‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 235 sur 288 · ANESSE · texte numérisé non relu

ANESSE

Giu'iisdiis.

Drccs.

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Drcès.

Giiéiisons.

Décès.

Giii'risons.

Décès.

De Oà 8 jours.

— 1 à 3 mois.

— 6 à 12 — Totaux. . .

Tolaoi génénui. . .

Pour les dix derniers mois de l'année 1883, les résultats ont été les suivants :

Entrés à la nourricerie 172

Guéris 88

Décédé.^ 84

Mortalité moyenne 49,95 %

En 1884. — Pas de statistique au point de vue de la mortalité. En 1885. — Pas de statistique au point de vue de la mortalité.

(1) Les chiffres demortalité dans les tableaux ne s'appliquent pas exclusivement à la syphilis héréditaire, car il y a un mélange d'enfants syphilitiques et d'enfants athrepsiques. Il est probable que la mortalité par syphilis est plus élevée encore que dans les tableaux et atteint 80 à 90 %.

En 1886. — Ouverture du second pavillon de la nourricerie.

Traités 204

Sortis 99

Décédés 91

Restants au 31 décembre 1886 14

Mortalité 44,60 %

Le nombre des ânesses laitières a été de 20 (rapport, p. 29). En 1887 :

Traités 222

Sortis 63

Décédés 40

Restants au 31 décembre 1887 19

Mortalité 63,06 %

22 ânesses ont été achetées (rapport, p. 63). En 1888 :

Traités 196

Sortis 42

Décédés 139

Restants au 31 décembre 1888 15

Mortalité 70,91 %

42 ânesses ont été achetées :

La moyenne des ânesses en service est de 12 (rapport, p. 63).

En 1889 :

Traités 197

Sortis 49

Décédés 131

Restants au 31 décembre 1889 17

Mortalité 68 %

En 1890 :

Traités. 346

Sortis 36

Décédés 277

Restants au 31 décembre 1890 33

Mortalité 80,06%

En 1891

Traités 257

Sortis 50

Décédés 95

Restants au 31 décembre 1891 12

Mortalité 74,71 %

En 1892

Traités 318

Sortis 106

Décédés 195

Restants au 31 décembre 1892 17

Mortalité 61,31 %

i;héri-:uitk morbide et le développement des nourrissons im

En iS93 :

Traités 133

Sortis 32, dont 11 envoyés à Cliâtillon,

Décédés 91

Restants au 31 décembre 1893 10

Mortalité 68,48 %

En 1893 : a été ouverte le 23 janvier la station suburbaine de Châtillon, qui a reçu, au cours de l'année, 313 enfants débiles ou suspectsde syphilis ou athrepsiques. Nous en avons publié la description détaillée au chapitre des Crèches.

La mortalité a été en 1893 de 32,91 % à Châtillon, au lieu de 68,48 % à l'hospice la première année.

La crèche hospitalière de Châtillon a continué de fonctionner dans de meilleures conditions depuis 1893; elle contient non seulement des nourrissons syphilitiques, mais encore des prématurés, des débiles et même des athrepsiques. Le plus grand nombre des enfants non syphilitiques est élevé au sein par des nourrices. Au témoignage du D^" Barbillion, médecin de l'établissement, la mortalité a varié suivant les années de 40 à 60 % environ jusqu'en 1909 (1).

Il faut donc reconnaître qu'à Paris spécialement la syphilis héréditaire fait des ravages affreux : d'après M. Fournier sur 64.657 produits de conception pour une année dans la population parisienne, 9.051 proviendraient de mères syphilitiques. Sur ce nombre, 8.418 périraient avant ou peu après la naissance, 653 seulement dépasseraient les six premiers mois de la vie extra-utérine.

D'ailleurs, les accidents qui surviennent plus tard chez les hérédo-syphilitiques doivent faire peu regretter leur mort prématurée. Ces malheureux enfants sont sujets à des crises épileptiformes, à des méningites, à des lésions de l'œil et de l'oreille, à des affections des os, des testicules; leur développement physique est tardif et incomplet. (Fournier.)

Cependant, si j'en juge par mon expérience personnelle soit à l'hospice des Enfants-Assistés, soit à la Goutte de lait de Belleville, il m'a paru que la proportion des enfants hérédo-syphilitiques s'était considérablement atténuée dans ces dernières années.

