‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 70 sur 115 · I.AVEHAN. Ilyg. inilit · texte numérisé non relu

I.AVEHAN. Ilyg. inilit

Fig. 167. — Hôpital baraqué do Hammond. Plan général.

même orientation; les bâtiments des services généraux se trouvaient au centre.

Une (lisj)osition semblable avait été adoptée en 1870 pour l’hôpital baraqué du polygone à Metz, mais l’espace réservé entre les pavillons était tout à fait insuffisant, les liaraques n’avaient ni la largeur, ni la hauteur nécessaires et les résultats furent très peu satisfaisants.

Dans rhü[)ital général Hammond, la cour était un cercle régulier de 106 m. de diamètre (fig. 167), au centre duquel s’élevaient, disposés en croix grecque, quatre bâtiments baraqués occupés par la cuisine, la buanderie, le vestiaire et le corps de garde. Une galerie circulaire entourait la cour coupée en quatre par deux galeries qui se croisaient au centre. Sur la galerie circulaire tombaient, comme autant de rayons prolongés, seize pavillons. L’inconvénient de ce plan, qui rappelle un plan d’bopital proposé en 1786 par Poyet, architecte français, est que les pavillons sont trop rapprochés au centre et (|u’ils ont tous une orientation différente, nécessairement mauvaise, pour un grand nombre d’entre eux.

Dans tous ces hôpitaux, les baraques étaient construites à peu près d’après le même type. Nous empruntons â l’excellent article Hôpital, de Ch. Sarazin, la description d’une baraque du West Philadelphia Hospital.

La baraque a 55 m. de long, 8 de large et 6 m. 25 de haut jusqu’au sommet du toit, qui est disposé en lanterne, de façon à assurer la ventilation. Nous avons déjà donné, â propos des camps baraqués, des figures indiquant les principales dispositions des baraques américaines au |>oint de vue de la ventilation et du chauffage (fig. 144 et 145).

Chaque pavillon conlienl, au centre, une salle commune de 49 m. de long, 8 m. de large et 6 m. 25 de haul, jiercée de 24 fenêtres; du côté du corridor, deux cabinets pour rinfirmior en chef et pour la sœur; et du côté opposé deux petites salles séparées du service par un couloir : ce sont les latrines et la .salle d<‘ bain.

Les salles de malades de chaque pavillon contiennent 48 lits, ce qui donne par lit 8“* et 42'““, 25 d’air.

HOPITAUX BARAQUÉS 011

Ces pavillons sont cliauirés en hiver au moyen de poêles de foide dont le tuyau de l'uinée traverse une manche à vent, (jui sert à la ventilation, lors(pi(‘ rabaissement de la température oblige à ferme)la lanterne (jui forme le faîte du toit. L’air pur du dehoi's entre sous le plancher et se dégag-e autour du poêle (jui réchautre.

Les dispositions très simples prises pour assurer la ventilation en été et en hiver dans ces baraques, méiâtent tous les éloges.

Parmi les hôpitaux hara({ués installés à Paris on 1870-1871, le plus pai'fait était assurément celui du Luxembourg qui avait été

Fig. 1(58. — Baraquement d’ambulance du .Jardin du Luxembourg. Couiic sur la salle des malades. Écbello (5, 2 mm. pour l m.

consti’uit par les architectes Joeger et Sahouraud sur des plans élaborés par Michel Lévy et le colonel du génie de Laussedat.

On utilisa, pour y construire les baraques, les rues bitumées cpii entourent les jardins du Imxemhoui’g, dans l’allée de l’Observatoire et au voisinage de cette allée; on eut ainsi les avantages d’un sol imperméable; mais les baraques étaient troj) disséminées, ce qui rendait le sei’vice difficile, à cause des gi’andcs distances àpai’courir.

Les pavillons bai'atjués, au nombre de 22, étaient surélevés a 0 m. 50 du sol, au moyen de piles de magonnerie. Ils avaient 38 m. de long sur 0 à dOde lai’go; en hauteur 4 m. du [)ai’quet à l’égout du toit, et 8 m. jusqu’au faîtage d’une lanteriuî de 3 m. de large pour 1 m. 50 de haut, ce qui donne une bauteui’ moyenne do 0 m. sous le toit. Les bai’a(pies étaieid consti'uites en planches de sapin du Nord do 0 m. 02 d’é[»aisseur avec double couvi-e-joints.

leur parquel était Fait de frises de sapin de 0 in. 027, et leur toit d’un voligeage simple recouvert de carton bitumé. Une cloison intérieure de 2 m. de hauteur doublait leurs faces intérieures, «jui étaient en outre tendues d’une forte toile recouverte de papier liulle.

La figure 168 représente la coupe ti-ansversale d’une do ces baraques.

Les fenêtres, au nombre do 12 sur chaque face, n’étaient pas opposées; elles avaient 2 m. 10 de haut, 1 m. 10 de large et de.scemlaient à 0 m. 65 du jiarquet. La lanterne du faîtage occupait le tiers de la longueur du toit; elle était garnie de châssis vitrés et mobiles de 1 m. 10 de hauteur, faciles àouvo’ir et à fermer, comme on peut s’en rendre compte sur la figure. Deux portes opposées, situées dans l’axe du pavillon, étaient surmontées de larges châssis vitrés mobiles.

Chaque baraque était pourvue de deux forts poêles de fonte â charge continue, au coke, avec prise d’air extérieure.

Une fente longitudinale, large de 0 m. 08, qui régnait tout le long de la base de la lanterne, restait toujours ouverte et assurait une ventilation constante alors même que les châssis vitrés étaient fermés; cette fente ne gêna pas le chaulfage d’une façon notable; pendant les plus grands froids, et malgré la mauvaise qualité du combustible, on obtenait assez facilement 10 et t2 degrés dans les salles de malades.

Dans chaque pavillon la salle centrale avait 30 m. de long. Vingt lits y étaient disposés en deux rangées altei’iiantes comme les fenêtres et les trumeaux.

Deux cabinets, séparés de la salle commune par une cloison, à chaque extrémité de la baraque, servaient de logement â la sœur et aux infirmiers, et à l’installation des latrines, des lavabos et d’une petite salle de bain.

Les latrines étaient jiourvues de tinettes filtrantes qu’on pouvait enlever par l’extérieur, l’urine et les eaux des bains et de l’évier s’écoulaient directemeid. à l’égout par un tuyau avec siphon.

Ces baraques ont donné de très bons j-ésultats, et si l’on avait à installer un hôpital baraipié fixe, on n’aurait rien de mieux â faire (|u’à en construire de semblables, il faudrait seulement les grou|»cr autrement et installer les services généraux au centre de l’hùpital.

La meilleure manière de grouper les haracpies (comme les pavillons d’hôpital) consiste à les construire parallèlement les unes aux autres, en ayant soin de laisser entre elles un intervalle égal â une fois et demie la hauteur des haraipies.

