‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 53 sur 115 · COULEURS · texte numérisé non relu

COULEURS

MÈTRES

MÈTRES

1 Pnys découvert ^

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[ Clair de lune

Écarlate

Vert

Bleu de roi

Blanc

Gris

Brun feuille-morte

600 MÈTRES

Écarlate

Le

numéro 1

désigne la couleur qui

Vert

se

voit le pins,

le numéro

celle qui

Bleu de roi

se

voit le

moins

le

numéro 8 celle qui

Blanc

ne

se

voit pas du tout.

Gris

Brun feuille-morte

Le blanc est la couleur qui se voit le mieux de loin; viennent ensuite le bleu et le rouge; le gris et le brun sont les couleurs les moins visibles.

On peut conclure rie ces expériences que le blanc, le bleu clair et le rouge, dont la visibilité est très grande, devraient dispai’aître •le runifoi’ine militaire. L’armée autrichienne a abandonné la tunirpie blanche après la guerre d’ilalie; l’armée anglaise a conservé la tunirjue rouge, (jui donne une très belle notrr sur les gazons de llyde-I *ark, mais qui aurait des inconvénients sérieux en temps rie guerre. Le général Wolseley, dans un discours prononcé dans nn club militaire de Ijondres en 1890, critiquait justement l’imiforine du soldat anglais et constatait rpie dans tontes les campagnes récentes on avait dû adopter des uniformes spéciau.x.

Le pantalon garance, en usage dans l’armée française depuis 1829,

a moins d’inconvénients que la tunique rouge; à grande distance on n’ajierçoit guère que la [lartie supérieure du corps; on ])eut dire aussi que le ])antalon de notre fantassin est recouvert en grande partie par la capote; néanmoins le pantalon rouge serait renqilacé avec avantage par un pantalon gris.

Le dolman bleu clair des hussards et des chasseurs, le képi rouge de l’infanterie française, le couvre-nuque blanc adopté dans les pays chauds sont visibles de très loin, et prêtent par conséquent à la critique.

Il serait nécessaire également de transformer les objets qui brillent et qui se voient de très loin ; il serait facile de bronzer les casques, les boutons, etc... ; des expériences ont été faites dans ce sens en Allemagne.

B. Linge de corps, chaussettes, gants, cravate, etc. — Le coton absorbe mieux la sueur que le fil et il la laisse évaporer plus lente,ment; par suite les chemises de coton protègent mieux contre le refroidissement que les chemises de fil et elles doivent leur être préférées.

Les chemises de flanelle que plusieurs hygiénistes, Ililler en particulier, ont préconisées pour le soldat, sont coûteuses, salissantes, difficiles à bien laver, trop chaudes en été; lorsqu’elles sont sales, imprégnées de sueur, elles deviennent irritantes et peuvent provoquer des maladies de la peau, furoncles, etc...; enfin elles rétrécissent par le lavage.

Nous trouvons, pour notre part, qu’on abuse de la flanelle; il vaudrait beaucoup mieux habituer les enfants et les soldats à se laver à l’eau froide le cou et la poitrine, que de les couvrir de flanelle. La plupart des soldats portent un gilet de flanelle (en général fort sale) ou un tricot, quelquefois les deux; d’autres ont des ceintures de flanelle. La ceinture de flanelle peut rendre assurément des services, mais elle est surtout utile au début des maladies intestinales, pour faire disparaître des coliques ou une diarrhée au début; chez un homme sain, surtout par les temps chauds, une ceinture de flanelle est une cause de fatigue et par suite de maladie. Nous croyons donc que la ceinture de flanelle ne devrait être donnée qu’aux malades, ou bien en cas d’épidémie de diarrhée, de dysenterie ou de choléra.

Dans l’armée française on a adopté depuis quelques années, pour la confection des chemises, un tissu laine et coton qui est désigné sous le nom de flanelle de coton {Journal milit., 2“ sem. 1888, p. 9G1). Le soldat possède trois chemises de couleur confection-

HABILLEMENT

nées avec ce tissu, qui nous paraît, bien préférable à la flanelle. Les cbemises de couleur ont sur les chemises blanches l’avantage (le paraître pro[)res plus longtemps.

Le soldat allemand a trois chemises de coton bleu ou rouye. On a expérimenté en 189i en Allemagne des chemises en tricot de coton écru qui ont, paraît-il, donné de bons résultats.

Dans l’armée anglaise chaque soldat a, à son choix, trois chemises de calicot ou deux chemises de flanelle.

l’n caleçon est indispensable pour empêcher les frottements du pantalon sur la peau, et surtout pour absorber la sueur, qui, en l’absence de caleçon, imprégnerait le pantalon. Le soldat français a deux caleçons en toile de cretonne de coton.

On a essayé dernièrement dans l’armée allemande de transformer le caleçon en un pantalon de dessous pouvant servir de pantalon de corvée; un pantalon de dessous, difficile à laver, ne peut pas l'emplacer au point de vue hygiénique le caleçon.

En été le soldat peut se passer de chaussettes, mais en hiver et surtout en temps de guerre, il est indispensable de lui fournir des chaussettes ; les chaussettes de laine sont alors bien préférables aux chaussettes de coton. Lorsejue le soldat doit, pendant l’hiver, par la pluie ou la neige, rester les pieds dans la boue ou dans la neige, avec des chaussures qui sont bien vite pénétrées par l’eau glacée, il est très exposé à la congélation des orteils (V. p. 73, accidents produits par le froid); on éviterait en grande partie ces accidents en distribuant des chaussettes de laine.

En Espagne, en France ‘, en Italie, les chaussettes ne sont pas réglementaires.

Dans les pays plus froids, on a reconnu la nécessité do fournir des chaussettes au soldat.

En Allemagne, chaque soldat est pourvu en hiver de deux paires de chaussettes en laine feutrée.

Pendant la guerre de 1870-1871, les cas de congélation des extrémités inférieures, assez communs dans l’armée française, ont été très rai’os dans l’armée allemande.

Le soldat anglais a trois paires de chaussettes de laine.

En Suisse, chaque soldat doit être muni do deux iiaircs de bas ou de chaussettes.

A défaut de chaussettes il faut procurer au soldat, surtout en

I. Un grand noml)rc d’iiommcs sc i)ro(’.urcnl d’ailleurs des chaussclles à leurs frais. Pendant l’hiver de 1894 à 189o, 90 pour 100 des hommes (pii cnlrnienL à l’hôpital militaire de Lille possédaient des chaussettes.

campagne, et par les temps froids, des morceaux de toile ou de drap pour entourer ses pieds.

En Russie, chaque soldat reçoit à cet effet deux morceaux de toile dont la propreté est contrôlée par les officiers (chaussettes russes); les plaies des pieds sont très rares.

En 1878, pendant la guerre contre la Turquie, on distribua dans un certain nombre de régiments des morceaux de drap, et celte mesure eut, d’après Goldenberg, les meilleurs résultats; la 14® division, par exemple, fut épargnée par les congélations, tandis que la 24° était très fortement éprouvée; toute la différence entre ces deux divisions consistait en ceci, que des pièces de drap avaient été distribuées à la 14® division.

Il est également indispensable de donner au soldat en hiver des gants chauds qui le protègent contre les engelures et contre les congélations des extrémités supérieures, moins fréquentes, il est vrai, que celles des extrémités inférieures, parce que les mains sont plus faciles à réchauffer que les pieds, et que les pieds dans la houe ou dans la neige subissent un refroidissement bien plus considérable que les mains.

