‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 80 sur 115 · GG · texte numérisé non relu

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(les orinces qui n’ont pas été spécialement ménagés pour assurer le renouvellement île l’air : ventilation par les murs poreux, par les portes et les fenêtres, et par leurs interstices, par les cheminées qui servent au chauffage et qui ne présentent pas de disposition jiarticulière en vue de la ventilation.

La ventilation est dite artificielle quand elle se fait au moyen d’appareils ou par des orifices qui ont été spécialement disposés pour l’entrée et la sortie de l’air.

Dans la ventilation naturelle et dans la ventilation artificielle les procédés généraux sont les mêmes, et il est bien difficile de dire où finit la ventilation naturelle, où commence la ventilation artificielle.

Une cheminée ordinaire est un excellent appareil de ventilation et elle agit exactement de la même manière que les cheminées construites spécialement pour la ventilation. L’appel produit par l’air chaud ‘ intervient sans cesse dans la ventilation naturelle, comme dans la ventilation artificielle.

Le courant d’air qui passe au-dessus d’une cheminée donne lieu, dans l’intérieur de celle-ci, à une aspiration qui est seulement rendue plus active à l’aide de certains appareils que nous étudierons plus loin.

Le vent qui souffle avec force et qui pénètre à travers tous les interstices d’une maison, agit comme les appareils de ventilation artificielle par pulsion.

I. Ventilation NATURELLE. — Importance de la ventilation naturelle ; mesures à prendre pour la faciliter dans les chambres des casernes et dans les salles des hôpitaux. — On peut déclarer a priori qu’une chambre de caserne ou d’hôpital dans laquelle la ventilation naturelle ne se fait pas dans de très bonnes conditions est malsaine.

La ventilation artificielle ne remédie qu’en partie au défaut de ventilation naturelle, et l’on peut dire également a priori que tout système de ventilation artificielle (|ui tend à supprimer la ventilation naturelle est mauvais.

« On se fait difficilement une idée, écrit Ch. Sarazin, de la quantité d’air qui parcourt une salle dans un temps donné, lorsque les fenêtres sont largement ouvertes. Cette quantité est hors de toute

1. L’air, malgré sa légèreté apparente, est un corps grave qui obéit aux lois de la pesanteur : l"'^ d’air à 0” et sous la pression de 0 m. "G de mercure pèse 1kg. 30. L’air qui s’échaulTe augmente considérablement de volume et devient plus léger; par suite, l’équilibre est rompu entre la colonne d’air chaud et les colonnes d’air voisines plus froides et plus lourdes, et l’air chaud, refoulé, s’élève; aussi toute source de chaleur peut être utilisée pour la ventilation.

proportion avec ce qu’on obtient par les appareils de ventilation les plus puissants. Supposons en effet un courant d’air qui fasse seulement 10 m. à la minute; il est à peine sensible, et c’est tout au plus s’il incline légèrement la flamme d’une bougie. Si ce courant est produit par deux fenêtres opposées, largement ouvertes, ayant 1 m. 5 de large et 3 m. de haut, le cube d’air qu’il introduit par minute dans la salle est égal à 1 m. 5 X 3 X[ 10 = 4S. En une heure, il est égal à 1 m. S X 3 X 10 X 60 = 2 700. Et six fenêtres ouvertes nous donneront 16 200'“® à l’heure. C’est un véritable lavage à grand courant de toute l’atmosphère de la salle ; il laisse loin derrière lui les résultats obtenus avec les appareils ventilateurs. » (Art. Hôpital in Nouv. Diction, de méd. et de chir. pratiques.)

La ventilation qui s’effectue par les parois des habitations est irrégulière, et nous avons vu qu’il est à désirer que les murs des casernes, comme ceux des hôpitaux, soient recouverts d’enduits imperméables, ce qui supprime presque complètement la ventilation par les murs.

La ventilation qui se fait par les portes, par les couloirs et les paliers est mauvaise, parce qu’elle introduit souvent de l’air déjà vicié.

C’est par les fenêtres que se fait presque exclusivement la ventilation naturelle dans une chambre de caserne ou d’hôpital; le nombre, les dimensions et la disposition des fenêtres ont donc une importance considérable.

Les fenêtres doivent être larges, hautes, faciles à ouvrir et à fermer, opposées, afin que l’on puisse établir de larges courants d’air en ouvrant les fenêtres percées sur les deux façades des bâtiments.

Lorsque la hauteur des pièces ne permet pas de faire monter les fenêtres jusqu’à la partie supérieure, il faut établir, au-dessus, des impostes qui permettent le renouvellement des couches d’air supérieures qui sont les plus viciées.

Dans les pièces très hautes, la ventilation se fait souvent mal, les fenêtres n’assurant le renouvellement de l’air qu’à la partie inférieure.

Ch. Sarazin demande que, dans les salles d’hôpital qui ont S m. de haut, on donne aux fenêtres une hauteur moyenne de 4 m. à 4 m. 25, le compartiment supérieur étant formé par un châssis vitré mobile.

La plupart des auteurs estiment qu’une hauteur de 4 m. est suffisante dans les hôpitaux, à plus forte raison dans les chambres de caserne.

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« Au-dessus de 4 m., écrit de Chaumont, le mouvement atmosphérique est faible ou nul, si ce n’est auprès des ventilateurs; l’espace supérieur à cette hauteur est donc de peu d’utilité pour la ventilation. Une hauteur excessive augmente le prix des construc tions, ainsi que la dépense du chauffage, rend les soins de propreté plus difficiles et, dans une certaine mesure, gêne la ventilation. » (Art. IIospiTALS zH Encyclop. britann.)

Nous avons déjà eu l’occasion de dire qu’il était indispensable d’avoir des salles ventilées sur les deux grands cotés des bâtiments (Ch. xiv) ; la différence de température qui existe presque toujours entre les deux cotés, facilite beaucoup le renouvellement de l’air, qui est au contraire très difficile dans les chambres qui n’ont des fenêtres que d’un coté.

Le règlement prescrit d’aérer les chambres de caserne le plus possible ‘ ; malheureusement il y a souvent dans les chambres des hommes que les courants d’air incommodent (malades à la chambre, etc.) et il est rare que l’on puisse établir de larges courants d’air en ouvrant les fenêtres opposées. Ici encore on voit la nécessité d’avoir des chambres de jour et des dortoirs qui seront largement ventilés pendant la journée; on se débarrassera des malades à la chambre en affectant un local particulier à ceux qui pourront se tenir levés et en admettant à l’infirmerie ceux qui doivent rester au lit.

II. Ventilation artificielle. — La ventilation peut être locale ou générale et centrale, c’est-à-dire qu'on peut pourvoir dans un hôpital, par exemple, à la ventilation de chaque salle indépendamment de celle des autres salles, ou bien installer un appareil susceptible d’assurer la ventilation de toutes les salles.

La ventilation centrale ne peut être assurée, dans un grand établissement, que par des procédés coûteux qui ne paraissent pas applicables aux casernes.

A. Ventilation locale. — Pour assurer la ventilation d’une chambre de caserne ou d’hôpital, il faut donner accès à l’air extérieur dans cette chambre et plusieurs problèmes importants se posent : Combien faut-il établir d’orifices de ventilation? A quel

1. « L’air des cliambres doit être constamment renouvelé, le jour au moyen des fenêtres; la nuit au moyen des appareils de ventilation ouverts dans la mesure prescrite.

« Après le lever et lorsque les hommes sont habillés, toutes les fenêtres d’un même côté sont ouvertes. Dès que les hommes sont sortis, les chambres sont aérées le plus possible... » (Régi, du 20 oct. 1892 sur le service inter. Infanterie, S 354.)

endroit faut-il placer ces orifices? Quelle surface doit avoir chacun d’eux? Entin quelle est 1a disposition qu’il faut adopter pour ces orifices?

1° Nombre des orifices. — La ventilation, dit le général Morin {op. cit.), doit avoir pour but principal d’extraire l’air vicié, mais toute extraction d’air impliquant la rentrée de l’air sur d’autres points, on ne doit pas séparer l’étude des dispositions à prendre pour la rentrée de l’air, de celles qui ont pour but son extraction.

Une expérience très simple montre la nécessité d’avoir dans une chambre des orifices d’entrée et de sortie pour l’air. Soit un grand bocal (fig. 182) au fond duquel se trouve une bougie qu’on allume ; bien que l’orifice du bocal soit large, la bougie ne tarde pas à s’éteindre. Fermons maintenant l’orifice supérieur du bocal avec un large bouchon de liège pei’cé de deux trous dans lesquels passent deux tubes de verre A et B, de longueur inégale, et rallumons la bougie; nous constatons qu’elle brûle très bien et qu’elle ne s’éteint plus; si nous venons à fermer avec un bouchon le tube B nous verrons de nouveau la flamme diminuer d’intensité au bout de quelques instants et la bougie

Fig. 182. s’éteindre, si nous ne rouvrons pas à temps le tube qui a été bouché (Joly, Pettenkofer).

11 est donc nécessaire d’avoir, dans les locaux à ventiler, des orifices multiples, destinés à assurer l’entrée et la sortie de l’air.

2“ De la place à donner aux orifices d’entrée et aux orifices de sortie de l'air. — D’après le général Morin, les orifices d’évacuation de l’air devraient être placés le plus près possible des points où l’air s’altère, c’est-à-dire, dans des chambres de caserne, à la tête des lits, et il faudrait les multiplier beaucoup (un au moins pour deux lits). Les orifices d’entrée de l’air devraient être au-dessous du plafond.

Le général Morin fait observer très justement qu’il ne faut pas faire arriver l’air par des orifices placés au niveau du sol, ce qui donne lieu à un courant d’air insupportable dans les jambes des personnes qui occupent le local ainsi ventilé.

La Commission anglaise du casernement avait placé également les orifices d’entrée de l’air à la partie supérieure des chambres.

MM. Pulzeys, Geneste et Herseber ont soutenu au contraire qu’il fallait mettre les orifices de sortie de l’air à la partie supérieure des chambres et les orifices d’entrée à la partie inférieure.

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Nous avons eu déjà l’occasion do dire que, dans ces questions de ventilation, on devait accorder une g-rande importance à l’expérience journalière ; le système de ventilation le meilleur, au iioint de vue théorique, ne rendra aucun service dans la pratique, s’il est gênant pour les personnes qui occupent la pièce ventilée; les orifices d’entrée de l’air seront bien vite obturés et un système de ventilation médiocre qui fonctionne, est préférable, chacun en conviendra, à un système excellent en théorie, mais qui ne fonctionne pas.

L’expérience a démontré de la façon la plus nette que les orifices d’entrée de l’air qui sont placés à la partie inférieure des chambres produisent, sauf par les temps très chauds, un courant d’air froid insupportable. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les nombreuses ventouses qui existent à la partie inférieure des salles de beaucoup d’hôpitaux et de casernes, et qui sont toujours soigneusement fermées.

Le général Morin a donc eu parfaitement raison de dire que les orifices d’entrée de l’air ne devaient pas être placés à la partie inférieure des chambres; il a été moins bien inspiré en demandant que les orifices de sortie soient placés à la hauteur de la tête des lits.

L’air A’icié qui ne serait pas absorbé en totalité par ces orifices s’élèverait jusqu’au plafond pour retomber après s’être refroidi; d’autre part, à moins d’avoir des moyens puissants d’appel ou de propulsion, il est téméraire de fixer à l’air ses portes d’entrée et de sortie. En réalité les courants d’air se renversent souvent et tel orifice qui était destiné à la sortie de l’air, se trouve servir à son introduction. Dans le système du général Morin, quand le courant d’air se renverserait, les hommes couchés recevraient une douche d’air froid sur la tête.

11 importe, dans la ventilation d’une chambre, d’utiliser le mouvement naturel de l’air. Soit une chambre avec une fenêtre ; un homme est couché dans cette chambre (fig. 183). Alors même que

Lavehan, Ilyg. milil. i3

Fig. 183.

la chambre est exactement close, l’air y circule; l’air s’échauffe au contact du dormeur et en se mélangeant aux gaz qui proviennent de l’expiration; ainsi échauffé l’air s’élève jusqu’au plafond; au contraire, la température extérieure étant presque toujours plus basse que la température intérieure, l’air se refroidit au niveau de la fenêtre et retombe, d’où le circuit indiqué par les flèches.

Supposons que, dans la chambre représentée, un orifice de sortie pour l’air vicié existe en a, et un orifice d’entrée en b, à la partie supérieure de la fenêtre, on voit que la circulation naturelle de l’air continuera et facilitera grandement la ventilation; l’air vicié pourra s’échapper et il sera remplacé par de l’air neuf qui tombera à la partie inférieure de la chambre et qui n’arrivera sur le dormeur qu’après s’être mélangé au reste de l’air. La ventilation sera assurée dans de bonnes conditions.

Pour la facilité de la démonstration nous n’avons représenté dans la chambre (fig. 183) qu’un lit et qu’une fenêtre; avec deux rangées de lits et des fenêtres opposées, comme dans une chambre de caserne, les choses se passeront à peu près de la même manière.

Les hygiénistes condamnent d’ordinaire la ventilation qui se fait par des orifices d’entrée et de sortie placés à la partie supérieure (Bertin Sans, op. cit.) ; leurs critiques seraient justifiées si l’air qui pénètre dans une chaml)re, par un orifice de ventilation, allait directement sortir par l’orifice opposé, mais les choses ne se passent pas ainsi, l’air froid du dehors tombe vers la partie inférieure de la chambre et l’air vicié monte vers la partie supérieure.

La ventilation ascendante qui semble préférable, donne dans la pratique de mauvais résultats pour les motifs déjà indiqués; quant à la Amntilation descendante (orifices d’extraction à la partie inférieure), elle est irrationnelle, puisqu’elle contrarie le mouA-ement naturel de l’air, et qu’elle ramènerait sur les personnes placées dans le local à A'^entiler l’air Aucié des couches supérieures.

