentés par la figure 112.
Hygiénologie. — Parmi les ouvriers briquetiers, il en est qui sont chargés d'extraire l'argile des terrains qui en sont formés. Si la plupart du temps cette extraction s’effectue à ciel ouvert, il arrive parfois que l'exploitation se fait par des galeries qui nuisent par leur grande humidité et par l’absence de radiation solaire. Dans l’un et l’autre cas, ce travail dans un sol détrempé détermine souvent, d’après Heise (1), de la malaria, des dysenteries et des fièvres typhoïdes.
On a observé souvent chezles briquetiers des hémorrhagies Iintestinales avec anémie. Plusieurs médecins, entre autres Fraenkel (2), ont pu constater que cette anémie des briquetiers était due à l’ankylostome duodénal. Leichtens- Lem a reconnu qu'à Cologne ce parasite avait été importé dans les champs à brique par des ouvriers de Liège, qui pendant l'hiver avaient travaillé dans des mines.
Ils sont en outre obligés de développer des efforts musculaires considérables. Ce travail devrait être fait avec des charrues appropriées. On aurait à exposer beaucoup moins d'hommes, et ladépense musculaire seraitconsidérablement diminuée.
Il est souvent nécessaire, avant de tremper la pâte, de diviser en fragments avec la bèche les pièces d'argile extraites. Cette division peut parfaitement être faite par des tailleuses analogues aux coupe-racines.
Les ouvriers qui délaient la pâte et qui la pétrissent ensuite sont d'abord exposés, à un moindre degré peutêtre, aux maladies infectieuses indiquées plus haut. Mais ils ont surtout des douleurs rhumatismales, des synovites des gaines tendineuses des fléchisseurs propres et communs
(1) In Gasper Viertels Jahrscht., f. gericht. und offent. Medic., t. XVN, 1860. Heft 1. | (2) Semaine médicale, juin 1885.
des orteils, ou bien des extenseurs des doigts suivant qu'ils pétrissent avec les pieds ou les mains. Il est des briquetiers qui ajoutent de la chaux à la pâte. Aussi les marcheurs de ces usines ont-ils souvent à la face plantaire du métatarse et des orteils des ulcérations qui guérissent très difficilement. Enfin, pour le pétrissage à la main on emploie souvent des enfants qui soulèvent des masses de pâte au-dessus de leurs têtes, pour les projeter avec force sur le sol. Ce travail demande des efforts réellement au-dessus de leur âge. De là un surmènement qui leur procure d’abord des douleurs musculaires générales et constantes, puis qui les épuise, les anémie et détériore complètement leur santé. C’est donc à tort que la législation n’interdit le travail des enfants que dans les locaux de broyage et de blutage. Pour les adultes eux-mêmes, il est temps de supprimer le pétrissage à pieds et à mains. On ne doit plus autoriser que les. industries assez importantes pour organiser un malaxage mécanique, facile du reste à réaliser. L'opération se fait dans de vastes tonneaux où se meut un arbre armé de lames qui divisent et malaxent. |
Le moulage des briques entraine lui-même de graves inconvénients. Des servants transportent des masses énormes de pâte de la fosse à l'atelier, et supportent des fatigues musculaires considérables. Les mouleurs saupoudrent de sable les formes; de là une atmosphère personnelle surchargée de poussières: ils sont debout constamment ; de là des varices et des ulcères variqueux. Ils travaillent dans des hangars à courants d’air violents : de là des maladies a frigore; enfin ils projettent avec force la pâte dans les formes pour qu’elle pénètre partout; de là une courbature constanteet souvent chez lesanciens mouleurs de l’atrophie musculaire progressive. Il faut aussi diminuer ici la maind'œuvre, en exigeant des machines à mouler qui existent, du reste, dans les grandes briqueteries. |
Après a dessiccation à l'air, les ouvriers Fhiènl énergiquement les briques aves des battoirs. Ici encore on ne doit pas oublier qu’il existe des machines exécutant ce travail
Enfin la cuisson exige que des chauffeurs restent pendant quatre jours et quatre nuits près des fourneaux, dont ils doivent entretenir le feu. Ceux-là sont sujets à des ophthalmies. Ce genre de travail est inévitable, mais les chauffeurs devraient être tenus de porter des conserves.