Parmi les deux mille nouveau-nés qui sont amenés chaque année à l'hospice dépositaire et que j'examine individuellement, je rencontre un grand nombre de débiles, de prématurés, d'atrophiques, etc., mais très peu de syphilitiques héréditaires, moins de 3 % en moyenne.

Je sais bien que nous avons singulièrement restreint le cadre symptomatique de la syphilis héréditaire, que Parrot avait démesurément agrandi, surtout quand il a commis l'erreur de vouloir y introduire le rachitisme.

Néanmoins, je puis affirmer, par comparaison, que nous voyions en 1890, lorsque j'ai été temporairement chargé du service, beaucoup plus de nourrissons syphilitiques aux Enfants- Assistés que nous n'en observons aujourd'hui.

(1) Il ne faudrait pas conclure de cet essai collectif malheureux du lait d'ânesse qu'il ne doive plus être employé dans l'élevage des nourrissons syphilitiques et des débiles en ç^énéral. La valeur nutritive de ce lait reste très précieuse dans ces circonstances spéciales, et pour un hérédo-syphilitique, à défaut du sein maternel, ou du sein d'une nourrice syphilisée antérieurement, nous conseillerions volontiers le lait d'ânesse dans les premiers mois.

TRAITÉ D'HVGIÈSE I.NKANTILE. 46

Il est bien vraisemblable que la diminution apparente de la syphilis est due à ce que la natalité s'est constamment abaissée à Paris depuis cette époque, soit par suite de la propagande malthusienne, soit à cause de l'extrême fréquence des avortements provoqués dans la classe populaire.

Pour le traitement médicamenteux qui doit aider à l'élevage des hérédosyphilitiques, je n'ai pas été très satisfait des injections hypodermiques de la solution aqueuse de bi-iodure de mercure qui ont été vantées ces dernières années (1 à 2 milligr. par jour), non plus que du benzoate de mercure (1). J'ai renoncé à la hqueur de Van Swieten.

J'ai donné la préférence à la poudre grise (grey powder) comme très efficace et extrêmement facile à manier. Cette poudre n'a pas pour l'estomac du nourrisson les inconvénients de la liqueur de Van Swieten, qui même à faible dose peut être irritante, tant est grande la susceptibilité de la muqueuse à cet âge; d'autre part, les frictions mercurielles sont inapplicables lorsque les lésions cutanées sont étendues.

La poudre grise est un médicament fort anciennement connu en France, et à tort abandonné (grey powder, des Anglais). C'est le mercurium cum creta dont on trouve le mode de préparation indiqué dans 1' « Officine ou répertoire général de pharmacie pratique » de Dorvaut. C'est l'Ethiops calcaire des apothicaires du xvii^ siècle. Cette préparation consiste, en somme, dans du mercure éteint avec de la craie pulvérisée.

La poudre grise est maintenant tellement oubliée par les médecins français qu'ils seront probablement bien surpris d'apprendre qu'elle est en grande vogue dans la pharmacopée anglaise.

Still, dans un très intéressant article de The Lancet, passant en revue les divers remèdes employés dans la syphilis héréditaire, dit que « grey powder, la poudre grise (mercury with chalk) mérite la préférence des pédiatres. Ce n'est qu'accessoirement qu'on recourt pour les enfants aux autres préparations mercurielles. Dans ce pays les frictions cependant, à défaut de la poudre grise, sont usitées assez fréquemment. »

M. Robertson (de Londres) a bien voulu nous procurer une petite quantité de grey powder et nous indiquer son mode de préparation et d'emploi.

La poudre grise contient 33 % de mercure et 67 % de craie; c'est donc 1 /3 de mercure dans 2/3 de craie. Cette poudre est d'un gris assez clair et mat. Sa préparation est minutieuse et demande beaucoup de soins et même plusieurs heures de manipulation.

M. Rebour, notre interne en pharmacie, a bien voulu préparer, par trituration très prolongée du mercure et de la craie dans un mortier, une certaine quantité de cette poudre pour nos essais thérapeutiques. Dans cette préparation, il n'y a pas combinaison entre le mercure et la craie, mais seulement mélange très intime; les particules de craie sont comme enrobées de mercure. Cependant, quel que soit le mode de trituration, on aperçoit au microscope de très fins ghjbules métalliques de mercure au iniUou de grains de carbonate de chaux.

