PARIS
G. MASSON, ÉDITEUH
libraire de l’académie de médecine
120, DOULEVAIII) SAINÏ-GERM AIN
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INTRODUCTION
Le mot hygiène vient du mot grec qui signifie
e?i bonne santè \ riiygiène militaire peut donc être définie la science qui a pour olqet de conserver la santé du soldat.
L’importance de riiygiène militaire ressort de cette définition.
11 est évident que l’Etat a le devoir do veiller sur la santé du soldat et qu’il est responsable des conditions dans lesquelles s’accomplit le service militaire, puisque ces conditions sont toutes déterminées ])ar la loi ou par les règlements militaires : exei'cices, alimentation, habitation, et jusqu’au cube d’air dans les casernes.
L’intérêt bien entendu de l’État est d’ailleurs d’accord avec ses devoirs.
Lorsque dos soldats sont mal nourris, mal habillés et équij)és, casernés dans de mauvaises conditions, le nombre des malades et celui des décès est considéi*al)lc, oi‘ le traitement des malades est (1is|)endieux et quand un boninie adulte meurt, c’est un capital qui disparaît ’.
L’adoj)tion du j)rincipc du service obligatoire a encore accru l’importance de l’hygiène militaire, (jui n’est [)lus senlement, comme autrefois, l’iiygiène d’une profession ; aujoui’d’bui.
1. J. üociiARD, La valeur économi(iuc delà vie humaine, Revue scientifique, Vi sept. 188 i.
INTRODUCTION
(oiis los homiïios valides liassent par la (;as('iai(*, (d. Ions peuvonl avoir à soiiiïrir (riino mauvaise hygiène on bénélieim* au coiilraire d’imc bonne hygiène inililaii'e.
Si les eondilions dans lesqiudh's vil le soldai élaienl inanvaises, si la morlalilé augmonlail ))ar le fail dn service militaire, si l’on rendait à la population civile des bomni(*s malingres ou malades, ce serait une cause de dégénérescence et un véritable péril national.
Line bonne hygiène militaire, en dehors des avantages immédiats qu’elle procure, a ])Our etïét de foi'lilier les soldats et d’améliorer la race.
C’est naturellement aux médecins militaires (|u’incombc en premier lieu le (h'voir de surveiller l’hygiène du soldat; à ce |)oint de vue, leur rôle est bien difTérent de celui des médecins civils, qui ne sont guère consultés qn’en cas de maladi(\
Un médecin de régiment qui ne s’occuperait que des malades, n’accomplirait qu’une partie de sa lâche.
A chaque instant le médecin militaire doit faire œuvre d’hygiéniste ; il doit s’assui'er journellement qu’il n’existi' aucune cause d’insalubrité dans le casernement, que la ventilation des chambres se fait dans de bonnes conditions, que h‘s presiu'iptions relatives à la propreté individuelh^ des homuu's sont exécutées, ([ue les aliments et l’eau sei'vant à la boisson sont de bonne qualité, que les liltres fonctionnent bien, loi‘S(|ue les casernes ne sont pas pourviu's d’eau de source ; si une épidémie SC déclare, c’est au médecin (|u’il a|)partient de |)rescrire toutes les mesures pour l’isolement des malades, pour la (lésinb'ction des cITets, de la litei'ie et des locaux.
l'in un mot, le médecin militaire' ne doit ))as seulement soigner les malades, il doit s’efforcer de jirévenir le dévelojipernent des maladies, il doit avertir le commandement et proposer toute'S les mesure's réedamée's jiar l’hygiène.
L’hygiène militaire' compenie' l’éluele' el’un granel neimbre' eh'
INTRODUCTION
qiu'slions siiocialcs à raniiéi'; aussi les nolions (l’iiy^iène ^énéuali' que possède, toiil (locleiie en médecine ne siiClisenl pas et, dans Ions les ]»ays civilisés, on a compris la néia'ssilé d’organiser un enseignemeiiL spécial de riiygiène militaire.
La cliairc d’hygiène militaire de l’Ecole du Val-di'-Gràci' a été créée une des premièi'es; elle a. eu pour titulaires : Miclud Lévy, Cliampouillon, Villemin et M. le médecin insjx'ctiHir Vallin, auquel nous avons eu l’honneur de succéder.
