‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 208 sur 288 · LA CROISSANCE DES NOURRISSONS — LA PÉDIOMÉTRIE · texte numérisé non relu

LA CROISSANCE DES NOURRISSONS — LA PÉDIOMÉTRIE

Sommaire. — Les premières manifestations de la croissance; méthode pour la mesurer : la pédiométrie. — Le pédiomètre, description et figure. — Le pèse-et-toise-bébé. — Courbes graphiques de poids et de taille. — Tables de croissance des nourrissons par Bouchaud, Budin, Vierordt, Odier, etc. — Les tables de croissance aux divers âges de l'enfance : Quételet, Bowditch, Variot et Chaumet pour les enfants parisiens. — Pédiométrie organique. — Développement du cerveau. — Recherches de Variot et Lassabhère sur le rapport du cerveau au poids et à la taille chez les hypotrophiques. — Développement du crâne : la plagiocéphalie, ses causes.

L'accroissement pondéral et statural. — Dissociation initiale de la croissance chez le nouveau-né. — Cette même dissociation chez les enfants à divers âges.

La croissance est une force immanente à tous les êtres organisés, inconnue dans son essence, comme la plupart des forces naturelles, mais dont il nous est possible de suivre et de mesurer les manifestations principales consistant dans l'accroissement en volume et en longueur.

L'être qui s'accroît est plus que vivant en quelque sorte, il parcourt le premier stade de son existence pour arriver à son entier développement; alors seulement, l'équilibre nutritif s'établit. Il est toujours vrai de dire, avec de Blainville, que la vie consiste dans un mouvement à la fois général et continu de composition et de décomposition. Nous employons aujourd'hui les termes d'assimilation et de désassimilation pour désigner les phénomènes intimes de la nutrition qui se passent dans les humeurs et dans les éléments constituant les tissus et les organes.

Chez l'animal, comme chez le végétal en voie de développement, il y a une fixation incessante de molécules vivantes, par une sorte d'intussuception, en outre des phénomènes physico-chimiques et du processus nutritif commun à tous les âges.

L'organisme humain accomplit son premier cycle dans l'utérus, il y trouve

des substances nutritives tout élaborées qu'il emprunte au sang maternel par l'intermédiaire des enveloppes de l'œuf et du placenta.

Rien ne peut donner une idée de l'extraordinaire rapidité de l'accroissement de l'embryon lors des premières phases qui suivent la fécondation, pendant la segmentation du vitellus, la formation des feuillets blastodermiques et le modelage initial des organes.

L'ovule, qui a 2/10 de millimètre environ de diamètre, se transforme, dans l'espace de neuf mois, en un enfant qui, à la naissance, pèse souvent plus de 3 kg. et mesure 50 cent, de longueur.

Qu'est-ce auprès de ce colossal développement embryonnaire et fœtal, que la croissance du nourrisson triplant son poids dans le cours de la première année et dont la taille passe de 50 à 70 centimètres?

Accroissement en poids de V embryon à la naissance. (Vierordt.) Age en semaines. Pouls en grammes. Age en semaines. Poids en grammes.

0 (œuf)

^naissance)

Néanmoins, les variations du poids et de la taille, bien qu'atténuées après la naissance, sont très importantes et aisées à enregistrer. L'égalité entre les processus d'assimilation et de désassimilation, l'équilibre nutritif qui suffit à l'entretien de la vie à l'âge adulte, devient tout à fait anormal chez l'enfant.

On dit communément d'un enfant qui se porte bien : « il a bien grandi ».

La croissance nous apparaît comme une résultante de toutes les fonctions; à elle seule, elle est capable de nous renseigner sur l'état général de l'organisme et elle peut, si elle est troublée, nous faire soupçonner des lésions locales latentes.

De là l'utilité pratique de la pédiométrie, qui nous permet le contrôle méthodique de la croissance, aussi bien chez le nourrisson que chez l'écolier, à l'état physiologique comme à l'état pathologique.

On peut donner le nom de pédiométrie à l'ensemble des méthodes dont nous disposons pour mesurer et enregistrer les manifestations de la croissance chez l'enfant.

Ce néologisme dérive tout naturellement du mot pédiomètro (de nai^iov, enfant, et ixsxpov, mesure), qui était tombé en désuétude et que j'ai appliqué à l'instrument spécial que j'ai imaginé pour mesurer le poids et la taille aussi bien chez les nourrissons que chez les enfants plus âgés, .l'ai adopté l'orthographe de pédiométrie, avec un é, comme dans pédagogie, pédiatrie, bien qu'elle ne soit pas strictement conforme à l'étymologie grecque; il faut bien suivre le mouvement pour simplifier l'orthographo (1).

La pédiométrie constitue une section à part dans l'anthropométrie; si elle s'applique â la mensuration globale du corps, elle peut être qualifiée de sornatique, (il (Vor^aNif/iir si l'on cIum'cIu» à mesurer les organes en |)ai'(iculier.

(1) Pré.senfatior) d'un pédiomôlrc à la Société do Pédiatrie do Paris, 1905.

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