(1) Viiir Bulklins de la Société de Pédiatrie, 1008. Sur h; iiiuilu (J'aiimiiiislralioii cl la pusolo^jic du mercure chez le nouveau-né et le nourrisson, par M. E. Lesné.

I/HÉnÉDITÉ MOUniDE ET LE DÉVELOPPEMENT DES NOURRISSONS 723

Cette poudre est assez dense, et, vu cette densité, le poids que l'on en doit donner aux jeunes enfants n'est représenté que par un très petit volume. Aussi (et c'est là notre modification à la formule anglaise) avons-nous mélangé la poudre grise à du sucre de lait pulvérisé.

Déjà nous avons expérimenté cette substance chez bon nombre de petits enfants et elle nous a donné des résultats très satisfaisants contre les accidents si divers de la syphilis héréditaire, et spécialement elle nous a servi à faire cesser des stagnations de poids très prolongées, dont nous ne pouvions avoir l'explication par des fautes commises dans l'alimentation.

Notre collègue M. Boissard a fait à ce sujet des remarques fort justes sur l'action très favorable du mercure pour stimuler la croissance ralentie des hérédosyphilitiques.

Les doses sont jetées dans le biberon ou délayées dans une cuillerée de lait. C'est une quantité de poudre si minime que l'enfant ne s'en aperçoit même pas. Jamais je n'ai vu d'accident d'intolérance gastrique.

Posologie. — Chez les nouveau-nés et les jeunes enfants, les médecins anglais formulent :

Grey Powder :

De 1 /2 grain à 1 grain par jour.

Soit : 3 à 6 centigrammes (le grain anglais équivalant à peu près à 0 gr. 06).

Un grain de poudre grise contient donc 2 centigrammes de mercure.

Un 1 j'2 grain, 1 centigramme seulement.

Nous avons employé une dose un peu moindre et nous avons donné, chaque jour, 1/4 de grain de poudre grise, pour les nouveau-nés, c'est-à-dire 1 cent. 1/2, auquel nous avons ajouté 3 cent. 1/2 de sucre de lait pour augmenter le volume ; cette dose représente donc 5 milligrammes de mercure pour 1 centigramme de craie et 3 cent. 1/2 de sucre de lait.

Nous donnons ce traitement pendant quinze jours et laissons huit jours de repos.

Pour la commodité du maniement de cette préparation nous conseillerons de formuler :

Mercurium cum creta, 2 à 3 centigrammes, suivant l'âge, sucre de lait 3 centigrammes pour un paquet.

Un de ces paquets chaque jour dans le biberon ou dans une cuillerée de lait pendant quinze jours consécutifs pour les enfants de 1 à 6 mois. On pourra ordonner 5 à 6 centigrammes de mercurium cum creta de 6 mois à 1 an, dose employée par les Anglais.

Rappelons en terminant qu'en feuilletant nos bons thérapeutes français, nous y retrouvons les traces de la poudre grise. Trousseau la prescrivait dans la diarrhée infantile, à la dose de 2 à 3 grains, suivant l'âge. Quelques médecins français, notamment le D^" Robert (de Lyon) et son frère le D^" Alphonse Robert à Paris, ont continué de s'en servir contre les entérites et la dysenterie.

Mais il faut convenir que, malgré les conseils de Gubler, la poudre grise n'était plus employée en France contre la syphilis infantile.

Depuis plusieurs années, j'ai prescrit avec grand succès ce médicament

{mercurium ciim creta) dont l'usage est si simple et qui est si bien supporté par les petits enfants. En l'empruntant aux Anglais qui l'ont trouvé excellent contre la syphilis héréditaire, nous no faisons que reprendre notre bien (1).

Hérédité tuberculeuse.

L'hérédité tuberculeuse n'est pas, à beaucoup près, aussi redoutable pour le nourrisson que la syphilis congénitale; et sans que nous ayons à ce sujet des statistiques aussi précises que celles établies par M. Fournier pour la vérole, nous savons bien que très habituellement les enfants nés d'un père ou d'une mère tuberculeux, survivent et peuvent être élevés.

La tuberculose à divers degrés, est une maladie si commune dans les faubourgs de Paris, qu'on nous apporte dans nos Gouttes de lait un grand nombre de nourrissons dont le père ou la mère ont succombé à cette maladie.