Ces considérations ne s’appliquent qu’à la A’entilation qui se fai avec l’air pris directement au dehors ; lorsque l’air neuf est chauffé avant d’être introduit dans les chambres, il n’y a pas d’inconA'énients à le faire arriAnr par la partie inférieure.

3“ Dimensions à donner aux orifices d'entrée et de sortie de 1,'air. — D’après le général Morin, pour assurer à chaque homme 40“® d’air par heure, il faut donner aux orifices d’admission et d’éA^acuation une étendue de O^yOüGG par lit (soit un orifice carré de 0 m. 08 de coté environ), en y ajoutant pour l’été des orifices auxiliaires présentant la même section. Si les chambres sont de

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12 hommes, une section de 0“\13 est nécessaire pour évacuer 480'"^ par heure, en supposant la vitesse du courant d’air égale à 1 m. par seconde.

La vitesse du courant d’air est très variable, elle dépend de la force du vent et de la différence des températures intérieure et extérieure; par les temps froids, lorsque cette différence est considérable, l’air du dehors s’engouffre dans les chambres chauffées, de même quand le vent souffle avec force ; par suite, si l’on calcule les dimensions des orifices d’entrée de l’air pour une vitesse de courant d’air de 1 m. par seconde, ces orifices se trouveront trop grands toutes les fois que cette vitesse sera augmentée; l’air froid, introduit en trop grande quantité, deviendra gênant et les orifices seront condamnés. La seule manière d’éviter cet inconvénient est d’avoir des orifices dont les dimensions sont variables, que l’on peut agrandir lorsque le temps est chaud et l’air tranquille, rétrécir quand il fait froid ou que le vent souffle avec force, fermer même presque complètement par les froids très rigoureux et lorsque le vent souffle en tempête.

Tout système de ventilation qui ne permet pas de graduer ainsi l’entrée de l’air est mauvais.

4” De la forme a donner aux orifices d’entrée et de sortie de l’air. Appareils proposés pour garnir ces orifices. — Lorsqu’on dispose de moyens de ventilation assez puissants pour qu’on soit sûr que le courant d’air suivra toujours, dans les locaux ventilés, la même direction, on peut donner des foriT,ies différentes aux orifices d’entrée et de sortie de l’air; dans les chambres de caserne ventilées avec l’air pris directement au dehors , le courant d’air se renverse sans cesse, et il faut se préoccuper surtout d’installer les orifices de ventilation de telle sorte que l’air extérieur, généralement plus froid que l’air intérieur, en pénétrant dans la chambre, n’incommode pas les hommes qui l’occupent.

En plaçant les orifices de ventilation sur les deux grands cotés des bâtiments, on obtient des résultats satisfaisants; l’un des côtés étant presque toujours plus chaud <jue l’autre, il y a appel d air vers le côté le plus chaud.

Les orifices de ventilation peuvent être ménagés au-dessus des fenêtres, au niveau même et à la partie supérieure de celles-ci, ou l)ien dans l’épaisseur des murs.

a. Appareils fixés au niveau des fenêtres. — Ces ajtpareils sont les plus simples et les plus économiques pour les bâtiments déjà construits, aussi est-ce à eux qu’on a le plus souvent recours.

Les vasistas ou vitres mobiles sont très souvent utilisés jiour la ventilation des hôpitaux ou des casernes; ils doivent être installés, autant que possible, au-dessus des fenêtres et non sur les châssis mobiles de celles-ci.

Il n’est pas indifférent qu’un carreau mobile tourne autour d’un axe vertical ou horizontal, autour d’un axe horizontal qui correspond au bord inférieur du carreau ou autour d’un axe médian, etc. Un carreau mobile autour d’un axe vertical produit, lorsqu’il est ouvert, un courant d’air froid qui tombe directement dans la chambre et qui est gênant pour les personnes qui se trouvent audessous ; il en est de même pour un carreau mobile autour de l’axe horizontal médian (fig. 184), cette disposition présente un autre inconvénient : pour que le carreau se ferme, quand on lâche la corde qui le maintenait ouvert, on est obligé de charger, avec une feuille de plomb, la partie inférieure du cadre, et il arrive souvent que le carreau se casse en retombant.

La meilleure disposition consiste à rendre la vitre mobile autour d’un axe horizontal qui correspond à son bord inférieur, comme cela est indiqué dans la figure 18o. Une grande partie de l’air qui pénètre dans la pièce à ventiler est dirigée vers la partie supérieure, mais sur les cotés, de l’air froid tombe directement sur les personnes qui se trouvent à proximité du vasistas ; on évite cet inconvénient en plaçant, de chaque côté du carreau mobile, des feuilles de tôle qui ferment les espaces triangulaires existant entre le châssis et le carreau lorsqu’il est ouvert. On a alors un ventilateur en forme de botte qui dirige le courant d’air tout entier vers la partie supérieure de la chambre, et qu’on peut ouvrir plus ou

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moins suivant les conditions météorologiques; cet appareil, qui est simple et peu coûteux, nous paraît excellent.

D’après la notice sur les casernements types (1889), les châssis de fenêtre des casernes seront munis à l’avenir d’une imposte ouvrant dans toute sa largeur et tournant autour de son bord inférieur, avec dispositif de manœuvre permettant de régler l’ouverture à volonté; on y ajoutera des ventilateurs automatiques ou autres, appliqués le long des murs de refend.

En 1883, on a essayé d’assurer la ventilation dans les chambres des casernes françaises en remplaçant un des carreaux supérieurs de quelques-unes des fenêtres par une toile métallique le procédé se recommandaitpar sa simplicité; la pratique a montré ses inconvénients; lorsque la toile métallique est neuve, elle laisse passer beaucoup d’air et, s’il fait froid, les hommes que le courant d’air incommode s’empressent de coller un papier sur les orifices de ventilation ; si la toile est vieille, elle se rouille, ses mailles se remplissent de poussière, se colmatent, et elle ne laisse plus passer qu’une quantité d’air très faible.

Des médecins russes ont proposé de garnir de feutre les châssis destinés à assurer la ventilation des casernes et des écoles. L’échange des gaz se fait assez bien à travers le feutre et l’air introduit de cette façon ne produit pas de courant froid. L’ouverture close par un morceau de feutre possède, comme puissance de ventilation, le quinzième de celle qu’elle posséderait si elle était ouverte complètement (Medem, Revue de niéd. milit. russe, avril t88o).

On remplace un des carreaux supérieurs de plusieurs fenêtres du local à ventiler par un feutre blanc tendu sur un cadre en bois. L’ouverture extérieure est garnie d’un paravent en tôle, pour abriter le feutre contre la neige et la pluie.

Ce procédé peut rendre des services en campagne; il est facile de remplacer quelques carreaux par des morceaux de feutre ou simplement par des morceaux de couvertures de laine; mais les châssis garnis de feutre ne semblent pas devoir être recommandés pour la ventilation des casernes; le feutre empêche l’accès de la lumière et du soleil, il se salit et, par les temps humides, pluvieux, en admettant même qu’il soit protégé contre la pluie, il laisse difficilement passer l’air, enfin le réglage de la ventilation n’est pas possible.

1. Circulaires ministérielles du 31 mars 1883 et du 12 juillet 1884.

MM. E. ïrélat, Gcneste et Iterscher ont préconisé des vitres perforées à trous coniques ; ces vitres, en verre épais, sont adaplées à la partie supérieure des fenêtres, en remplacement des vitres ordinaires ; la partie évasée des trous coniques est dirigée vers l’intérieur de la chambre. L’air extérieur entre par les orifices les plus étroits, se divise en arrivant à l’orifice le plus large, se dilate, et par

du côté opposé, on agit beaucoup moins sur la flamme de la bougie.

Les vitres perforées à trous coniques doivent être munies de châssis vitrés de recouvrement ; lorsque l’air extérieur est très froid, ou lorsque le vent souffle avec violence, il est en eflét indispensable de pouvoir oblitérer temporairement les vitres qui, dans ces conditions, n’empêchent pas la formation d’un courant d’air gênant.

La vitre perforée à trous coniques, munie d’un châssis vitré de recomTement, constitue un appareil coûteux et assez fragile qui ne peut pas être employé pour la ventilation des casernes, d’autant plus que les orifices des vitres étant très petits, il faudrait installer un grand nombre de ces appareils dans une caserne b

La surface ouverte représentée par une vitre perforée de la dimension des carreaux en usage dans les casernes est seulement de O*""*, 442. La quantité d’air introduite par les temps calmes est très faible.

M. le D‘‘ Castaing a proposé de remplacer quelques-unes des vitres

I. E. TniiLAT, Aérage et chauITagc des habitations. Revue d’hygiène, 1886, p. 471. — E. Wallon, Expér. sur l’aération des locaux scolaires par le verre perforé, Revue dkygiène, 1887, p. 1037. — Discussion à la Soc. de méd. publique, Revue dhygiène, 1888, p. 40.

seuil le courant d’air perd de sa force. La fig. 186 représente une vitre perforée, la coupe a montre la disposition des trous coniques.

au

Fig. 186. — Vitre perforée à trous coniques vue de face et sur la coupe (a).

L’expérience suivante permet d’apprécier l’influence de la forme des trous sur le courant d’air (E. Trélat) : on prend un morceau de vitre perforée à trous coniques et l’on souffle au travers, sur la flamme d’une bougie; lorsqu’on souffle par le côté qui correspond aux orifices évasés des trous coniques, on arrive facilement à éteindre la bougie; en soufflant

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ordinaires, à la partie supérieure des fenêtres, par des vitres parallèles présentant la disposition suivante : Tune des vitres est placée <lans la feuillure extérieure comme les vitres ordinaires, mais avec un vide (fig. 187. B) de 0 m. 04 à la partie inférieure, l’autre vitre est placée dans une feuillure interne avec le même vide à la partie supérieure (A). L’intervalle entre les deux vitres est de 0 m. 01 à 0 m. 02. Sur la coupe les flèches indiquent le trajet que suit l’air pour pénétrer dans la chambre.

Afin de pouvoir nettoyer la face interne des vitres qui se couvre rapi- ~ ^ castaing vue do faco

^ ^ et sur une coupe. troupe

<lement de poussière, on

peut disposer la vitre interne de façon à ce qu’elle soit mobile*, mais cela complique l’appareil et le rend plus fragile.

Une autre modification des vitres Castaing consiste à placer deux vitres comme il est dit plus haut, mais qui ne se recouvrent que sur une bande de 0 m. 05 et qui sont par suite faciles à nettoyer.

En Russie, on utilise souvient d’une manière analogue les doubles fenêtres pour faire pénétrer l’air dans l’intérieur des habitations (Bertin-Sans, cit.).

Les vitres Castaing sont commodes, peu coûteuses, mais elles ne permettent pas de faire varier les dimensions des orifices d’entrée de l’air. Par les temps calmes et lorsque la différence de température est peu considérable entre l’air de la chambre à ventiler et l’air extérieur, la vitre Castaing ne ventile que très jteu; lorsqu’il fait du vent ou par les temps trèsfi'oids, la ventilation devient énergique; l’air qui n’a pas le temps de se réchauffer en [>assant entre les deux vitres produit un courant d’air gênant, ce qui entraîne l’oblitération de l’orifice, on colle une bande de papier sur l’une des fentes et le ventilateur est annihilé.

1. Castaing, Arch. de méd. milit., 1801, t. XVII, p. 142. — Dahdionac, Revue d'hygiène, 1893, p. 20 4. — Note minisl. relative aux appareils à employer pour l’aération ées chambres de troupe, üullelin off. du minisl'ere de la guerre, août 189o (partie réglem.).

Fig. 188. — Vasistas à lames de verre mobiles.

La surface ouverte représentée par une vitre Castaing (vitre oniinaire de caserne) est d’environ

On emploie quelquefois des châssis en fer garnis d’une série de lames de verre qu’un levier articulé permet d’abaisser ou de relever; la figure 188 indique une des dispositions adoptées pour ces vasistas

à valves mobiles; l’appareil est vu du dehors ; l’air qui pénètre entre les lames de verre prend une direction ascendante à la partie moyenne de l’appareil, mais il tombe sur les côtés ; ces appareils, coûteux et fragiles, ne sont pas utilisables pour les casernes.

M. Bour, adjoint du génie, a proposé de remplacer une vitre ordinaire par un châssis portant des lames de verre ou des lames de tôle galvanisée, qui tourillonnent autour d’un axe horizontal et qui sont réunies entre elles à la manière des lames d’une persienne à lames mobiles. Ces lames sont équilibrées de telle sorte qu’au moindre courant d’air provoqué même par l’ouverture d’une porte, elles viennent s’appliquer l’une contre l’autre. Leur inclinaison peut être réglée au moyen d’une ficelle de tirage, de manière à donner à l’air, suivant les saisons, un écoulement plus ou moins rapide. Afin d’empêcher les hommes de toucher à ce tirage, les appareils sont munis d’une tringle de manœuvre commandée par une petite serrure dont la clef serait remise au caporal.

L’appareil est assez coûteux (30 fr. avec des lames en tôle). La direction des lames ne s’oppose pas complètement à la chute d’air froid; enfin l’appareil construit en tôle empêche l’accès de la lumière, et l’appareil en verre paraît fragile.

La section technique du génie a proposé, en 1889, un aérateur qui se compose d’une persienne en zinc à laquelle on donne les dimensions d’une vitre. Les lames fixes de la persienne, inclinées de 60” avec la verticale et espacées de 0 m. 03, sont soudées sur un cadre en zinc qui se fixe aux petits bois de la fenêtre. Un volet en zinc s’applique sur la persienne du côté de la chambre, il est mobile dans deux glissières verticales, sa course ascendante est limitée de façon à laisser découvert, en haut, le dernier intervalle des lames. Cet aérateur a l’inconvénient d’être opaque, de plus le glissement du volet de zinc n’est pas toujours facile.