Les engelures aux mains rendent beaucoup d’hommes indisponibles ; il est facile de les éviter en donnant des gants chauds et en mettant un peu de glycérine à la disposition des hommes qui présentent les premiers symptômes de l’engelure.

Pendant les campagnes d’hiver, pour que le soldat puisse manier ses armes avec précision, il faut que ses mains ne soient pas engourdies par le froid, ou tuméfiées et ulcérées jiar des engelures.

Les soldats allemands et russes portent en hiver des gants de laine ou des mitaines reliées par un cordon qui passe sur les épaules.

Le port des gants moufles a été autorisé en France dans les garnisons froides {Journal milit., 1888, 2® sein., p. 938).

Les gants de coton qui sont réglementaires dans l’infanterie, ne servent que le dimanche et les jours de fête; ils ne paraissent pas indispensables.

Le cavalier doit avoir des gants de peau qui protègent ses mains contre les frottements de la bride.

Autrefois le soldat avait un col rigide en cuir ou en crin qui comprimait le cou et qui prédisposait aux engorgements ganglionnaires du cou et, par les temps chauds, à la congestion cérébrale. Ce col rigide fut remplacé pour les troupes faisant campagne en

HABILLEMENT

Algérie par une cravate de toile bleue qui, depuis le 31 mars 18G8, est devenue réglementaire dans toute l’infanterie française.

Il faut avoir soin que le nœud de la cravate sur lequel vient presser le col de la tunique ou de la veste ne comprime }>as le cou. La cravate en usag'e autrefois était trop épaisse; c’est avec raison qu’elle a été dédoublée.

Le soldat français reçoit enfin deux mouchoirs de poche, deux serviettes de toilette, ce (jui est un grand progrès au point de vue de la propreté, et, en campagne ou en manœuvres, une calotte de coton qui serait remplacée avec avantage par une calotte en drap semblable à celle qui est en usage dans la cavalerie.

Le linge de corps doit être changé souvent et lavé; le linge sale, imprégné de sueur et de poussière, devient irritant pour la peau et dée-affe des odeurs désag'réables.

En France, le blanchissage est fait dans les garnisons à l’entreprise; le linge de corps est changé une fois au moins par semaine; en été surtout il paraît indispensable de changer les chemises plus d’une fois par semaine. En campagne le soldat doit laver lui-même son linge; il faut donc qu’il emporte du savon pour cet usage.

C. Effets d'habillement h — Les effets d’habillement doivent être faciles à ajuster, commodes en campagne, aussi bien que pour la vie de garnison, car il n’est pas admissible que le soldat porte d’autres effets en temps de guerre qu’en temps de paix.

Autrefois on aimait les uniformes serrés, ajustés; on est revenu heureusement à des idées plus saines. Des vêtements ajustés ipii compriment la poitrine et souvent le cou sont toujours mauvais, mais ils sont particulièrem,ent dangereux chez les hommes de vingt et un à vingt-trois ans, (|ui composent aujourd’hui notre armée active. Nous avons vu (p. 2) qu’à cet âge le développement est incomplet et que le thorax s’élargit presque toujours chez les jeunes soldats sous l’influence de l’entraînement auijuel ils sont soumis. Il ne faut jias que, [lendant les exercices, un vêtement serré s’oppose au fonctionnement des organes de la respiration ; c’est grâce à un jeu plus grand et [)lus libre des côtes que l’amplitude respiratoire s’accroît et <]ue le soldat arrive à exécuter sans peine

1. Mobaciie, Hotii et Iæx, op. cit. — .Vronssoiin, De. l’tinbillcmeiU cl de l’équipcment du soldat, liée. mém. mcd. milit.., I86T, li” série, 1. XIX, p. 403. — C.iiami'ouiu.on', Considér. sur (|iiel(|ues inodilicalions qu’il pourrait être utile d’introduire dans la tenue fie l’année. Hec. mém. méd. mitil., 1871, 3' série, t. XXVll, p. 1)7. — Lewai,, La réforme de l’armée, Baris, 1871, p. 207. — IUvënez, De l’iiahillement actuel du soldat, tli. Paris, 1874.

(les exercices qui, au déluil,, déterminent très rapidement chez lui ressoufflement et la fatigue.

Une autre donnée importante que nous devons rappeler ici c’est que le vêtement doit être en ra])port avec les conditions climatériques; il est indispensable que le soldat ait dans les pays chauds un habillement léger, qui permette à l’air de circuler librement autour de son corps, en le rafraîchissant par évaporation de la sueur; dans les pays froids, au contraire, il faut des vêtements chauds et fermés; dans nos pays tempérés le soldat doit pouvoir s’habiller en été plus légèrement qu’en hiver. Nous avons eu déjà l’occasion de citer les recherches de lliller qui démontrent l’inlluence de l’uniforme dans la pathogénie du coup de chaleur; chacun sait d’ailleurs combien il est fatigant, en été, d’avoir un vêtement trop chaud, et quelle lassitude on éprouve quand on est obligé de faire, dans ces conditions, une marche un peu longue. Au commencement de l’été chacun s’empresse de quitter ses vêtements d’hiver.

Les effets d’habillement du soldat peuvent se ramener à deux types : effets d’habillement du fantassin, effets d’habillement du cavalier.

La pratique a démontré que, dans la vie civile, l’habillement le plus commode comportait les effets suivants : 1“ un pantalon, 2“ un gilet, 3“ une redingote ou une jaquette, 4“ un pardessus.

Ces effets d’habillement nous paraissent également indispensables au fantassin.

Aronssohn a insisté avec raison sur la nécessité de donner un gilet au soldat, qui doit pouvoir ouvrir sa tunique sans s’exposer à se refroidir. Il ne nous paraît pas admissible qu’on condamne le soldat à être toujours boutonné, même pendant les repas, ou bien lorsqu’il rentre à la caserne après un exercice fatigant; or, si le soldat n’a pas de gilet et qu’il déboutonne sa veste ou sa tunique, la poitrine et la partie supérieure de l’abdomen sont exposées à se refroidir. Comme le dit Aronssohn, le gilet est le véritable vêtement du tronc.

Par-dessus le gilet, le soldat mettrait une vareuse ' ou une tuni([ue courte, non ajustée, avec une seule rangée de boutons bronzés, pouvant s’ouvrir facilement, en dehors du service. La tunique courte, non ajustée à la taille, de l’armée autrichienne, est

1. En .Allemagne, la vareuse a tilé adoptée récemment pour l’infanterie et la land- Nvehr.

HABILLEMENT

suffisamment élégante; elle avait élé adoptée avant 1870 poni- la ganle mobile.

Le col (le la tunicjue ne doit pas comprimer le cou. On a essayé de remplacer en Allemagne le col droit de la liini(|ue par un col rabattu <[ui ne paraît pas protéger suffisamment le cou.

En été, pour les marches, on pourrait mettre la tuniipie sans le gilet, ce qui assurerait au soldat un vêtement moins chaud (pi’en hiver. La tunique aurait des pattes d’épaules, pas d’épaulettes.

|je pantalon du fantassin doit être coiqié droit, suffisamment lai'ge, [»as trop long, surtout en arrière; lorsque le pantalon est trop long, il frotte contre la partie postérieure du soulier et il gène le relevé de la jambe; de plus le bas du pantalon s’use rapidement.

Le pantalon doit être muni d’une large ceinture et de bretelles ; il sera large des hanches.

