‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 236 sur 288 · I.llKRKDlTK MORBIDE ET LE DÉVELOPPEMENT DES NOURRISSONS · texte numérisé non relu

I.llKRKDlTK MORBIDE ET LE DÉVELOPPEMENT DES NOURRISSONS

n'en sonfïnt; il ajoute que la stérilité, l'avortement, la débilité congénitale des enfants, la lactation difficile, etc., sont la conséquence habituelle de l'alcoolisme chronique de la femme.

Sullivan a fait, dans les prisons de Liverpool, des recherches du plus haut intérêt sur la génération chez les femmes alcooliques. — Cet auteur a noté que chez 120 de ces femmes qui avaient eu 600 enfants, 335, soit 55,8 %, étaient mort-nés ou mouraient avant l'âge de deux ans.

Chez les mères sobres de la même classe sociale, apparentées à ces femmes, la mortalité, dans les mêmes circonstances, n'était que de 23,9 %.

Sullivan établit, en outre, par ses statistiques, que la proportion des mortnés est d'autant plus élevée, que l'alcoolisme des mères est plus ancien. 62,9 % des enfants moururent dans la première année, provenant de femmes qui avaient commencé de boire deux ans avant leur première grossesse. Il ne semble pas que la sobriété du père ait une grande importance lorsque la mère est alcoolique.

Dans 7 cas notés par Sullivan, où la conception avait eu lieu pendant l'état d'ivresse, 6 enfants sont morts de convulsions pendant le premier mois de la vie, et le septième était mort-né.

Il est à remarquer que la suppression de l'alcool chez ces femmes, par le fait de leur séjour en prison, permet que les enfants déjà conçus naissent dans des conditions normales de développement.

M. Ballantyne a noté dans un bon nombre de cas des monstruosités et des malformations diverses sur des enfants nés de mères alcooliques : épispadias, ectopie testiculaire, spina-bifida, pied bot, etc.

Il est probable que l'alcool n'agit pas sur le fœtus d'une manière instantanée, mais plutôt par la répétition des doses. Aussi l'influence du père sur le produit de la conception parait bien moins marquée que celle de la mère, sauf les cas où la procréation a eu lieu pendant l'état d'ivresse, c'est-à-dire au moment de l'intoxication aiguë de tout l'organisme, ou encore lorsque le père est atteint d'alcoolisme chronique avec lésions organiques diverses.

M. Pinard a beaucoup insisté sur les efîets funestes de l'ébriété, au moment même de la conception, et, dominé par ces idées, a proposé à la Commission de la dépopulation de faire distribuer dans les mairies, aux jeunes mariés, des instructions imprimées pour les avertir des dangers spéciaux des excès de boisson lors des fêtes nuptiales.

En résumé, M. Ballantyne conclut de ses recherches et de ses études sur ce sujet, que l'alcoolisme, et surtout le maternel, augmente beaucoup la mortalité infantile :

1° En causant bon nombre d'avortements; 2° En produisant des naissances prématurées;

3° En prédisposant l'enfant aux maladies les plus graves par suite de la débilité congénitale.

Il est bien établi que des lésions se développent dans le placenta sous l'influence de l'alcoolisme chronique, et que, de ce fait, les autres fact'eurs morbides, syphihs, intoxication saturnine, etc., sont aggravés quand ils coexistent

CROISSANCE NORMALE ET ANORiMALE

chez la même femme. Après la naissance, le lait des femmes qui se livrent à la boisson est souvent toxique, les enfants se développent mal et sont exposés à des convulsions, à l'intolérance gastrique, à l'atrophie, etc.

Nous devons ajouter que souvent nous avons vu des nourrissons dont les

Sk-

ci,

aoo

Semaines

soi

Page 1