Le ventilateur de M. Dive, de llam,peut s’adapter aux fenêtres,

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à la place d’un carreau, ou bien dans des trous creusés au travers (les murs ; il se compose d’une planche épaisse de 0 m. 04 à 0 m. Oo^ qui remplace par exemple le tiers ou la moitié d’une vitre (fig. 189), cette planche est percée de canaux cylindriques ou légèrement oA^alaires, qui sont disposés de manière à donner une direction ascendante aux colonnes d’air qui les parcourent pour pénétrer dans le local à ventiler (fig. 189, A, coupe); une plaque de recouvrement en zinc B, facile à faire monter et à faire descendre, permet d’oblitérer à volonté une ou plusieurs rangées de trous; la rangée de trous supérieure ne peut pas être oblitérée, de cette manière la

Coupe

Fig. 189. — Ventilateur Dive vu de face et sur une coupe.

ventilation n’est jamais complètement supprimée. Chacun des orifices du ventilateur mesure environ ce qui, pour un A'entilateur de 50 trous, donne un orifice de 4‘*'"",25.

Le ventilateur Dh'e est solide, peu coûteux, il donne une bonne direction à l’air neuf, et il permet de régler l'entrée de l’air en tenant compte des circonstances météorologiques; il a l’inconvénient, lorsqu’il est appliqué en remjtlacement d’une vitre, d’empêcher l’accès de la lumière, d’autant que le châssis de recouvrement, lorsqu’il est entièrement abaissé, double l’espace ainsi obstrué, b. Appareils qui se fixent dans les murs. — On a proposé de * placer à la partie supérieure des murs, des briques perforées et en particulier des briques perforées à trous coniques. La forme conique diminue un peu la force du courant d’air qui fravauLse les trous de ces briques; mais le réglage de la ventilation ne peut pas i se faire.

Les ventouses percées à la partie inférieure des murs et munies de registres, ne rendent aucun service, pour les motifs déjà indiqués.

En Angleterre, on fait un grand usage dans les casernes de deux appareils qui ont été préconisés par la Commission anglaise du casernement : le ventilateur de Sheringham et la corniche ventilatrice.

Le ventilateur de Sheringham (fîg. 190) consiste en une hoîte de

Fig. 190. — Ventilateur do Sheringham vu do face (A) et sur une coupe (B).

fonte qu’on place dans la paroi de la pièce à ventiler, après avoir perforé cette paroi au-dessous du plafond; une valve a, articulée à son hord inférieur, dirige le courant d’air vers le plafond ; en tirant sur la ficelle qui est garnie d’un poids à son extrémité inférieure, on ferme l’orifice du ventilateur; lorsqu’on veut l’ouvrir, on soulève simplement le poids placé à l’extrémité de la ficelle, la valve retombe en avant, grâce à la pression d’une plaque de fonte à, et le ventilateur s’ouvre.

Le ventilateur doit être monté bien di’oit, sans quoi la valve antérieure ne retombe pas facilement.

La corniche préconisée par la Commission anglaise, pour servir

Fig. 191. — Corniche vontilatricc. A, Corniche vue d’on haut. B, Coupe do la corniche en place.

d’orifice d’introduction de l’air dans les chambres de caserne, est ingénieuse.

VENTILATION

Le mur de la chambre à ventiler est percé, comme pour l’installation du ventilateur de Slieringham, à une faible distance du plafond (lig. 191, c); en avant de Foritice on place une corniche en bois dont la longueur est de beaucoup suitérieure à la largeur de l’orifice servant à l’entrée de l’air. La paroi supérieure de la corniche est formée par une plaque de zinc criblée de trous, sauf à la partie moyenne (e) qui correspond à l’orifice percé dans le mur (c). De cette manière l’air extérieur vient se briser sur la partie pleine de la corniche [clde), il se divise, et pénètre par les orifices latéraux dans la direction du plafond. La somme des aires des orifices de la plaque de zinc [ff) doit être égale à 6 ou 8 fois celle de l’orifice d’admission, ce qui diminue encore la force du courant d’air. Une valve mobile, qui n’a pas été indiquée dans la figure, permet de rétrécir au besoin l’orifice d’admission de l’air.

c. Appareils destinés spécialement à C extraction de l'air vicié. — Les appareils que nous avons étudiés jusqu’ici ont été imaginés surtout pour l’entrée de l’air, mais ils peuvent également servir à sa sortie. Nous avons maintenant à étudier des appareils qui sont destinés spécialement à l’extraction de l’air AÛcié et qui, par conséquent, ne doNent jamais être employés seuls, on les associera toujours à un de ceux qui sont décrits plus haut.

La cheminée ordinaire, lorsqu’on y fait du feu, constitue un excellent moyen d’extraction de l’air (V. Chauffage) ; alors même qu’on n’y fait pas de feu, elle concourt activement à la A^entüation ; FéchaulTement de la partie supérieure de la cheminée par le soleil, ou le fait que la température de la chambre est supérieure à la température extérieure, suffit pour proA^oquer un appel d’air. Le général Morin a constaté que la cheminée de son cabinet évacuait jusqu’à 400'"“ d’air à l’heure, sans feu, mais la température de la pièce étant de 12° environ supérieure à celle du dehors.

On peut utiliser pour la ventilation toutes les cheminées qui, souvent parcourues jiar les gaz de la combustion, ont d’ordinaire une température assez éleA'ée.

On construit des cheminées A-entilatrices excellentes aA^ec de grandes pièces de brique ou « de terra cotta », analogues à celle qui est représentée dans la figure 192. A côté du canal arrondi destiné à la cheminée proprement dite (a) se trouve un double canal qui embrasse le premier et qui est chauffé par le passage des gaz de la combustion

dans la cheminée. Des orifices de ventilation (b) sont ménagés à la partie supérieure des pièces.

Arnott a imaginé de placer, près du plafond, dans le conduit de la cheminée du type ordinaire, un châssis rectangulaire allongé, en métal, garni d’une soupape formée d’une étoffe légère de soie destinée à empêcher la fumée de pénétrer dans la chambre; on profite du courant ascendant de la cheminée pour entraîner l’air vicié qui se trouve à la partie supérieure de la pièce.

Le ventilateur connu sous le nom de ventilateur du commandant Renard ou de Retterer et Bellot ^ diffère peu de celui d’ Arnott. Il se compose d’une boîte en zinc (A, fig. 193) ouverte sur deux de

ses faces. La partie antérieure de la boîte est munie d’un grillage (c) à larges mailles, facile à enlever pour les nettoyages et qui sert d’appui à un rideau de soie formant soupape.

La face antérieure du ventilateur est légèrement inclinée en bas pour que le rideau s’y applique mieux, lorsque le courant d’air tend à se renverser.

Par sa face postéi'ieure, le ventilateur est encastré et scellé au plâtre dans une ouverture pratiquée sur la cheminée d’appel {d), qui peut être une cheminée servant au chauffage d’une autre pièce que la pièce à ventiler.

On peut faire déboucher les tuyaux des poêles des chambres des casernes dans la cheminée d’appel servant à la ventilation, mais cela n’assure la ventilation qu’en hiver et d’une manière incomplète, car les poêles sont éteints la nuit et les cheminées ont le temps tic se refroidir.

Un bon moyen d’augmenter le tirage des cheminées de A'entilation consiste à allumer un bec de gaz à l’intérieur. Coulier a insisté sur les bons effets qu’on j)eut retirer de ce procédé dont il se servait pour la ventilation de l’amphithéâtre de chimie du Val-de-Grâce pendant la durée des cours.

I. Méntorial de l'officier du (jénie, ISS6, et Revue d’hygièiie, 18S4, p. -iil.

VENTILATION

La combustion de l""* de gaz d’éclairage, au prix de 0 fr. 30, peut servir à extraire au moins 2 500“^ d’air d’un local.

On ne peut pas ventiler les chambres des casernes par ce procédé qui serait beaucoup trop coûteux, mais on peut utiliser les becs de gaz qui servent à l’éclairage pour activer le tirage dans les cheminées de ventilation (V. Eclairage).

On a imaginé un grand nombre d’appareils de ventilation qui utilisent la force du vent pour l’extraction de l’air vicié.

Un courant d’air qui passe au-dessus d’une cheminée produit dans cette cheminée un appel d’air d’autant plus fort que la vitesse du courant d’air est plus grande. Lorsque l’air est comprimé audessus de la cheminée et qu’il se dilate ensuite, l’appel d’air est plus marqué.

Le petit appareil représenté ci-dessous (fîg. 194) permet de démontrer facilement l’appel d’air qui se produit dans ces conditions.

Un tube en verre est coiffé à la partie supérieure de deux petits cônes aplatis à surfaces parallèles, le cône inférieur est percé à sa partie centrale dans l’axe du tube de verre qui représente une cheminée de ventilation. A la partie inférieure du tube en verre, qui est monté sur un pied, se trouve une balle de sureau maintenue par un petit grillage. Lorsqu’on souffle sur la partie supérieure de l’appareil, la balle de sureau s’élève dans le tube de verre, quelle que soit la direction du courant d’air que l’on produit ainsi-; l’ascension de la balle est d’autant plus rapide que le courant d’air s’engage plus directement entre les deux cônes.

Les manches à vent des navires, les ventilateurs Boswell, Noualhier {en usage sur les wagons postaux), Banner, Boyle, Wolpert, Buchan sont basés sur ce principe. Ces ventilateurs rendent surtout de grands services quand il s’agit de ventiler un bateau ou un wagon de chemin de fer, le mouvement du bateau ou du train ayant toujours pour conséquence la formation d’un courant d’air très rapide au-dessus de l’appareil.

Les appareils mobiles qui se placent à la partie supérieure des cheminées ventilalrices présentent de nombreux inconvénients : ils se rouillent et ne prennent plus la direction voulue, ou bien ils tournent en produisant un grincement désagréable.

Le ventilateur fixe de Wolpert (fig. 195) donne de meilleurs

résultats. Le tuyau a, qui termine la clieminée d’appel , supporte une caisse d’aspiration conique h protégée par un couvercle c. Le courant d’air glisse sur les surfaces courbes du cône qui surmonte la cheminée et produit un mouvement d’aspiration dans le sens des flèches situées à l’intérieur de l’appareil. Les flèches extérieures indiquent la direction supposée du vent.

Buchan a construit, d’après le Fig. 195. — Ventilateur Fig. 196. — venti- j^^gme principe, un venülateui’ à

do Wolpert. lateur do Buchan. ^ ^ ^

lames verticales (fig. 19G).

Les expériences qui ont été faites à l’observatoire de Kew,. sous la direction de Douglas Galton, Rogers Field et W. Eassie, et qui ont porté sur plusieurs des appareils destinés à augmenter le tirage des cheminées de ventilation, notamment sur le ventilateur de Boyle, ont donné des résultats peu favorables à ces appareils (Peggs, Congrès internat, d’hygiène de Paris, 1878).

On a surmonté encore les cheminées d’appel de ventilateurs qui sont mis en mouvement par le vent, quelle que soit la direction de celui-ci, au moyen d’ailettes placées latéralement et à la partie supérieure. On utilise ainsi la force centrifuge; de plus une hélice, fixée à l’axe du ventilateur et mise en mouvement en môme temps que lui, active l’extraction de l’air.

l^e ventilateur Howorth (fig. 197) fonctionne bien.

L’axe de l’appareil est très mobile; on s’est arrangé pour diminuer autant que possible les frottements et l’on introduit de temps en temps un peu d’huile par des orifices ménagés à cet effet au niveau des points d’appui inférieur et supérieur de la tige axiale du ventilateur. Ce ventilateur a l’inconvénient d’ôtre assez coûteux, de plus

Fig. 197 — Ventilaleiir do Howorth ; une partie do la paroi do la clioniindo A adtéoiilevdo pourpormettro do voir rUëlico intérieure ■ h ; 1, petit orifice perniotlant on dévissant lo bouchon qui lo formo, d’introduire do la graisse ; un orifleo somblable c.xisto à la l>ar(io supéricuro.

VENTILATION

fonctionne pas quand l’atmosphèi-e est très calme; il ne produit un appel d’air éneri>ique que si le vent souffle avec force, alors qu’il serait indiqué de restreindre la ventilation artificielle, puisque le vent s’engouffre par toutes les issues, par toutes les fentes; le ventilateur a donc son maximum d’effet quand il faudrait qu’il ait son minimum et inversement.

d. Appareils servant à la fois à l'introdnclion et à l'extraction de l'air. — Le ventilateur de Watson consiste en un tuyau à section carrée qui est divisé en deux compartiments ég'aux par un diaphragme longitudinal (fîg. 198).

Lorsque cet appareil est appliqué au plafond d’une chambre bien close, la température des deux compartiments n’est jamais exactement la même et il s’établit un courant ascendant dans un des compartiments, descendant dans l’autre, comme cela est indiqué par les flèches.

Le ventilateur de Mac Kinnell est un perfectionnement du précédent; il se compose de deux tuyaux cylindriques concentriques séparés par un intervalle (fig. 199). Le tuyau intérieur dépasse le tuyau extérieur en

^ 1 — Vcnti- Fig. 199. — Vcntüa-

liaut et en bas ; en bas il se termine par latcur do watson. tcurdoMac Kinnoii. un disque circulaire a a. L’appareil

étant appliqué à la partie supérieure d’une chambre close, il se forme un courant ascendant d’air vicié dans le tuyau intérieur, plus cliaud d’ordinaire, et un courant descendant d’air neuf dans l’espace situé entre les deux tuyaux, comme l’indiquent les flèches. L’air neuf, à son arrivée dans la chambre, rencontre le rebord horizontal a a, et s’étale dans toutes les directions au niveau du plafond.

L’appareil de Mac Kinnell est souvent employé en Angleterre I pour ventiler les postes dans les casernes, et il paraît en efl’et très i approprié à cet usage. Lorsque les fenêtres sont ouvertes, les deux tuyaux servent à l’évacuation de l’air; pendant la nuit, lorsque toutes les fenêtres sont fermées, ta ventilation se lait comme nous 1 l’avons dit plus haut.