Les ouvriers employés dans les faïenceries sont beaucoup plus que les précédents exposés à des poussières, pendant le broyage et le tamisage des matières premières, et pendant le tournage des objets à façonner. D’après John Arlidge (1), ils ont une expectoration opaque, grisâtre, laiteuse, une brièveté remarquable de la respiration, une anhélation continue. La poitrine se rétrécit comme dans la phtisie. Ils ont un profond degré de marasme. Ils ont l’aspect de véritables phtisiques, mais ils ont peu de sueurs et de fièvre hectique. Ils éprouvent des douleurs thoraciques avec pleurésie sèche. Quand on a l’occasion de faire des autopsies, on trouve des points des poumons indurés qui, à l'analyse chimique, donnent de la silice, de l’albumine et du peroxyde de fer. De son côté Wilbrand (2) a constaté que, dans sa contrée, quoique les potiers travaillent chez eux, qu'ils travaillent en outre aux champs, et qu'ils jouissent d’une certaine aisance, ces ouvriers sont obligés de renoncer à leur métier à quarante-cinq ans. Beaucoup même sont devenus à ce momentincapables de tout travail. Leur teint est blanc grisâtre ; ils ont un catarrhe chronique des bronches, de l’emphysème, de la dilatation des bronches, de la sclérose des poumons, un état catarrhal de l’estomac, de la constipation résultant de l'attitude vicieuse pendant le tournage, des douleurs en ceinture. |
Les ouvriers en porcelaine sont peut-être encore plus victimes des poussières, car les matières premières ont besoin d’être finement pulvérisées et blutées. De plus, après la cuisson, ils sont obligés de parfaire les objets au tour. Ils promènent avec une grande rapidité une lame tran-
(1) On lung disease from inhalation of dust (Bril and foreign med. chirurg. Review, octobre 1875, p. 433).
(2) Vierteljahr. f. gericht.med., nouvelle série, XIII, p. 124, janvier 1876.
chante à la surface du biscuit de porcelaine. De là un nuage de poussières qui se mêlent à la salive et arrivent Jusque dans l'estomac, y produisent les mèmes effets que le verre pilé, c'est-à-dire des troubles digestifs, des douleurs vives, des hématémèses, des ulcères stomacaux (1).
Contre ce danger des poussières, il convient d’abord de confier la pulvérisation et le blutage à des machines enfermées dans des enveloppes hermétiques. D’autres préfèrent la voie humide; d’une part les meules de porphyrisation doivent être constamment mouillées par un courant d’eau ; d'autre part le blutage serait remplacé par une décantation. L'eau chargée des matières broyées passe dans une série de bassins, et comme ce sont les parties les plus fines qui restent le plus longtemps en suspension, c’est dans les derniers bassins qu'on trouvera la poudre suffisamment. fine. Les dépôts des premiers bassins réclameront un nouveau broyage. Pour les poussières développées pendant le tournage, on aura recours aux établis à ventilation, indiqués dans les généralités (page 40 et fig. 16). On peut aussi appliquer le système de ventilation pour le polissage (voir Généralités, page 35 et fig. 58).
Les mouleurs qui appuientsouvent l'instrument compresseur contre leur poitrine et leur épigastte offrent généralement un enfoncement de l’appendice xyphoïde et des côtes voisines. Cette déformation, jointe à la suspension de la respiration pendant l'effort, engendre facilement des congestions pulmonaires et des maladies organiques du cœur. Tout cela est à éviter par l'emploi d’un moulage exclusivement mécanique.
Les ouvriers employés dans les étuves de dessiceation sont épuisés par des sueurs abondantes, et sont souvent atteints de maladies aiguës de l'appareil digestif et de l’appareil respiratoire.