L’hygiène militaire a été l’objet d’un grand nombre de publications ‘, en tète di^sipielles il convient de citer les Traités
1. Nous citerons surlout ici les ouvrages qui traitent de l’hygiène milit. en général; ceux qui sont consacrés à l’étude d’une question particulière seront cités dans les chapitres alTérenls à celle ipieslion. — Colombikr, Ih-éccptes sur la santé des gens de guerre ou hygiène milil., mS, in-8. — R. Someuvim.e, Hygiène milit., 1196 (en anglais). — E.-R. Revol.\t, Nouvelle hygiène milit., I^yon 1803, in-8. — L.\chaise, Essai sur l’hygiène milit., th. Paris, 1803. — Peiic.ot, th. Paris, 1808. — P. Tessier, Hygiène milit., Bordeaux, an VH. — S.-E. C.i.ément, Essai sur l’hygiène milit., th. Strasbourg, 1813. — Trion, Ih. Montpellier, 1811. — Biron et Cuamberet, art. Hygiène .milit. in Encyclopédie méthodique, 1816. — Daumain, th. Paris, 1811. — Vaidy, art. Hygiène milit. in Diction, des sc. méd. — Ambruster, Ih. Paris, 1811. — -Millingen, The army med. officers Manual, London, 1819. — Mandilèxy, th. Paris, 1820. — Hëmpel, Handbuch der Kriegs-Hygiene, Goltiugen, 1822. — L. de Kirkiiofe, Hygiène milil. à l’usage des armées de terre, Anvers, 1823. — Bailly de Renty, th. Paris, 182.3. — Moxbrun, th. Paris, 1826. — Desgenettes, Remaripies sur les inslilulions milit. de Végèce, Journal coniplém. du Dict. des sc. méd., 1821. — Du MÊME, Examen de quelques idées du maréchal de Saxe sur la conserv. de la santé des troupes, Paris, 1829. — A. -R. Pouhial, Ih. Paris, 1821. — Horeau, th. Paris, 1828. — Guèrard, art. Hygiène milit. in Diction, de méd. eu 30 v. — Leblond, th. Strasbourg, 1829. — Dejaiigeb, th. Strasbourg, 1830. — l'\ Gunter, Manuel d’hygiène milit., Gand, 1831. — Mutel, Éléments d’hygiène milit., Paris, 1813. — ■ H. Larrey, art. Hygiène milit., in Diction, de méd. usuelle, Paris, 184o. — Meynne, Hygiène milil., Bruxelles, 1836, in-8. — Rossignol, Traité élém. d’hygiène milil., Paris, 1831, in-8. — Vincent, IRudes d’hygiène milit., Lyon, 1831. — N.-S. Sanitary-Gommission, Report on mililary llygiene and Therapeulics, New- York, 1801. — V.-A. Hammond, Treatise on llygiene wilh spécial rererence to the mililary service, Philadeliihia, 1863. — Evans, Essais d’hygiène et de thérap. milit., Paris, 1863. — E.-H. Parkes, ■V .Manual of Practical llygiene prejiared specially for Use in Ihc medical service of lhe .\iTuy, 3'' édit., London, 1866; V édit., 1813. — Gordon, .Vrmy llygiene, Galciitla and London, 1866. — .Michel Lévy, Rapport sur les progrès (le l’hygiène milit., Paris, 1861, et Traité d’hygiène publiipie et privée, 3° édit., Paris, 1869. — Michel Lévy et Boisseau, art. Gamc, in Diclion. eneyidop. dos sc. méd. — Boisseau, art. Gasernes et Hôpitaux, du même Diclion. — Kirciiner, Lehrbiich der .Mililar-Ilygienc, Erlangcn, 1869, in-8; nouv. édit., Brunswick, 1891. — .l.-Eii. Ganonge, Ih. Paris, 1809. — L. Piaux, Esipiisses d’hygiène milit., Rec. mém. méd. milit., 1810. — VTncenzo, NIanualc di Igiene militare, Firenze, 1811. — V. Dupuy, EtucLiis d'hygiène milil., Ih. Paris, 1812. — W. Rom et Rud. Lex, Handbuch der militiir Gcsiiiulheilspncge, Berlin, 1812-1811. — Douillot, Hygiène milit., Paris, 1813, iii-8. — .Moraciie, Traité d’hygiène milit., 2” édil., Paris, 1886. — Du même, art. Hygiène milit., in Diction, cncyclop. des sc. méd. — Tarneau, Leçons élém. d’hygiène milit., Paris, 1813. — Timmerhans et Delaps, .Manuel d’hygiène des troupes en campagne, Bruxelles, 1818. — Laveran, L’hygiène milit., son importance, ses progrès, Arch de méd. milil., 1881, et Revue scientif'., 23 juin 1892. — Viry, .Manuel d'hygiène milil., 2” édit., Paris, 1888, cl arl. Hygiène
INTRODUCTION
(l’hygiène mililaire de Hammond, de Parkes, de JioUi elLex, et de M. le médecin inspecteur Moraclie.
