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LA THERMOGKNÈSE ET LA CALORIMÉTRIE DU NOURRISSON

ceux qui ne gagnent pas de poids présentent une température inférieure (36^62). Fehling et Roger ont confirmé le fait.

On voit également chez ces derniers enfants, en rapport avec un accroissement tardif et momentané, une forte élévation thermique. Avec M. Baudrand. nous avons constaté que chez des hypotrophiques, il y a des poussées d'hyperthermie de 39^, 40°, au moment même où ils commencent enfin à utiliser le lait et à prospérer.

Weill (de Lyon) a conclu de ses observations, résumées par son élève Tibérius. que le genre d'alimentation pouvait modifier la courbe thermique. C'est ainsi que l'enfant élevé au sein présente un tracé qui a la forme d'une ligne horizontale ou à peu près; les oscillations matutinales et vespérales sont à

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Fie. 76. — Courbes thermiques en rapport avec le genre d'alimentation. (D'après Weill.)

peine de un ou deux dixièmes, et le plateau dans son ensemble est fixé autour de 37°. L'augmentation progressive du poids de l'enfant est en rapport constant avec cette température sans oscillations. Quand la température devient oscillante et tend à s'écarter de ce type spécial à l'allaitement au sein, le poids reste stationnaire ou diminue.

Dans l'allaitement au lait de vache, la courbe thermique présente des oscillations quelquefois assez élevées. La température, par exemple, qui était le matin de 370,5, tombe à 36^,6 le soir, pour se maintenir les jours qui suivent au-dessous de 37*^ ou pour s'élever brusquement et sans cause à 38°. Dans l'allaitement au lait d'ânesse, le tracé présente un état intermédiaire aux deux précédents, en rapport avec sa facile digestibilité et la régularité de la courbe de poids. (Weill).

Toutefois, ce n'est pas tant la nature de l'alimentation que l'assimilation

elle-même qui doit entrer en jeu pour expliquer ces variations thermométriques. Lorsque l'alimentation au lait de vache est bien conduite, il n'est pas rare, comme nous avons pu le contrôler, d'observer une régularité parfaite dans la courbe thermique (Jundell, Nobécourt et Merklen).

Variations nyctémérales de la température de l'enfant.

Pour Bœrensprung, le sommeil ne modifie pas la température. Demme, Pilz et Git en prenant la température toutes les heures, ont observé une ascension lente, jusqu'à 4 ou 5 heures de l'après-midi, puis une chute rapide.

Pour Canells, il y aurait une chute rapide de la température vers le soir.

Finlayson chez des enfants de 2 à 10 ans, a trouvé que le maximum ther-

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FiG. 77. — Courbe horaire de la température. (Lassablière.)

mique était à 5 heures du soir; que jusqu'à 8 heures, la température restait en plateau et que le minimum était à 2 heures du matin.

Les recherches de Saint- Albin, dans notre service, ont confirmé les résultats de Finlayson et ont montré l'influence des variations de la température ambiante sur la courbe horaire de la température.

CALORIMETRIE

Détermination du minimum d'énergie nécessaire.

De nombreuses expériences ont établi que la plus grande partie de l'énergie fournie à l'organisme se retrouve sous forme de chaleur. La chaitMir recueillie par le calorimètre pendant des jours entiers représente soit la valeur

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calorifique des aliments dépensés pendant le même temps, soit celle des tissus détruits pendant un jeûne d'égale durée. La calorimétrie permet donc de déterminer le minimum d'énergie dont l'organisme a besoin. Pour cela, il suffit d'enregistrer la chaleur cédée par un organisme à l'état de repos.

Importance de la surface dans la radiation thermique.

Déjà Regnault et Reiset avaient montré que les gros animaux consommaient, par rapport à leur poids, bien moins d'oxygène que les petits.

En 1884, Ch. Richet a déterminé expérimentalement que les quantités de chaleur dégagées chez les petits animaux étaient en rapport avec l'étendue de leur surface. Depuis lors les travaux de Rubner et de bien d'autres ont confirmé ce fait expérimental : à savoir que, toutes choses égales d'ailleurs, l'intensité des combustions, et par suite la chaleur dégagée, est proportionnelle exactement à la surface cutanée et non au volume du corps. Soit un corps inerte : sa radiation sera, conformément à la loi de Newton, égale à la différence des deux températures t, t\ multipliée par sa surface S, Si on suppose t — ^' à peu près constant, il s'ensuit que la radiation calorique est proportionnelle à la surface.

Ch. Richet a prouvé, par les chiffres calorimétriques obtenus expérimentalement, que chez les animaux de taille différente, l'unité de surface dégage toujours à peu près la même quantité de calories.

Si les petits animaux paraissent dégager plus de chaleur, c'est parce que leur surface est relativement à leur poids plus étendue. En effet, dix petites sphères, pesant en tout 1 kilog., auraient une surface totale beaucoup plus grande que la surface d'une grande sphère de 1 kilog. Autrement dit, les surfaces augmentent proportionnellement au carré du rayon, tandis que les volumes augmentent proportionnellement au cube de ce même rayon; d'où il suit que l'accroissement des surfaces est beaucoup plus lent que l'accroissement des volumes. Le tableau suivant démontre la relation de la chaleur dégagée avec la surface.

Chaleur dégagée en rapport avec la surface (Ch. Richet).

Calories par heure.

Poids des lapins. Par kilog. Dec. carré.

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