Le ventilateur de Muir se compose d’une caisse cari'ée divisée en quatre compartiments par des diaphragmes diagonaux (lig. 200,

B, coupe montrant la disposition des diaphragmes). La caisse (A) est fermée sur quatre côtés par des persiennes. La température étant en général plus élevée d’un coté de l’appareil que de l’autre (action du soleil, du vent, etc.), il se produit un courant ascendant dans deux des compartiments, descendant dans les deux autres. L’action du vent qui se brise sur les persiennes peut aussi contribuer, comme dans l’appareil de Wolpert et les appareils similaires, à activer le tirage.

e. Ventilateurs hydrauliques. — On a construit, dans ces dernières années, des ventilateurs dans lesquels la propulsion de l’air est obtenue par l’éjection d’eau sous pression formant trombe.

La figure 201 représente un de ces appareils; il s’agit d’un grand cylindre de tôle, en U; l’une des branches débouche à l’extérieur (A), l’autre branche aboutit dans le local à ventiler (B).

Lorsqu’on ouvre le robinet c, l’eau qui tombe en pluie fine et sous une forte pression dans la branche A entraîne une grande quantité d’air; à la partie inférieure de l’appareil, un petit tube e, recourbé en siphon, sert à l’écoulement de l’eau, l’air remonte dans la branche B et pénètre dans le local à ventiler; l’air est rafraîchi, ce qui est agréable en été.

En faisant fonctionner la pomme d’arrosoir qui se trouve dans la branche B, on peut se servir du même appareil pour extraire l’air vicié du local à ventiler.

On peut aussi employer, pour le môme usage, le modèle Bessière composé de deux tubes concentriques, le tube intérieur qui est ouvert à ses deux extrémités porte la trombe à sa partie supérieure, le tube extérieur est muni

Fig. 200. — A, Ventilateur (le Muir. — B, Coupe horizontale.

VENTILATION

à sa partie inférieure d’un tuyau en siphon pour récoulement de l’eau, et l’air refoulé s’écha[)pe par sa partie supérieure, qui aboutit dans le local à ventiler. (Exposit. d’hygiène, Paris, 189S.)

Ces appareils hydi-auliijiies sont souvent utilisés en Allemagne, dans les salles de réunion, dans les brasseries, etc. ; la ventilation du grand amphithéâtre de l’institut d’hygiène de Munich est assurée <le cette manière

Il est nécessaire, pour faire fonctionner ces ventilateurs, d’avoir de l’eau en abondance et sous une forte pression.

II. Yentilation centuale. — Les appareils qui permettent d’assurer la ventilation de tout un hôpital, ou du moins d’une partie d’un hôpital, se rapportent à deux types principaux :

1 “ Appareils agissant ‘par propulsion ;

■2” Appareils agissant aspiration.

Les premiers de ces appareils sont, les uns des ventilateurs à force centrifuge, les autres des ventilateurs à hélice.

On peut à volonté, avec ces appareils, injecter de l’air dans les salles de malades ou bien aspirer l’air; on injecte généralement de l’air, ce qui permet d’envoyer de l’air neuf recueilli sur un point donné, à l’abri des souillures et, en hiver, d’injecter de l’air chaud.

Les ventilateurs à hélice sont basés sur le principe suivant : lorsque, dans un tube ouvert aux deux bouts, on fait tourner sur place une 'hélice, il se produit un courant d’air dont la direction et l’intensité dépendent <lu sens et de la rapidité du mouvement imprimé à l’hélice.

La ventilation par jiropulsion (ventilateurs à hélice) a été installée, à Paris, à l’hôpital Necker (système van Hecke), et dans les pavillons de droite de l’iiôpital Lariboisière (système fusionné des ingénieurs Thomas, Laurens et Grouvelle). Chacun de ces appareils, mis en mouvement par une machine à vapeur, peut fournir, été comme hiver, nuit et jour, de 80 à 100““ d’air frais par heure et par malade. L’air injecté dans les salles est chauiïé en hiver et se rafraîchit en été, en passant dans les tuyaux souterrains ; il s’échapjie des salles par des bouches de sortie donnant dans des gaines verticales, établies dans la muraille, et montant au-dessus du toit.

Le système Thomas, Laurens et Grouvelle prend l’air à une assez grande hautcui’, au haut de la tourelle de la chapelle, et l’échauffe au contact de tuyaux de vapeur et de poêles à eau chaude; le svstème van llecke prend l’air au niveau du sol, dans

1- PuTZEYS, L’IiyKicne dans les constructions privées, I88;i. — l'L IticiiAno , L’hygiène à Municli, Revue d'hygiène, 188a, p. 980.

Lavehan, Ilyg. milil.

les jardins de l’hôpital et le pousse dans un calorifère à air chaud, (Ch. Sarazin. Art. Hôpital, loc. cil.)

Au London fecer hospital, le ventilateur est alternativement aspirant et soufflant. Pendant deux heures il injecte de l’air frais dans les salles de malades, et pendant deux heures, tournant en sens inverse, il aspire l’air vicié des salles et le rejette au dehors.

L’utilité de ce double mouvement est très contestable, en employant de cette manière le ventilateur on ne peut plus l’utiliser pour l’introduction d’air chaud.

A riIôtel-Dieu de Paris, l’ingénieur Durenne a installé un ventilateur à hélice .

Les applications de ce procédé à la ventilation des hôpitaux sont peu nombreuses, ce qui s’explique par le prix élevé d’installation et d’entretien des appareils.

Le type des ventilateurs à force centrifuge, représenté par le tarare agricole, consiste en une caisse cylindrique ou buse dans laquelle se meut une roue à palettes actionnée par un moteur quelconque. Au niveau de l’axe de la roue se trouve une ouverture, dite œil central, à laquelle aboutit le tuyau d’aspiration; sur la circonférence de la buse une fente circulaire permet à l’air refoulé de s’échapper. Lorsque la roue entre en mom^ement, les palettes chassent l’air par cette fente, et l’air propulsé est remplacé par de l’air neuf qui pénètre par l’œil central. (Bertin-Sans. Art. Y entila- TioN, in Dict. encyclop. dessc. méd.)

Bertin-Sans estime que les ventilateurs à force centrifuge sont préférables aux ventilateurs à hélice; utilisés pour la ventilation des mines, ils ont été très rarement appliqués à celle des hôpitaux.

A l’hôpital Tenon (Paris) on injecte de l’air neuf dans les salles au moyen de deux ventilateurs centrifuges actionnés par une machine à vapeur de six chevaux, une cheminée centrale de 4 m. 50 de diamètre sur 6 m. de hauteur, chauffée par des tuyaux de vapeur, sert à l’extraction de l’air vicié. Les deux systèmes de ventilation par propulsion et par aspiration sont ainsi combinés.

La ventilation centrale par appel d’air, au moyen de la chaleur, dans de grandes cheminées, a été installée à Paris dans les pavillons de gauche de Lariboisière (système Léon Duvoir et Leblanc) et à l’hôpital militaire de Yincennes (système Grouvelle dans un des pavillons, système Y. Régnault dans le pavillon est).

A Larilioisière, des chambres à air chautrées par des poêles d’eau chaude, sont disposées dans les combles de chaque pavillon, sous une cheminée d’appel; elles communiquent par des conduits verti-

VENTILATION

eaux ménagés dans les murs et par des bouches d’appel, avec les salles de malades. L’air frais pénètre dans les salles par des conduits horizontaux qui s’ouvrent en dehors, au niveau du planclier; il s’échauffe, en hiver, au contact d’un système de tuyaux et de poêles d’eau chaude et sort par les bouches d’appel pour se rendre dans la chambre à air, et de là dans la cheminée d’ajipel.

Ch. Sarazin résume ainsi qu’il suit les résultats obtenus à Necker et à Lariboisière avec ces appareils :

Quantité d'air renouvelé par heure et par malade.

Système Duvoif (en ne tenant compte que de l’air qui

arrive par les canaux) 50"“'*

Système Thomas et Laurens 90

Système van llecke 97

Dépense de première installation par lit.

Duvoir 4S0 fr.

Thomas et Laurens 808

Van llecke 236

Dépense annuelle de fonctionnement et d'entretien par lit.

Duvoir 51 fr.

Thomas et Laurens 101

Vau llecke 23

Prix de revient pour l'unité de ventilation (8 760“* d’air une fois donnés ou 1“* fourni par heure toute l'année).

Duvoir 3 fr. 36

Thomas et Laurens 1 — 76

Van llecke 0 — 61

Les appareils qui ventilent par propulsion de l’air sont en g'énéral combinés, en hiver, avec les appareils de chauffage, ce qui permet d’introduire l’air à une température convenable.

Quelques auteurs estiment que les appareils de ventilation doivent être indépendants des appareils de chauffage.

A l’hôpital militaire de liucharest la ventilation est assurée de I la manière suivante :

^ Dans le sous-sol de chaque iiavillon se trouve, pareille à la & chaudière du chauffage, une chaudière de ventilation, alimentée [ par le pétrole brut et fonctionnant hiver et été, sans interruption; a elle fournit aussi l’eau chaude pour les bains de chaque pavillon.

Dans l’étage supérieur de la partie centrale, deu.x poêles chauflés

HYGIÈNE MlLITAinE

par la vapeur de cette chaudière sont situés dans deux cheminées d’appel où sont centralisés tous les conduits d’aspiration de l’aiivicié du pavillon.

Ces conduits s’ouvrent par deux trous à la jiartie supérieure et à la partie inférieure des parois des salles; suivant le cubage des pièces, on trouve de deux à seize de ces bouches de ventilation. Par un système de volets on peut, à volonté, faire sortir l’air chaud par l’ouverture supérieure ou l’air froid par l’ouverture inférieure.

L’air pur arrive dans les salles après avoir passé par des filtres en feutre installés dans quatre chambres à air qui se trouvent au sous-sol de chaque pavillon.

On assure ainsi 64“’ d’air par heure et par lit dans les salles communes de médecine, 120 dans les pavillons du serAÛce chirurgical et des maladies contagieuses.

Les vitres supérieures de chaque fenêtre peuvent être ouvertes pendant l’été et contribuent pour une large part à la ventilation.

La ventilation dans les water-closets est indépendante ; l’évacuation de l’air se fait par des conduits spéciaux en relation directe avec le tuyaivde fumée des chaudières.

Résumé. — Les règles qui nous paraissent devoir être appliquées dans la ventilation des casernes et des hôpitaux peuvent se résumer ainsi qu’il suit :

1° Dans les chambres de caserne qui servent de dortoirs, il est à désirer que chaque homme dispose de 20“® d’air et que la ventilation soit suffisante pour renouveler l’air deux ou trois fois par heure.

Dans les hôpitaux chaque malade doit disposer de 40"’’ d’air renouvelé deux ou trois fois par heure.

2“ La ventilation naturelle a la plus grande importance, et pour ({u’elle se fasse bien, il est nécessaire d’avoir sur les côtés opjiosés des pavillons des casernes ou des hôpitaux, de grandes fenêtres surmontées de châssis mobiles, si la hauteur des salles s’oppose à ce que les fenêtres montent jusqu’au-dessous du plafond; les chambres ne doivent être ni trop larges, ni trop hautes; une hauteur de 4 ni. est suffisante.

3“ Il est nécessaire d’établir, dans chaque salle, des orifices multiples pour l’entrée et pour la sortie de l’air.

4" Les orifices destinés à l’extraction de l’air vicié devront être placés à la partie supérieure des locaux à ventiler de manière

VENTILATION (>V3

à utiliser la circulation naturelle de l’air dans les locaux habités.

5" Les orifices destinés à l’introduction do l’air neuf peuvent être placés à la [)artie supérieure des fenêtres ou bien au-dessous du plafond; ils ne doivent pas être placés à la partie inférieure, surtout quand on ne peut pas cbautTer l’air, en hiver, avant de l’introduire dans le local à ventiler.

6“ Les orifices servant à l’entrée de l’air doivent être disposés de telle sorte qu’ils ne donnent pas lieu à un courant d’air gênant; le courant d’air ne doit pas tomber directement sur la tête des personnes qui se trouvent dans le local ventilé, et il est indispensable que l’on puisse faire varier les dimensions dos orifices des aérateurs, de manière à régler la ventilation en raison des conditions météorologiques.

7® Parmi les nombreux appareils proposés pour être placés comme aérateurs au niveau des fenêtres, un des plus simples et des meilleurs est l’imposte mobile pouvant s’ouvrir plus ou moins, tournant autour de son bord inférieur et garnie sur les côtés de plaques de tôle qui empêchent la chute de l’air froid. La corniche ventilatrice anglaise est aussi un bon appareil pour les casernes.

8“ Le ventilateur d’Arnott sera utilement combiné avec les impostes mobiles.

9“ Dans certains cas le ventilateur de Mac Kinnell peut rendre des services (ventilation des corps de garde, des locaux disciplinaires, etc.).

10" En liiver, on combinera utilement le cbaufiage et la ventilation; les cheminées à feu libre rendent de grands services pour la ventilation des salles des hô|)itaux (voir plus loin. Chauffage).

11" Jjes a|)pareils d’éclairage au gaz peuvent être utilisés également pour la ventilation.

12" Les systèmes de venlilatiou centrale par as[»iration ou |)ropulsion sont très coûteux et ne paraissent pas applicables aux casernes ; les applications faites dans les hôpitaux ont donné d’ailleurs, en général, des résultats assez peu satisfaisants.

Experiise d'un système de ventilation. — Le médecin militaire a souvent à .se prononcer sur la valeur d’un |)rocédé de ventilation ap()liqué à une chambre de caserne ou d’hôpital ; il doit donc bien connaître les }»rocédés à employer pour celte e.x|)ertise.

Lors(ju’un courant d’air est un peu fort, il est ]terceptible à la main qui, placée dans le courant, éprouve une sensation de pression si le courant d’air est très fort et surtout une sensation de froid.