Nous verrons plus loin que la véritable chaussure du fantassin est le brodequin. Le bas du pantalon ne sera pas enfermé dans la tige du brodequin, mais relevé simplement à l’aide d’un pli, lorsque l’état du sol l’exigera et pendant les longues marches.

Le soldat doit avoir un manteau pour le [U’otéger conti’e le froid et contre la pluie. Dans les pays chauds la pèlerine, en usage dans les régiments de zouaves et de tirailleurs algériens, protège suffisamment le soldat. Dans nos pays cette pèlerine serait insuffisante, étant donné surtout que le soldat peut être obligé de faire campagne pendant l’hiver. Une capote analogue à la capote actuelle de nos fantassins, mais plus ample, comme elle l’était primitivement, conviendrait très bien. On emploierait un drap un peu moins fort que le drap de capote actuel, non doublé, afin d’augmenter l’ampleur du vêtement,, sans accroître son poids, et aussi afin de jiouvoir le rouler facilement. Le manteau serait muni d’un collet ])Ouvant se relever ; il jiourrait être imjierméabilisé (v. p. 407).

On se sert en Amérique, en guise de manteau, de couvertures doublées de caoutchouc sur une de leurs faces et présentant une fente vers la jiartie moyenne; c[uand il pleut, les hommes passent la tête par la fente de cette couverture, qui retombe en avant et en arrière et qui protège contre la pluie sans empêcher l’aii' de circuler. C’est commode, mais peu éhigant.

IjU dolman convient bien au cavalier, à condition (ju’il soit ample, non serré à la taille.

Nous pensons (ju’il y aurait lieu do donner un gilet au cavalier comme au fantassin.

Il faut au cavalier la culotte et la botte; les bottes doivent être

assez courtes et légères pour que le cavalier démonté puisse marcher sans peine.

En France, le cavalier, plus heureux que le fantassin, a un manteau. Le grand manteau à pèlerine, très bon à cheval, est troj» lourd quand le cavalier doit aller à pied; on pourrait alléger ce manteau et le rendre imperméable.

Dans les pays chauds, le soldat doit avoir des A'ètements légers et amples.

Le coutil, très agréable dans la journée, expose le soir et pendant la nuit aux refroidissements, les variations thermométriques nycthémérales étant souvent très accentuées dans ces pays.

La flanelle légère paraît être le tissu le plus approprié au vêtement du soldat dans les pays chauds.

Le veston ou vareuse est la coupe de vêtement la plus convenable; c’est la forme qui a été adoptée pour l’infanterie de marine française et pour les troupes faisant campagne an Tonkin et à Madagascar.

La couleur blanche est assurément celle qui convient le mieux pour les effets d’habillement dans les jiays chauds, mais elle présente deux inconvénients ; elle est salissante et elle est visible de Irès loin; le gris clair est préférable à ces deux points de vue '.

D. Coiffure. — • Les principales conditions que doit remplir une bonne coiffure militaire peuvent se résumer ainsi qu’il suit :

La coiffure protégera la tête contre le froid et la pluie et contre les ardeurs du soleil; elle protégera aussi les yeux et la nuque.

Elle sera légère, bien centrée, c’est-à-dire que son centre de gravité se trouvera sur la même ligne verticale que le centre de gravité de la tête et très près de ce dernier, sans quoi le soldat serait obligé de faire des prodiges d’équilibre poui‘ maintenir sa coiffure sur sa tête, comme cela arrivait autrefois avec le cbajiska des lanciers et avec le bonnet à poil des grenadiers de la Garde.

La coiffure n’exercera pas de constriction sur la tête. Elle sera aérée de manière à permettre l’évajioration de la sueur.

La couleur de la coiffure ne sera ]ias voyante, d’autant (pie la tête est la partie du corps (|ui s’aperçoit du plus loin.

1. Paucy, Pi’oposilion de loi relalive ii riialiillement du soldat dans les ]iays chauds, IS8-2, n° 1500. — A. Jousskt, De raccliinalemenl et de l’accliiualaliou, Arch, de méd. nav., I88i, p. 273. — Nim.i.v, Hygiène des Européens dans les pays inlerlropicaux, Paris, 1884. — Huas, Ih. lîordcaux, 1886. — Maurhl. Communie, au Congrès de Nancy, Uevue d’hygiène 1886, p. 701.

HABILLEMENT 417

Enfui la coilTure sera suffisamment solide et en harmonie avec le reste de runiforme.

Autrefois la coillure du soldat devait en outre ])rotéjier la tète contre les coups de sabre. Cette condilion n’est jdus exiiiée (|ue pour la coiirure d’une partie de la cavalerie (cavaleidc de ligne et Grosse cavalerie).

La forme et la couleur de la coitïure ont une grande importance au point de vue de l’échauflement de la tête sous l’action du soleil, et par suite au point de vue de la prophylaxie du coup do chaleur.

Il est facile de constater, en plaçant des thermomètres dans l’intérieur de coiffures avec lesquelles on reste exposé quelque temps au soleil, (|ue la température s’élève beaucoup plus dans certaines coilfures que dans d’autres.

M. le médecin insj)ecteur Vallin a noté des températures de 42“ et 46“ dans l’intérieur d’un cha])eau de soie noire ordinaire, après une promenade d’une heure au soleil, au mois de juillet.

lliller a observé une temjiérature de 45", 8 dans le bonnet de police d’un soldat allemand, et il a vu que la temj)érature s’élevait j)lus dans ce bonnet t{ue dans le casque qui est aéré.

Jousset, au Sénégal, a noté les températures suivantes en examinant comparativement un chapeau noir mou et un cascpie gris clair par une température de 50" au soleil :

Cliapeau noir mou 4o°

('■asque gris clair 32®

M. Géraud a constaté que la tem[)érature s’élevait, dans le casque des cuirassiers, jus(ju’à 52". On comprend facilement que dans ces conditions on obseuve les accidents du coup de chaleur {Arch. de méd. milil., 1888, t. XII, p. 41).

Le casque a été de tous temps la coillure militaire }>ar excellence; les soldats grecs, romains et gaulois |)ortaient le casque, qui fut aussi la coilTure des chevaliers et des hommes d’armes au moyen âge; de nos jours, le cas(jue est encore la coilTure d’une grande paidie de la cavalerie de toutes les nations; en Angleterre et en Allemagne, il a été adopté également pour l’infanlerie. La forme fatalement imposée par la logique pour la coilTure du soldat est, dit M. le médecin inspecteur Morache {op. cil., j). 451), celle «l’im casque un [leu bas.

L’ancien casque de l’infanterie allemande, en cuir, avec garnitures de cuivre, du poids de 500 grammes environ, était trop lourd; il a été allégé dans ces dernières années; on a supprimé

Laveban, Hyg. milil. 27

une [laiiie des garnitures métalliques et les garnitures conservées ont été faites en aluminium. Des orifices ménagés à la base do la pointe qui surmonte le casque permettent à la ventilation de se faire (fig. 80); on peut en faisant tourner la [lointe rétrécir les

IjO casque de l’infanterie anglaise, en carton recouvert de draj» imperméabilisé, estime excellente coiffure militaire; il est léger, suffisamment ventilé pour nos pays tempérés (orifices percés à la base de la pointe), il jirotcge la tête, les yeux et la nuque (fig. 81); il paraît remplir, en un mot, toutes les conditions énumérées cidessus d’une bonne coifture militaire.

Dans les pays chauds, c’est également le casque qui est la meilleure coifiure, et le modèle de casque en liège recouvert de toile grise qui a été adopté par les Anglais dans les Indes a mérité tous les sufiVages. Les visières a et h (fig. 82) protègent les yeux et la nuque.

