‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 54 sur 115 · L.vveran, Ilyg. milit · texte numérisé non relu

L.vveran, Ilyg. milit

l)ien que l’homme, pour ne pas tomber en arrière, doit nécessairement incliner le tronc en avant.

En répartissant la charge comme cela est indiqué dans la figure 91 on obtient deux résultats très avantageux : les cartouchières placées en avant de chaque coté [(f) font, dans une certaine mesure, équilibre au havresac [cj-) et d’autre part les centres de gravité des charges g', g^, g^, s’éloignent peu de la verticale passant par le

centre de gravité du corps (g), il en résulte que le centre de gravité de tout le système. G, est très proche du centre de gravité normal du corps et que la verticale passant par le point G tombe encore dans la base de sustentation, ce qui permet à l’homme de marcher dans la position verticale.

Une dernière condition imposée par la physiologie est que la charge du fantassin et les courroies qui servent à la maintenir, n’entraA^ent pas le fonctionnement régulier des organes et en particulier celui des organes respiratoires et circulatoires.

La fréquence du [)Ouls est plus grande cliez les hommes qui exécutent un exercice militaire avec la charge réglementaire, (|ue chez ceux (jui exécutent cet exercice sans être chargés. D’après lesexpé-

EQUIPEMENT

rienccs de l’arkes, la moyenne du pouls (|ui était de 124 par minute chez des soldats anglais (|ui avaient fourni une course de 500 yards sans havresac, s’élevait à 148 par minute a|)rcs la même course exécutée avec le havresac. La respiration s’accélère également. 11 est donc indispensable qu’aucun obstacle ne s’oppose à l’ampliation du thorax.

llap]ielons enfin qu’il résulte des expériences de M. le professeur Marey ({ue le pas se raccourcit à mesure qu’augmente la charge (p. 48), il importe donc de ne pas surcharger le soldat, si l’on veut qu’il puisse exécuter des marches rapides.

Yovons maintenant comment ce jirohlème du chargement du fantassin a été résolu dans les difiérentes armées.

xVutrefois le soldat français avait un havi-esac en peau de vache et une cartouchière unique placée en arrière, au moins jiendant la marche; la charge était ti-ès mal ré]tartie, de jdus les bretelles du sac tiraient les épaules en ai-rière, ce (]ui obligeait le soldat à contracter sans cesse ses muscles jiectoiaïux.

On a adojité ensuite un havresac en toile imperméable avec deux cartouchières placées à la ])artie antérieure; c’est le modèle (|ui existait avant 1892. Los bretelles du sac étaient réunies au ceinturon par des bandes de cuir apjiclées contre-sanrjlons qui aA’aient l’avantage d’em[)écher les bretelles de tirer les épaules en ai’iâèri'.

La réjtaidition de la charge était meilleure, mais une paidie des cartouches était encore [lortée dans un tiroir du havresac; de ])lus le havresac était trop lourd, il jiesail vide 2500 grammes.

Un nouveau modèle d’équipement, a été adopté en 1892; il se compose : ,

1“ Du ceinturon garni de trois cartouchières modèle 1888, deux devant et une deri'ière ;

2" D’une hrctelle de susjiension destinée à faire supporter par les épaules le poids des cartouchières;

5“ D’un havresac plus ])etit (pie l’ancien modèle et dans le(|uel on ne met pins de cartouches.

La tig-ure 92 permet de se rendre compte du mode de suspension des cartouchières. Ix’anneau métallique o, (jui réunit les hr('t(dl('s au contre-sanglon poslérii'ur doit se trouvi'r au milieu du ci'(nix qui existe entre les omoplates. Les courroies (/, r servent à la suspension du bidon d et d(‘ l’étui-musette c.

La figure 95 r(q)résente le même fantassin avec le havi'esac a sur le dos; le havn'sac a ses bretelles particulièn's (pii viemuMit s’ap[)liquer sur les bretelles de sus[iension des carlouchièi'es.

Un outil portatif’ f est fixé sur un côté du sac; la voste est roulée à la partie supérieure ^r; h gamelle individuelle, e marmile de campement.

Le havresac modèle 1892 mesure, en hauteur, o cm. de moins que le havresac modèle 1882 (on a fait disparaître le comj)artiment destiné à renfermer des cartouches); il pèse 1780 gr., .soit environ 720 gr. de moins que l’ancien modèle.