Pour se rendre compte des mouvements de l’air, on peut suspendre de distance en distance, dans la pièce dont on étudie la ventilation, de petits lambeaux de papier de soie qui s’inclinent dans le sens du courant d’air, ou dégager de la fumée au voisinage du point où doit se faire l’appel d’air (fumée d’une cigarette par exemple), la fumée est entraînée plus ou moins rapidement. On s’est servi, dans le même but, de petits ballons très légers, de bulles de savon, etc.

La flamme de la bougie, qui s’incline sous l’action des courants d’air, permet de se rendre compte du mouvement de l’air dans une chambre; on place des bougies de distance en distancent à diiïérentes hauteurs, et l’on observe dans quel sens s’incline la flamme de chaque bougie et quelle est l’inclinaison de la flamme; une inclinaison de 45“ indique un courant d’air de 0 m. 40 à 0 m. 50 par seconde.

En plaçant des thermomètres de distance en distance, on étudie la zone de refroidissement autour des orifices d’entrée de l’air; on peut Amir si l’air tombe rapidement, si, par conséquent, la A’entilation présentera des inconvénients pour les personnes qui se trouA^eront dans le local. Cette expérience donnera surtout des résultats intéressants si l’air extérieur est beaucoup plus froid que l’air du local ventilé.

Lorsqu’un local n’est pas occupé, on peut apprécier la rapidité avec laquelle se fait le renouvellement de l’air en dégageant dans ce local , cubé au préalable, une quantité donnée d’acide carbonique ; on procède ensuite toutes les heures au dosage de l’acide carbonique et l’on A'oit au bout de combien de temps le gaz introduit a été expulsé. Mais il faut bien savoir qu’en l’absence même de toute A'entilation, soit par les fenêtres, soit à l’aide d’appareils, l’acide carbonique disparaît assez rapidement dans ces conditions.

Dans un local occupé par plusieurs personnes on peut aussi se rendre compte de l’efficacité de la A^entilation en faisant le dosage de l’acide carbonique de l’air après quelques heures d’occupation du local : 1“ lorsque les ventilateurs fonctionnent; 2“ quand ils ne fonctionnent pas.

L’odeur que prend l’air dans les chambres de caserne, et dans les salles d’hôpital mal ventilées, fournit une indication utile; mais les résultats sont très variables suivant la sensibilité olfactive des observateurs.

Le meilleur moyen d’apprécier un système de ventilation consiste à rechercher, à l’aide d’un anémomètre, quelle est la quantité

VENTILATION

d’air qui est introduite par heure dans les locaux à ventiler. On calcule d’ahord la surface de l’orifice ou des orifices qui servent à l’entrée de l’air; puis, à l’aide d’un tinémoinètre, on détermine la vitesse du courant d’air par seconde et, en multipliant la surface de l’orifice ou des orifices, par le nombre de mètres parcourus en une seconde, on a la (juantité d’air introduite en une seconde.

Ce calcul serait très simple si le courant d’air avait toujours le môme sens, et si sa vitesse était toujours la même, mais la vitesse du courant d’air varie avec la température, avec la force du vent, etc. ; il faut donc multiplier les observations anémométriques et les faire dans des conditions variées pour obtenir une moyenne.

L’anémomètre de Combes (fig. 202) est le plus employé en France.

TjO courant d’air agit sur quatre ailettes en mica M. Quand le moulinet est en mouvement, l’axe V agit au moyen d’une vis sans fin sur un système de roues dentées. La roue supérieure 11 a cent dents et se déplace d’une dent pour chaque révolution du moulinet. La roue H mène à son tour, au moyen d’une petite tige boiâzontale (e), la roue IV, qui se déjdace d’une dont pour une l’éA'olulion complète do la roue 11, soit ])Our cbaque centaine do tours du moulinet.

Le plan de rotation des ailettes doit être perpendiculaire à la direction du courant d’air qu’il s’agit de mesurer.

Deux ficelles /’, f, permettent d’engrener la roue 11 avec la vis de l’axe qui porte le moulinet, ou de la désengrener.

Lorsque le moulinet a pris un mouvement régulier, dans le courant d’air dont il s’agit de mesurer la vitesse, on engrène la roue

R avec l’axe du ventilateur, on laisse marcher pendant un tem|)s déterminé, puis on désengrène et on lit sur la roue R, ou sur les roues R et R' (si le nombre des tours est supérieur à 100), le nombre des tours faits par le moulinet. On obtient le nombre de tours par seconde (n) en divisant le nombre des tours par le nombre des secondes pendant lesquelles l’anémomètre a fonctionné.

La vitesse de l’air est donnée par la formule suivante :

V = rt -f- bn

a et h sont deux constantes qui sont déterminées expérimentalement, et une fois pour toutes, pour chaque appareil.

L’anémomètre de Casella, construit d’après les indications de

Parkes, est très sensible et d’un emploi commode, attendu qu’il donne directement, sans calcul , la ^vitesse de l’air (fig. 203).

Les ailettes en aluminium, contenues dans un anneau métallique de ü m. 0G8 de diamètre, font mouvoir une aiguille sur un cadran [)rincipal, divisé en 100 unités qui représentent des mètres. Cinq autres cadrans plus petits, portant chacun 10 divisions, indiquent les centaines, les mille, les dizaines, les centaines de mille et les millions de mètres. Un petit ressort placé à la périphérie du cadran permet d’établir le contact entre l’axe qui porte les ailettes et celui qui porte l’aiguille centrale.

On commence par ramener la grande aiguille au zéro, ce qui est facile en soufflant sur le moulinet, puis on arrête le mouvement et on dispose l’anémomètre dans le courant d’air dont on veut étudier la vitesse, en ayant soin que la direction du courant d’air soit, autant que possible, perpendiculaire au plan passant par les ailettes; quand le moulinet a pris un mouvement régulier, ou pousse le ressort et la grande aiguille se met en marche ; en méiuo temps on observe l’heure sur une montre à secondes; loi'sque l’appareil a fonctionné pendant 30 secondes, par exemple, on note,

Fig. 203.

CHAUFFAGE

sur le grand cadran, le nombre de mètres qui ont été parcourus. Pour les observations ordinaires il n’est pas nécessaire de prolonger beaucoup l’expérience ni, par conséquent, de se servir des petits cadrans.

Lorsqu’on veut faire une expérience prolongée, il faut noter la place des aiguilles sur les petits cadrans au début et à la tin de l’expérience, et inscrire le nombre de degrés parcourus par l’aiguille sur chaque cadran, en commençant par le cadran des millions.

Cet anémomètre est assez sensible pour permettre de mesurer des courants d’air dont la vitesse est seulement de 5 à G centimètres par seconde.

CIIAUFFxVGE

Les combustibles les plus employés sont ; le bois, la bouille, le coke et l’anthracite.

Pour apprécier ces combustibles il faut définir d’abord ce qu’on entend jmissance calorifique .

Les physiciens ont adopté comme unité de mesure du calorique, la calorie ou quantité de chaleur nécessaire pour élever de un degré la température d’un kilogr. d’eau.

La puissance calorifique d’un combustible est représentée par le nombre de calories qu’un kilogr. de ce combustible est susceptible de déA'elopper en brûlant.

La puissance calorifique du hois varie avec la quantité d’eau qu’il contient; le bois vert contient 4o p. 100 d’eau et une partie de la chaleur produite est employée à vaporiser cette eau; 1e bois bien sec conserve encore lo à 20 j). 100 d’eau. La puissance calorifique du bois à brûler que l’on trouve dans le commerce peut être évaluée en cbiflres ronds à 3 000.

Les nombreuses variétés de houilles j)euvent être rapportées à deux principales : les houilles grasses et tes houilles maigres.

La bouille grasse (type : charbon de Mons) devient })âteuse quand on la cbauflc, les morceaux s’agglomèrent, le coke (|u’cllc fournit est boursoullé, elle brûle avec une longue llamme et donne beaucoup de suie.

La houille maigre (type : charbon de Cbarleroi) ne prend pas l’état pâteux par la chaleur, les morceaux ne s’agglomèrent pas, la flamme n’est pas longue, le charbon encrasse moins les tuyaux et donne moins de fumée et d’odeur.

anthracite est un charbon de terre compact, à cassure ])rillante qui rappelle la mine de plomb; il no produit jamais de llammo et brûle difficilement dans les cheminées, mais, pour le chauffage des poêles à fonctionnement continu, ce charbon est très estimé parce qu’il donne peu de résidu et qu’il encrasse très peu les tuyaux.

La puissance calorifique des houilles et de l’anthracite est d’environ 8 000.

Le coke est le résidu que donne la houille quand on la distille pour fabriquer le gaz d’éclairage; il se présente sous l’aspect de fragments irréguliers, noirs, sonores, très poreux, ne tachant pas les doigts. Le coke brûle sans flamme (sauf celle que peut produire l’oxyde de carbone) et donne peu de suie; il a un pouvoir rayonnant considérable.

La puissance calorifique du coke varie de 6 800 à 7 900.

Le pétrole est employé dans quelques pays pour le chauffage, c’est un très bon combustible, sa puissance calorifique varie sui- A'ant la nature du pétrole de 9 9G3 à 11 460 (Sainte-Claire-Deville, cité par Coulier, op. cü.).

Connaissant la puissance calorifique de deux combustibles et leurs prix marchands, il est facile de rechercher quel est celui de ces combustibles qui est le moins cher; il suffit de calculer le prix de revient d’une même quantité de chaleur, 1000 calories par exemple, développée par chacun d’eux.

Les corps de troupe sont tenus de faire usage du combustible dont l’emploi est le plus économique dans la localité qu’ils occupent '.

Les rations de chauffage varient suivant les régions de la France, qui sont divisées à ce point de vue en régions très chaude, chaude, tempérée, froide, très froide.

Dans la région tempérée, l’allocation de combustible pour le chauffage des chambres pendant la saison froide, est de 4 kilogr. <le charbon ou de 7 kilogr. de bois, par poêle et par jour.

Par les grands froids des allocations supplémentaires peuvent être accordées.

« Dans les grands froids, le général commandant le corps <l’armée accordera, sur le fonds do réserve constitué pour le chauffage, conformément aux dispositions de la circulaire du 14 mars 1894, les allocations supplémentaires de combustible

1. Uèglem. (lii 13 janv. 1890 sur le service du chaulTage dans les corps de troupe.

CHAUFFAGE

dont il aura reconnu rulilité. » (înstruct. ininist. du 30 mars 1895 sur riivgiène des hommes de troupe.)

Dans les hôpitaux, le comhuslihle n’est }>as rationné; on chaufTe suivant les besoins, de manière à maintenir toujours dans les salles de malades une température de lo“.

Dans le choix du combustible il faut tenir grand compte de la nature des appareils de chauffage; nous verrons plus loin que beaucoup de poêles sont mis rapidement hors de service quand on y introduit des houilles grasses.

Dans une caserne ou dans un hôpital on peut chauffer chaque pièce séparément, ou bien organiser le chauffage de toutes les chambres à l’aide d’un môme appareil ; dans le premier cas le chauffage est dit local, dans le deuxième cas il est dit central-, nous retrouvons donc pour le chauffage la même distinction que pour la ventilation.

Dans les casernes on n’emploie guère que le chauffage local et, comme le soldat ne dispose que d’une quantité très faible de combustible, on est obligé d’employer les appareils qui permettent d’utiliser le mieux possible ce combustible.

Dans les hô})itaux, le chauffage doit être assuré d’une manière beaucoup plus parfaite que dans les casernes, et il nécessite des appareils de chauffage beaucoup plus perfectionnés que ceux en usage dans les casernes.

Un grand nombre d’appareils de chauffage servent en même temps à la ventilation, aussi ne peut-on pas séparer complètement l’étude du chauffage de celle de la ventilation '.

A. Chauffage local. — Les appareils utilisés pour le chauflage local sont les cheminées et les poêles.

I. OnouvEi.i.E, Art. Ciiaufeage in Diclion. des arts cL mamifacUircs. — Un. Joi.y, Traité praliijiie du cliaulTagc, Paris, 1869. — Général Moiun, op. cil. — Goüuer, Art. CiiAUFFAiiE in Dict. encyclop. des sc. niéd. — Iîoisseau, Art. Hôpitaux du môme Diction. — Péclkt et Hudelo, Traité de la chaleur considérée dans scs apjdications, Paris, 1878. — Dougi.as Galton, A manunl of ventilating, warming and lighting, London, 1884. — AVazo.n, GliaulTage et ventilation des éililices publics et privés, Paris, 188.0. — E. Tréi.at, L’aérage et le chaulTage des habitations, Revue d'hygiène, 1886, t. VIII, p. 471. — Lanceueaux, Dujahdi.n-Beau.metz, E. Yalux, Hhouahdei,, Discussion sur les i)oôles mobiles. Académie de méd., 1889. — E. Vallin, Les poêles mobiles et à combustion lente. Revue d'hygiène, 1889, p. 983. — GnÊiiANT, Les poisons de l’air, Paris, 1890. — Terni, llech. sur l’oxyde de carbone dans l’air des lieux chauirés, Revue d'hygiène, 189.3, ji. 377. — Trélat, Douglas Galton, Du chauirage central des maisons et des villes. Congrès internat, d’hygiène, liuda- Pest, 1894. — L. Collin, Du chauffage des salles de malades dans les hôp. milit., Arch. de méd. milil., 1894, t. XXIV, p. 360.

HYGIIÎNE MILITAIRE

1“ Cheminées ordinaires, cheminées venlilalrices . — 'J’oul combustible produit, en brûlant, de la cbaleur sous les deux formes suivantes : 1" l’air s’écbautïe au contact de la flamme et donne lieu à un courant d’air chaud ascendant; 2" le combustilile émet, dans toutes les directions, des rayons calorifiques : c’est la chaleur rayonnante.

