U6 ELIMINATION DES MEDICAMENTS
dents comateux très graves et très persistants, après avoir tété sa nourrice; or, cette femme avait à plusieurs reprises introduit du coton imbibé de laudanum dans une dent cariée.
Sans doute, ces observations ne sont pas à l'abri de toute critique, elles doivent cependant inspirer la prudence dans l'administration aux nourrices des préparations opiacées.
Belladone et atropine. — Fehling a montré que chez un nourrisson, dont la mère recevait 4 à 5 milligrammes d'atropine, il existait seulement, comme symptôme, une dilatation pupillaire persistante mais d'ailleurs assez difficile à constater.
Le datura stramonium passant certainement dans le lait, il peut rendre toxique le lait de vache.
Le copahu. — On a constaté que l'odeur de ce balsamique était communiquée au lait des nourrices. On a pu en retrouver des traces dans l'urine d'un enfant qui avait bu de ce lait.
La quinine. — Chevalier et Henry ont vainement recherché sa présence dans le lait. Landerer et Lewald prétendent l'avoir constatée.
Pour Brudel, son élimination par le lait serait éminemment variable et irrégulière. C'est surtout quand la quinine est administrée à jeun qu'elle passe dans le lait et c'est à ce moment et pendant les deux ou trois heures qui suivent qu'elle peut être dangereuse pour le nourrisson. Au contraire, absorbée au cours d'un repas, sa présence dans le lait est plus rare, et en tous cas moins abondante; selon lui, également, à mesure que les enfants grandissent, surtout après six mois, ils deviennent moins sensibles à l'influence de la quinine.
On a constaté chimiquement le passage de la quinine dans le lait, mais en très petite quantité. Après administration à la mère de 0,75 à 1 gramme de sulfate de quinine, on trouva 2 à 3 milligrammes pour 100 ce. de lait, et on constata que ce n'est que dans les deux ou trois heures qui suivent la prise de l'alcaloïde que celui-ci se retrouve dans le lait.
Antipyrine. — Après les recherches de Guibert de Pinzani, Fieux a eu le mérite de montrer que, si l'antypirine passe dans le lait, son action n'est pas nocive pour l'enfant, car la proportion de la substance éliminée est encore ici très faible. Après l'ingestion de 2 grammes donnés en 2 fois à 2 heures d'intervalle, il l'a retrouvé dans le lait 5, 6 et 8 heures après l'ingestion, mais jamais après 19 heures, et encore la proportion dosée dans les cas où l'ingestion atteignait 4 grammes en seize heures a-t-elle été extrêmement faible (inférieure à 5 milligrammes %).
Saliajlalc de soude. — Stunipf, llerdeycns, Fehling, Pauli ont montré le passage du salicylate de soude dans le lait, mais l'importance du phénomène est de même très réduite. Avec des doses quotidiennes de 3 grammes administrées plusieurs jours de suite, le lait ne contient que 0 gr. 09 à 0 gr. 0046 % de salicylate. Par suite, il ne saurait en résulter une influence fâcheuse pour l'enfant.