LA THEHMOGÉNÈSE ET LA CALORIMÉTRIE DU NOURRISSON
ce niveau que celle du vagin ou égale à celle-ci, on peut conclure que le fœtus est mort. Fehling, puis Vicarelli ont contrôlé et vérifié la règle posée par Gohnstein.
Température du nouveau-né.
Ch. Richet a fait remarquer que les mammifères nouveau-nés et les hibernants sont incapables de se maintenir à leur température normale quand la température extérieure s'abaisse notablement et que, à ce point de vue, ils se distinguent des animaux adultes qui sont homéothermes ou à température fixe.
Pour ce qui concerne la thermogénèse, comme par d'autres caractères propres (longue persistance des réflexes, absence des centres psycho-moteurs, petite quantité de sang, résistance à l'asphyxie et aux intoxications, etc.), le nouveau-né constitue un type particulier, intermédiaire entre l'animal à sang chaud et l'animal à sang froid.
Déjà, en 1824, M. Edwards a établi par de nombreuses expériences que les jeunes animaux nouveau-nés se refroidissent très vite. Quatre petits chiens nés depuis 24 heures ont été exposés à une température extérieure de 13° et ont baissé de 16^ en 4 heures 1/2, puis de 6° en 8 heures 1/2; à ce moment ils étaient devenus extrêmement faibles; néanmoins, par des soins appropriés, il put les ranimer et leur faire regagner 6^ en quinze minutes. Au bout de 4 heures 15 minutes, ils étaient revenus à leur température normale.
Ch. Richet a renouvelé ces expériences. De même que les mammifères, les oiseaux qui naissent les yeux fermés et sans plumes, se refroidissent très vite, d'où la nécessité pour la mère de continuer à couver, c'est-à-dire à réchauffer ses petits quand ils sont éclos.
H. Roger a bien établi que la température des enfants nouveau-nés baissait rapidement. Trois ou quatre minutes après la naissance, elle tombe de 370,6 à 36°, puis à 350,5, puis 35^,2. Toutefois cet abaissement n'est pas durable, la température remonte dès que l'enfant a été réchauffé et enveloppé dans ses langes. Le lendemain de la naissance, la température est en moyenne de 370,5 (température axillaire, H. Roger); les jours suivants, elle augmente encore. Cet abaissement initial de la température est surtout accusé chez les prématurés. Chez ces derniers, la tendance au refroidissement est encore plus accentuée, le thermomètre marque 35°, 34°, 33°, 32° et même moins. C'est pour cette raison que l'emploi d'une couveuse, c'est-à-dire d'un milieu à température élevée (30°) est nécessaire pour les défendre contre le refroidissement (Voir l'article consacré à l'élevage des prématurés et des débiles, p. 209).
Plus encore que le nouveau-né normal, le prématuré se rapproche des animaux à température variable, d'où l'avantage d'une atmosphère ambiante à 30°, créée par la couveuse. Grâce à cet appoint calorique, sa température remonte peu à peu, et au bout de quelques jours, de cinq à dix environ, elle a atteint 37^. Nous avons reproduit des courbes de température de prématurés traduisant ces écarts thermiques considérables.
Quoi qu'il en soit, on admet que quelques jours après la naissance, l'enfant a une température au-dessus de 37°, quoique variable suivant les auteurs, comme en témoigne le tableau suivant :
Nombre Température
Auteurs. d'observations. moyenne.
Baerensprung 237 37,8
Schiifer 26 37,8
Wûrster 85 37,5
Alexieff 50 37,9
Lépine ? 37,7
Fehling 25 38,1
Andral 6 37,9
Roger 33 37,2
G. Bernais 6 37,2
Comme on le voit, la température du nouveau-né serait supérieure à celle que la plupart des cliniciens admettent (37o,3). De nombreuses observations précises faites à la nourricerie des Enfants-Assistés nous ont permis de dresser le tableau suivant :
Température du nourrisson pendant les 30 premiers jours.
Du ao» au JOURS 1 jour. 2 jours. 3 jours. 4 jour.s. 9 jours. 10 jours. 12 jours. 30» jour.
Température rectale. 35,7 36 36,2 36,2 36,4 36,6 36,7 36,7 Nombrp ]
d'observations. 1 ^' ^^ '^V" ^V XIV VIII XVII VIII
Température du nourrisson d-j 1 mois à 10 mois.
AGE 1 mois. 2 mois. 3 mois. De •!■ à 10 mois.
Température rectale 37° 37,1 37,2 37,3
Nombre d'observations. ... V III V IX
Variations de la température.
Plus encore que celle de l'adulte, la température de l'enfant subit de nombreuses variations. La température extérieure, les saisons, .les climats, les vêtements contribuent à ces variations. L'alimentation est l'un des facteur.^ les plus importants qui agissent sur elle. Cl. Bernard a conclu de l'ensemble de ses expériences (114) que le plus souvent, après la tétée, la températun^ s'abaissait. Demme a confirmé que la température rectale du nourrisson baisse de 0^,\ une demi-heure après le repas; puis elle remonte une heure ou une heure et demie après et est alors plus élevée de 0",2 à 0^,8 qu'avant la tétée.
Lépine a montré que les enfants qui prospèrent présentent en rapport avec un accroissement en poids une température plus élevée (36o,83), tandis que