On peut se faire une idée exacte de ces deux modes de production du calorique en plaçant successivement la main à coté et au-dessus de la flamme d’une bougie ; dans le premier cas, la chaleur perçue est seulement la chaleur rayonnante; dans le deuxième cas, on perçoit en outre la chaleur des gaz provenant de la combustion et de l’air échauffé par son contact avec la flamme. Cette simple expérience permet de constater que la chaleur provenant des gaz de la combustion et de l’air échauffé est beaucoup plus considérable que la chaleur rayonnante. (Coülieii, op. cit.)

Dans les cheminées ordinaires, on n’utilise que la chaleur rayonnante, les gaz de la combustion et la colonne d’air qui s’est échauffée au contact du combustible s’échappent par le tuyau de la cheminée et ne servent qu’à activer le tirage.

La proportion du calorique utilisé, avec les cheminées ordinaires chauffées au bois, n’est guère que 0,0G de la chaleur totale; il y a avantage à brûler dans les cheminées des combustibles qui ont un pouvoir rayonnant considérable ; le charbon de terre et surtout le coke, dont la chaleur rayonnée représente à peu près la moitié de la chaleur totale; avec ces combustibles la proportion de la chaleur utilisée est d’environ 0,12.

Un autre inconvénient des cheminées ordinaires, au point de vue du chauflàge, est qu’elles provoijuent un appel d’air considérable.

Une cheminée ordinaire débite de 400 à 800"“ d’air par heure. Le tirage varie d’ailleurs avec la quantité de chaleur produite, avec, la température extérieure, avec la section de la cheminée et avec sa hauteur. D’après Fodor, une cheminée anglaise évacue, par heure ; au rez-de-chaussée (15 m. de hauteur de tuyau), 750"'“ d’air; au premier étage (13 m. de tuyau), 063'"“; au deuxième étage (9 m. de tuyau), 575"’“; au troisième étage (0 m. de tuyau), 432““. (Dertin-Sans, op. cit.)

Ce tirage a pour résultat un courant d’air froid, aussi les personnes qui sontgroupées autour d’une cheminée ont-elles très chaud par devant, tandis (ju’elles sont souvent glacées par derrière.

On peut construire les cheminées de manière à mieux utiliser

CHAUFFAGE

le combustible et à chauiïec l’aie neuf introduit dans les jnèces où se trouvent les cbeiniiiées, ce qui est uii don ble avantage.

M. Michel Perret a cherche à remédier aux inconvénients des cheminées ordinaires en plaçant au-dessus du foyer, et à pelite distance du feu, une dalle épaisse en matière réfractaire. Un orifice réduit est ménagé en avant de cette dalle, pour permettre aux gaz de la combustion de s’échapper dans la cheminée. La réverbération que produit cette dalle élève la tem])érature au point d’obliger toute matière combustible à brûler énergi(juement. Avant de s’échapper, les gaz de la combustion et l’air chaud qu’ils entraînent circulent derrière la devanture métallique de la cheminée. (Soc. de méd. publ., 23 mars 1892, et Revue d'hygiène,

On a imaginé un assez grand nombre de cheminées ventilatrices ; la plus connue est celle qu i est désignée en France sous le nom de cheminée de Belnias et en Angleterre sous le nom de cheminée de Douglas Gallon.

Le tuyau de fumée monte dans une gaine qui communique avec l’air extérieur à sa partie inférieure (fig. 204) et avec l’atmosphère de la chambre à sa partie supérieure. De cette manière l’air extérieur s’échauffe au contact du tuyau de fumée, avant de pénétrer dans la chambre. Près du plafond existe une ouvertui-e garnie de directrices et d’une trappe à coulisse facile à ouvrir ou à fermer.

Avec un feu modéré et une consommation de 10 Uilogr. au plus de charbon pour douze heures, ces cheminées évacuent par heure 500'““ d’air 400'"“ à la température de 30° environ. (Général Moiun.)

La cheminée Delmas utilise 35 p. 100 de la chaleur produite par le comhustihle; la chaleur des gaz de la combustion n’est plus perdue, comme dans la cheminée oi'dinaire, elle est employée à chauffer l’air neuf, en môme tem|)S on rend moins fort le courant d’air froid occasionné ]>ar l’api)cl de la cheminée.

La cheminée Joly (tig. 205) donne également de très bons résultats. La partie supérieure du coffre en fonte formant le foyer D est munie de cannelures destinées à augmenter la surface de chaulTe. Les gaz de la combustion sont conduits dans un coffre ou tambour

Fig:. Q0‘1. — Clieminée Bclnias ou Douglas Gallon.

et en introduisent

supérieur séparé en deux parties (E, F) par une plaque horizontale (G) qne les gaz chauds sont obligés de contourner avant de gagner le tuyau de fumée. L’air extérieur arrive par une prise d’air jilacée en arrière de la cheminée ou bien sous le plancher, comme cela est indiqué dans la figure (C, C) ; il se réchauffe autour de la

coquille et autour du tambour qui la surmonte, puis il s’échappe à la partie supérieure de la cheminée par des grilles I, munies de registres qui permettent de régler l'arrivée de l’air chaud. On peut brûler du bois dans la cheminée, ou bien y installer une coquille dans laquelle on brûle du charbon de terre.

Les cheminées de Belmas et de Joly sont excellentes, mais, lorsque tes architectes n’ont pas prévu ce mode de chauffage dans leurs plans, on est obligé pour les installer de démolir les cheminées déjà construites.

L’appareil Fondet a ce grand avantage qu’il peut s’adapter aux cheminées ordinaires. On place à la partie postérieure de la cheminée une série de tuyaux prismatiques creux, en fonte, au milieu desquels la flamme et les gaz de la combustion circulent, avant de s’échapper par le tuyau de fumée. Ces tuyaux prismatiques communiquent, d’une part, avec l’air extéiâeur, par une prise d’air qui existe sous le plancher, et d’autre part avec l’air de la chambre, au moyen de bouches de chaleur placées sur les côtés de la cheminée.

Lorsque le feu est allumé, il se produit un appel de l’air extérieur qui est introduit par les bouches de chaleur, après s’étre échauffé dans les tuyaux de fonte.

La cheminée Fondet a été perfectionnée par M. Cordier. L’aérateurCordier (fig. 206) se compose : 1“ d’une plaque horizontale qui I4 recouvre la partie inférieure de la cheminée au ras du sol; 2° d'une boîte rectangulaire A, placée verticalement dans le fond de la cheminée, au-dessus de la plaijue précédente; 3° de deux ou trois î /I séries de tubes creux jirismatiques G, disposés en tuyaux d’orgue, qui établissent des communications entre la boîte A et un cylindre E qui est placé horizontalement au-dessus. Une prise d’air permet

Fig. 205. — Chcmiiiüo voiitilatricc de Joly.

CHAUFFAGE

à l’air extérieur d’arriver en B dans la boîte A, et le cylindre E aboutit, sur les côtés de la cheminée, à des bouches de chaleur (d) qui peuvent être ouvertes ou fermées.

Une grille, dans lacjuelle on bn'dedela houille ou du coke, complète l’appareil (la grille n’a pas été indiquée sur la figure). M. Cordier préconise une grille de forme rectangulaire, plus profonde que les grilles ordinaires; la partie postérieure de cette grille est formée par une plaque de fonte légèrement inclinée en avant pour mieux réfléchir la chaleur, les parties latérales sont à jour, afin de permettre un large accès de l’air et de faciliter la combustion qui, dans les arilles ordinaires, se fait souvent mal sur les côtés.

Lorsqu’on allume le feu, l’air s’échauffe dans la boîte A et dans les tuyaux C, et pénètre dans la chambre par les bouches de chaleur; il est remplacé aussitôt par de l’air extérieur qui s’échauffe à son tour.

La plaque horizontale qui forme le sol de la cheminée est percée d’un trou fermé par un tampon ; on peut, par ce trou, nettoyer la jndse d’air, la boîte A et les tuyaux.

Le nombre des tuyaux varie de 18 à 30, suivant les dimensions de la pièce à chautTer; la section de chacun d’eux est de Un mouvement de bascule permet de repousser en arrière toute la partie supérieure du système de tuyaux, de façon à rendre le ramonage aussi facile que dans une cheminée ordinaire; toutefois il faut j)rendre soin d’enq)ècher la suie de pénétrer dans le cylindre collecteur ou de glisser derrière les tubes verticaux.

Il résulte d’expériences faites au Val-de-Grâce que, lorsque la cheminée Cordier est allumée, le courant d’air fourni par les bouches de chaleur atteint la vitesse deUm. üO par seconde, et une tem[)érature de 52" C.

Le rendement de l’appareil au point de vue calorifique est de I 62 pour 100, supérieur par conséquent à celui de la cheminée l Belmas.

Fig. 206. — ChominOo Fondet modilicie par Cordier.

Pour empêcher que Pair ne soit trop desséché, a[)rès avoir traversé les tuyaux de l’aérateur, on peut introduire, par une des liouches de chaleur, un récipient renfermant de l’eau.

Il est à craindre que les tuyaux creux ne s’usent vite et qu’ils ne deviennent perméables aux gaz de la combustion; la pratique pourra seule décider de l’importance de cet inconvénient.

Le coke est le combustible le plus économique avec cet appareil; il faut recharger la grille 4 fois dans les 24 b. pour obtenir un chauffage continu.

Dans les petites salles des hôpitaux, dans les chambres d’officiers notamment, il est indispensable d’assurer le chauffage avec des cheminées; les poêles chauffent trop et, quand on veut modérer le tirage avec des clefs adaptées aux poêles, on s’expose à produire des accidents; les cheminées munies de l’aérateur Cordier seront utilement employées dans ces conditions.

Dans les grandes salles des hôpitaux, les cheminées ne pourraient pas suffire à entretenir, par tous les temps, une température convenable ; il est donc nécessaire d’avoir recours aux poêles ou aux calorifères, mais cela n’empêche pas d’installer, dans chaque salle, comme en Angleterre, une cheminée à feu libre qui concourt au chauffage et qui assure la ventilation.

A l’hôpital militaire de Bourges, les pavillons de chirurgie sont chauffés à l’aide de poêles ventilateurs; la prise d’air se trouve dans le jardin, au niveau du sol; de plus il existe, au milieu de chaque salle, une double grille à foyer ouvert qui chauffe et ventile directement. (Ch. Sarazin, L’hôpital militaire de Bourges, Revue d'hygiène^ 1879.)

Pour le chauffage des salles de moyennes dimensions on peut installer, au milieu de chaque salle, une cheminée Cordier avec un tuyau de fumée et deux grilles placées côte à côte, ce qui permet, suivant la température extérieure, d’allumer les deux grilles ou une seule.

L’aérateur Cordier figure dans la nomenclature générale du service de santé de l’armée française et il est utilisé déjà dans un certain nombre d’hôpitaux.

2“ Poêles simples, poêles ventilateurs. — Les poêles en fonte sont, do tous les appareils de chauffage, les plus économiques; leur paroi mince et bonne conductrice de la chaleur permet à l’air de s’échaufler rapidement à leur contact.

Alors que la cheminée ordinaire n’utilise que 6 à 8 p. 100 du colorique produit, (juand le combustible est du bois, et 12 à

CHAUFFAGE

K) |). 100(|iuiml c’cst (lu coke, qui a un })uuvoir i-ayoïinaul, douhlo, les poêles on fonte à combustion rapide uliliseni, environ (>5 [). 100 du coinbuslible, et les poêles à coinbuslion lente, 80 à 00 p. 100.

On a dil (pie les poêles en fonte chaudes au rouge laissaient passer de l’oxyde de carbone. La fonte [lortée au rouge peut, en elTel, laisser passer une petite quantité de gaz, mais il ne se produit guère d’oxyde de carbone dans un poêle chaude au rouge; d’autre part, la petite quantité d’oxyde de carl)one qui traverserait la fonte portée au rouge ne tarderait pas, à cette température, à se transformer en acide carbonique, au contact de l’oxygime de l’air. La proportion d’oxyde de carbone susceptible de se répandre ainsi dans l’air paraît négligeable (Goulier). Le malaise que l’on éj)rouve souvent dans les chambres cliaullées à l’aide de poêles en fonte portés au rouge provient de l’altération de l’état hygrométrique de l’air, bien plutiît que de la présence de gaz toxiques.

L’air extérieur contient d’ordinaire les trois quarts et [)lus de la vapeur d’eau ([u’il contiendrait, s'il était saturé; dans ces conditions, la transpiration et l’évaporation pulmonaire se font dans de bonnes conditions; à mesure (jue l’air s’échauffe, il s’éloigne de plus en plus de son point de saturation par la vapeur d’eau, la quantité de vapeur d’eau que l’air peut dissoudre augmentant rapidement avec la température ', d’où la sensation désagréable de sécheresse que donne cet air aux jtersonnes qui le respirent et les malaises qu’il occasionne.

Le procédé le plus simple pour éviter cet inconvénient consiste à se servir do la chaleur du poêle pour vaporiser une cèrtaine quantité d’eau. La quantité d’eau vaporisée augmente en raison de la quantité de chaleur produite, et l’appareil se règle ainsi de luimême. 11 faut faire en sorte que la surface d’évaporation soit suffisante. L’eau sera mise dans un vase à fond plat, à la partie supéiieure du j)oêle. D’après Confier, la surface d’évaporation doit être égale environ au quart de la surface de chaulle active de l’a[)pai‘eil; il est rare qu’on fin donne un [)areil développement, aussi on ne remédie qu’en partie à l’inconvénient résultant de la dessiccation de l’air.

Les poêles qui tirent mal exposent à des accidents graves par suite de la |)énétration, dans les locaux chauirés, des gaz do la combustion et |)rinci|ialement de l’oxyde de carbone (|ui, comme on sait, est très toxi(jue.

1. Sous 1a pression de 0 in. 70, un mètre cube d’îiir sriLiirc de \Apeur (Fean contient à 10° : O"",! d’eau; à 25°, il en contiendrait 22“'', S. (Coui.ieh, loc. cil.)