L’enseignement théorique de l’hygiène qui se lait dans les cours et dans les livres a pour complément nécessaire nn enseignement pratique.
Les élèves doivent être exercés à l’expertise de l’eau, de l’air, des suhstances alimentaires (pain, viande, conserves...), des appareils de chauiïagc, d’éclairage, de ventilation, des procédés de désinfection, etc.
Pour cela il est indispensahle que le professeur d’hygiène ait à sa disposition un laboratoire d’expertises et un musée dans lequel sont réunis les appareils les plus employés pour la ventilation, le chauffage et l’éclairage, les spécimens des matériaux de construction, des modèles de siphons, de réservoirs de chasse, de water-closcts, d’nrinoirs, des plans ou des modèles réduits de casernes et de tentes, les effets d’habillement, d’équipement et de campement en usage dans les différentes armées, des échantillons des suhstances alimentaires et en particulier des conserves de guerre, une collection de filtres, etc.
Nous nous sommes efforcé, pendant notre passage an Yalde-Gràce, de développer le côté pratique de l’enseignement de l’hygiène; nous avons en particulier donné tons nos soins à l’organisation du musée d’hygiène militaire qui avait été commencé par notre éminent prédécesseur M. le médecin inspecteur Vallin.
Le musée d’hygiène du Val-de-Grace, dans l’état où nous l’avons laissé, rendait déjà de grands services à renseignement et nous sommes persuadé qu’il continuera à se développer sous l’habile direction de notre successeur dans la chaire d’hygiène, M. le professeur E. Uichard.
MiLiT. in Encyclop. cl’liygiètie el de méd. publique. — .1. Rochaud el Denis Roüet, aiT. Hygiène navaee de la même Encyclopédie, l. VH, Paris, 1895.
Parmi les écrivains militaires qui se sont le plus occupés de l’hygiène mililaire, nous citerons: Véoécic, De re militari. — Le maréchal de Saxe, Mes rêveries, 2- vol., Paris, nsi. — Fiiédéiuc le Ghand, Instructions militaires du roi de Prusse ]>our ses généraux. Paris, ntil. — Le général Lewal, Éludes de guerre, Paris, 1870.
INTRODUCTION
Nous nous sommes applique à donner dans cet ouvrage d(‘S indications pratiques pour les dillercntcs exj)cilises qui sont du domaine de riiygiène militaire.
Parmi les moyens d’enseignement de l’iiygiènc nous n’avons garde d’oublier les excursions qui ont pour but l’étude d’installations hygiéniques.
Ces excursions font partie, depuis longtemps, de renseignement de l’hygiène au Val-de-Gràce, mais on leur a donné avec raison plus d’importance qu’antrefois; rien ne vaut une visite à Gennevilliers pour ai)précier le système de l’épuration des eaux d’égout par le sol.
L’hygiène militaire doit évidemment avoir pour premier but de protéger le soldat contre les maladies que M. Brouardel a appelées, si heureusement, les maladies évitables.
La variole ligure en tête do ces maladies ; grâce à la pratique l'igoureuse des vaccinations et des revaccinations la variole, ([ui figurait autrefois parmi les principales causes de maladie et de décès du soldat, est devenue une rareté dans nos hôpitaux.
La lièvre typhoïde, principale cause des décès dans la [)lupart des armées européennes, n’est pas évitable au môme degré que la variole ; grâce à la connaissance que nous avons aujourd’hui de scs causes et de ses modes de ])ropagation, nous pouvons cependant lui opposer des mesures prophylactiques d’une grande efficacité.
Des faits nombreux démontrent que la lièvre typhoïde est souvent d’origine hydrique. La (jucstion de l’eau de boisson a donc uiK! importance capitale en liygiène militaire, d’autant plus que le soldat est prédisposé par son âge à la lièvre typhoïde, qui prend ti'op souvent la forme éj)idémique dans les casernes.