HOPITAUX DARAQUliS

Dans les pays chauds, il serait nécessaire de surélever davautaj^e les bara(|ues et d’établir des vérandas sur les deux faces, ou du moins sur le coté le plus exposé au soleil.

Les résultats donnés par les hôpitaux haraijués eu Amérique el à rambulance du Luxembourg- ont été assez satisfaisants pour ({u’on ait pu se demander s’il n’y aurait pas lieu de remplacer les hôpitaux ordinaires par des hôpitaux haraijués.

Michel Lévv termine la descri[)tiou des baraquements du Luxembourg {loc. cil.) en disant : « Je voudrais (jue nos baraques pussent devenir les hôpitaux de l’avenir avec une durée de dix ans et au teiTîie de cette jiériode, détruits et remplacés sur d’autres terrains, par des constructions nouvelles avec les corrections que l’expérience aura suggérées. »

La même idée a été défendue par MM. Marvaud, Joeger el Sabouraud.

Nous avons vu que les camps baraqués s’infectaient plus rapidement que les casernes (juand ils n’étaient pas construits dans d’excellentes conditions et que, lorsque toutes ces conditions étaient réalisées, on aboutissait au plan des casernes à pavillons séparés, on peut en dire autant des hôpitaux baraqués et nous croyons qu’aujourd’hui jiersonne ne soutiendrait plus que des hôpitaux baraqués en planches sont supérieurs aux hôpitaux à jiavillons séparés du type Tollet par exemple. Les hôpitaux bara([ués en |)lanches ne peuvent être acceptés que comme hôpitaux temporaires, en cas de guerre ou d’épidémie, et lorsque le temps fait défaut pour construire des jtavillons en fer et en bi-iques.

Dans son travail sur les hôjiitaux, E. Cowles traite avec raison A'impraticahle l’idée d’avoir des hôpitaux baraijués (pie l’on brûlerait tous lesdix ans. Il est intéressant devoir comment on apprécie, en Amérique, les hôpitaux haraijués destinés à être brûlés tous les dix ans, (pii ont été préconisés en Fr.mce comme une excellente innovation américaine.

« L’idée d’élever des constructions temporaires, destinées à être démolies au bout d’une dizaine d’années et remplacées par un hôpital permanent, peut être immédiatemeut considérée comme impraticable. Comme exemple, nous citerons les deux pavillons carrés à un seul étage de « Massachusetts general llos[)il!il », désignés sous le nom de hâlimenls temporaires, (pie l’on devait détruire au bout de dix ou douze ans, pour les rebâtir; ils furent ré[)arés en 1881, a|)rcs di.x ans de service, on y mit des fondations nouvelles,' on les consolida eton les déclara permanents, |)arce (ju’ils «s’étaient

montrés plus solides qu’on ne l’aurait cru et n’avaient rien perdu de leur parfaite salulirité primitive ». A Boston City Hospital, il y a deux pavillons de bois, à un seul étage, à charpentes de fer, construits à titre temporaire on 1876. Ils sont munis d’un système très coûteux de tuyaux pour le chautîage à la vapeur d’eau ; cette installation est nécessaire, car une mensuration exacte a montré qu’en hiver, il entrait pour chaque lit et par heure, non seulement les 942 mètres cubes d’air fournis par les tuyaux de conduite, mais encore 608 mètres d’air froid, qui pénétraient par les fissures des murs, etc., et qui devaient s’échauffer et s’échapper au dehors par des ventilateurs. Pratiquement, de tels bâtiments sont d’un chauffage très dispendieux, et ils sont trop coûteux pour qu’on les détruise au bout de quelques années ; mais les vices de leur construction ne tardent pas à paraître, croissent avec le temps et persistent jusqu’à ce que le bâtiment soit usé.

« Les constructions permanentes faites avec des matériaux durables, de la pierre et de la brique, modestes dans leur architecture, sont préférables et peuvent offrir toutes les conditions de salubrité. Ils sont beaucoup plus confortables et exigent moins de réparations. Les moyens de chauffage et de ventilation y peuvent être plus facilement appliqués et, sans trop de dépenses, d’une façon plus complète, dans les pays où l’hiver est très froid. » (E. Cowles, Ann. d'hyg. pubL, 1887, p. 305.)

B. Baraques démontables et transportables. — Pour construire des baraques bien aménagées, semblables à celles du Luxembourg, il faut avoir sous la main les matériaux nécessaires, et des ouvriers suffisamment exercés à ce genre de travail ; il faut surtout du temps. Nous ne parlons pas des plans qui peuvent être préparés à l’avance.

Une fois construites, ces baraques sont difficiles à Hansporter ; il faut pour cela les démolir complètement et les reconstruire <le fond en comble.

On a pensé qu’il serait avantageux d’avoir des baraques démontables et facilement transportables.

En 1884, le Comité international de la Croix rouge de Genève mit au concours un modèle type de baraque d’ambulance mobile.

L’exposition des modèles envoyés à ce concours eut lieu à Anvers en 1885, et la baraque Docker obtint le premier prix.

Depuis lors, la baraque Dôcker a été très somment utilisée dans les armées danoise, anglaise, allemande, autricbieime, suédoise; elle a été adoptée en France par le Ministère do la guerre et par l’assistance j)ublique à Paris.

HOPITAUX BARAQUÉS (Ho

La baraque Docker, construite par Christoph et Unmack, de Copenhague, se compose d’un plancher en bois sim'devé au-dessus du sol et de panneaux de 1 in. de large qui foianent, par leur assemblage, les parois et le toit. Ces panneaux sont formés de cadres en bois de 0 m. 025 d’épaisseur, revêtus, sur leurs deux faces, de feuilles d’un carton-feutre spécial, sur lequel est collée de la toile; entre les deux feuilles de chaque panneau, il existe un matelas d’air de 0 m. 02 environ d’épaisseur, destiné à protéger la baraque contre les variations brusques de la température extérieure. La paroi externe est rendue imperméable et la paroi interne incombustible (imprégnation au sulfate d’ammoniaque, puis badigeonnage au silicate de potasse). La face externe est généralement peinte en jaune et la face interne en vert clair.

Dans l’ancien modèle, le plancher de la baraque était indépendant et représentait un poids de 1 450 kilogr. ; d’autre part, les caisses qui servaient à l’emballage des panneaux étaient sans emploi, une fois que la baraque était montée, et elles disparaissaient souvent. On a modifié très heureusement la baraque, en utilisant les caisses d’emballage des panneaux, pour former le plancher.

