LES EFFETS DU FROID CHEZ LES NOUVEAU-NÉS ET LES DÉBILES
Très souvent, surtout dans la mauvaise saison, on nous apporte aux Enfants-Assistés, à Paris, de petits nouveau-nés qui, insuffisamment vêtus, ont été abandonnés et exposés à l'action du froid pendant un temps plus ou moins prolongé. Les uns ont séjourné dans le bureau d'un commissaire de police, d'autres ont été trouvés sous une porte cochère, quelquefois même dans le ruisseau, etc.
Les infirmières connaissent bien ces petits refroidis. Ce sont, disent-elles, des enfants qui « n'ont pas de température ». En effet, la graduation des thermomètres en usage dans le service part de 34° ou 35^, et cette échelle n'est pas assez basse pour qu'on puisse enregistrer la température dans ces circonstances. Il faut un thermomètre spécial pour apprécier exactement le degré de refroidissement de ces enfants à leur arrivée à la nourricerie. Nous avons relevé parfois une hypothermie telle que le thermomètre introduit dans le rectum ne marque que 29», 30», ou 32^.
Le froid, on l'a dit depuis longtemps, est le grand ennemi des jeunes enfants 'et surtout des nouveau-nés; ceux-ci n'ont souvent qu'un panniculc adipeux assez mince pour les protéger, et dans les premiers jours qui suivent la naissance les fonctions calorigènes ne paraissent pas être encore bien réglées et la transition du milieu amniotique dans l'air atmosphérique est fort brusque.
Mais ce sont surtout les débiles, les enfants nés avant terme, n(^ j)résentant pas l(! poids ni la tailN; normaux, ceux (\\u ont on quelque sorte une hypotrophio initiale, qui seront les plus éprouvés par l'action du froid.
L'ÉLEVAGE DES ENFANTS DÉBILES ET PRÉMATURÉS
FiG. 43. — Courbe thermique
quotidienne d'un prématuré âgé de deux iours, d'un poids de 1700 grammes, élevé en couveuse.
' placé en couveuse.