Lavehan, Hyg. milit. 'iu

Les poêles à combustion lente, qui se sont beaucoup répandus dans ces dernières années, les })OÔles mobiles en particulier, sont très dangereux à cet égard; ces poêles ne sont employés ni dans les casernes, ni dans les hôpitaux ; nous n’avons donc pas à les décrire ici, mais nous devons signaler les dangers qu’ils font courir aux personnes qui les emploient; de nombreux accidents produits par ces appareils ont été relatés soit dans les journaux, soit à l’Académie de médecine.

Autrefois on gaspillait le combustible en faisant traverser le foyer des poêles par de grandes quantités d’air qui ne servaient qu’à activer le tirage ; dans les poêles dits à combustion lente, on réduit au minimum l’arrivée de l’air; il en résulte une grande économie de combustible, très appréciée par le public.

F. Gautier a montré que la température obtenue avec les différents combustibles est deux fois plus élevée si on n’emploie que la quantité d’air strictement nécessaire pour la combustion complète, que si l’on emploie une quantité d’air deux fois plus grande {Génie civil, 8 oct. 1883).

M. le médecin inspecteur Vallin, qui a fait de nombreuses expériences anémométiiques sur les poêles à combustion lente, a constaté que la quantité d’air introduite était à peine la moitié de la quantité nécessaire pour transformer le coke consumé en acide carbonique (Vallin, Autour d’un poêle. Revue cV hygiène, 1884, p. 4G5). La quantité d’oxyde de carbone est, par suite, très forte.

D’après les recherches de lîoutmy, la proportion d’oxyde de carbone qui, dans l’air qui s’échappe d’une cheminée ordinaire, est de 1 à 3 p. 100 parties, s’élève à 14,70 dans les poêles américains à combustion lente (Le poêle américain, ses dangers, Ann. d'hyg. puhl., juin 1888).

La petite quantité d’air qui traverse le foyer de ces poêles ne suffit plus pour assurer le tirage ; le danger est grand, surtout avec les poêles mobiles que l’on installe souvent devant des cbeminées dans lesquelles le courant d’air est renversé. Les clefs dont ces poêles sont munis augmentent le danger en permettant de diminuer encore la quantité d’air qui les traverse.

Les clefs des poêles à combustion lente ou autres ont été souvent la cause d’accidents graves.

MM. Putzeys font mention {op. cit.) d’accidents survenus dans une caserne allemande par suite de la fermeture des clefs dos poêles.

Un matin du mois d’octobre 1887, nous constations des accidents

CHAUFFAGE

chez jiresqiio tous les malades qui occupaient, au Val-de-Gràce, une (les salles de notre service; les malades se plaignaient de malaise général, de cé})halalgie, de nausées et de vomissements; un convalescent de fièvre typhoïde eut une sync(jpe qui heureusement n’entraîna pas la mort. L’inlîrmier qui avait passé la nuit dans la salle était également malade.

11 n’y avait pas de fumée dans la salle, mais une odeur marquée d’oxyde de carbone, la clef du poêle était complètement fermée ; dès qu’on eut largement ventilé la salle, ces accidents ne tardèrent pas à se dissiper; à la suite de cet accident on fit retirer, au Val-de Grâce, toutes les clefs des poêles.

A l’aide de la porte du cendrier on peut régler le tirage des poêles sans employer les clefs.

Le cendrier des poêles doit être pourvu, dit Coulier, d’une porte fonctionnant bien et susceptible de fermer complètement, ce qui permet de régler la combustion et d’éviter les dangers de l’asphyxie auxquels exposent les clefs des poêles. Les clefs doivent être supprimées.

D’après J. Ullelmann, Gruber, TIempel, l’air respirable ne doit pas contenir plus de 0,2 à 0,5 p. 1000 d’oxyde de carbone; cette pro[)ortion paraît encore trop élevée. L’oxyde de carbone s’accumule dans le sang et peut produire par consécjuent des effets funestes, alors qu’il est en très faible quantité dans l’air. Le séjour habituel dans des lieux insuffisamment aérés et contenant de l’oxyde de carbone, même en très failjle quantité, est dangereux et produit l’anémie et les accidents consécutifs.

M. Bertbelot a décrit, ])our reconnaître la [>résence de l’oxyde de carbone dans l’air, une méthode qui est fondée sur la pro|)riété que possède ce gaz de réduire l’azotate d’argent ammoniacal (Acad, des SC., comptes rendus, I. CXIl, p. 507).

M. Gréhant dose l’oxyde de carbone de l’air en se servant du grisoumètre de M. Coquillon, perfectionné par lui {Revue gén. des SC. pures et appliquées, 30 déc. 1892). On fait j)asser dans le grisoumètre (variété d’eudiomètre) l’air à examiner; on cbaune au rouge, à l’aide d’un courant électrique, la spirale de palladium qui se trouve à l’intérieur du grisoumètre et l’on calcule, par la réduction du volume des gaz, la quantité d’oxyde de carbone (pii SC trouvait dans l’air.

Par cette méthode, Gréhant est arrivé à doser un millième d’oxyde de carbone dans l’air.

Un procédé très simple, [)Our savoir si un apiiareil de cbaulîage

dégage de l’oxyde de carbone, consiste à suspendre dans la pièce chauffée une cage contenant quelques oiseaux; il suffit d’un cinqmillième d’oxyde de carbone dans l’air pour tuer les oiseaux ; on a donc là un réactif d’une grande sensibilité.

Les poêles en terre sont |)lus longs à échauffer que les poêle.s en fonte et ils n’utilisent pas une aussi grande quantité du combustible, mais ils conservent mieux le calorique que les poêles en

fonte; c’est là le grand avantage des poêles en maçonnerie dont on se sert en Suède et en Russie. Ces poêles, de grandes dimensions , sont construits en même temps ((ue les maisons. Les gaz de la combustion circulent à l’intérieur avant de s’écbap- [)er par la cheminée; d’autres conduits permettent à l’air extérieur de s’introduire dans l’habitation après s’être échauffé en traversant le poêle.

Afin de mieux utiliser le calorique, on donne souvent aux tuyaux de fumée un grand développement.

Les poêles en terre ou en maçonnerie ne peuvent être chauffés qu’avec du bois, ce qui est un gros inconvénient dans nos pays, à cause ilu prix élevé du bois; aussi ces poêles ont-ils été presque complètement abandonnés en France.

On construit aujourd’hui des poêles très perfectionnés qui s’alimentent automatiquement, qui utilisent mieux que les poêles ordinaires la chaleur produite, et qui concourent à la ventilation.

La figure 207 représente un poêle qu’il suffit de charger’ de comhustihle toutes les 24 heures. Le jioêle une fois allume par le bas, -on remplit de charbon do terre, par un orifice placé à la partie supérieure, le cylindre central A. A mesure que le charbon incandescent est brûlé, il est remplacé par celui qui se Irouve

CHAUFFAGE

au-dessus ; le charbon entassé dans le cylindre A ne peut [)as brûler, saikf à la partie inférieure, parce (ju’il n’est pas traversé par l’air chaud; les gaz de la coml)ustion s’échappent par le tuyau F.

Le poêle est à double enveloppe avec prise d’air extérieure K. Lorsque le poêle est allumé, l’air s’échaude dans l’espace L qui entoure le poêle et il s’écha|)pe à la partie supérieure de l’appareil comme l’indiquent les flèches.

A la partie supérieure du poêle un réservoir circulaire contient de l’eau dont la vapeur se

mélang-e à l’air.

Une clef placée sur la prise d’air permet de modérer ou d’arrêter l’arrivée de l’air et lie régler le chauffage, sans crainte d’introduire des gaz toxiques.

Nous avons indiqué, en parlant du chauITage des baraques (]). ooO), une disposition très simple qui permet de transformer un poêle ordinaire en un poêle ventilateur, qui sert à la fois à l’introduction d’air neuf échauffé et à l’extraction de l’air vicié.

Afin de multiplier les contacts entre l’air et la surface «les poêles, beaucoup de ces appareils sont aujourd’hui garnis d’ailettes.

Les poêles ventilateurs de Besson, dits aussi poètes iKbitlaires, sont employés en France dans les hôpitaux militaires.

Tja figure 208 représente la coupe verticale d’un poêle Besson cylindrique. Un cylindre en fonte F, ouvert à sa partie supérieure et fermant à l’aide d’un couvercle, reçoit le comhu.stible. On allume le feu sur la grille 11, les gaz de la combustion s’échappent en 1), se répandent dans l’inlérieur du cylindre «pii forme l’enveloppe externe du poêle et sortent par le tuyau de fumée C.

Entre le cylindre «pii contient le combustible et renvelo[)pe extérieure du poêle se trouvent de gros tubes B (d’où le nom de poêle tubulaire) qui s’ouvretit, d’une part, en bas, dans un espace

qui communique avec une prise d’air extérieure A, et d’autre part, à la partie supérieure de l’appareil. ,

En imprimant des mouvements de latéralité au levier K on fait tomber les cendres et les débris d’anthracite dans le cendrier I.

Lorsque le poêle est allumé, l’air qui se trouve dans les tubes B s’échaude et s’échappe cà la partie supérieure de l’appareil, il est remplacé par de l’air neuf qui s’échautTe à son tour. Le chauffage et la ventilation se font ainsi dans de bonnes conditions ; les tubes,

qui ne sont pas en contact direct avec la damme, ne sont jamais portés au rouge; par suite l’air n’est pas brûlé, il ne se dessèche pas trop et ne prend pas de mauvaise odeur.

La figure 209 montre un grand poêle Besson, de forme quadrilatère, garni d’ailettes à sa surface; la paroi antérieui’e a été enlevée et le cylindre dans lequel on introduit le charbon a été coupé pour permettre de mieux voir les tubes qui sont au nomlire de 14.

Dans les poêles Besson qui ne sont pas ventilateurs, les tubes, au lieu de s’ouvrir dans un espace communiquant avec une prise d’air extérieure, s’ouvrent simplement à la partie inférieure de la chambre; dans ces conditions le poêle chautTe davantage, mais il perd une grande partie de ses avantages, puisqu’il ne concourt plus à la ventilation.

On peut reprocher aux poêles Besson leur mode de fermeture, qui ne met pas entièrement à l’abri de l’introduction des gaz de la combustion. Le bord supérieur du cylindre E (fig. 208) est muni d’une rainure circulaire, assez profonde, qui contient du sable fin et le couvercle est garni d’un rebord qui vient s’enfoncer dans la rainure au milieu du sable. Il est bien certain que, si la pression des gaz dans le cylindre E était su|)érieure à la pression atmosphérique, les gaz pourraient traverser le sable et se répandre dans l’air de la chambre; mais, dans les gros [loêles surtout, le tirage est toujours

CHAUFFAGE

TU

suffisant pour que cet incoiiA'énient ne soit pas à craindre, c’est l’air extérieur qui est aspiré dans l’intérieur du cylindre E. Néanmoins, surtout au moment de l’allumage des poêles, des gaz et de la fumée peuvent s’échapper au-dessous du couvercle.

Il faut avoir soin que le couA:ercle soit bien enfoncé dans la rainure à sable. Lorsque le poêle est chargé par des infirmiers négligents, il arrive que des morceaux de charbon tombent dans la rainure et empêchent le rebord du couA^ercle de s’y enfoncer, ou bien dans les tubes qu’ils obstruent. De grands entonnoirs en tôle, qui s’appliquent sur l’ouverture du j)oêle, permettent d’introduire le charbon dans le cylindre central sans qu’il en tombe en dehors.

Il ne doit pas y a^mir, au-dessous des poêles, d’espace vide communiquant avec la prise d’air; les infirmiers ont toujours de la tendance à balayer les poussières sous les poêles ainsi installés; la })rise d’air se rétrécit de plus en plus et les poussières, souvent dangereuses, provenant du balayage, sont soulevées et entraînées par le courant d’air arrivant de l’extérieur.

Par les grands froids on charge les poêles deux fois par jour et on a soin de faire tomber les cendres de temps en temps, pour activer la combustion; ces poêles peuA^ent fonctionner nuit et jour, tout un hiver, sans s’éteindre, ce qui est très commode; on entretient ainsi dans les salles de malades une température constante et on n’a pas à rallumer sans cesse les poêles comme autrefois.

Nous avons fait installer, au musée d’hygiène du Val-de-Grâce, deux poêles de ce modèle et nous avons toujours été très satisfait de leur fonctionnement.

Les poêles Besson donnent être chauffés à l’anthracite ; les houilles grasses les salissent ra])idement, ce qui nécessite de fréquents nettoyages.

TjO grand poêle Besson, re[)réscnté figure 208, consomme enAÛron 40 kilogr. d’anthracite en 24 heures; il utilise 80 j)Our 100 du combustible.

En Allemagne, on emploie beaucoup les j)oêles à double enveloppe (Mantelôfen) ; l’air s’échaulïe en travei’sant l’espace existant entre ces envelo|)[)es. Le poêle Mcidinger, dont on se sert au lazaret de Tempelhof, appartient à cette catégorie de poêles.

B. Chauffage central. Calorifères. — Les calorifères [)euvent être divisés en calorifères à air, à eau, à vapeur et mixtes.

a. Calorifères à air chaud. — Dans le sous-sol du local à A’entiler, on installe un poêle en maçonnerie dont le foyer est traversé par

une série (le tubes (fig. 210); l’air extérieur s’échaulTe en traversant ces tubes et il pénètre ensuite dans les dinérenles jiièces de l’babitation.

Les princi[)ales condi lions (|ue doivent remplir ces calorifères sont, d’après Couliei-, les suivaalos :

1" Tirage jilus énergique pour les gaz brûlés que pour l’air cbautTé; dans ces conditions, alors même que les joints des tubes à air sont mal faits, les gaz de la combustion ne s’introduisent pas dans l’habitation.