Une disposition très simple assure une ventilation énergit[ue dans le casque. Le casque, au lieu de prendre directement son [)oint d’appui sur te front et sur la tète, présente à l’inlérieur un cercle concentrique en cuir (/"), qui est séparé de la paroi inlerne du casque [lar de petits morceaux de liège (c); à la jiartie supérieure du casque se trouvent des orifices {d) dissimulés sous un large bouton plat qui em]tècbe en lem[)s de [iluie l’eau de pénétrer dans le casque.

Fig-. SO. — Casquo en cuir de l'infanterie alleniando (d'ajirès M. Moraclie).

Fig. 81. — Casque de l'infanterie anglaise.

HABILLEMENT

Ce casque a été adopte pour les troupes de la marine française dans les pays chauds, pour les troupes du TonUin et du Dahoniev,

Fig. 82. — Casque en liège recouvert do toile grise. A, vue extérieure ; B, vue intérieure.

du corps expéditionnaire de Madagascar et en Alg-érie pour les chasseurs d’Afrique.

Le schako, qui a été longtemps la coilTure de grande tenue de notre infanterie, avait rinconvénient d’enserrer la tète, et il ne protégeait pas la nuque.

Dans l’armée allemande, les troupes de la landwehr et les soldats du train portent un schako qui présente une visière antérieure et une visière postérieure de manière à protéger à la fois les yeux et la nut|ue (fig. 8.3).

Fig. 81. — Képi, liifantorin française.

Le ké])i mou, (pii est actuellement la seule coilTure de l’infanlerie française, est Irès h'iger et il s’ada])te bien à la tète, sans pro-' (luire de constriction gênante comme faisait le schako; on a sujiprimé avec raison le carlon qui rendait le bord inférieur du képi rigide; la visière a été allongée et inclinée de manière à bien |)rotéger les yeux; la ventilation se fait jiar des boutons perforés [•lacés de chaque coté (tig. 84); mais si le ké|)i a de grands

avantages, il présente aussi des inconvénients : il se déforme facilement et surtout il ne protège pas suffisamment la tète et la nuque contre la pluie et le soleil. Quand il pleut, le drap du képi est vite transpercé, la tète se mouille, et d’autre part l’eau qui s’écoule de la partie postérieure forme dans le cou et le dos une gouttière désagréable. On pourrait rendre le drap imperméable <à l’eau, ce qui remédierait au premier de ces inconvénients; il serait facile (fassurer la ventilation mieux qu’elle ne l’est dans le modèle actuel.

Dans les pays chauds, le soldat français est pourvu d’un couvrenuque blanc qui s’adapte sur le képi et qui tombe sur la paidie postérieure et sur les parties latérales du cou. Un couvre-nuque en toile grise serait jiréférable pour les raisons déjà indiquées. Le casque en liège est beaucoup plus hygiénique et plus propre que le képi avec couvre-nuque.

Le casque métallique du cavalier, qui doit protéger la tète contre les coups de sabre, est nécessairement lourd et peu hygiénique; il s’échaude lieaucoup au soleil, et on l’a accusé, non sans raison, d’occasionner des accidents d’insolation, des maux de tète, des névralgies ; la crinière qui est placée en arrière est destinée à protéger la nuque contre les coups de sabre.

Depuis 1872 on a allégé en France les casques des cuirassiers et des dragons; les casques du nouveau modèle, plus bas que les anciens, ne pèsent que 1350 grammes au lieu de loOO grammes. Ce poids est encore trop fort; il sera facile de le diminuer en fabriquant les casques en aluminium ; des essais ont été faits dans ce sens en Allemagne et en France. Le casque devrait être bruni, de manière à éviter les redets qu’il donne au soleil.

Le soldat doit avoir une coidure légère de repos et de corvée : la calotte en usage, en France, dans la cavalerie et le béret conviennent bien pour cet usage ‘.

E. Chaussure. — a. Importance du choix de la chaussure pour le fantassin. Chaussure dite rationnelle. Nous avons déjà eu l’occasion de dire (p. 89) combien il imporlait de prévenir les accidenis locaux de la marche, si communs de tous lemps chez le fantassin, et qui, dans les armées modernes composées en grande partie, au

I. WiAL, Do. l’innucncc des coilRircs milU. sur le dêvelopp. de roplitalmie. liée, mém. méd. milil., I8a0. — Scoutiîïten, De la nécessité d’adopler un covivre-nmiue pour les troupes en Algérie, Metz, 1837. — Judée, De la coilViirc milit., Speclaieur milil., 13 oct. 1803. — Du JIÉME, De la coiiïurc milit. dans les pays chauds, ?néme Rec., 13 mai 1809. — Uorn et Lex, op. cil. — Mohaciie, op. cil., p. 450.

HABILLEMENT

moment d’une mobilisation, d’hommes ayant perdu l’hahitude de la marche et de la chaussure militaire, pourraient se produire avec une fréquence plus grande encore qu’autrefois.

Une des mesures prophylactiques les jtlus efficaces pour éviter ces accidents consiste évidemment à fournir au fantassin une bonne chaussure; aussi depuis longtemps l’attention du commandement et celle des médecins militaires a-t-elle été appelée sur cette (juestion.

Le maréchal de Saxe a écrit : « C’est la nation qui donnera à ses troupes les meilleurs souliers qui aura l’avantage, car elle conservera toujours des hommes pour la marche », et le maréchal Niel : « Les souliers ont pour l’infanterie l’importance que les chevaux ont pour la cavalerie. »

La question de la chaussure militaire a été très bien étudiée en France par Champouillon, Tourraine, Lèques, du Cazal, Salle; en Suisse, par le 1)'’ Meyer, auquel revient le mérite d’avoir bien précisé les caractères de la chaussure qui depuis ses travaux est connue sous le nom de chaussure rationnelle, par le major Salquin et par le colonel-médecin Ziégler; en Allemagne, par Starcke et par le lieutenant-colonel Hrandt von Lindau

Nous chercherons d’ahord à déterminer la forme que doit avoir la chaussure en général; nous aurons ensuite à examiner quelle est la meilleure es[)èce de chaussure pour le fantassin et pour le cavalier.

Il n’était pas inutile de rappeler, comme l’a fait le D'' iMeyer, que la chaussure doit avoir la forme du pied; les cordonniers semblaient en elï’et avoir ado[)té pour maxime que le pied devait jirendre la forme de la chaussure; ce qui le prouve, c’est que la mode a exercé son inlluence tyrannique sur la forme de la chaussure.

1. II. Meyer, Die riclitigc GestaU (1er Schulie, Zurich, I8o8. — Champouillon, Rec. mém. méd.milil., 1871. — Tourraine, niûme Rec., 1872. — H. Meyer, Die riclilige Gestall (les mensclillchcn Korpers, StuUgard, 1871. — Starcke, Dcr naUirgciiiassc Stiefel, Berlin, 1880. — Du Cazal, La cliaussurc du soldat. Revue miUtaive de méd. et de chirurgie, 1881, p. IGI. — Ziégler, Communie, nu congrès internat, d’iiygiène do Genève, sept. 1882. — J. A. Benoit, La chaussure des troupes à jiied, Ann. d’hyg. publ., 1881, p. oü5. — Salquin, La chaussure normale civile et militaire, Genève, 1883. — Brandt V. Lindau, Des dcutschen Soldaten Fuss und Fussbekleidung, Berlin, 1883. — Zuder, L’expos. d’hygiène à Berlin, /îeuue d'hygiene, 1883. — Viry, l^a chaussure du soldat d’infanterie, Arch. de méd. milil., 1887, t. IX, p. 1. — Meyer, La chaussure rationnelle, Zeitschrift f. Ilygiene 1888, III, p. 487. — A. Colin, La chaussure à talons élastii^ues, /l?-c/i. de méd. milit., 1890, t. XVH, p. 32. — Nodier, Morphologie du pied, Arch. de méd. mitil., 1892, t. XIX, p. 337. — Salle, La chaussure du fantassin, même Rec., 1893, t. XXII, p. 336. — Baey, La chaussure ilii soldat, Ai'ch. méd. belges, 1893, 5, p. 339.