On construit des caisses dont les deux moitiés superposées forment une espèce de coffre dans lequel sont enfermés, pendant le transport de la baraque, les panneaux des murs et de la toiture. Au moment du montage, on forme avec ces moitiés de caisses, en les rangeant les unes à côté des autres, le soubassement et en même temps le plancher. Chaque moitié de caisse porte sur la surface intérieure d’une de ses parois transversales ou longitudinales, un ou trois supports verticaux qui maintiennent les couvercles des caisses à une certaine distance l’un de l’autre et qui, lorsqu’on met le jilancber en place, sont transformés en pieds portant le soubassement. Les couvercles des caisses formant plancher, s’engagent les uns dans les autres au moyen de rainures et de languettes. Le l)ord libre du plancher ainsi constitué, présente sur tout le pourtour une feuillure dans laquelle on place les panneaux formant mur.

Les côtés des moitiés de caisses sont en bois d’une épaisseui’ d’environ 0 m. 032; le plateau de couvercle, ([ui sert de plancher, a une épaisseur d’environ 0 m. 025.

La longueur des caisses correspond à celle des panneaux des murs et de la toiture, qui doivent y être placés.

A l’intérieur de chaque moitié de caisse sont placées des traverses que l’on couche horizontalement au moment d’emballer la

l)araque et que l’on dresse de champ au moment du montaf'C, alin de consolider le plancher.

Lorsque le soubassement a été monté, le niveau du plancher se trouve à 0 m. 25 au-dessus du sol ; on y accède par un petit escalier.

Avant de procéder au montage du soubassement, il faut commencer par niveler le terrain. Le montage des panneaux n’est possible que si le plancher est parfaitement horizonlal, une disposition très simple permet d’ailleurs d’allonger ou de raccourci iles pieds sur lesquels repose le soubassement.

Les panneaux sont reliés les uns aux autres à l’aide de crocliets et d’encoches. L’ensemble de la baraque est consolidé à l’aide de

Fip. 169. — Baratiuo Dückor. (Grand modèle adopté dans l'armée française.)

fermes qui se composent chacune de deux arbalétriers et de quatre montants.

Chaque pignon est percé d’une porte au-dessus de laquelle se trouve une imposte (fig. 1()9).

A la partie supérieure du toit se trouvent deux ou trois lanterneaux.

Dans les baraques Docker primitives, il n’y avait pas de grandes fenêtres sur les faces latérales, Jmais seulement une série d’im])osles danstouteja longueur de la baraque, ce qui pétait assez triste lorsque le froid ou le mauvais temps empêchaient de soulever quebpies-uns des panneaux, comme cela est indiqué dans la ligure 1(19.

Dans les derniers tyjies de baraques (fig. 170), de grandes fenêtres de 1 m. de liant sur 0 m. (10 'de large sonl 'ménagées survies deux grands cotés. Ces fenêtres opposées sont au-nombre de ciu(| sur chaque façade dans les baraques de 15 m. de long.

Le chaulTage se fait facilement à l’aide de jioêlcs installés à peu [)rès comme’dans les baraques américaines.

HOPITAUX BARAQUÉS (il 7

Les deux faces des |»anncaux peuvonl être lessivées et lavées avec des solutions désinfectantes.

La longueur ordinaire des liarafiues est de 15 in. Dans celte fixation de la longueur à donner à la baraque, ou a tenu compte du chargement et de l’ex[)édition par voie de fer. On peut placer, sur un wagon plate-fornn^ ou dans un grand wagon à marchandises fermé, deux baraques de la longueur d(' 15 m.; si l’on donnail plus de longueur à la conslruction, il faudrait logei' une partie de la deuxième baraque dans un autre wagon, ce qui présenterait des inconvénients.

ig. 170. — Baraque Dücker avec vclum ou Sonnensegol. A, Vue perspective de la baraque. —

B, Coupe transversale.

La baraque mobile grande, adoptée en France |iar le ministère de la guerre, mesure 15 m. de long sur 5 m. de large et 5 m. de hauteur totale au faîte. File cube 21)5"’^ et peut contenir 1(» lits d’büpital, ce qui donne environ IT"^ d’air |>ar malade.

Un seul poêle suffît |iour la cliaulTer.

Le matériel qui constitue cette bara(|ue est renfermé dans 12 caisses et 1 sac pour les vis et les boulons. IjO tout forme un volume de 15'"’ et uii jioids d’environ 5 GOO kilogr.

Pour dresser la baraque, il faut au moins six hommes; une journée environ est nécessaire

1. Une inslniclion <1 été rédigée par In direction dn service de santé jutiir le dressage de la baraque Docker.

Dans les pays cliamls on étend, au-dessus de la baraque, un vélum comme cela est indiqué dans la figure 170.

Dans les baraques de l’ancien modèle, la porte des cabinets d’aisances s’ouvrait directement dans la salle des malades, et il n’était pas possible d’empôcber l’odeur des cabinets d’y pénétrer'. La disposition suivante, adoptée pour les nouveaux modèles, remédie en partie à cet inconvénient. En sortant de la baraque, on arrive par une porte qui ouvre vers le dehors, dans un vestibule, et on est obligé de refermer cette porte avant de pouvoir pénétrer dans les cabinets. Le vestibule est ouvert largement sur les côtés: en hiver, il est garni de rideaux pour protéger, contre les intempéries, les malades qui sortent de la salle chauffée.

La baraque Docker est, comme on voit, très ingénieusement agencée et elle répond très bien au but qu’il fallait atteindre. On peut lui reprocher seulement de n’être pas très solide et de ne pas protéger suffisamment les malades contre les variations de température et en particulier contre la chaleur, la mince couche d’air qui est emprisonnée entre les panneaux ne formant pas une couche isolante d’une épaisseur suffisante.

La baraque américaine Ducker présente une grande analogie avec la baraque Docker. Elle se compose d’un plancher en bois et de panneaux de bois qui se replient deux par deux au moyen de charnières. Ces panneaux sont garnis d’une double paroi de carton cuir (composition de cuir et de jute de l’Inde). Dans chaque double section sont placés un lit-bi’ancard en fer, une table et une chaise articulées. Aux deux extrémités de petites annexes servent à l’in.stallation de l’appareil de chauffage et des latrines.

Pour protéger la baraque contre la chaleur, on étend un vélum en toile à voile au-dessus.

Cette baraque est légère, facile à monter, mais sa solidité laisse à désirer, du moins au point de vue de son utilisation dans l’armée.

]ja baraque transportable Tallet se compose d’une ossature en fer et de panneaux en bois et zinc formant une double paroi.

L’ossature est constituée par : 1" un cadre inférieur ou semelle, qui s’applique sur le sol; 2“ des formes métalliques qui viennent s’articuler sur la semelle et qui, mises en place, ont la forme ogivale caractéristique des constructions Tollet.

Les plus grands des panneaux qui servent à remplir les vides existant entre les fermes métalliques mesurent 1 m. sur l m. HO; cliaquo panneau [>èse Ib kilogr. environ.

Il existe une double paroi avec un matelas d’air do 0 m. 08

HOPITAUX BARAQUÉS G 19

(répaissciir. Les panneaux extérieurs en bois sont fïarnis, du côté extérieur, de feuilles de zinc, et du côté intérieur, d’une feuille de papier goudronné qni préserve le bois de riuimidité. Le côté interne des panneaux intérieurs est doulilé de tôle vernie.