Le moyen le plus simple d’atténuer les dangers de l’étuvage est d'adapter des ventilateurs aux étuves. La perte de
(1) Progrès médical, 6 août 1881, p. 629.
calorique et de combustibles qui en résulte est en partie compensée par l'expulsion de la vapeur qui a l'inconvénient d'absorber une partie du calorique produit.
IL est beaucoup mieux encore de reproduire les dispositions adoptées à Burslem ou à Newcastle. Dans la première de ces usines, l’étuve présente quatre compartiments dont deux sont en chauffage, pendant que les deux autres sont déchargés et rechargés de poteries. Grâce à cette alternance,
Fig. 113. — Étuve pour poteries.
les ouvriers ne séjournent que dans les compartiments déjà refroidis. Un calorifère à air chaud envoie par une conduite À, ménagée sous le plancher, un courant qui continue à être AR par le tuyau de fumée B. Celui-ci suit en effet l’axe de la conduite pour se rendre à la cheminée d’évacuaüon CG. L'air chaud, après avoir parcouru le (HHparten ent, s'échappe en haut par l'ouverture D.
Dans la seconde usine, les ouvriers n’ont mème pas besoin d'entrer dans l’étuve. Les poteries sont chargées en dehors sur des wagonnets glissant sur des rails, qui les conduisent dans l’étuve dont on ferme aussitôt la porte d'entrée. Après l'opération on ramène les wagonnets au dehors à l’aide d’une chaîne de traction.
Les opérations les plus dangereuses sont incontestablement le vernissage et la coloration des pièces, en raison même de l’action toxique des substances employées. L’intoxication saturnine est, en particulier, assez fréquente dans ces usines. Le danger existe non seulement pendant la préparation et l'application des enduits, mais surtout au moment du défournage et du grattage.
Dans les faïenceries et les fabriques de porcelaine le danger est constant puisque toutes les pièces sont au moins vernissées. Mais mème il existe partiellement dans les briqueteries, car on vernit certaines tuiles et certains carreaux de dallage. On saupoudre une des faces avec un mélange de sulfure de plomb et une partie de sable broyé. En dehors de l’intoxication saturnine, on observe chez les ouvriers chargés de ce travail des éruptions lichénoïdes et de l’acné.
On peut déjà par l'emploi d’établis ventilés pour le grattage et par des soins pris pour le défournage, diminuer les chances de danger. Mais le véritable objectif de l'hygiène est la découverte de vernis non toxiques, dans l'intérêt du consommateur comme dans celui des ouvriers. À la suite de nombreuses expériences, on a adopté dans le Wurtemberg un vernis qui est, il est vrai, plombifère, mais est peu nuisible. [comprend 60 parties de litharge, 10 parties d’argile quartzifère et 12 parties de sable quartzeux. Il se forme de l’oxyde de plomb silicaté que les acides n’attaquent pas. En France, Constantin est arrivé à former un bon vernis sans plomb. Il est formé de : |
ICE BONE... 20e Re Div le. 1000 CFATRMEMMS GONE TITI SAR RE ROLE 150 Queartzen.poudre très fine... ..s1.4% stat DRE 150 DO PORN ur dus ge ne te OU US 150
Deux observations de détail encore relatives au vernissage. Pour certaines glaçures, on projette du chlorure de sodium dans le four : il se dégage alors beaucoup d'acide chlorhydrique. Pour éviter aux ouvriers l’inhalation de ces
vapeurs, il faut donner une grande hauteur à la cheminée.
Beaucoup de femmes, pour brunir, mouillent avec leur salive le brunissoir d’agate. Il faudrait les forcer à employer un liquide mucilagineux.
Les poteries ne peuvent nuire à la salubrité publique, que par l'opération de la fermentation, et par l’écoulement des eaux résiduaires de la préparation de la pâte et de la coloration des pièces. Pour ce dernier danger, 1l faut une canalisation parfaitement étanche. Pour le premier, l’autorité ne s’est pas assez préoccupée du fait. On devrait exiger l'éloignement des bassins de toute habitation.
Les règlements n’interdisent le travail des enfants que dans les locaux de broyage et de blutage, où les poussières se développent librement.