‹ Traité d'hygiène infantileChapitre 97 sur 288 · HYGIENE DE L ETABLE · texte numérisé non relu

HYGIENE DE L ETABLE

État sanitaire des bêtes laitières des étables.

L'hygiène des étables est également un des facteurs les plus importants pour la production d'un bon lait. Avec beaucoup d'air et une grande lumière, les impuretés de l'atmosphère sont moins nombreuses, les maladies des vaches moins fréquentes, les contaminations du lait moins probables et moins dangereuses.

Koning a dit : « L'infection de l'air de l'étable (exerce une action considérable sur l'acidification du lait; il est uigciiL que l'on se préoccupe de l'installation des étables, etc.

Dombrowsky a fait des expériences pour voir si le lait s'imprègne facilement de l'odeur du niilicu dans hupu'l il se trouve, et conclut de ces expériences par l'allirmative.

Alker a égalenienl prouvé expériineiilalcnitMil (pic le lait [XMit ctr'c inf(>cté [)ai- les [)oussières infectieuses de l'air.

Dans les régions où les animaux vivent constanwnent dans l'étable. une étable privée d'air et de lumière \m\v des orifices insuffisants engendrer-a chez ces animaux nn manque d'apiu-til, des li'oid)Ies digestifs, un amaigi'issement

marqué, et c'est dans ce cas que Ton observe' le plus de cas de tuberculose parmi le troupeau.

Les animaux soumis à la stabulation, même dans d'excellentes conditions hygiéniques, sont exposés à contracter la tuberculose. A plus forte raison, si les étables sont mal tenues, cette affection se propagera avec une extrême rapidité. Les chiffres révélés, à la campagne surtout, depuis que l'on emploie la tuberculine, sont éloquents; nous les avons donnés plus haut et nous avons vu que M. Nocard — et seulement lorsqu'il y était sollicité — trouvait dans des exploitations bien tenues 60, 80 et 90 pour 100 d'animaux tuberculeux par contagion dans certaines écuries, tandis que dans les écuries voisines il n'y avait pas une seule bête malade. (Mauchamp.)

Dans les grandes villes, comme l'ont montré MM. Vallin, Lagneau, Nocard et Bouchard, la tuberculose bovine est assez rare, car les laitiers nourrisseurs ne gardent les animaux que fort peu de temps. Ils les achètent après le vêlage et les envoient à la boucherie aussitôt que le lait diminue. Nocard a dénoncé l'accroissement progressif de la tuberculose bovine, montrant qu'elle s'explique par les conditions plus intensives de contagion que réalise la stabulation.

D'après Nocard, on peut déjà tenir pour moyenne la proportion de 10 à 25 pour 100 d'animaux tuberculeux. Bien plus, l'on remarque que ce sont les vaches qui fournissent le plus fort contingent à cause de l'épuisement de la lactation et de la stabulation plus prolongée. C'est ainsi que Riesch montre qu'à l'abattoir de Leipzig, de juillet 1888 à janvier 1892, on a abattu 67.077 bovidés dont 13.688, soit 20,4 pour 100, étaient tuberculeux. Ces bovidés se répartissent de la façon suivante : veaux, 9,3 pour 100, — taureaux, 15,1 pour 100, — bœufs, 19,5 pour 100, — vaches, 26 pour 100. Les conjectures de Duclaux se trouvent ainsi confirmées.

« En certains points de la Beauce, de la Champagne, du Morvan, du Béarn, dit M. Nocard, on évalue à 10 pour 100 au bas mot le nombre des animaux atteints, et nous savons tous que la tuberculose est la plaie de la belle race nivernaise. » « Dans la Beauce, qui est la plus éprouvée, dit-il ailleurs, la proportion s'élève même à 25 pour 100. »