Si ces enfants ne sont pas nés débiles, nous réussissons communément à les élever, même au biberon.

C'est que la tuberculose congénitale proprement dite est exceptionnelle et il n'est pas encore démontré qu'un fœtus puisse être procréé tuberculeux par son père ou par sa mère.

On cite bien quelques cas de contamination du fœtus par les bacilles qui passent au travers du placenta; mais de l'avis unanime ces faits sont tellement extraordinaires que l'on peut les négliger dans la pratique.

Si l'on discute sur la question de la tuberculose congénitale, tout le monde est d'accord sur ce que l'on nomme vulgairement l'hérédité du terrain.

On spécifie simplement par ce terme que les générateurs ont transmis à leur descendant, en même temps que leur ressemblance morphologique, leur constitution organique, leur type de nutrition, leurs aptitudes à contracter aisément telle ou telle infection. Il parait certain que les enfants issus de parents tuberculeux sont plus exposés que les autres à la tuberculose et par suite à la contamination familiale. Nous avons vu plusieurs fois des nourrissons très beaux, élevés au sein de leur mère, être emportés en quelques semaines par une méningite tuberculeuse dans des ménages où le père était atteint de phtisie.

M. Landouzy considère les hérédo-tuberculeux comme atteints d'une sorte de dystrophie native qu'il cherche à expliquer par les recherches récentes des expérimentateurs (2) :

« Les travaux de Charrin ont fait voir que sous l'influence des infections maternelles, alors même qu'aucun microbe n'avait passé de la mère au fœtus, les appareils hématopoiétiques de celui-ci entrent en réaction, ce fait prouvant le passage des toxines microbiennes de la mère au fœtus.

« Les lésions cellulaires du fœtus (spécialement marquées dans le foie) montrent qu'il peut naître porteur do lésions intenses formant le substratum anatomique d'un certain nombre de maladies congénitales. »

(1) Différentes méthodes d'administrer le mercure aux enfants. (Société médicale des Hôpitaux, 1000.)

(2) Rapport à la (Conférence internationale do Vienne 1007 : Sur les i'oies de pénétration de la tuberculose, [jar le i)rofesscur Landouzy.

i;ilÉUÉl)ITÉ MORBIDE ET LE DÉVELOPPEMENT DES NOURRISSONS 725

« Ces états cottstitutionnels des enfants do poitrinaires, dit M. Landouzy, doivent être mis en parallèle avec la multiléthalité sévissant sur le produit de conception des épouses de tuberculeux, et se dénoncent, dès la naissance, par le faciès et l'habitus de ces dégénérés.

« La constatation de ces faits avait si peu échappé à la sagacité de certains phtisiologues, qu'elle les avait conduits à faire de la tuberculose une diathèse héréditaire. Inutile de faire remarquer combien notre humorisme moderne trouve, au fond, peu à reprendre à cette ancienne conception.

« Nous aussi, nous savons dénoncer fils de tuberculeux, nombre de sujets, venus au monde souvent avant terme, avec un faible poids et une taille petite, un squelette étroit et mince, un thorax aplati, une peau fine et molle, des extrémités graciles, un faciès pâle, des veinosités transparentes, un pelage prématurément développé, de longs cils, des engorgements ganglionnaires faciles, un aspect malingre.

« La constatation de pareils états constitutionnels, souvent transmis par des générateurs bacillaires à leur lignée, prouve combien le virus tuberculeux agit par voie d'hérédité. »

Contrairement à ce qu'a avancé M. Calmette, en s'appuyant sur des observations faites sur les bovidés et qui ne peuvent s'appliquer directement à l'espèce humaine, nous admettons avec la plupart des cliniciens, que l'hérédité tuberculeuse crée pour le nourrisson, aussi bien que pour l'enfant plus âgé ou l'adulte, une véritable prédisposition à la tuberculose locale ou générale.

D'après les observations que nous avons faites, on doit admettre que l'hérédité maternelle dans la tuberculose peut marquer plus fortement son empreinte sur l'enfant que l'hérédité paternelle.