Los principes de la cliaussure rationnelle l’ornuilés par le D' Meyer ont une hase solide dans l’étude de l’anatonue et de la physiologie du pied.

Le squelette du pied se compose de \dngt-six os, jilus ou moins mohiles, qui constituent : le tarse, le métatarse et les orteils; il forme une voûte qui a ses deux points d’appui : en avant, à l’extrémité antérieure des métatarsiens, princi[)alement à l’extrémité du premier, et en arrière, sur le calcanéum.

Le gros orteil est le plus important des orteils, c’est le plus fort, celui qui agit le plus pendant la marche, il faut donc qu’il conserve dans la chaussure sa direction normale.

Sur un pied normal le gros orteil se trouve dans le prolongement de l’axe du premier métatarsien ; une ligne qui longe le bord externe du gros orteil passe par le centre du talon (fig. 85, 9).

Il est facile de s’en assurer en examinant la plante du pied chez un jeune enfant, ou chez une personne dont le pied n’a pas été déformé par la chaussure, et en prenant des empreintes du pied. M. le médecin inspecteur Yallin a pris, chez des xVrahes, des empreintes du pied qui sont très caractéristiques à cet égard*, une de ces empreintes a été reproduite dans la figure 85 (10); il est facile de constater qu’une ligne parallèle au hoial externe du gros orteil viendrait passer, si on la prolongeait en arrière, au milieu du talon. Au contraire, sur les pieds déformés par la chaussure, la ligne longeant le bord externe du gros orteil, prolongée en ai-rière, passe plus ou moins loin en dedans du talon (4, 5, fig. 85).

D’après Brandt von Lindau et F. Régnault, l’axe du pied normal ne passe pas par le gros orteil, mais par le deuxième orteil, et le gros orteil présente souvent, même chez les individus qui ne portent pas de chaussures, une légère abduction (F. Régnault, Société de biologie, 14 avril 1894). Meyer et Salquin ont en effet exagéré un peu la direction en dedans du gros orteil en disant que Vaxe du gros orteil prolongé passe par le centre du talon de tous les pieds non déformés, mais nous croyons qu’on est dans le vrai en disant (ju’une ligne prolongeant le bord exlerne du gros orteil en arrière doit passer par le centre du talon.

11 résulte des recherches de Féré et Demantké que, chez un même individu, la forme de la |)lante du pied varie suivant que cet individu est au repos, ou bien (ju’il a été soumis à une longue station debout ou à une marche [irolongéc. A la suite de la station debout et de

I. On pcul voir ces cinpreinles au musée d'itygiènc du Val-de-Gràce.

HABILLEMENT

la marcho, la (‘ainlirnre du ])ied diminue, le pied tend à prendre la forme tlile pied pial, ce (|ui est Facile à constater en j»renant les empreintes du pied d’nn même indiA idu le matin, et à la suite d’une longue marche (Soc. de hiologie, 23 mai 1891).

D’a|)rès les recherches de Dewèvre, au moment de l’appui du

pied, il se produit un allongement du |)ied et un élargissement (De l’élasticité de la vente plantaire. Soc. de hiologie, 28 mai 1892). La vont-e i)lantaire s’ahaisse de 14""" an niveau du scajihoïde; chez les mauvais marcheurs, cette élasticité de la voûte jilantaire Fait défaut.

L('s cordonniers taillent en général des semelles '^symétri(|ues plus ou moins jiointues et des empeignes également symétriipies (fig. 83, 1, semelle symétrique; 2, empeigne; 3, cou[ie de l’em-

peigne symétrique supposée cousue à la semelle); on voit facilement (|ue, dans une chaussure ainsi confectionnée, le gros orteil est nécessairement rejeté en dehors, surtout si la chaussure est courte.

Les déformations du pied produites par les chaussures mal faites ont été bien étudiées j)ar V)YOQ.^{Bv.llel. Soc. anal., y. XXYII, p. GO, et IJiillel. Soc. de chirurgie, 1852-1853), par Nystron (Du pied et de la forme hygiénique de la chaussure, Paris, 1880) et par Meyer {op. cil.).

Le gros orteil refoulé en dehors suhit une semi-luxation au niveau de Farticulation métatarso-phalangienne, et quelquefois il se produit une inflammation de cette articulation; l’ongle du gros orteil, (léjeté par la pression qu’il subit, s’incarne dans les chairs.

]jCS deuxième et troisième orteils comprimés, sont chassés en haut; en examinant la plante du ])iecl on ne voit plus que quatre ou môme trois orteils (4, 5, lîg. 85), les orteils chevauchent; des cors, des oignons très douloureux se développent sur les parties saillantes.

Les orteils pressés les uns contre les autres s’atrophient et se déforment; au lieu de la forme arrondie normale, ils présentent des arêtes prismatiques, et si la chaussure est trop courte, ils se rétractent et prennent la forme dite en marteau, qui est la cause de vives douleurs lorsque la déformation est assez prononcée pour obliger celui qui en est porteur à marcher sur l’ongle.

Les os du tarse se déforment également et la plante du pied se creuse vers la partie moyenne d’une façon anormale.

Quelques cordonniers dessinent sur un morceau de papier le contour du ])ied, mais, comme ils ]irennent ce contour sur un pied déformé déjà, et emprisonné dans une chaussette qui maintient les orteils dans la position vicieuse àlaquelle ils sont depuis longtemps condamnés, le tracé ainsi olitenu n’est pas le contour normal du pied; il faudrait le corriger de manière à donner au gros orteil la place qui lui revient.

Meyer a exagéré les modifications qu’il fallait faire subir à la chaussure pour la rendre rationneUe et il a préconisé sous ce nom une chaussure qui avait une forme bizarre et disgracieuse; il est regreltahle qu’il ait compromis par ces exagérations une réforme excellente.

C’estsurtout à la formede la semelle que l’on reconnaît la chaussure rationnelle. La semelle n’est pas pointue du bout et elle n’est pas symétrique par rapport à l’axe médian, le bord interne est droit ou légèrement arrondi (G, fig. 85).

HABILLEMENT

T/einpoigne est asyinélr que comme la semelle (7, 8), poui- que le i>i-üs orteil puisse se loger à la partie interne de la chaussure et qu’il ne soit pas rejeté en dehors.

La semelle de la chaussure du soldat doit avoir 3 millimètres d’épaisseur environ, elle doit être souple et déborder légèl'ement, afin de protéger le jiied contre le heurt des [lierres; lorsque la semelle déborde trop, et qu’on marche dans des terres grasses, la chaussure se charge d’une grande quantité de terre, ce qui augmente la fatigue.