Les panneaux se fixent, les uns à l’intérieur de l’ossature en fei-, les autres à l’extérieur; ils sont reliés entre eux par des boulons munis d’écrous.

Huit de ces panneaux sont disposés pour l’éclairage et peuvent recevoir des vitres; pour faciliter le transport, les vitres sont remplacées par des toiles rendues transparentes (toiles huilées).

Au faîtage, une longue fente de 0 m. 22 de large, en communication directe avec l’air extérieur, assure la ventilation; sur cette fente vient se boulonner un chapeau en bois. De plus, quatre panneaux pleins peuvent être soulevés quand le temps le permet.

Le plancher est formé de lambourdes de 0 m. 11 de large, qui se placent à 0 m. 11 au-dessus du sol.

La longueur de la baraque est de 15 m., sa largeur de 6 m., sa hauteur sous faîtage, de 3 m. 80. Le cube d’air est de 187“^ soit, pour 12 lits, lo"*®, 50 environ.

Chaque baraque contient une salle centrale avec, aux extrémités, deux petits cabinets séparés de la salle centrale par des rideaux que l’on ouvre ou que l’on ferme à volonté.

La baraque Tollet est solide et la ventilation s’y fait bien, mais elle est lourde et d’un jirix élevé. Le prix d’une baraque de 12 lits est de 9 000 fr. et le poids est de 6 500 kilogr., alors qu’une baraque Docker de 16 lits ne pèse que 3 600 kilogr., et ne coûte que 4 000 fr.

Baraque Espüalier. — La baraque démontable du commandant du génie Espitalier (tig. 171, A) est construite avec des panneaux en bois recouverts de carton comprimé et durci. Le plancher luimême est formé de panneaux recouverts de ce carton spécial d’une épaisseur de 0 m. 006. Les panneaux formant les parois mesurent 3 m. de hauteur et 1 m. 60 de large, mais, pour le transport, on peut les réduire à une largeur de 0 m. 80. Leur épaisseur est de Oui. 10. Chacun de ces panneaux creux se compose d’un châssis en bois ou en carton recouvert sui- ses deux faces par des feuilles de carton de 0 m. 004 d’épaisseur. Les châssis s’emboîtent par la tranche (]ui jirésente, pour chaque châssis, d’un côté une rainure, et de l’autre une saillie. Des agrafes ({ui s’engagent dans des pitons servent à relier entre eux les panneaux.

I.ia toilui’c est formée d’éléments analogues réunis deux par deux, à l’aide de charnières, au faîtage. Ces (lanneaux de toiture se

ro|)lient l’un sur l’aulre pour le transport; l’élément double ne pèse pas plus de 40 kilogr. La toiture pose simplement sur les parois, elle est retenue par une équerre, en même temps que par un tirant en corde métallique.

Tl existe une porte à chaque pignon, les fenêtres mesurc'nt 0 m. 90 de large sur 1 m. 50 de haut.

De nombreux orifices sont percés dans le plafond à sa jonction uA'ec la paroi; l’air Aucié s’échappe par une rainure qui existe dans toute la longueur du faîtage et qui est protégée contre la pluie par la tuile faîtière, suréleA'iée de quelques centimètres, l^enclant l’été, réchauffement de la couche d’air qui se trompe dans la toiture détermine un appel énergique. La figure 171 B représente les

Fig. 171. — Baraque Espitalior. A, A'^uo iiorspoctive montrant un. grand côté et un petit cûtd de la baraque. — B, Coupe jiartielle du toit. Los flèches indiquent la direction du courant de l'air vicié.

détails du toit de la baraque et montre comment l’air AÛcié s’échappe au dehors.

Le type principal de baraque Espitalier mesure 22 m. 80 de long sur 6 m. 70 de large, aA^ec 3 m. de hauteur de muraille et 4 m. sous le faîtage. Cette baraque peut receAmir 24 grands lits d’hôpital, ce qui donne par malade, 5“% 35 de surface elfectiA'e et 19'"^ d’air. Entre chaque lit, dans chaque rangée, l’intervalle est de 0 m. 85 et la largeur du corridor central est de 2 m. 50, quand la tête des lits touche la [laroi.

La baraque contient deux salles de 12 lits, le centre est occupé par un A^estibule de 3 m. GO sur 4 m. 40 et par deux cabinets de 1 m. GO lie large sur 2 m. GO de long.

I^e })oids de cette baraque est G 000 kilogr. environ; l’ensemble de ses matériaux cube GO m. Le tout s’emjiile sur deux AA’agons plates-formes quelcon(|ues ou peut être transporté par 4 à 5 voitures à raison de 1 200 à 1 500 kilogr. par véhicule, l^e prix est de 8000 fr., soit 375 fr. par lit.

Douze hommes sont nécessaires [lour le montage.

HOPITAUX ÜAIUQUÉS

Nous cmpruiilons au journal la Médecine moderne (u" du 2 fôvricr 189o) la description d’une baraque Es])ilalier-Werbliri, cpii a été employée au Dahomey et à Madagascar.

Pour clia(jue baraque ou pavillon, la charpente en tubes de 1er est composée d’un certain nombre de fermes identiques; cbacune il’elles est constituée par deux montants formant colonnes, (ui ra|)port à leur partie supérieure avec des arbalétriers (tubes en feide 0 m. 040) assemblés au faîtage par des manebons et dont l’autre extrémité re[)Ose sur une deuxième rangée de colonnettes extérieures qui délimiteront la véranda ; deux autres tubes formant tirant, assemblés sur la colonne-support à 0 m. 70 au-dessous de son sommet, réunissent le faîtage et ces colonnettes. Les fermes sont assemblées entre elles par deux pannes placées symétriquement au faîtage et tout près de lui et par des liaisons établies entre les tètes des colonnes intérieures et extérieures. Des feuilles de tôle galvanisée, boulonnées les unes aux autres et placées immédiatement sur les arbalétriers, forment la toiture.

Les plafonds séparés de la toiture par un intervalle de 0 m. 70 reposent sur les tirants ; les planchers, appuyés sur des traverses, posées elles-mêmes sur des béquilles en fer élevées de 0 m. 90 et adossées à la partie inférieure des montants, sont formés par des panneaux en bois ou des dalles en aggloméré montées sui‘ armature métallique; les murailles extéiieures, les j>arois des chambres, simples ou doubles avec matelas d’air, sont constituées, soit par ces panneaux en aggloméré, engagés eux-mêmes dans des montants en fer ou en bois, soit plus simplement par des treillages en fer garnis d’une sorte de feutrage imputrescible (libres de coco) Lmployés j)lus spécialement pour les baraquements-ambulances, ces treillages sont llexiblcs et peuvent être détaillés aux ciseaux, tixés ou cloués aux montants comme de véritables tapisseries.