Dans ces (h'rnièrcs années, d(‘ grandes améliorations ont été réalisées à cet égard dans noti*e année; [>artout où la chose était faisable, on a mis à la (lisj)osilion du soldat de l’eau de
INTRODUCTION
source pour la boisson, c’esl ce qui a été fail à Paris; là où il élail impossible de se procurer de l’eau de source, des filtres (diainberlaud ont été iusiallés. L’abaissement des chiffres de la morbidité et de la mortalité par fièvre typhoïde a démonti-é refficacité de ces mesures.
Pour la pro])bylaxie de la tuberculose, qui fait tant de victimes dans les aianées ', l’hygiène peut aussi beaucoup.
Villemin a démontré que la tuberculose était contagieuse et qu’elle se propageait surtout par l’expectoration des malades, comme la morve par le jetage des chevaux morveux; il est donc indispensable d’éliminer rapidement de l’armée tous les tuberculeux et de veiller à ce que leurs crachats n’infectent pas les planchers des casernes.
La prophylaxie de la rougeole, de la scarlatine, de la diphtérie, maladies fréquentes chez le soldat, a fait égalennmt de grands progrès; nous savons que ces maladies se projiageul très souvent par les objets souillés : linge, effets d’iiabillement, literie, et nous avons aujourd’hui à notre disposition des procédés sûrs pour la désinfection de ces objets.
La prophylaxie directe des maladies a une très grande importance, mais ce n’est là qu’une partie de l’hygiène militaire.
Il ne suffit pas de prendre les mesures capables de protégi'r l’organisme contre l’envahissement des microbes, d’autant qu’on ne peut pas SC flatter d’assurer une protection complète contre les agents pathogènes connus, et ([uc beaucou}) de ces agents nous sont encore inconnus; il faut, eu outre, s’idfoi cer de meltre rorgauisme eu état de résistn* enicacemeul à ces agents.
Le rôle des pi-édisjiositions moiLides est cousidéralile en
I. D’après les ilernicrcs slalisLiqiies <lo l’armée, si l’on ÜenI, comple des réformes cl relrailes pour luberculose, la tolalUé des perles par celle cause a élé :
Kn 1890 de 7,16 pour 1000
Un 1891 de 7, CI —
Un 1892 de 7,69 —
INTRODUCTION
éliologio, loiiles les inllucnces débiliLanlcs joiienl le rôle ib* causes prédisposanles; des hommes mal nouiTis, soumis à des laligues excessives, deviennent une proie facile pour loules les maladies infectieuses.
L’expérimenlation démonlre (pie des animaux soumis au jeûne ou à de grandes fatigues deviennent susceptibles de contracter des maladies auxipielles ils résistent en temps ordinaire.
Les (piestions relatives à l’alimentation du soldat, aux exercices, à riiabillement et à réipiipement ont, par suite, un grand intérêt au point de vue de l’hygiène.
11 importe' (pie les casernes soient bien construites, (pie les cliambres soient bien ventilées, faciles à nettoyer et à désinfecter au besoin, pourvues de latrines bien installées, de lavabos et d’appareils jiour bains-douches qui permettent les soins de propreté individuelle, etc.
-\ous sommes heureux de le dire, nous aurons à noter dans presque tous les cbaiiitres de cet ouvrage d’importants progrès accomplis dans l’hygiène militaire, progrès qui témoignent de la sollicitude avec laquelle on s’occupe aujourd’hui, en France comme à l’étranger, de la santé et du bienêtre du soldat.
I.,es jirogrès de l’hygiène militaire idéalisés en France, depuis cinquante ans, ont eu jiour conséquence une diminution marquée du chiffre delà mortalité dans rarinée.
lai mortalité du soldat, (jui, de 1840 à 1858, était de 1 0 [)our 1 OüO (L. Lavkr AN, /!;(/(. d'hyg. piibl. et de méd. lég. , 1 860) , s’est abaissée progressivement à 10, à 9, à 8 et entin à () pour 1000, chiffre des dernières statistiques.
11 est vrai de dire ([ue, dans le calcul de la mortalité militairi' tel qu’on le fait en général, les réformes et retraites pour maladies incurables sont une gi'ave cause d’erreur.
On réfoi-me aujourd’hui jilus vite (d, plus facilement qu’aiitrefois et c’est là, sans contredit, une des causes de la diminution du ebitfre des décès.