Nombre de fois nous avons vu des nourrissons dont la conception remontait à une époque où la tuberculose était en pleine évolution chez le père, mais dont la mère était bien portante, naître avec un poids moyen et être élevés d'une manière à peu près normale. On sait d'autre part que les femmes arrivées à un degré avancé de phtisie ou bien avortent, ou mettent au monde des enfants débiles dont l'avenir est fort incertain. Lorsque l'hérédité est double, lorsque le père et la mère sont simultanément bacillaires à des degrés divers, on conçoit que ces effets s'accumulent. Mais il faudrait bien se garder de croire à la fatalité absolue des manifestations de l'hérédité et de leur intensité dans ces circonstances; ce que M. Fournier a si bien vu pour la syphilis, les variations, les caprices apparents dans les manifestations de l'hérédité, d'une grossesse à l'autre, peuvent se retrouver a fortiori dans la tuberculose, sans que nous ayons jusqu'à présent d'explications plausibles de ces faits qui échappent en apparence à toute règle scientifique.

Rien n'est plus difficile, dans les miheux populaires, que de faire la part stricte qui revient à l'hérédité tuberculeuse paternelle surtout. La plupart des ouvriers qui deviennent tuberculeux sont en même temps intoxiqués par l'alcool, ou par les boissons à essence, et c'est alors surtout qu'ils sont aisément contaminés par le bacille de Koch.

Les nourrissons nés de parents tuberculeux nous ont paru plus vulnérables que les autres, particulièrement ceux qui sont très débiles, ne pesant que 3 à

4 livres. Leur élevage, surtout au biberon, ofîre parfois les plus grandes difficultés; leur'accroissement est très lent; leurs muscles et leurs os restent très grêles; ils ne marchent que vers deux ans et même plus tard; enfin leur hypotrophie persiste parfois pendant plusieurs années. Une des premières hypotrophiques dont j'ai fait examiner le squelette à la radiographie, Paulette G..., était née d'une mère qui avait soufYert dans son enfance d'un mal de Pott dorsal.

Nous avons relaté en détail (p. 701), l'histoire d'un garçon hérédo-tuberculeux qui présente encore à 12 ans un haut degré d'hypotrophie. On a d'ailleurs noté que le nanisme permanent avec gracilité extrême du squelette pouvait être la conséquence de l'hérédité tuberculeuse.

Hérédité alcoolique.

Il est bien démontré que l'action nocive de l'alcool sur le système nerveux et sur tout l'organisme des générateurs se répercute fréquemment sur les produits de conception. Combien d'enfants d'alcooliques naissent débiles, sujets aux convulsions, aux scléroses précoces du cerveau et de la moelle. Les asiles d'idiots sont peuplés de rejetons d'alcooliques; les médecins spéciaux incriminent tous cette intoxication pour expliquer les troubles graves du système nerveux qui s'accompagnent de la perte ou tout au moins de l'abaissement des facultés intellectuelles. Dans notre Goutte de lait de Belleville il nous arrive souvent de rencontrer des nourrissons chétifs, débiles, qui se développent mal quoiqu'ils soient bien soignés par leur mère, et nous apprenons que le père est un alcoolique invétéré, que la mère a déjà eu des fausses couches, etc.

D'après les données scientifiques expérimentales modernes, l'alcoolisme serait aussi une cause importante de mortinatalité, et nous pouvons ajouter de polymortalité infantile.

M. Ballantyne (d'Edimbourg), qui a publié des travaux bien connus sur la tératologie {Antenatal Pathology), a étudié avec beaucoup de méthode les causes qui peuvent troubler la nutrition et l'accroissement du fœtus, les lésions diverses du placenta, etc., et il s'appesantit spécialement sur les conséquences de l'alcoolisme des générateurs, plus graves encore chez la femme que chez l'homme.

Des expériences récentes (Nicloux) ont établi d'une manière probante le passage de l'alcool de la mère au fœtus; cette démonstration n'a été si tardive et si laborieuse qu'à cause de la grande diiïusibilité de l'alcool qui doit être recherché très'rapidement après sa pénétration dans les tissus fœtaux.

Palazzi est parvenu par des injections hypodermiques d'alcool à des lapines, à produire la stérilité dans 50 cas sur 100.

Féré, en faisant pénétrer une petite quantité d'alcool dans les œufs de poule, a produit des déformations tératologiques chez les embryons de poulet.

La nocivité de l'alcool démontrée expérimentalement pour le fœtus à notre époque, était acceptée dans les temps les plus reculés. Matthews Duncan rappelle que les Grecs et les Romains défendaient aux femmes grosses les boissons fermentées et même le vin, dans la crainte que le développement de l'enfant

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