La bara(iue dit /f Olive se compose de cadres de bois démonlal)les garnis d’un mince treillis en til de fer qui su[)porte une pla(|ue <le gélatine durcie au biebromate; cette enveloppe est doublée en toile pour la toiture, en feutre ou en paj)ier pour les j)ai’ois. L(‘ plancher est construit à l’aide des caisses (|ui sei’vent au transport des panneaux.

T^e poids d’une bara(|uc de 10 lits est de 1 bOO kilogr. l'épartis |)Our le transport on deux caisses de 750 kilogr. cba(|ue. Le |)rix est do 5 000 frai.cs.

La baraque du 1)'’ Olive est légère et peu coûteuse, mais elle n’a pas les (jualités de résistance nécessaires.

Les baraques Iransportables peuvent éviclemineni rendre de grands services, mais il ne faut (las se faire d’illusions sur la portée de ces services; en temps de guerre on peut prévoir que les baraques Docker seront bien vite insuffisantes et qu’il ne sera pas facile de les transporter sur les points où l’on en aura le plus besoin. Malgré l’adoption des baraques transportables il faudra donc souvent recourir encore aux baraques fixes qui, d’ailleurs, peuvent être construites rapidement, si un plan arrêté à l’avance permet de procéder à cette construction sans tâtonnements.

Des baraques fixes bien constrnites sont plus spacieuses et plus confortables que les baraques mobiles qui nécessairement ne peuvent pas fournir le même cube d’air et qui protègent moins bien contre le froid et la clialenr. 11 est à craindre aussi que les baraques démontables ne résistent pas à des montages et démontages multipliés; il suffit d’une pièce perdue ou détériorée pour mettre hors d’usage le jeu de patience que constitue la baraque démontable.

En temps de paix, les baraques transportables ne doivent être utilisées que d’une façon accidentelle et temporaire, en cas d’épidémie, par exemple, lorsqu’un hôpital devient insuffisant, ou bien lorsqu’il s’agit d’isoler des contagieux et que les locaux de l’hôpital ne se prêtent pas à cet isolement.

En temps de guerre, les baraques transportables pourront être utilisées pour l’hospitalisation des contagieux, pour les infirmeries de gares, pendant les sièges par les armées assiégeantes ou assiégées; pour le service aux armées, la baraque se trouve en concurrence avec la tente dont nous avons maintenant à nous occuper.

III. Hôpitaux sous tentes. — On pourrait croire, a priori, que la tente n’abrite pas suffisamment les malades et les blessés contre les intempéries. Il n’en est rien; on peut chauffer les tentes et y conserver des blessés et des malades pendant les hivers les plus rigoureux.

Pendant la campagne de Crimée, et sur les conseils de Michel Lévy, on utilisa fréquemment les tentes pour y soigner les malades atteints de typhus ou de choléra.

Une expérience très probante a été faite à Paris, pendant la guerre 1870-71, à l’ambulance américaine de l’avenue du Pois de Poulogne. Nous laissons la parole à Ch. Sarazin, qui avait visite

HOPITAUX SOUS TENTES

souvent cette ainlnilance et (jui avait constaté les lions eflcls de rinstallation sous tentes

« En plein Paris, écrit Sarazin, les Américains se sont mis volontairement dans les conditions les plus difficiles de la chirurgie d’armée. Ils se sont établis sous la tente et ils y sont restés jusqu’à la tin du siège, malgré les froids les plus ligoureux.

« Une de leurs tentes était ronde, cylindro-conique, haute et spacieuse, contenant une douzaine de lits; elle était chauffée par un petit poêle en fonte. Les trois autres étaient longues, de la forme et de la dimension de celles que nous avons recommandées ])lus haut; elles pouvaient contenir chacune de 20 à 30 lits. Ces tentes étaient poui'vues d’un plancher; la toile do leur toiture était double, et le système de calorifère, que nous avons déjà décrit, installé ])Our les tentes longues par le docteur Crâne, y entretenait jour et nuit, par les froids les plus rigoureux, une lempératuro très suffisante. Grâce à V aération de la filtration de l’air à travers la toile, il n’y eut jamais d’odeur sous les tentes. Les lits cependant y étaient })lus serrés (ju’on ne pourrait le tolérer dans une salle d’hôpital. Le cube d’air et la surface accordés à chaque malade étaient minimes, et cependant il n’en résulta aucun accident. Nulle part, pendant le siège, la chirurgie n’a été plus heureuse. De temps en temps on profitait d’un moment favorable, on vidait une des tentes et on la nettoyait à fond.

« Plusieurs baraques avaient été élevées au voisinage des tentes; elles servirent surtout à l’administration. On n’y mit des blessés (jue lorsque les tentes furent momentanément insuffisantes.

« L’ambulance, ou plutôt l’hôpital sous tentes des Américains, ne compta pas plus de tOO lits. Il coûta environ 1.3 000 francs d’in.stallation, ce qui fait jiar lit 150 francs; mais le docteur Ci'ane fait remarquer que l’insuffisance du nombre des tentes a augmenté beaucoup la dépense, et que le prix réel du lit sons tente n’a jias dépassé 100 francs.

« Nous accordons à cet établissement une importance tout à fait capitale, moins ])Our les services qu’il a rendus el qui sont du reste considérables, que pour les vérités im|)ortantes (ju’il nous a fait toucher du doigt. 11 a démontré, en effet, que des tentes bien

l. Cil. Saha/i.n, Arl,. HApital, toc. cil. — Lekoht, Des liApilaiix sons lentes. Gaz. Iiebdom., 1869. — Du aiêmk, La cliinirgie militaire eL les sociétés di* secours, l*aris, 1872. — Cii. Jolv, L’anibiilance américaine, Ann. d'/inf/. /nihl.. ■>’' série. I. XXXV, p. 288. — Düciiaussoy, Tentes el baraques. Communie, an Congrès internat, de Londres, 1891. — Grossiieim, Des lentes, Deul. inilil. Zeil.ichr., 189-i, P- 3So. Anal, de Longuet in Arch. de méd. milü., 1893, t. XXVI, p. loti.

installées l’ormeiit un abri excellent pour les malades et les blessés, môme en biver; qu’il est facile de les cbauHer et de leur assurer toutes les conditions hygiéniques désirables. Désormais lamobiiisalion des hôpitaux lemj)oraires est un problème résolu. Léon Lejort, mieux que personne, a fait ressortir toute son importance. » (Art. Hôpital, m Nouv. Diction, de méd. et de chir., p. 726.)'

Pendant la guerre russo-turque des poêles primitifs ont sufli pour chautïer les tentes par les températures extérieures les |)lus rigoureuses. (Pirogoff.)

Nous avons constaté à plusieurs reprises, pour notre part, qu’il n’y a pas d’inconvénients à laisser des malades sous la tente en biver, à condition que les tentes soient bien construites et cbauf- | fées.