La chaussure doit être longue afin de permettre aux orteils de s’étendre. Il résulte d’ailleurs des recherches de Marey qu’il y a avantage à donner au marcheur une chaussure longue. On n’ouhliera pas que le pied s’étend et s’élargit pendant la marche, que de plus il se gonfle à la suite des longues marches.

La semelle sera légèrement creusée au niveau du talon; il est inutile de ménager des creux, comme le demande Salquin pour les parties saillantes qui se trouvent au niveau des tètes des l®*" et O® métatarsiens. Ces saillies n’existent que sur les pieds déformés et la chaussure doit être toujours construite en vue du pied normal. Lorsque les déformations du pied ne sont pas très profondes, elles disparaissent ou s’atténuent par l’usage des chaussures rationnelles.

Les chaussures tloivent être cousues ; les vis et les chevilles présentent de grands inconvénients pour des chaussures qui séjournent presque toujours longtemps dans les magasins, avant d’être mises en service; les vis et les chevilles ressortent et peuvent blesser le pied, ou bien les chevilles sèchent, et la semelle se sépare de l’empeigne avec la pïus grande facilité.

Le talon sera large et peu élevé; large, afin de fournir une base solide; peu élevé, afin d’éviter les défoianations du j)ied qui se produisent chez les [lersonnes qui portent des lalons hauts, principalement chez les dames. Les recherches <le M. Marey monlrenl que le [)as est plus court chez le marcheur qui a un talon élevé, que chez celui qui a un talon bas (voir [>. 49).

Les talons doivent être fortement fixés à la semelle de manière à ce qu’ils ne se détachent pas.

IjC contrefort sera extérieur; le contrefort intérieur donne lieu à des excoriations très douloureuses au niveau de l’insertion du tendon d’Achille.

La semelle sera garnie de clous qui empêcheront l’usure tro[> rapide; il importe que les clous n’alourdissent pas lro[) la chaussure

et qu’ils soient solidement lixés; lorsqu’ils sautent, ils laissent des trous par lesquels l’eau s’introduit. La semelle doit être garnie de clous sur presque toute sa surface, sauf au niveau de la tête du 1" métatarsien et, bien entendu, au niveau do la cambrure, là où elle ne porte pas sur le sol.

( )n l’omplace quelquefois les clous par des fers, surtout au talon, ce qui a l’avantage d’empêcher le soulier de se déformer; les fers doivent être entaillés de telle sorte (ju’ils n’exposent pas le soldat à glisser. Afin d’alléger la chaussure on a employé dans ces dernières années en Allemagne des clous en aluminium.

La chaussure du fantassin doit avoir une entrée facile; pour que le cou-de-pied ait de l’aisance il faut que le soldat puisse desserrer sa chaussure quand son pied est gonflé, à la suite de longues marches, ou bien lorsque le cuir s’est rétracté après avoir été mouillé.

Le mode d’attache de la chaussure doit être commode, même pour un homme portant le sac. '

La chaussure doit être bien confectionnée, .sans coutures intérieures qui produiraient facilement des e.xcoriations, en bon cuir se laissant difficilement imprégner d’eau, enfin elle ne doit pas être tro}> lourde.

Lorenz a proposé, pour protéger les pieds contre l’bumidité, d’employer des semelles en gutta-percha. Ces semelles mises dans l’eau conservent au bout de vingt-quatre heures leur poids primitif, tandis que, dans les mêmes conditions, des semelles de bon cuir absorbent GO gr. d’eau, presque la moitié de leur poids à l’état sec. Les semelles de gutta-percha sont en outre plus solides, plus chaudes et coûtent moins cher (jue les semelles en cuir (PoMMAY, Revue cZ’Ai/^ûùie, 1891, p. 1143).

On peut prévoir, par cette énuméralion des conditions que doit remplir la chaussure du soldat, qu’il n’est pas facile de trouver un bon type de chaussure militaire; on aura une idée delà difficulté du problème (juand nous aurons dit qu’en 1887, un concours ayant été ouvert en France par le Ministre de la guerre, plus de GOO types de cbaussures furent présentés et que la commission ebargée de l’examen de ces chaussures n’en trouva aucune qui réunît toutes les ({ualités requises pour la chaussure du fantassin.

b. Chaussure du fantassin. La chaussure la meilleure })Our le fantassin nous paraît être un brode({uin de forme rationnelle remplissant d’ailleurs les condilions énumérées ci-dessus.

Le brodequin Salquin et le brode([uin Perron dont on peut voir des modèles au musée d’hygiène du Val-de-Gràce ont une excellente

HABILLEMENT

forme, mais on peut leur adresser quelques crili<|ues : le l)rode(|uiu Sal(|uiu ne remonte [>as assez haut, le brodeijuin Perron s’agrafe sur le coté externe au moyen d’un lacet qui passe dans des crochets (fig. 80). La fermeture du hro<lequin sur le cou-de-jiied adoptée dans le modèle Salquin présente (juelques inconvénients; les saillies du lacet compriment le dos du pied au niveau des tendons des muscles extenseurs des orteils, mais au moyen d’une languette de cuir cousue à la partie interne de la chaussure, on peut atténuer cet inconvénient. Le laçage sur le côté externe à l’aide de crochets (chaussure Perron) a l’avantage de ne pas comprimer les tendons des extenseurs des orteils, mais quand l’homme est chargé, il a de la peine à lacer sa chaussure, le lacet peut se défaire pendant la marche, enfin les crochets se prennent dans le bas du pantalon ou bien dans les herbes.

TjC laçage sur le dos du pied malgré ses inconvénients paraît donc jiréféi'able.

Le cordon de serrage doit être court, facile à remplacer, lors- (]u’il se casse, par un cordon de rechange et au besoin par un bout de ficelle.

Los hrodeijuins faits sur mesure sont toujours préférables aux brodequins faits d’avance qui s’adaptent mal aux pieds. M. Lèques, dans un travail sur l’hygiène des bataillons alpins [Arch. de méd. müit., t. XI, p. 2G9), constate que les brodequins faits sur mesure, par le cordonnier militaire ou par un cordonnier civil, ont donné de très bons résultats pendant les manœuvres de 188G; sur 100 hommes chaussés à l’aide des brodequins faits sur mesure, aucun ne fut blessé aux pieds. Tœs hrode(|uins faits sur mesure reviennent un peu plus cher que ceux qui sont fournis jiar l’administration, mais ils dui-cnt plus longtemps et on réalise, en fin de compte, une économie.

Il faudra toujours fournir des chaussures neuves, sortant des magasins, à un grand nombre d’hommes, en cas de mobilisation, mais on pourrait réduire ce nombre en faisant conqirendre aux soldats de la réserve et de l’armée teriâtoriale (ju’il serait très avantageux j)Our eux d’arriver au régiment avec une bonne chaussure, du type réglementaire, dont le prix leur sei'ait remboursé. Dans le gouvernement militaire de Paris, un s[)écimcn du brodequin r(!glementairc a été déposé dans chaque brigade de gendarmerie et

ce spécimen doit être mis à la disposition de tous les hommes qui désirent se faire confectionner une chaussure militaii'e. Tous les cordonniers de France devraient avoir la description et le modèle du brodequin réglementaii'e.

Jusqu’en 1881 le soulier en usag-e dans l’armée française a été le soulier Godillot qui, n’ayant aucun moyen d’attache, devait être maintenu à l’aide des guêtres en cuir pour l’hiver, en toile pour l’été.