INTRODUCTION
En consiilLant la StalisLique médicale de l’armée Irançaisc, on constate que si le chiffre des décès a diminué de moitié de 1863 à 1892, celui des réformes a triplé.
Dans l’armée allemande où l’on use de la réforme encore pins largement que chez nous, le cliilfre de la mortalité est tombé à 3 pour 1000 hommes d’effectif. Si l’on concluait de là qu’on meurt deux fois plus dans l’armée française que dans l’armée allemande, on commettrait une grave erreur; les jeunes gens faibles ou malades sont éliminés do l’armée plus ra])idcment chez nos voisins que chez nous, voilà l’explication du très faible chiffre de la mortalité dans l’armée allemande.
Tout en tenant comjite de cette cause d’erreur, il est incont('stahlo que la statistique témoigne d’une amélioration très notable dans l’état sanitaire do l’armée française; les progrès de l’hygiène militaii-e ont produit d’ailleurs des résultats analogues dans la plupart des armées étrangères, notamment en Angleterre et en Allemagne.
11 semble qu’en hmips de guerre l’hygiène perde tous ses droits; il n’y a assurément rien de moins hygiénique qu’une bataille, mais les jours de bataille sont rares, même dans les guerres les plus meurtrières, tandis que la lutte contre les agents pathogènes est sans trêve.
Les armées en campagne offrent un milieu extrêmement favorable au développement des maladies épidémiques, ce qui s’explique facilement, car les causes prédisposantes sont nombreuses : fatigues et privations, défaut de ])rofection contre les agents météorologiques, grandes agglomérations, déplacements incessants, dépression morale s’ajoutant souvent à la dépression physique.
L’influence de la fatigue, des privations et de la dépression morale qui suit les défaites est très remarquable dans ces épidémies.
An début d’une campagne, l’état sanitaire d’une armée est d’ordinaire excellent, et s’il s'agit d’une armée victorieuse,
INTRODUCTION
cel (Hal pcul se inainloiiii* ; cVsL seiilemenL au retour dans les garuisons, que les eflels de la ratigue se traduisent jiar une prédisposition aux maladies.
Lorsque les guerres se prolongent, les épidémies ajiparaissent presque toujours, et ce sont d’ordinaire les armées vaincues qui sont les jilus éprouvées.
Les exemples d’épidémies meurtrières dans les armées en campagne sont pour ainsi dire aussi nombreux que les guerres, et il est arrivé souvent que des armées ont été vaincues par les maladies, bien plus que par les armes de l’ennemi. L’bygiène, qui peut beaucoup pour prévenir ces épidémies ou pour les circonscrire, a donc en campagne, comme en temps de paix , une importance considérable.
Les expéditions entreprises dans des pays chauds et insalubres doivent être préparées et conduites avec un souci tout particulier de l’hygiène; le principal danger venant non d’un ennemi, d’ordinaire peu redoutable, mais du climat et des maladies endémiques; les Anglais, qui ont acquis une grande expérience de ces expéditions, ne reculent devant aucune dépense pour améliorer l’hygiène de leurs soldats.
l.,e plan que nous suivrons dans cet ouvrage a été calqué sur le programme de notre cours d’hygiène du Val-de-Grâce; nous étudierons successivement les questions suivantes :
1° Recrutement an jiointde vue de l’hygiène militaire ((di. i).
2" Exercices; accidents observés pendant les marches et mesures à prendre pour les éviter (Ch. ii et ni).
3° Propreté individuelle du soldat, liains-doucbes. Projiliylaxic des maladies vénériennes et de la variole (Ch. iv).
4" Alimentation. Pain et biscuit. Viande. Conserves de guerre (Ch. v à viii).
5° Boissons. Thé, café. Boissons alcooliipies. Eau. Procédés employés pour purilicr l’eau de boisson (Ch. ix, x, xi).
0“ Habillement et équijiement (Ch. xii).
INTRODUCTION
1° Choix (le reinplaceineiiL d’une caserne. Matiîriaiix d(‘ conslruclion. Casernes (Ch. xiii et xiv).
8“ Camps harac|ués el, sous tentes. Cantonnement. Bivouac (Ch. xv).
9" Hôpitaux permanents, haraijués ou sous tentes (Ch. xvi). J0° Ventilation. Chautlage. Eclairage (Cli. xvii etxvni).
11° Latrines (Ch. xix).
12° Désinfection (Ch. xx, xxi et xxii).