Les tentes destinées à loger des malades ou des blessés doivent remplir les conditions suivantes :

1" Elles seront assez grandes jiour (ju’on [luisse y mettre des lits et pour qu’on puisse circuler facilement autour des malades ou des blessés ‘.

2“ Les tentes fourniront un cube d’air de 12'“^ au moins par homme, la ventilation sera assurée, alors même que les portes et fenêtres seront fermées, l’éclairage sera suffisant pour qu’on puisse examiner un malade et se rendre compte de l’état d’une plaie.

3° La tente sera à double paroi, avec matelas d’air intermédiaire, alîn de protéger les malades contre la chaleur et contre le froid; elle pourra être chauffée en hiver.

La tem[)érature devient rapidement intolérable sous les tentes à simple paroi <]ui sont exposées au soleil de l’été. En Tunisie et en Algérie, on a essayé queb[uefois de se servir des grandes tentes, i dites d’administration, pour y abriter des malades, on a toujours , constaté (jue la chaleur était insupportable sous ces tentes et que i la ventilation s’y faisait très mal. Les tentes à sinqile paroi soni, ^

par contre, très froides en biver et très difficiles à idiauffer; on fm

peut donc, lorsqu’il s’agit de tentes d’ambulance, éliminer a priori 'j' toutes les tentes (|ui ne sont pas à double paroi.

4“ Enfin la tente doit être très stable, en état de résister aux pins v

1. PendanL le siège de .Mcl/, on avail éLé obligé d’inslaller sur l’Esplanade une ambulance sous des lenles coniques; les malades cLaienl couchés sur des paillasses (pii s’infecLèrenL rapidemeul, ainsi (pic le sol; le cube d’air et la ventilation claient tout il fait insufllsants; eurm, pour soigner les malades ou ]Kinser les blessés, il fallait prendre des positions très incommodes. Une pareille inslallalion est évidemment 1res mauvaise.

HOPITAUX SOUS TENTES

i-raiids vents; il no faut pas s’cx[)oser à voir les tentes s’abattre sur les malades ou les blessés ({ui s’y trouvent logés.

h-A grande tente Tallet, ado[)téo en France (fig. 172), se compose d’une charpente métallique et d’une double envelo|)pe, l’une extérieure en toile, l’autre intérieure en coton. Entre ces deux enveloppes se trouve un matelas d’air pour jiréserver l’intérieur du froid ou de la chaleur.

I..a charpente métallique est formée de sej)t fermes de forme ogivale, d’une semelle, de quatre demi-fermes formant éperons.

Fig-. 17-2. — I. Grande tonte Tollet. Dans la partie A les cnveloi)pos sont en place. C, Fenêtre garnie do toile-canevas avec volet. Dans la partie B les enveloppes do la tente ont été supprimées pour permettre de voir l'ossature métallicpio et l'intérieur de la tente. — D, Poêle. — E, Coude métallique empOcliant le contact du tuyau de fumée avec la toile. — II. Coupe transversale de la tente Tollet. — a. a. Toile extérieure. — b. b. Enveloppe intérieure; dans l'intervalle des deux enveloppes on voit une ferme métallique. — c, Toile-canevas qui se trouve à la partie supérieure des pignons.

et d’entrotoises ; le tout est surmonté d’un faîtage eu bois qui forme également entretoise.

d'outes les jiièces de la charpente sont reliées par des é([uerres ou des })la((ues d’assemblage maintenues par des boulons et rendues solidaires, de telle sorte qu’une pression exercée sur un point (|uelconque se laqiarlit sur tout l’ensemble.

L’enveloppe extérieure est en toile im[)erméal)le, dite trois lils; elle repose directement sur le faîtage et sur les fermes; les fers étant peints à l’huile, il n’y a pas à craindre la rouille.

Cette envelop[ie n’est retenue par aucun pi<{uet; au-dessus de la toile à pourrir, |dacée à la partie inférieure en contact avec la terre, se trouvent des bouts do corde dits r/Meae.s de porcs que l’on passe dans des trous ménagés dans la semelle; ces (pieues do porcs ■sont retenues intérieurement par les bâtons de tente prévus poui'

Laveran, Hyg. milit. 40

former une véranda. L’cnvelopjjo ainsi fixée ne peut pas être arrachée par le vent.

]ja toile qui recouvre la partie centrale de la tente est reliée aux extrémités, avec la toile des croiqxis, par îles cordes passant dans des anneaux; au sommet du pignon, le faîtage en bois est disposé de façon à ce que l’enveloi [)e laisse toujours l’intérieur de la tente en communication avec l’air extérieur; les ouvertures situées à la partie supérieure des pignons sont garnies de toile-caneA^as.

De chaque côté du faîtage, dans le haut de l’enveloppe, se trouvent quatre grandes ouvertures garnies de toile-canevas. Ces ouvertures se ferment à volonté au moyen do volets en toile.

L’enveloppe intérieure est en coton rendu non inflammahle; elle est munie do huit ouvertures qui correspondent à celles de la toile extérieure; ces ouvertures sont aussi garnies de toile-canevas et d’un volet qu’on rabat à volonté. Cette eiiA'eloppo se fixe aux fermes au moyen de crochets que l’on place dans des trous percés à cet efl’et dans l’aile du fer. Une corde qui passe dans ces crochets et dans des anneaux fixés à la toile permet d’augmenter ou de diminuer à volonté le matelas d’air ijui existe entre les deux enveloppes. On peut ainsi éviter que les deux enveloppes se metteni en contact, à la suite des variations que l’état hygrométrique de l’air fait subir à la tension de la toile.

La ventilation est assurée, en tout temps, par les ouvertures des pignons garnies de toile-canevas et par la fente longitudinale du faîtage. On peut, lorsqu’il fait beau, former d’un côté ou des deux côtés de la tente, de larges vérandas en relevant la toile extérieure dont les côtés longitudinaux viennent reposer sur des bâtons de tente ; on relève ensuite l’enveloppe intérieure à la hauteur nécessaire; les malades se trouvent ainsi à l’air libre, protégés seulement par la partie supérieure de la toile formant toiture.

En hiver, môme dans le cas de fermeture de toutes les fenêtres, la ventilation reste assurée par les deux ouvertures du faîle des pignons, et par le courant d’air qui s’étahlil entre les deux enveloppes des coudes des tuyaux des poêles (E, fig. 172).

La tente d’hôpital adoptée en France mesure 15 m. de long, 5 m. de large et 5 m. de hauteur totale. Le euhe d’air est d’environ 200"'^ ce qui, pour IG lits, donne environ ll"‘’,5ü par malade.

