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Chez les femmes, Nicloux a montré qu'après ingestion de rhum additionné de lait et de sirop de sucre, de façon à ce que la proportion de l'alcool soit à peu près équivalente à celle contenue dans une potion de Todd, l'alcool est retrouvé dans le lait dans les proportions de 0 ce. 02 à 0,017.
Néanmoins, malgré tout le mérite de cette démonstration évidente, comme le fait remarquer judicieusement Porcher, si on place en regard des quantités d'alcool trouvées les quantités d'alcool ingérées, on est obligé de convenir que celles-ci sont formidables par rapport à celles-là.
Ëther et chloroforme. — Quelques observations cliniques (Goddey, Budin) relatent les conséquences ultérieures de l'anesthésie de la mère sur son enfant. On pouvait en déduire que ces substances étaient aussi éliminées par les mamelles. Nicloux a apporté la démonstration expérimentale de ce phénomène. Néanmoins, le passage de l'éther ou du chloroforme est des plus faibles : dans un cas où l'anesthésie chloroformique a été poussée jusqu'à la mort, Nicloux n'a retrouvé que 60 milligr. de chloroforme p. 100 de lait, alors que l'animal (chèvre) en avait respiré 170 ce.
Chloral. — Fehling a cherché si l'on pouvait administrer, sans inconvénient pour le nourrisson, du chloral aux nourrices. Il a vu que le plus souvent, avec 2 ou 3 grammes, l'influence du chloral est négligeable. Toutefois, il y a lieu de ne pas mettre l'enfant au sein avant 3 heures après l'administration du médicament, et surtout il faut s'abstenir de cette médication lorsque les enfants sont atrophiques ou débiles.
Opium et ses dérivés. — On connaît depuis longtemps la nocivité de l'opium et de ses principes actifs à l'égard des jeunes enfants; on a vu des enfants audessous de 5 ans succomber à des doses inférieures à 20 et même 10 milligrammes. Expérimentalement cependant, la démonstration du passage de l'opium et de ses dérivés dans le lait n'a pas été faite d'une façon irréfutable. Tandis que chez les animaux, Scherer, Fubini et Cantu, Baumgartner, Dolau, Tornhill ont cru retrouver l'opium dans le lait, d'autres, comme Giovanni, Palladino, Lussana, Frohner, Lewald, Fehhng, l'ont vainement recherché. Chez les nourrices, il résulterait des travaux de Puzani, de Fehling que l'opium et la morphine administrés à haute dose thérapeutique ne passent pas dans le lait, du moins sans se modifier. D'après Fehhng, on peut, sans inconvénient pour l'enfant, faire des injections à la nourrice de 1 à 2 centigrammes de morphine.
Toutefois il existe dans la littérature médicale un certain nombre d'observations qui sembleraient montrer le danger, pour les nourrissons, d'administrer l'opium à leurs nourrices. Housselot en a rapporté un certain nombre d'exemples dans sa thèse.
Un enfant de deux jours a succombé peu après avoir pris le sein de sa mère pour la première fois; or, cette femme depuis plus d'un an consommait au moins 30 grammes d'opium par semaine.
L'usage de trente gouttes de teinture d'opium absorbées par la mère détermina chez un nourrisson un sommeil de 43 heures (Gorup Besanez). Fubini et Cantu ont eu l'occasion d'observer un enfant de trois mois qui fut pris d'acci-
TUAITÉ d'hygiène INFANTILE. '^