‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 21 sur 288 · II. — Les variations de la mortalité des enfants à Paris · texte numérisé non relu

II. — Les variations de la mortalité des enfants à Paris

de 1817 a 1904.

Nous extrayons de V Annuaire statistique de la Ville de Paris ^ dressé par M. J. Bertillon, des documents très intéressants concernant spécialement les variations de la mortalité infantile de 1817 à 1904.

Ville de Paris (1817-1904). — Nombre de naissances et de décès deO ai an,

Nombre absolu

moyen annuel

Quotient - X 1,000

des naissances

des décès

(ce quotient n'exprime

vivantes.

dcO à 1 an.

pas la mortalité).

M. i. Bertillon, en statisticien rigoureux, ne considère pas comme ayant une valeur absolue le chiffre exprimant la mortalité infantile, parce que, dit-il, nous ignorons pour les périodes anciennes le nombre des enfants placés en nourrice hors de Paris; ces enfants peuvent mourir à la campagne ou être rapportés à Paris gravement atteints par la maladie. Cette considération s'oppose donc à tout calcul exact (1).

Cependant, d'après d'autres tableaux publiés antérieurement par M. Bertillon, nous savons que de 1882 à 1903 le chiffre annuel des enfants placés en nourrice pour y être élevés à la campagne, n'a varié que dans des proportions minimes.

Ce chifTre était pour l'année 1882 de 16.626; il s'est élevé exceptionnellement à 19.208 en 1889, année de la grande Exposition universelle, pour retomber à 18.606 en 1890 et se tenir fixe entre 17 et 18.000 environ chaque année jusqu'en 1903.

Ce facteur des enfants placés en nourrice depuis 1882 jusqu'en 1903 n'a donc pas varié suffisamment pour nous empêcher de conclure que l'abaissement de la mortalité infantile de 0 à 1 an a été progressif, puisque toutes choses égales d'ailleurs, le taux est tombé de 161,5 % en 1885 à 110,4 en 1904.

C'est une diminution de la mortalité infantile de plus du quart que nous sommes en droit de rapporter, en majeure partie, aux perfectionnements si rapides de l'hygiène infantile et à sa vulgarisation.

La diminution des décès portant principalement sur la mortalité par gastroentérite et diarrhée, il parait certain que l'amélioration du lait destiné à l'allaitement artificiel si répandu à Paris, les distributions de lait gratuites ou à prix réduit, les Gouttes de lait, les sociétés philanthropiques ayant cet objet, les consultations de nourrissons où l'on stimule l'allaitement maternel, etc., ont beaucoup contribué à la conservation de vies dans le premier âge qui étaient perdues auparavant.

Mais, hélas! ce progrès a sa contre-partie, car si la mortalité infantile décroit graduellement, la natalité s'abaisse dans les proportions les plus inquiétantes.

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