Le chauffage se fait aisément, à l’aide d’un poêle dont le tuyau passe dans une ouverture du faîtage du [lignon. Le tuyau n’est en contact avec les toiles que sur un seul point, et pour éviler le danger qui [louri’ait en résulter, on a [tlacé au point de contact un ,fli

HOPITAUX SOUS TENTES

couilo on t(Mc à deux enveloppes, avec un inalolas d’air intermédiaire. Par suite du courant d’air ijui s’établit et qui est activé par la chaleur de la fumée, l’enveloppe extérieure du coude qui se trouve seule en contact avec la toile n’est jamais échauflee de façon à détériorer la toile.

Latente est dressée sur le sol simplement tassé et sablé, ou bien on installe un plancher avec des panneaux qui reposent sur des lambourdes ou avec des [ilanches que l’on cloue ou (jue l’on visse sur ces lambourdes. Le plancher est isolé du sol par les lambourdes et comme l’air circule entre les lambourdes, aucune humidité n’est à craindre.

On peut utiliser toute la surface de la tente pour y mettre des lits, ou séparer à l’aide de rideaux de coton les deux croupes, de la partie centrale. La première de ces dispositions est bien préférable.

Les latrines doivent être installées dans un petit réduit g’arni de toile, à proximité des tenhïs.

Le montag'e de latente Tollet est facile; les instruments nécessaires à cet effet n’ont rien de spécial; ils se composent d’un marteau, d’un maillet, de clés à écrou et de broches.

Quatre échelles simples formant deux échelles doubles, et deux pliants en bois solides, utiles au montage, sont fournis avec chaque ambulance. Quand le montage est terminé, les échelles sont placées à l’intérieur et forment tablettes (fig. 172). Les pliants servent de siège.

Le prix de la tente Tollet d’hùpital est de 3 000 fr. sans le plancber.

Cette tente, très souvent mise en expérience dans ces dernières années, a toujours donné des résultats favorables ; elle est solide, elle résiste aux vents les [)lus violents, elle protège bien contre le froid et contre la chaleur, et se chauffe facilement, en un mot elle remplit toutes les conditions énumérées ci-ilessus. Lorsque la tente est restée longtem[>s en place, la toile pourrit à la partie inférieure, mais on peut la réparer et en tous cas l’ossature métallique ne s’altère [las; d’ailleurs les tentes, comme les baraques démontables, ne doivent servir qu’à une liospitalisation temporaire.

A l’aide des tentes Tollet, on peut organiser en quarante-huit heures un hôpital complet.

Pour 100 malades il faut huit grandes lentes, plus (pielques tentes pour les services généraux ou accessoires; le prix du lit dans un hô[)ilal ainsi organisé n’atteindrait jias 1 OIJO francs.

HYGIENE MILIÏAinE

La peiife tenle Tollel dite tente cV mnbxdcmce ii’csl pas destinée à l’hospitalisation des malades; elle avait été adoptée en France pour servir de salle d’opérations dans les ainhulances.

Cette tente se compose, comme la grande lente, d’une ossature en fer qui supporte la loilc. L’ossature est constituée ]>ar une semelle articulée formant le cadre de la tonte et par huit demifermes assemblées quatre par quatre au faîtage, au moyen d’un boulon à écrou qui est à demeure, et que l’on serre quand le pied des fermes est fixé sur la semelle. Le faîtage en bois est maintenu dans deux fourches faisant corps avec les boulons d’assemblage des fermes. Des eniretoises en fer creux réunissent les fermes et les consolident.

La toile est simple, on l’étend facilement par-dessus l’ossature métallique ; elle est maintenue dans le bas à l’aide d’une corde sans piquets. Les ouvertures (|ui existent aux pignons et sur les côtés sont garnies d’une toile-canevas avec un volet de toile qui peut se fermer en cas de pluie. L’éclairage est obtenu à l’aide d’un lé de toile huilée, transparente.

La tente mesure G m. de long sur 4 de large, et 2 m. 3G de haut; démontée pour le transport, elle forme trois liallots qui pèsent ensemble 115 kilogr.

Dans ce modèle de tente la solidité a été trop sacrifiée à la légèreté; les différentes pièces métalliques de l’ossature se faussent ou se cassent rapidement.

La tente Torioise, qui a été adoptée dans l’armée française jiour

Fig. 173. — Tonto Tortoiso. ^ I

remiilacer la petite tenle Tollet, est portée par un fourgon onli- »i naire d’ambulance dont elle l'emplace la bâche. En marche la^ '-'l! partie supérieure de la toile est roulée et contenue dans deux / fausses ridelles appliquées sur les cotés ilu fourgon.

Le montage se fait très rapidement : on déroule la toile et on la , «I

HOPITAUX SOUS TENTES

tend autour du fourgon à l’aide de IG hâtons de lentes el de petits |)i(juets (lig\ 17d).

Cette tente peut donner aliri à une trentaine de blessés ; son [)oids est de DU kilogr. (Règlement sur le service de santé en campagne. Notice n” '2.)

La tente Tortoise est j)lus solide et plus facile à dresser que la petite tente Tollet, mais elle laisse beaucoup à désirer comme salle d’opérations. Le milieu de la tente est occupé par le fourgon et l’éclairage est tout à fait insuffisant.

La tenle Herbet, également en usage dans l’armée française, se

Fig. 17'i. — Coupe avec vue intérieure de la tente Ilcrbct.

compose : 1“ d’une charpente en fer, 2“ d’une enveloppe exléi'ieure en toile de lin, .‘L d’une enveloppe intérieure en coton (lig. 174).

La charpente en fer est formée : ]>ar un grand cadre de fer on 14 pièces ou semelle qui rejiose sur le sol, par 5 fermes montées sur cette semelle, reliées entre elles pai‘ des pannes et mainlenues droites par des arcs-boutants, entin aux extrémités par deu.x ossatures de tambours à portes.

1 ne grande toile, en une seule pièce, recouvre le dessus et les grands cotés <le la tente; cette toile est percée de 8 fenêtres, 4 de chaque côté, munies de rideaux extérieurs et do gaines pouvant recevoir des châssis vitrés; deux toiles recouvrent les pignons et les lamhours.

L’enveloppe intérieure ou vélum se compose de cinq pièces : une pour chaque jngnon jiercée d’une porte à rideaux; une pour chaque grand coté, percée de fenèlres qui correspondent à celles de l’enveloppe extérieure ; une i)our le faîtage.

L’aération se fait par les fenêtres triangulaires des pignons, qui sont toujours ouvertes, sauf parles mauvais temps, ditrinstruction.

La tente Herbet n" 2 contient 12 lits; le poids total est de 1 255 kilogr. (Instruction sur le montage de la tente d’ambulance dite tente Herbet n“ 2.)

M. le D'' Duchaussoy a décrit ainsi qu’il suit latente d’ambulance exposée par V Association des Dames françaises au Champ de Mars en 1889 (Congrès d’hygiène de Londres 1891) :

Cette tente a des parois doubles qui laissent enti’e elles un intervalle d’un mètre; elle est longue de 18 m. et son ossature en fer plein ou creux, suivant les parties, lui donne à la fois beaucoup de solidité et de légèreté; il n’y a pas de colonnes qui la soutiennent à l’intérieur.

