‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 9 sur 172 · Poincaré. — Hyg. industr · texte numérisé non relu

Poincaré. — Hyg. industr

Le résultat hygiénique me parait être de beaucoup supérieur avec ce qu'on appelle les foyers d flamme renversée, parce qu'ils contribuent à diminuer les agents les plus dansgereux de la fumée, l’oxyde de carbone et les produits empyreumatiques. Dans ces foyers, le courant d’air est renversé, c'est-à-dire que l'air, au lieu d’arriver par en bas et en dessous de la grille, arrive au-dessus, et la fumée, au lieu de sortir par en haut, ne trouve d’issue que par en bas. Dans ces conditions, 1l n’y a d’incandescent que la couche inférieure du charbon, c’est-à-dire celle qui repose directement sur la grille. Les couches supérieures sont simplement assez chauffées par voisinage pour être distillées et fournir des gaz et des produits goudronnés, mais ceux-ci se trouvent oxydés en traversant la couche incandescente et avant de venir faire partie de la fumée. Dans les foyers ordinaires, au contraire, les nouvelles couches de charbon que l’on ajoute sont d’abord simplement distillées et les produits non complètement comburés qu’elles dégagent ne traversent plus un milieu incandescent, ils s’en vont immédiatement dans la cheminée avec la fumée.

Il est encore une autre méthode, dite par injection d'air, qui arencontré une certaine faveur dans la haute industrie et qui a pour but de continuer la combustion de la fumée dans la cheminée d'évacuation elle-même. Elle consiste à faire déboucher dans celle-e1 des prises d’air qui viennent raviver l'inflammation au moment où elle se serait éteinte. Mais il importe beaucoup de faire arriver de l’air chaud, car ce qui éteint la flamme, c’est encore plutôt le refroidissement que le manque d'air, vu que la fumée où la combustion s’est arrêtée contient encore 10 0/0 d'oxygène.

La figure 3 représente un des types les plus simples se rattachant à cette méthode.

Lorsqu'on veut conserver d'anciens foyers et chercher seulement à en améliorer les conditions hygiéniques, on peut y adapter l'appareil dit de Stanley, qui à le double avantage d'éviter au chauffeur l'introduction du combustible dans un foyer ouvert et qui assure la combustion, non

seulement en supprimant cette dernière cause de refroidissement, mais encore et surtout en ne livrant au foyer qu’un charbon très divisé. Il suffit d’annexer extérieurement, à n'importe quel foyer primitif, une trémie en entonnoir, munie de deux rouleaux écraseurs, et au-dessous une roue à palettes qui reçoit le charbon divisé et le projette dans le foyer, grâce au mouvement de rotation dont elle est animée ;

On peut quelles que soient les conditions présentées

par les foyers, traiter la fumée par condensation, avant de

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Fig. 3. — Foyer à injection d’air.

F, ouverture par laquelle l’air débouche en decà du foyer. — G, registre permettant de doser l'air introduit. — K, tige actionnant ce registre. — P, foyer.

l’abandonner à l'atmosphère, en la forçant à traverser préalablement un bain d’eau. Celui-ci retient bien en effet la plus grande partie des particules de charbon et les huiles empyreumatiques, mais l’oxyde de carbone et la presque totalité de l'acide carbonique continuent leur route. Cette mesure peutrendre quelques services, etencorecontestables, dans un grand centre d'industrie charbonnnière comme Newcastle, mais elle a l'inconvénient de laisser subsister les éléments les plus dangereux de la fumée et de les rendre plus insidieux, en enlevant au dégagement les matières colorantes qui seules peuvent le rendre apparent.

Mesures et inconvénients relatifs aux résidus industriels, — Il n’est pas une seule industrie qui, à côté du produit cherché, ne donne naissance à des matières sans valeur, et souvent nuisibles, qui sont comme Îles fragments de pierre que le sculpteur est obligé de détacher et de rejeter pour faire saïllir son œuvre. Le fabricant à un intérêt majeur à rejeter hors de chez lui ces détritus, de même que les propriétaires et les villes cherchent à se débarrasser des déjections humaines.

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Fig. 4. — Appareil de Stanley.