2" Contact prolongé des gaz de la combuslion avec les conduits

à air; ces derniers ne doivent pas être touchés directement par la flamme, qui les échaufferait ti'op, qui brûlerait l’air, le dessécherait, et lui donnerait une mauvaise odeur.

3“ Les conduits à air chaud doivent avoir une large section, ce qui assure un grand débit, avec une vitesse faible, et ce qui permet de ne pas trop chauffer l’air.

Ces appareils qui abaissent trop le degré hygi'ométrique de l’air et qui altèrent l’air, quand les tubes sont fortement cbaulîés, ont été en général abandonnés pour les calorifères à eau ou à Aapcur d’eau.

1). Calorifères à eau. — Ils se divisent en calorifères à basse et à haute pression.

Le calorifère à eau à basse pression, dans lequel l’eau est chauffée

CHAUFFAGE

dans un circuit ouvert à sa partie supérieure, n’est autre (pie le thermo-aiphon des jardiniers.

Ce thermo-siphon se coinjiose d'une chaudière en cuivre (lîir. 211) dont le fond est concave pour augmenter la surface de cliaulTe; la chaudière se termine à sa jiartie supérieure [lar un vase ouvert dit vase d'expansion D ; du point E de l’appareil part un luhe (pii pénètre dans la serre, la jiarcourt dans toute sa longueur et revient en I dans la chaudière. Dès (ju’on fait du feu en B, l’eau chaude, plus légère, s’élève dans la chaudière et passe en E; elle

Fig. 211. — Thermo-siphon en usage pour le chauffage des serres (d’après Goulier, op. cil.).

se refroidit en traversant les luyaux E, G, II, revient en t, se réchautTe dans la chaudière, etc.

Dans les calorifères à eau destinés au chaufTage des hahitations, l’eau chaude s’éhève à la partie supérieure des bâtiments et de là redescend dans des poêles d’eau installés dans les dilïérentes chamhres (fig. 212).

Ces calorifères à eau à basse |iression fonctionnent avec une grande régularité; lorsqu’il s’agit d’un chaulîage égal et continu, comme dans les salles de malades, le thermo-siphon possède sur les autres appareils de chauffage de grands avantages (Coulieh).

Pour installer ces ap[)areils il faut des tubes larges, renfermant beaucoup d’eau, d’où une surcharge des bâtiments; il faut aussi beaucoup de temps pour échaufler cette masse d’eau, ce qui |)résente (le grands inconA^énierits si le chautrage n’est pas continu.

Dans les calorifères à eau à haute pression, le circuit est ferme, et par suite l’eau peut être chauffée à 150 ou 200°. A la partie supérieure du réservoir d’expansion est une soupape de sûreté ; lorsque l’eau se dilate, par suite du chauffage, elle soulève cette soupape et l’excès d’eau sort du circuit; lorsque la température s’abaisse, le

Eig. 212. — Caloriforo à eau à basse pression (d'après Coulior, op. cit.).

Eig. 213. — Coupe d'une maison à plusieurs étages cliaufféo par un calorifère à eau à haute pression (système Pcrkins). — n, partie du calorifère située dans la cave et servant au chauffage do l'eau ; 6,6,6, poêles d'eau ; c, soupapes servant à la sortie et à la rentrée do l'eau.

vide tend à se faire et une autre soupape permet à l’eau de rentrer.

La figure 213 montre l’installation des poêles d’eau dans une maison chauflée à l’aide d’un calorifère à eau à haute pression.

On fait usage, pour l’installation de ces calorifères, de tubes en fer étiré de Om. 022 de diamètre intérieur et de 0 m. 006 d’épaisseur, éprouvés à plus de 100 atmos[)hères ; comme on ne dépasse guère, dans la pratitjue, une pression de G atmosphères, on voit (pic les accidents sont [icu à redouter.

CHAUFFAGE

La masse d’eau, beaucoup moins considérable qu’avec les calorifères à eau à basse pression, s’écbaulïc plus vile, mais le refroidissement est aussi plus rapide.

c. Calorifères à vapeur d'eau. — Lorsque de la vapeur d’eau arrive dans un récipient dont la température est inférieure à 100", elle se condense et il se dégage de la chaleur au moment de la condensation. Un litre d’eau transformé en vapeur contient assez do calorique pour chaulîer S 1. 1/2 d’eau de 0 à 100".

Le chauffage à la vapeur d’eau peut être fait à basse ou à haute pression ; un calorifère à vapeur d’eau comprend : 1" un générateur de vapeur; 2“ des conduites qui distribuent la vapeur dans les dilïérents locaux ; 3° des appareils dans lesquels la vapeur se condense et abandonne son calorique ; 4“ des tuyaux de retour de l’eau condensée au générateur.

Les conduites de distribution sont en cuivre ou en fer étiré.

La figure 214 indique la disposition d’une surface de chaulTe d’un calorifère à vapeur d’eau (système Geneste et Herscher). La surface de chauffe se compose de tuyaux de fer à ailettes, disposés sur deux rangs; ces tuyaux sont visibles seulement dans une moitié de la figure; dans l’autre moitié ils sont cachés par la grille qui les recouvre d’ordinaire. Au-dessous des tuyaux se trouve un purgeur automatique qui permet à l’eau de condensation de retourner à la chaudière.

Les ailettes qui garnissent les tubes augmentent considérablement la surface de chauffe. Le nombre des ailettes est de 34 par mètre courant, la surface de chaque ailette est de 288"®; la surface totale pour 1 m. de tuyau à ailettes est de 9800"®, 9 fois plus grande que celle du tuyau qui porte les ailettes. Ces tuyaux sont essayés à une pression de 50 kilogr. par centimètre carré.

Les surfaces de cbauiïe du calorifère Geneste et Herscher se placent d’ordinaire au-dessous des fenêtres; de cette manière, 1 air froid qui pénètre par les fenêtres, au moyen de vitres perforées par exemple, comme cela est indi<jué dans la figure 214, vient se mélanger tout de suite avec l’air qui a passé sur la surface de chauffe.

Les calorifères à vapeur d’eau sont employés dans beaucoup d’hôpitaux et même dans quelques casernes.

Fig. -21-1. — Surfaco do chauiîo placdo au-dossous d'uno fcnûtro.

Dans la caserne des Fusiliers à Dresde, le service des cuisines, des bains, de la buanderie et le cbaulïage des cbainbressont assurés par quatre générateurs de vapeur placés dans le sous-sol.

A rhôpital militaire de Bucharest, tous les pavillons sontcbaulles par des calorifères à vapeur, spéciaux à cbacun d’eux. Les appareils de cbaulïage, situés au sous-sol, se composent de deux chaudières cylindriques, munies d’appareils automatiques pour amener l’eau nécessaire, de manomètres et de régulateurs automatiques pour éviter les trop fortes pressions.

On se sert, pour le chaulTage, de pétrole brut, qui revient à très bon marché à Bucharest et qui est distribué par des conduits souterrains.

Des chaudières partent des conduits qui aboutissent dans les salles à des tubes à ailettes, en forme de serpentins, recouverts d’un manteau de tôle, qui constituent les appareils de cbaulTage. Dans les grandes salles, il y a quatre surfaces de chaulTe, dans les petites, trois, deux ou une seule, d’après le cubage. Chaque appareil est muni d’un robinet surmonté d’une petite cuvette par laquelle on peut laisser échapper un petit jet de vapeur pour humecter l’air de la pièce’. Ces appareils aspirent l’air extérieur par des conduits qui s’ouvrent au niveau du manteau de chaque poêle; on peut régler à volonté, au moyen de soupapes, l’arrivée de l’air.

Les calorifères à vapeur d’eau ont un inconvénient : il n’existe [tas de réserve de calorique, dès que le feu tombe, le calorifère cesse de cbaulïèr, et les locaux se refroidissent très rapidement.

d. Calorifères mixtes. — Dans le système Grouvelle, installé à l’hôpital militaire de Vincennes, les tuyaux de vapeur, placés dans un caniveau, sous le parquet des salles, viennent aboutir à un serpentin contenu dans une grande caisse pleine d’eau, véritable réservoir de chaleur. Ce poêle à eau chaude que la vapeur échautTe est fait de forte tôle et timbré à deux atmosphères. La vapeur, en le quittant, est conduite par des tuyaux dans un réservoir où elle se condense, pour retourner ensuite dans la chaudière.

A la prison de Mazas, chaque étage a son thermo-siphon séparé, et tous ces appareils sont chautVés par la vapeur d’une seule chaudière.

A l’hôpital Tenon, les appareils de chauffage sont des poêles à eau chauffés par la vajieur.

En Allemagne et en Suisse, les poêles à eau et à vapeur d’eau de Sulzer (de Winterlbur) sont très em[)loyés. M. le médecin principal Bicbai'd a donné la description suivante d’un de ces calorifères {op. cil., p. 520) : Ija vapeur, dont la pression ne dépasse

CHAUFFAGE

pas 1 atmosphère 1/2, monte directement jusque dans les comhles, à travers un tuyau l)ien isolé, pour éviter la déperdition de chaleur, puis redescend par des hranchements dans les diverses pièces où sont installés des poêles cylindriques à eau. Ces poêles (fig'. 215) se composent de deux parties : une centrale, le caléfacteur, et une extérieure, le manteau. La vapeur descend par le tuyau T dans la cloche du caléfacteur, passe àtravers les tubes t, tel C ets’écha|)pe avec l’eau de condensation par le tuyau T’ qui A'a rejoindre la chaudière. Le caléfacteur est rempli jusqu’à la hauteur N, au niveau de l’embouchure du tuyau d’arrivée de laA apeur; dès que, par la condensation de la vapeur, ce niveau est dépassé, l’eau se déverse par le tube t' et va à la chaudière. Le manteau est à double paroi et loge de l’eau qui est en communication avec celle du caléfacteur par deux tuyaux, un supérieur E et un inférieur E’ ; ce dernier est muni d’un robinet. Lorsque ce robinet est fermé, l’eau du caléfacteur seule s’échautTe par le passage de la A^apeur; mais dès qu’il est ouvert,

l’eau du caléfacteur, plus légère, passe eiiE et cède la })lace à l’eau du manteau qui entre par E’. 11 s’établit ainsi une circulation qui est d’autant plus active que la dilïérence de température est plus grande. L’air est admis dans l’espace annulaire ménagé entre le manteau et le caléfacteur ou bien il en est exclu par un jeu de registres.

Les bôpitaux neufs de Herlin ont été pourvus de cbaulTage à l’eau et à la vapeur (systèmes de Gropius et Schmieden, de Rietschel et Ilenneberg, etc.).

A Lockport, aux Etats-Unis, une compagnie a installé un système

Fig. 215. — PoOlo Sulzer (figuro scliùmatiquo), d’aprôs E. Ricliard.

de chauflàge central à la vapeur et à l’eau destiné à desservir 200 maisons. Douglas Galton serait disposé à tenter une installation semblable dans les cités ouvrières de Londres.

Le chaulï’age central, compromis par de premiers essais très imparfaits et très dispendieux, a fait, comme on Aviit, de grands |>rogrès qui le recommandent de nouveau à l’attention des hygiénistes, les calorifères mixtes à vapeur d’eau et à eau [laraissent coiiA'^enir très bien aux hô|)itaux.

ÉCLAIllAGE

Dans beaucoup de casernes et d’iiôpitaux, l’éclairage se fait encore d’une façon très primitive, à l’aide de lampes à huile qui éclairent mal et qui sont d’un entretien difficile et dispendieux.

Les lampes à pétrole donnent plus de lumière que les lampes à huile ordinaires, et sont d’un entretien plus facile. L’éclairage à l’huile de pétrole est autorisé en France dans les casernes, à l’exclusion des magasins d’habillement; il est interdit dans les hôpitaux.

L’éclairage électrique est encore trop coûteux pour qu’on })uisse le préconiser d’une façon exclusive, mais il a fait de si grands progrès depuis cpelques années, qu’on peut avoir aujourd’hui toute confiance en son avenir.

L’éclairage électrique est d’un emploi très commode et très hygiénique : il supprime les lampes à huile qui éclairent mal et qui se dérangent sans cesse, les fuites de gaz et les chances d’incendie qui en résultent, enfin il ne vicie pas et n’échaufié pas l’air, comme font les lampes et le gaz *.

Une lampe à incandescence qui donne une lumière correspondant à celle de 12 bougies, ne produit que 34 calories à l’heure, alors qu’un bec de gaz et une lampe à huile, fournissant la même lumière, en produisent, le premier 550, et la deuxième 822. Aussi l’éclairage électrique a-t-il été adopté rapidement dans tous les lieux publics où de nombreux becs de gaz produisaient une chaleur insupportable (salles de théâtre, etc.).

L’éclairage électrique est déjà employé dans un certain nombre d’hôpitaux.

L’éclairage de l’hôpital du Havre se fait en partie à l’aide de l’électricité.

A l’hôpital de Bucharest, l’éclairage est assuré à l’aide d’une station électrique placée dans le même pavillon que la cuisine et la buanderie. On y trouve deux grands moteurs fixes à double expansion, d’une force de 45 chevaux. Ces moteurs sont en relation

I. Frôlicii, Noies sur l’éclairape des locaux milil. Der MilUairarzt, 1881, n° 18. — CoLso.N, Noie sur l’emploi de l’éleclricilé dans les biUimenls milil.. Mémorial de l'officier du génie, 1887, l. Nil, p. 220. — Gauikl, L’éclairage éleclrique. Revue d'hygiéne, 1892, p. 101, el arl. Éci.aiuagh in Eneycloii. d’Iiygiène el de méd. puhl., 1892. — Vrntuium, Noies sur l’éclairage éleclrique dans les élablisscmenls des services adminislralifs, Revue de V intendance milil., 1894, p. 04.8. — L’iuslallaliou d’éclairage éleclrique de l’École sp. milil. de Sainl-Cyr, Revue du génie nülit., juillel 1893.

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