Le soulier Godillot, représenté dans la figure 87, n’a pas de moyen d’attache autre que la guêtre; la guêtre en cuir (tîg. 88) prend difficilement la forme du pied, et produit des douleurs ou détermine des excoriations ; le lacet se serrant }>ar en haut, le pied se conges-

Fig. 89. — Brodequin dit napolitain réglementaire dans l'inlanterie française.

tionne et se tuméfie ; il faut longtemps pour lacer la guêtre surtout la nuit, par suite, le soldat hésite, en temps de guerre, à se déchausser; la guêtre en toile se rétrécit quand elle est mouillée et comprime le pied ; enfin, quand le sous-pied se détache, la guêtre devient inutile, le soldat perd son soulier.

La loi du 4 juillet 1881 a substitué le brodequin dit napolitain aux souliers et aux guêtres pour la chaussure des troupes à pied.

Gomme il existait dans les magasins une très grande quantité de souliers Godillot, on les a utilisés comme chaussures de repos et dans les garnisons.

D’après l’instruetion du 12 mars 1887 chaque soldat d’infanterie doit avoir : 1° une paire de brodequins n" 1 ; cette chaussure qui doit être brisée, faite au pied, mais pi*esque neuve, servirait en cas de mobilisation; 2“ une paire de brodequins n“ 2 pour le service journalier; 3° une chaussure de re[)OS qui n’est autre que le soulier Godillot avec une guêtre en toile.

Les brodequins réglementaires, lacés sur le cou-de-pied (fig. 8fi),

HABILLEMENT

présentent de grands avantages sur les souliers Godillot, ils sont faciles à mettre et ils tiennent bien aux jjieils; on peut serrer ou desserrer à volonté le cordon qui les attache, entin ils suppriment les guêtres et leurs multiples inconvénients.

M. le 1> Salle constate que, d’après la statistique médicale de l’armée, le nombre des éclo])és est plus grand dans les troupes <rinfanterie qui ont conservé le soulier (zouaves, tirailleurs algériens), que dans celles qui portent le brode(juin {loc. ciL, p. 3o7).

11 existe, dans les magasins, des souliers et des brodequins de 28 pointures ditîérentes : il y a 7 longueurs, de 20 à 32 cm., et chaque longueur comporte 4 grosseurs des orteils et du cou-dejûed.

Il serait facile d’améliorer la chaussure du fantassin en conservant le type de brodequin actuel, il suffirait d’adoj)ter la forme rationnelle et de donner au soldat une chaussure de repos plus légère que le godillot. Le godillot avec la guêtre en toile et les sous-pieds de rechange pèse plus que le brodequin réglementaire.

En Allemagne et en Russie, le fantassin porte la hotte qui présente évidemment des avantages dans les pays froids, le soldat étant obligé de marcher souvent dans la houe ou dans la neige, mais qui a de graves inconvénients pour le fantassin.

Nous avons vu que la chaussure du fantassin devait pouvoir se serrer ou se desserrer facilement, or cela est impossible avec la hotte; si la hotte est ajustée, elle serre le cou-de-pied d’une façon intolérable, lorsque le i)ied se gonlle, à la suite d’une longue marche; lorsque le cuir mouillé se rétracte, le soldat est exposé à ne ]>as pouvoir remettre ses hottes; si la hotte est très large, il en résulte pendant la marche des froltements exagérés qui déterminent la formation d’ampoules et d’excoriations, surtout à la partie postérieure, et quand le soldat marche dans une terre grasse, il est exposé à [)erdre ses hottes.

On a adojité en Allemagne la forme rationnelle. Dès 1883 on fahri([uait dans bon nombre de régiments allemands des chaussures de ce ly])e (Zunun).

Le fantassin russe est chaussé de hottes en cuir noir et soiqile montant jus(pi’au-dessous du genou, le pantalon est engagé dans la hotte (fig. 07).

L’infanterie anglaise porte un brodequin lacé, et pour la tenue de campagne des jambières en cuir au-dessus du i)anlalon.

En Autriche-Hongrie, la demi-hotte que le Fantassin portait autrefois a été remplacée par des brodequins et des guêtres.

IjG fantassin belge a des souliers et des guêtres en cuir.

En Italie, l’infanterie porte le soulier et la guêtre blanche, les alpins ont seuls des brodequins.

Le fantassin espagnol a, en garnison, des hrodeijuins lacés, en campagne, des espadrilles à semelles en corde tressée et des guêtres dans lesquelles il rentre le bas du pantalon.

Les milices suisses portent le soulier ou le brodequin; chaque homme est tenu de se munir lui-même d’une chaussure d’un des types réglementaires (Salle, oj). cil., p. 359).

Il faut au fantassin, outre le brodequin, qui constitue sa chaussure de marche, une chaussure légère ou de rejjos, qui lui permette d'oter ses brodequins en arrivant à l’étape et de faire, au besoin, une ou deux éla])es avec cette chaussure légère, lorsqu’il est blessé aux pieds.

L’espadrille a été conseillée comme chaussure de repos par M. le général Lewal; l’esjiadrille, qui est la chaussure réglementaire du soldat espagnol en campagne, est excellente dans les pays chauds et secs comme l’Espagne ’, mais lorsqu’il faut marcher dans l’eau, dans la houe ou dans la neige, ses inconvénients deviennent manifestes, la semelle faite de corde tressée s’imbibe d’eau et de houe, l’eau pénètre dans la chaussure qui ne protège plus le pied contre le froid, enfin la chaussure est rapidement hors de service.

Dans ces dernières années, on a adopté en Allemagne et en Autriche une chaussure de repos qui paraît préférable pour nos climats à l’espadrille, il s’agit de brodequins en cuir souple dont les tiges sont en toile imperméable.

Le soldat anglais a des pantoufles en toile à voile imperméable.

c. Chaussure du cavalier. La chaussure du cavalier est la hotte, mais le cavalier doit pouvoir marciier facilement lorsqu’il est démonté, il faut donc lui donner des hottes qui ne soient ni trop hautes, ni trop fortes ; ces hottes auront comme les brodequins une forme rationnelle.

Les pantalons basanés en cuir dans toute leur hauteur, que portaient autrefois nos cavaliers, avaient de nombreux inconvénients, le cuir durcissait, formait des replis qui donnaient lieu à des excoriations ou à des inflammalions de la peau, à des furoncles, elc... Les pantalons garnis de cuir ont en outre cet inconvénient qu’on

1. Pciulanl la campagne dn Mexique, une grande parlie de nos troupes avait adopté l’espadrille à l’exemple des Esi)agnols. Des espadrilles ont été données aux troupes faisant partie du cori>s expéditionnaire de Madagascar.

HABILLEMENT

ne peut pas les désinfecter dans les étuves, la chaleur altérant profondément le cuir.

Le cavalier doit avoir en campagne une chaussure légère de repos comme le fantassin.

d. Entretien de la chaussure. Le cuir qui se dessèclie devient dur; il se rétracte, se fendille, aussi les chaussures qui ont été longtemps dans les magasins, sans être graissées, sont-elles d’un très mauvais usage; elles blessent facilement ceux (|ui les jiortent; il est très difficile de rendre au cuir sa souplesse première.

Le cirage, qui est généralement employé pour faire reluire les chaussures, contient souvent de l’acide sulfurique qui altère le cuir et qui ronge les coutures; le cuir ciré durcit, se fendille, et devient perméable à l’eau, aussi le cirage a-t-il été condamné par tous les auteurs qui ont écrit sur la chaussure du soldat, tous sont d’accord pour dire que la chaussure doit être graissée et non cirée et cependant on continue à cirer les chaussures; c’est bien le cas de con.stater qu’il n’y a rien de plus difficile à changer qu’une habitude.