Le havresac se compose d’un cadre en hois sur leipiel est tendue

Fig. 92. — Fantassin l'rançai.s vn tlo dos; lo Fig. 93. — Fantassin français avec son éi|iiisoldat a sur lui ; son ceinturon et ses carton- jtoment complot,

cliiéros, son bidon et sou dtui-musotte.

une toile imperméable. Les deux grands cotés ne sont pas garnis de hois mais seulement de toile; la toile (pii garnit la face postérieure (celle qui ne repose pas sur le dos du soldat) est munie de boucles et [leut se soulever.

Ce modèle d’é(jui|)ement présente des avantages et des inconvénients : le ])oids mort du sac a été diminué, on a supprimé les cartouches du sac, mais une partie des cartouches a été maintenue en arrière aloi's que, pour la honne répartition de la charge, il eût été préférable de les rejiorter toutes en avant, les courroies du sac viennent se superposer à celles des cartouchières; enfui la suppression

EQUIPEMENT

<les oontro-sanglons nous paraît rogrotlahle, hioii quo lo sac soif alléiré; les contro-sanglons einpOchaicnt les lirotollos du sac do tirer les épaules en arriére et ils épargnaient aux muscles pectoraux un travail inutile et ])énil)le.

Un avantage du nouvel équipement est ({ue le soldai peut ôter son sac pour le mettre sur des voitures, en conservant sur lui tontes ses cartouches et les vivres jilacés dans l’étui-musette.

C’est un principe généralement admis aujourd’hui (jue le hagage du fantassin doit se décomposer en deux parties : une partie (jui ne le quitte jamais et qui contient les munitions de guei’re et des vivres, et une autre partie dont 1e soldat peut se passer au besoin pendant vingt-quatre heures : vêtements de rechange, ustensiles de campement et le reste des vivres de réserve.

Nous verrons plus loin que ce principe a été adopté en Allemaane et en Autriche-Honarie comme en France.

Un nouveau modèle de havresac est à l’étude en France; on supprimerait le cadre en planches et on le rem])lacerait par une carcasse composée de haguettes en aluminium sur lesquelles serait fendue une toile imperméable [France militaire, 10 mars 1894); on diminuerait encore de cette manière le poids mort du sac.

Le cuir fauve serait préférable, pour les bretelles et les courroies, au cuir ciré qui est moins souple et qui salit les mains et les elîots.

L’équipement du fantassin dans l’armée allemande se compose :

1“ D’un havresac qui mesure 3o centimètres de haut sur 35 de large ;

2" D’un sac à vivres en toile iihperméahle (3 jours de vivres), qui correspond à rétni-musette du soldat français ;

3“ De trois cartouchières, deux en avant, une en arrière.

I^e ceinturon supporte : le sabre-baïonnette, le .sac à vivres, le bidon etl’outil portatif au besoin. Le c.eintnron, (jni tendrait àglisser sous le [)oids de ces objets, est soutenu en anâèi'e par deux larges agrafes cousues solidement à la tuniipie.

Le manteau est roulé autour du havresac ou porté en bandoulière quand le soldat n’emporte que le sac à vivres.

Ce système d’écpiipement est encore en voie de transformation.

liC modèle de havresac expérimenté aux manœuvres de 1893 était caractérisé surtout par la su|)pression ilu cadre en bois. Il était suspendu par 4 courroies (au lieu de 2), (jui venaient se raltacbei- au ceinturon pai‘ îles crochets en aluminium; le bord su|)é-

rioiip (lu sac était garni d’im coussiiiot; les courroies élaieiil noires ('t non plus lilanches comme celles de l’ancien sac.

Sous la patelette du havresac était lixé le sac de combat fm sac d’assaut (Sturmsack) pouvant contenir trois Jours de vivres en lard, saucisson aux pois, café et sel. Par un mécanisme très simple, le sac de combat pouvait se séparer instantanément du havresac ({ui tombait à terre, tandis. que le sturmsack restait sur le dos du soldat. De cette façon, au moment de l’assaut, le fantassin allégé de son sac pourrait s’élancer en n’emportant, avec le sturmsack, que sa musette, ses cartouches et son outil de pionnier; il pourrait aussi, pendant les marches, mettre le sac sur des voitures en conservant sur lui ses cartouches et ses vivres de réserve.