La question des détritus met fortement en jeu l’antagonisme qui existe forcément entre l'intérêt privé et l’intérêt public. Si le fabricant les conserve sur sa propriété, il s’encombre et nuit à l’hygiène intérieure de son établissement; s'il les écoule au dehors, s’il a recours au fout à l'égout de l'industrie, 1 compromet la salubrité publique. Du reste, même en s’encombrant, l’industrie ne sauvegarde pas toujours l'intérêt général. La pluie en lavant les détritus accumulés sur sa propriété transporte bientôt le danger

GÉNÉRALITÉS SUR L'HYGIÈNE INDUSTRIELLE. 9 hors de l'enceinte privée. Il y a donc là un problème d’hygiène très difficile à résoudre. Bien des solutions-‘ont été proposées et appliquées, mais toutes ont un côté défectueux. Dans l’état actuel de l’hygiène industrielle, 1 n’est mème pas possible de formuler une solution générale ou commune. Celle qui est la plus favorable pour telle industrie peut être inférieure à une autre quand il s’agit d’un autre genre de production industrielle. Dans certains cas une combinaison de plusieurs procédés peut être avantageuse. À titre de généralités, nous allons done nous contenter d'apprécier en eux-mèmes les divèrs moyens appliqués ou proposés jusqu’à présent, en considérant à part les traitements des résidus solides et ceux des résidus liquides.

Traitements des résidus solides. — T'amoncellement ou mise en dépôts est souvent mis en pratique dans les cours des usines, tout au moins d’une manière provisoire. La plupart du temps ces dépôts, quoique provisoires, ne sont pas sans inconvénients, car 1ls y sont constamment Hixiviés par les pluies. Les parties solubles, si elles sont toxiques, peuvent aller, par l'intermédiaire de la nappe souterraine, contaminer les puits, souvent à une grande distance. Quant à la majorité des eaux de lixiviation, elles s’écoulent par des ruisseaux, rarement couverts, dans les cours d’eau du bassin de la région, où elles deviennent un des agents d’adultération des rivières, au même titre que les résidus liquides ; aussi convient-il de les abriter sous des hangars. À

Beaucoup d'industries qui produisent des quantités considérables de résidus solides sont obligées de recourir à des dépôts permanents en rase campagne. Pour les détritus insolubles et innocents, comme les scories des fonderies de fer, ces terrassements en plein champ sont regardés comme étant tout à fait sans inconvénient. Je ferai observer toutefois qu'ils ont, comme les remblais des voies ferrées, l'inconvénient de former sur leurs flancs de véritables marais. Il serait facile d'éviter les barrages en ména-

geant des voies d'écoulement à travers la base du monceau.

Quel que soit l'éloignement des habitations, les dépôts lixiviables peuvent en outre, par les péripéties si variées des nappes souterraines, avoir des influences restées le plus souvent méconnues. Il est vrai qu'il en est de mème avec beaucoup de couches géologiques naturelles; mais c'est toujours une aggravation volontaire de ce qui existe dans la nature.

L’enfouissement sous un sol qu’on livre ensuite à l’agriculture laisse pour les détritus non organiques, les choses exactement dans les mêmes conditions. Le revétement des terrassements à l'aide d’un couche imperméable constitue déjà un moyen d'atténuation, mais encore insuffisant. La meilleure solution est encore l’utilisation des détritus. On les use ainsi pour la salubrité publique tout en en tirant profit. Pour ceux dont l’utilisation n’est pas encore trouvée, il faut chercher à les rendre plus innocents par une modification de leur composition chimique, ce qu’on désigne par le mot général de neutralisation ou de dénaturation. Les procédés d'utilisation et de neutralisation varient évidemment avec la nature des détritus et seront indiqués dans l'histoire particulière des industries.

Traitement des résidus liquides. — On a toujours trouvé tout naturel de mettre à profit le voisinage d’une rivière, ainsi que la déclivité du terrain, pour s’en débarrasser par simple écoulement; ou bien, lorsque la pente et le cours d’eau font défaut, de délivrer la surface du sol d’un inconvénient trop patent, en forçant la matière à se perdre dans les profondeurs de la terre. Mais si ces errements se recommandent par leur simplicité, ils ne laissent pas que d’être très défectueux.

La forme la plus primitive du second moyen prend le nom plus spécial de puits perdu et consiste dans une fosse non murée et plus ou moins profonde. C’est à condamner d’une manière absolue et sans la moindre hésitation, puisque les résidus liquides se répandent par imbibition dans toutes les directions à la fois et mème dans les couches

superficielles, c’est-à-dire dans celles qui touchent le plus à l’homme et à ses ressources alimentaires. Les fosses maçonnées, auxquelles on réserve plus particulièrement le nom de pwsards, ne font que reculer la difficulté, si elles n'ont pas d'ouverture d'échappement sur leur fond. Leur étanchéité elle-même fait qu’elles sont bientôt remplies. Il faut les vider, et contaminer d'une manière plus aiguë le

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