‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 159 sur 288 · I.V THERMOGKNKSE ET LA CAf.ORIMÉTRlE DU NOURRISSON · texte numérisé non relu

I.V THERMOGKNKSE ET LA CAf.ORIMÉTRlE DU NOURRISSON

Avec l'ancien calorimètre de d'Arsonval, Bonniot (1) a trouvé dans des conditions de vêtement, de température de l'enceinte et de composition gazeuse du milieu se rapprochant davantage de la vie normale, les chiffres suivants qui méritent toute créance. Ils montrent que chez les enfants croissant normalement, le nombre de grandes calories produit à l'heure, peut être, dans une certaine mesure, indépendant du poids.

Calorimétrie directe chez les enfants normaux. (D'après Bonniot).

Nombre total Calories

de grandes calories par heure Age. par heure. etparkilog.

ire quinzaine 8 à 9 2,5

1 mois 10 2,7

Bonniot a constaté, comme Richet et Langlois, que la digestion pouvait avoir une influence sur la production de chaleur, et il a remarqué que la courbe de la calorification présentait chez les nourrissons, une demi-heure à trois quarts d'heure après la tétée, un maximum qui pouvait correspondre à une élévation de 2 calories. De plus, il a trouvé que chez les enfants issus de parents affectés de tares morbides diverses, surtout tuberculeuses, il y a une diminution de la production de chaleur. Enfin, il a vu que chez les nouveau-nés ictériques, la calorification s'élève à mesure que l'ictère s'évanouit.

Saint-Albin, dans notre ancien service des Enfants-Malades, a étudié la thermogénèse en se servant du calorimètre de Ch. Richet et Langlois, et spécialement le rayonnement calorique chez les enfants atrophiques. Il a vu que ces enfants peuvent avoir un rayonnement ou exagéré ou diminué, d'où l'appellation de hyporayonnants ou hyperrayonnants qu'il leur donne. Pour lui, contrairement à ce qui a lieu pour l'enfant normal, le rayonnement par kilogramme n'est en rapport chez les enfants atrophiques ni avec le poids, ni avec la surface, et il a noté de très grandes variations dans les résultats calorimétriques, suivant le degré de l'état morbide. Il conclut de ces expériences que, dans la majorité des cas, les atrophiques sont des hyperrayonnants, et que c'est là sans doute la raison pour laquelle ils consomment une très forte ration alimentaire, qui peut atteindre le cinquième de leur poids. En cela, ils se rapprochent des débiles (2).

(1) Bonniot, De Vhyperthermie dans la fièvre. Essai de calorimétrie clinique. (Thèse, Paris, lO'^O.)

(2) Étude de la calorimétrie des enfants atrophiques, par le D' Saint-Albin. (Thèse de Paris, 1901.)

Page 1