Beaucoup s'étonnent que parmi les vaches des montagnes la tuberculose puisse faire de tels ravages, comme l'indiquent, entre autres, les chiffres de 30 et 40 pour 100 notés par le Prof. Spillman, de Nancy, pour les bêtes des Hautes- Vosges. Bien que les vaches vivent une grande partie du jour au grand air et pacagent sur le flanc des montagnes, combien d'heures ne passent-elles pas, pendant les mauvais jours de l'été comme durant les longs hivers de ces pays montagneux, dans des écuries trop étroites, dans des étables obscures et sans fenêtres, privées d'air et de lumière et dont la malpropreté la plus repoussante n'est que le moindre défaut? Et ces bêtes qui ont vécu pendant quatre à cinq mois jour et nuit, sans abri, à la rigueur du temps, parmi les pacages, descendent aux premiers froids pour être enfermées dans les étableries basses, chaudes, dont les joints sont bien calfeutrés et où les gens cohabitent avec leurs bêtes. Ne sont-ce pas là d'excellentes conditions d'extension pour la maladie? comme le faisait remarquer M. Grisson-

nanche, d'Aigueperse, en 1888, au Congrès de la tuberculose. (Mauchamp.) M. Moussu a repris l'étude de ce sujet dans un récent travail, et voici les conclusions générales auxquelles il est arrivé :

« En résumé, j'estime que, en n'envisageant que la production du lait pour enfants, il serait indispensable :

« 1^ De n'utiliser que des laitières en bon état de santé apparente;

« 2^ D'éliminer systématiquement toute bête classée comme tuberculeuse, même par le seul fait d'une réaction positive à la tuberculine;

« 3° D'interdire temporairement la vente du lait pour usage alimentaire, dans tous les cas d'épizootie aphteuse ou de maladie générale grave;

« 40 D'éliminer de façon formelle de l'industrie laitière, en vue de la production du lait alimentaire, toute bête atteinte de maladie des mamelles;

« 50 De faire connaître : a) Que le lait des vaches laitières peut être nuisible à la santé des enfants lorsqu'il est recueilli durant les trente jours qui précèdent un vêlage, les huit jours qui suivent ce vêlage, et aussi durant les périodes de chaleur;

« b) Qu'il serait utile, dans la production du lait pour les enfants, de proscrire de l'alimentation des laitières l'emploi des pulpes, drêches, tourteaux et aliments fermentes ou avariés, de quelque nature qu'ils soient.

« L'application utilitaire de ces différentes prescriptions ne pourra se faire que lorsque les vacheries seront inspectées régulièrement, à dates indéterminées, et par des fonctionnaires qualifiés pour cette mission. »

Conditions générales de la salubrité de l'étable.

Nous ne pouvons nous étendre sur ce sujet et nous énumérons brièvement, d'après Mauchamp, les notions admises par les vétérinaires.

Si une vacherie est tolérée dans l'intérieur d'une ville, elle devra s'établir dans un quartier reculé, à proximité d'un égout pour faciliter l'éloignemcnt immédiat des eaux et purins.

Toute vacherie doit, pour être autorisée, posséder une source d'eau à l'abri de toute contamination, des cabinets d'aisances avec fosse étanchc ou des tinettes mobiles en bon état.

Elle doit posséder : une laiterie isolée et tenue très proprement; l'habitation doit être complètement séparée de l'écurie; une établc dont le cubage minimum est de 20 mètres par animal, dont les murs sont parfaitement crépis et blanchis à la chaux, dont le sol, bétonné ou pavé avec joints en ciment, possède une pente suffisante et des caniveaux pour l'écoulemont des eaux et purins, dont l'aération et l'éclairage sont assurés par des fenêtres ouvertes suffisantes ou, si elles sont insuffisantes, {)ar des cheminéos d'ap|)el j)our assurer la ventilation, dont enfin les auges sont distinctes pour chaque animal et toujours i)ro|)res.

Les étables seront nettoyées chaque jour et lavées à grande eau deux fois par semaine. La litière sera i)ropre et abondante.

Le grenier à fourrage doit être séparé complètement de Tétable.

Une petite étable ou une stalle indépendante doit exister pour l'isolement des animaux malades.

L'emplacement du fumier doit être bétonné et circonscrit par une rigole cimentée qui aboutit à une fosse étanche où se recueilleront les eaux et purins provenant de l'écurie (1).

A la campagne, les purins pourront s'écouler dans les terres voisines, à condition que ce soit loin des puits ou sources d'eau.

La pulpe et la drêche doivent être conservées dans des silos maçonnés, à parois latérales étanches et éloignés des fumiers et purins.

Dans les villes, les laitiers doivent prendre une concession d'eau de la ville. A la campagne, le puits sera situé dans la partie la plus haute de la propriété et les abords en seront tenus dans le plus grand état de propreté (2).

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