L'HABILLEMENT
trop souvent les nourrices et les femmes du peuple; mais il n'y a aucun inconvénient à bercer doucement les bébés en chantant des berceuses dont les accents rythmés produisent une sédation nerveuse et amènent le sommeil. Jamais les mères ni les nourrices ne doivent coucher leur enfant dans leur lit auprès d'elles; elles risquent de les étouffer pendant leur sommeil. En Angleterre des milliers de bébés périssent chaque année de cette manière.
Le sommeil agité ou troublé est dû souvent à des maladies ou a des fautes hygiéniques. On recherchera alors si l'enfant n'est pas un suralimenté, si les tétées nocturnes ne sont pas trop répétées, si surtout la ration est suffisante, car il est fréquent que les enfants hypoalimentés aient un mauvais sommeil et poussent des cris perçants et prolongés. Dans certains cas, les enfants bien nourris mais nerveux passent de mauvaises nuits. On se gardera de leur prescrire des opiacés ; mais souvent on se trouvera bien de leur donner, avant de les coucher, un bain de tilleul.
Dans certaines régions de la France les nourrices mercenaires font prendre aux nourrissons, pour les calmer, des décoctions de têtes de pavots. De telles pratiques doivent être sévèrement prohibées et réprimées au besoin. La somnolence continuelle produite par ces décoctions malsaines empêche les enfants de s'alimenter et retarde leur croissance quand elles n'ont pas d'inconvénients plus graves.
l'habillement
11 faut vêtir chaudement les enfants et d'autant plus qu'ils sont plus jeunes, à cause de la tendance qu'ils ont à se refroidir rapidement.
FiG. 87. — Maillot français.
Enfant vêtu de ses brassières.
Serviette^
FiG. 88. — Maillot français. Lange de laine, carré de coton et serviette-couche, disposés pour l'habillement de l'enfant. (Les dimensions de ces diverses pièces sont inscrites sur la figure.)
Maillot. — Déjà les Romains pratiquaient l'emmaillotage serré avec des bandelettes (fasciœ). Cet usage s'est conservé en Italie et en France, bien qu'on laisse maintenant plus de liberté aux membres de l'enfant.
Les vêtements de l'enfant adoptés habituellement en France se composent : d'une chemise de toile fine croisant par derrière, d'une brassière en flanelle, d'une brassière en piqué qu'on met par-dessus. Pour envelopper le bas du tronc, on se sert d'une couche pliée suivant une des diagonales, et la base du triangle ainsi formé est placée autour de la ceinture de l'enfant, presque au-dessous des aisselles. Les chefs qui forment le sommet de ce triangle sont passés entre les jambes et sont repliés en avant.
Par-dessus, on dispose le lange ou large carré de flanelle ou de coton, formant une sorte de cylindre qui entoure le tronc et les membres inférieurs de
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FiG. 89.
Maillot français. Serviette-couche complètement
appliquée.
FiG. 90. — Maillot français.
Achèvement de l'application du lange de laine.
Tenfant. Le lange est assez grand pour être replié au-dessous des pieds de l'enfant et on relève la portion inférieure qu'on fixe à la hauteur de la ceinture.
Le maillot ainsi constitué est d'un emploi commode pour les mères, et forme un vêtement très chaud pour l'enfant. Mais il ne doit pas être serré, pour que l'enfant puisse remuer librement bras et jambes.
Les petits vêtements qui enveloppent le tronc doivent être plutôt amples qu'étroits, car il faut craindre de gêner les mouvements de la respiration et de comprimer les vaisseaux de l'aisselle, ce qui produirait de l'œdème des membres supérieurs. Nous avons vu quelquefois aussi de l'œdème des membres inférieurs causé par une bande de flanelle trop serrée autour de l'abdomen.