Enti’e les deux toiles il n’existe pas de parquet; le sol de ce couloir a été simplement battu, puis recouvert d’une couche de gravier. Cette disposition permet d’éviter la trépidation que donneraient les pas des gens de service; caria majeure partie du service se fait par ce couloir qui règne tout autour de l’espace occupé par les malades.

La monture en fer permet d’augmenter ou de diminuer la hauteur de la tente, suivant qu’on l’emploie en été ou en hiver, ou suivant les moyens de chaufluge dont on dispose.

Dans les circonstances ordinaires, le plafond se trouve à une hauteur de 4 m. 50 au-dessus du parquet. En hiver chaque mala<le peut avoir 24"’^ d’air, si la tente est ahaissée; en été il a 30“^ si on laisse à la tente toute sa hauteur.

Pendant l’été de 1889, cette tente s’est très bien comportée; malgré les chaleurs des mois de juin et de juillet, la température intérieure y est toujours restée agréable. Ce résultat était dù : à la hauteur de la tente, à la ventilation par le faîte, et à la rési.stance que la couche d’air périphérique, emprisonnée entre les deux toiles, opposait à la chaleur extérieure.

On devait se demander si la tente se comporterait aussi bien pendant les gelées et les tempêtes de l’hiver.

Une expérience intéressante a été faite jiendant l’hiver de 1891 aux environs do Paris : 13 malades et un infirmier ont été mis dans une de ces tentes du 18 janviei’ au 20 mars.

Pondant toute la durée do l’expérience, la temj)érature intérieure s’est maintenue à environ 18" au-dessus de zéro, même (juand la température extérieure est tombée à 11" au-dessous de zéro, comme cela est arrivé le 3 mars.

HOPITAUX SOUS TENTES

L’air coinpi'is entre les deux toiles ne inar([iiait ordinairement <|ue ou 0° au-dessus de zéro, sa température était d’ailleurs assez variable avec la température extérieure.

M. le !)'■ Ducliaussoy ajoute que les résultats du traitement médical ou cbirurirical ont été excellents cliez les malades qui avaient été placés sous cette tente.

L’absence de fenêtres ouvrant à l’extérieur attriste l’intérieur de cette tente et compromet la ventilation.

].,es tentes Watker et Mifinot-Mahon, qui figuraient aussi à l’exposition de 1889, sont notablement inféiâeures à la tente Tollet, au point de vue de la ventilation et de la stabilité, etc. Nous croyons inutile de les décrire.

La grande lente Guilloux, qui figurait à la meme exposition, est simple, son ossature métallique est agencée d’une manière ingénieuse, mais elle est à simple paroi, ce qui la rend inutilisable pour l’hospitalisation de malades ou do blessés.

Des tentes très sim])les peuvent être utilisées en campagne, mais seulement à titre à' abris provisoires pour les blessés ; à la suite des batailles il sera difficile d’abriter les blessés dans les villages à proximité des cham[)S de bataille; on a calculé que le chitTro des blessés pour une armée de lOü OÜU hommes serait d’environ 17 ÜÜO, et ce chitïre, basé sur les moyennes des dernières guerres, sera probablement dépassé par suite des pejd’ectionnements apportés aux armes à feu.

On ne peut pas songer à emporter des tentes pour abriter un aussi ffrand nombre de blessés.

La direction du service de santé au ministère de la guerre, à Derlin, a imaginé d’utiliser les toiles des tentes individuelles pour abriter les blessés. Les brancardiers parcourront le champ de bataille, ramassant les tentes des morts et des blessés, et les rapporteront à l’ambulance où, en se conformant à l’instruction rédigée par la direction, ils [)ourront facilement construire de grandes tentes; pour construire une tente destinée à vingt l)lessés, il suffit d’avoir cinq grandes perches (le train de l’amhulance en a été j)Ourvu) et vingt-deux toiles de tentes; une de ces tentes a figuré à l’exposition du ministère do la guerre piaissien, au dernier Congrès de Rome {Arch. de méd. milil., 1895, t. XXVI, p. 157).

On a essayé en Allemagne do combiner les bara(|ues avec les tentes; les parois des baraques sont remplacées par des toiles qui peuvent se relever.

En 1871, une baraque-tente a été employée à l’ambulance de la

Grancle-Gcrbe (camp baraqué de Saint-Cloud), on n’a pas eu à s’en louer.

Dans les hôpitaux sous tentes, comme dans les bô])itaux baraqués, il est indispensable de coucher les malades dans des lits. Les brancards ne peuvent être utilisés pour cet usage que d’une façon tout à fait temporaire, la toile du brancard se creuse et le malade retombe toujours dans le trou qui se forme au milieu; si le brancard est posé par terre, il arrive même que, [lar suite de l’alï'aissement de la toile, le malade finit par toucher le sol. Enfin il est très difficile d’examiner des malades ou de panser des blessés qui sont couchés dans des brancards jiosés sur le sol.

On peut à la vérité élever les brancards; à cet ellet on fixe solidement le long- (le la paroi de la chambre, et à une hauteur convenable, une pièce de bois sur laquelle vient reposer la partie su|)érieure du brancard, tandis que sa partie inférieure s’appuie sur un trépied construit ad hoc, ou sur des escabeaux qu’il est facile de modifier pour cet usage; mais le brancard, même g-arni d’un matelas, ne peut jamais être considéré que comme un moyen de couchage provisoire.

Lorsqu’il n’est pas possible de se procurer des lits de troupe ou des couchettes en fer, on peut facilement improviser des lits avec des planches. La notice o du règlement sur le service de santé en campagne donne la description d’un bois de lit improvisé.

IV. Sanatoiua des pays ciiALDS. — Daiîs les pays chauds, lorsqu’on est épuisé par la chaleur et par les maladies, l’émigration sur les hauteurs, où l’on respire un air sain et où la chaleur est moins forte que dans la plaine, constitue un excellent moyen de traitement. Il est donc indispensable dans ces climats d’installer sur les hauteurs, toutes les fois que la chose est possible, des hôpitaux ou des dépôts de convalescents.

Depuis longlem[)s les Anglais ont établi aux Indes, sur les contreforts de ri limalaya, des sanaloria dans les(|uels une grande l)artie de la population européenne passe aujourd’hui la mauvaise saison. Chacune des présidences des Indes a ses HiU Stations (stations des hauteurs) dont l’altitude varie de 1 2G0 à 2 GGO m.

Parkes fixe entre I 5C0 et 2100 m. l’altitude lapins favorable pour l’étahlissement des sanatoria.

Une altitude aussi élevée n’est pas indis}tensable.

A la Guadeloupe, le camp Jacob, malgré sa faible élévation

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