On a critiqué, non sans raison, la facilité trop grande laissée au soldat de se débarrasser de son sac; il n’y a qu’une tringle à tirer |)Our obtenir ce résultat, et il est à craindre que, toujours imprévoyant, le soldat ait recours trop souvent à ce procédé qui lui permet de s’alléger; il n’est pas facile en campagne de retrouver les sacs mis à terre, et un régiment qui a perdu ses sacs ne peut pas aller longtemjts de l’avant.

De nouvelles modifications à ce type d’équipement ont été étudiées en 1891- ; la cartouchière qui était en arrière serait supprimée, les deux cartouchières antérieures agrandies renfermeraient chacune io cartouches, les 30 autres cartouches, complément des 120 cartouches que le fantassin allemand porterait sur lui, comme le fantassin français, seraient placées dans de jietites poches ménagées à la base du havresac et faciles à atteindre. {Revue du Cercle müilaire, 8 avril 1894.)

Ce système aurait l’inconvénient d’augmenter le poids du sac et de ne ]ias laisser au soldat toutes ses cartouches quand il se séparerait de son sac.

L’équipement du soldat d’infanterie en Autriche-Hongrie comjirend :

l“Un havresac semblable à celui de l’armée allemaude;

2" Une grande giberne de 0 m. 20 sur 0 m. 20 }dacée au-dessous du havi'esac;

3“ Deux cartouchières en avant;

4“ Un étui-musette dans leijuel est renfermé te jndit bidon.

La grande giberne (H, figures 94 et 93) repose sur les reins; une sangle élastiipie e, toujours tendue au moyi'ii d’uii écrou d, évite les excoriations et permet à l’air de circuler entre la giberne et b' dos. Dans la grande aiberne le soldat met ses vivres de réserve et

EQUIPEMENT

uiio [larlie (lo ses cartouclios; bien (jiio les carlouches se trouveiil dans ime case à part, ce mélange esl évidemineni, mauvais.

Le havrcsac est fixé par une tringle métalli(pie sur les bretelles qui soutiennent la giberne; par en bas il repose sur la grambï giberne.

L’homme [leut enlever facilement son bavresac et n’em|)orter

Eig. 91. — Soldat d'infanterie (Autriclio- Ilongrio) vu de dos, sans son liavrosac.

Tiff. 90. — Lo môme soldat avec son liavresac.

<{ue ses cartouebes et ses vivres. [Hernie militaire de l'élran(jer, 1889, t. XXXVI, p. :boG.)

Les figures ci-jointes, cnijirunlées à la Hernie militaire de rétranfjer, montrent un fantassin avec lout son cbargemenl (lig. 95) et ce même fantassin après ipi’il a (mlcvé son bavresac (lig. 9i). L’outil portatif O est suspendu au ceinturon, ainsi que l’éluimusette C.

Dans l’armée anglaise, réqui|)cm(Mit se compose : 1° il’uii sac en cuir souple dit sac-valise; 2® de deux cartouebières [dacées à la partie antérieure.

Le sac-valise anglais (|ui ne pèse (jue 155U grainines prend son point d’aijpui, non sur le dos, comme les havresacs que nous venons d’étudier, mais sur la courbure sacro-lombaire (fig. tJG, A).

Deux bretelles qui s’enti'ecroisent en arrière passent sui‘ les é[)aules, où elles s’élargissent, et viennent s’attacher à la jiarlie antérieure du ceinturon. De petites courroies boi'izontales einpècbent le sac de ballotter.

A la partie supérieure du sac deux courroies servent à meltre le

Kip. 96. — Fantassin anglais avec son étinipcracnt complet. • — A, sac-valise. — B, manteau. — C, ütui-musctto. — D, gamelle.

Fig. 07. — Éqniiicmont du lanlassin russe : 1, sacoche. — "2, sac biscuit, — 3, trousse à bottes, — 1, gourde, — 5, marmite, — 6. trousse à pelle, — 7, cartouchières, — 8, manteau roulé recouvert do la toile de tente.

manteau plié en forme de paquet rectangulaire (C) et entouré tl’uno toile imjicrméable; dans l’espace intermédiaire on met la gamelle (D).

Toutes les cartouches sont placées tlans les carloucbières antérieures, ce qui assure rétjuilibre de la charge.

Les moin;ements des bras et des éjiaules et ceux de la cage thoracique sont 1‘emarquablement libres avec ce système tréqui|)ement; de |)lus le soldat se charge ou ,se décharge avec la jtlus grande facilité, il lui suffit de iléboucler le ceinturon pour enlever loul son étjui])cmenl, comme on été un babil.

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