Le cuir convenablement graissé est souple et imperméable à l’eau, deux (qualités inappréciables pour la chaussure du soldat; le nettoyage de la chaussure graissée est beaucoup plus facile que celui de la chaussure cirée, enfin la couleur fauve du cuir graissé n’a rien de désagréable.

L’axonge ou saindoux ne donne pas de bons résultats pour le graissage du cuir. La graisse de cheval et l’huile de foie de morue sont les corps gras les plus appro[)riés à cet usage. Le dégras dont se servent les tanneurs pour graisser les peaux est aussi très bon; on l’obtient en faisant infuser des peaux de mouton dans de l’huile de poisson, avec une petite quantité de potasse. Quand en emploie le dégras, il faut, après avoir nettoyé la chaussure, la mouiller, [)uis graisser avec un tampon trem[)é dans le dégras toutes les parties de la chaussure, la semelle comjirise; le cuir ne doit pas être séché près du fou.

On a pro[)Osé dilTérentes formules de substances grasses destinées à graisser le cuir, en France on se sert, dans l’armée, d’une préj)aration qui porte le nom do nourriture Mironde et de la graisse 'l’homas dont la composition est la suivante :

Suif de mouton fondu 000 grammes.

(lire jaune (00 —

Huile de pied de bœuf 100 —

(Jléorésiiie de lérébenlliiiie 100 —

Huile lourde de houille 100 —

La graisse Thomas est employée pour le graissage des cuirs en magasin {Journal milil., 1891, 1" Sem., p. 102).

D’après Arnould {op. 'cil., p. 822), le meilleur enduit est un mélange, à parties égales, de graisse de porc et d’huile de foie de morue recommandé par Wiel et Gnehm.

II. Équipement. — A. De la charge du fantassin et de la meilleure répartition de cette charge. Du havresac ’. Le fantassin doit nécessairement emporter en campagne, outre les vêtements qu’il a sur le corps, (juelques vêtements de rechange, ses armes et ses munitions de guerre, des vivres de réserve et des ustensiles de campement.

Lorsqu’on fait le total du poids des objets que le fantassin doit transporter ainsi, on trouve que cette charge s’élève dans la plupart des armées à 2o ou 30 kilogr. Le chitïre de 30 kilogr. était dépassé naguère dans les armées française et allemande.

Nous verrons plus loin que de tous côtés on s’ingénie à alléger cette charge écrasante*; il était d’autant plus nécessaire d’entrer <lans cette voie que le soldat n’est plus entraîné aussi bien qu’autrefois; au moment d’une mobilisation beaucoup de jeunes soldats n’auront pas encore une grande habitude des longues étapes, faites avec le chargement complet de campagne; quant aux hommes de la réserve et de l’armée territoriale, ils auront perdu cette habitude. On réussira certainement à diminuer cette charge, on y a <léjà réussi en France, dans une mesure très appréciable, mais il faudra toujours que le fantassin transporte ses elïéts, ses armes et ses munitions de guerre ou de bouche.

Peut-on déterminer a priori quel est le maximum de la charge du fantassin? D’après Thurnwald, les lois de la physiologie indiquent qu’un soldat ne doit pas porter une charge supérieure au tiers de son poids, si l’on veut qu’il conserve la liberté de ses mou-

1. Pakkes, op. cit. — Roth cl Lex, op. cit., I. III. — Moraciie, op. cil., p. 482. — G. ZuBER, Le nouvel unifornic de rurinée nisse, .l)-c/(. de 7»éd. milil., 1883, t. I, p. 287. — De PoüvouiiviLi.E, Noies sur la marche, Journ. des sc. milil., 1880-1887. — Lèques, Élude sur l’hygiène des balaillons alpins, Arch. de mêd. milil., t. XI, p. 209. — Forgue, Le chargemenl du soldai, Arch. de méd. 7nilil., 1893, l. XXII, p. 342. — TnURNNVAU), Le chargemenl du fanlassin, Slrefpeur’s œslerreich. milil. Zeilsclir., ocl. 1892, anal, m Arch. de mêd. milil., 1893, l. XXII, ]i. 187. — Décis. minisl. délerminant la Icnue des oniciers cl des troupes en campagne, Ihillel. offic. du .Minislèi'e de la guerre, 1893, n® 2.

2. D’après des calculs faits par M. le capilaine de frégate llaills, calculs qui ont élé jjuhliés par M. le D’’ Goustan {Arch. de méd. milil.. 1889, j). 321), un soldat pesant 04 kilogr., marchant 8 heures, à raison de 4 kilom. par 30 minutes, avec 10 minutes de repos par heure (jias de 0,73), en terrain pial, fait, tout nu, 312 000 kilograinmètrcs,ct le môme soldat, du poids de 04 kilogr., i)orlant un poids de 32 kilogr. fait, dans les mômes conditions, un travail égal à 708 000 kilogrammèlres.

EQUIPEMENT

veineiils j)Our la marche et le combat; beaucoup de jeunes soldats ne pèsent pas plus de 5o à GO kilogr. , la charge du fantassin ne devrait doue pas dépasser 20 kilogr. La j)rati(jue a démontré ([u’elle ne devait pas dépasser 25 kilogr. ; dans ce poids sont compris tous les objets et elTcts que le soldat a sur lui.

11 importe beaucoup que la charge soit bien répartie; re.\|)érience de tous les jours démontre que la même charge est plus ou moins fatigante suivant qu’on la transporte de telle ou telle manière.

Tjorsqu'un homme porte un seau plein d'eau, il est obligé d’incliner très fortement le haut du corps du côté opposé à la main qui tient le seau, afin de se maintenir en équilibre, d’où une position anormale qui produit rapidement la fatigue; si, au lieu d’un grand seau, cet homme en porte deux petits, un dans chaque main, il peut marcher dans la position verticale et il se fatigue bien moins.

Soit encore un homme qui trans})orte un sac de plâtre; s’il le met sur son dos, il est obligé d’incliner le corps en avant pour se maintenir en équilibre et il se fatigue vite ; s’il le met à cheval sur une épaule comme font les maçons, la moitié du sac qui est en avant faisant équilibre à celle qui est en arrière, il peut marcher dans la position verticale sans se fatiguer beaucoup; c’est pour cela qu’on avait imaginé la besace dont la partie antérieure et la [)artie postérieure se faisaient équilibre.

Une charge est d’autant plus lourde, que son centre de gravité s’éloigne davantage de la verticale passant par le centre de gravité du corps; un même poids {>araît .beaucou]) plus lourd si on le soulève à l’extrémité d’un bâton que si on le prend â la main. Dans le premier cas en effet la charge agit sur un bras de levier très long, et l’on démontre en mécanique qu’une force ({ui tend à faire tourner un levier autour de son point d’appui, produit d’autant })lus d’eflct qu’elle agit sur un bras de levier plus long. 11 ini[)orto donc que le centre de gravité de la charge se rapproche le |)lus possible de la verticale passant par le centre de gravité du corps.

La figure 90 est le schéma d’un fantassin qui porte toute sa charge sur le dos; les inconvénients de ce système sont manifestes. Le centre de gravité du corps se trouve en g, le centre de gi'avité lie ta charge en g\ le centre de gravité de tout le système (corps et charge) est rejiorté en aridère du cenlre de gravité normal, en G par exemple, et une ligne verticale XY passant par ce centre de gravité vient tomber en dehors de la base de susienlalion, si

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