‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 92 sur 115 · I. Académie de métlecinc, séance du 24 juillet · texte numérisé non relu

I. Académie de métlecinc, séance du 24 juillet

deuxième série, avec le pulvérisateur Geneste et Ilersçher petit modèle, qui mouille moins que les précédents.

La durée de la pulvérisation a toujours été d’une minute; il est rare que, dans la pratique, on pulvérise les liquides désinfectants pendant aussi longtemps sur un môme })oint.

Avec le pulvérisateur grand modèle de Geneste et llerscher, les pulvérisations ont été faites à 1 m. 30 ou 1 m. 50 de distance; avec le petit modèle, à 1 m. ou 1 m. 20; nous avons fait aussi quelques expériences à déplus faibles distances.

Nos expériences ont porté principalement sur les solutions de sublimé et d’acide phénique, qui sont les plus employées; mais nous avons essayé aussi d’autres liquides désinfectants.

La solution de sublimé à 1 p. 1000, acidulée, nous a donné des résultats très médiocres. Lorsqu’on a soin de neutraliser, au bout de vingt-quati'e heures, l’excès de sublimé avec une solution étendue de sulfhydrate d’ammoniaque, on constate que les microbes pathogènes résistent presque toujours aux pulvérisations pratiquées avec ce liquide. Avec les solutions de sublimé à 2 et à 4 p. 1000, les résultats ne sont pas beaucoup plus satisfaisants : le bacille du charbon résiste toujours, le coli bacille, le pyocyaneus, le pyogenes aureus, les bactéries ordinaires des crachats, le vibrion cholérique, le bacille de la tuberculose résistent très souvent. Du virus vaccin s’est montré aussi virulent après avoir été soumis à la pulvérisation qu’avant.

Les résultats des pulvérisations varient d’ailleurs, pour un même microbe, avec la durée de la pulvérisation, avec le pulvérisateur employé qui mouille plus ou moins, avec la distance à laquelle s’opère la pulvérisation, avec les substances qui englobent les microbes, et aussi avec la nature de la paroi à désinfecter.

Sur les murs recouverts de plâtre et badigeonnés à la chaux, certains microbes comme le B. pyocyaneus, le Staphyl. pyog. aureus sont assez souvent détruits, d’autres, pourvus ou dépourvus de spores (charbon, coli-bacille, bacille de la tuberculose), résistent presque toujours à l’antiseptique.

Sur les surfaces enduites de peinture à l’huile, queh|ues germes fragiles peuvent être détruits, la pliqiart ne sont pas atteints dans leur vitalité.

Les surfaces recouvertes de papier de tenture donnent des résultats encore moins satisfaisniits.

11 est assez facile de s’expli({uer [)Oun[uoi les liquides antiseptiques pulvérisés agissent mieux sur une muraille badigeonnée à

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la chaux que sur un mur peint à l’iiuile ou j-ecouvert de papier. Les gouttelettes du liquide antiseptique sont absorhéos par le mur badigeonné à la chaux et imprègnent toute la surface; au contraire, si le mur est peint à l’huile ou tapisse de papier, les gouttelettes ne s’étalent pas ; on trouve entre elles des es[>aces qui no sont pas mouillés. On peut mettre ce fait en évidence en jmlvérisant un liquide coloré : 1° sur du papier collé, 2“ sur du papier à tiltrer; dans le premier cas on obtient de petites taches bien séparées, dans le deuxième on a une coloration à peu près uniforme, parce que les gouttes du liquide pulvérisé, absorbées par le papier, ont donné des taches conlluentes.

Le sublimé employé sous forme de puWérisations n’assure donc pas la destruction des germes, principalement dans les habitations dont les parois sont tajiissées de papier.

Le sublimé a en outre l’inconvénient d’altérer les parties métalliques des pulvérisateurs, mais MM. Geneste et Herscber construisent aujourd’hui des juilvérisateurs garnis d’ébonite à l’intérieur, dans lesquels l’extrémité de la lance est seule attaquable par le sublimé.

L’instabilité des solutions de sublimé présente moins d’inconvénients pour les pulvérisations que pour le lavage ; on peut préparer la solution au moment de l’introduire dans le pulvérisateur, comme on le fait dans le service de désinfection de la ville de Paris, et la solution n’est pas souillée par les poussières provenant du lavage des murs. Guttmann, Merke et Bordoni Uflreduzzi recommandent de se servir d’une solution de sublimé à 3 p. 1000 acidulée avec cinq millièmes d’acide chlorhydrique.

Les pulvérisations faites avec la solution d’acide phénique à 5 p. 100 ne donnent pas des résultats plus sûrs que celles faites avec les solutions de sublimé à 1 ou 2 p. 1000; nous avons constaté plusieurs fois, après lavage à l’eau distillée pour enlever l’acide [ihénique, que, non seulement la bactéridie charbonneuse, mais aussi le bacille pyocyanique, le staphylocoque doré et le coli bacille, avaient résisté.

Les expériences faites sur le vibrion cbolérique, sur le bacille de la tuberculose et sur le vaccin, au moyen des jnilvérisations d’acide phénique à 5 p. 100 (pulvérisateur Geneste et Herscber petit modèle) ont donné d’aussi mauvais résultats que les expériences avec la solution de sublimé à 2 p. 1000 relatées plus haut.

Un coliaye inoculé avec la culture de tuberculose soumise aux pulvérisations phéniquées présentait, au bout de vingt-cinq jours.

une tuberculose typique et déjà très avancée; quant au vaccin soumis aux pulvérisations phéniquées, il a donné des pustules tout à fait normales.

La solution phéniquée à 5 p. dOü acidulée à l’acide tarlrique, n’a pas donné de meilleurs résultats que la solution ordinaire.

La solution phéniquée n’altère pas les pulvérisateurs, et elle est stable, mais la désinfection par l’acide pbénique est plus coûteuse que par le sublimé; de plus l’odeur de l’acide pbénique est assez désagréable.

Le lysol en solution à 5 p. lüO et le crésyl en émulsion dans l’eau à 4 p. lOü encrassent rapidement les pulvérisateurs, qu’il faut nettoyer sans cesse, ils attaquent fortement les métaux, le cuivre surtout, ils tachent les murs, enfin l’odeur qu’ils répandent est plus forte et plus désagréable que celle de l’acide pbénique; le lysol et le crésyl ne peuvent donc pas être utilisés pour la désinfection par pulvérisation.

Il n’est pas possible de pulvériser des liquides chauds et par suite plus actifs; la pulvérisation refroidit rapidement les liquides chauflés. Voici le résultat d’une expérience que nous avons faite, MM. Burcker, Vaillard et moi :

Le pulvérisateur Geneste et Herscber est rempli d’eau à la température de 98°. L’appareil est aussitôt mis en fonctionnement et le jet est dirigé sur une série de thermomètres placés à différentes distances sur le trajet du liquide pulvérisé. La température ambiante est de -|- n° G.

Le thermomètre placé presque au contact de la lance marque 4o°

à 0 m. 05 au delà de la lance.

Ainsi l’eau pulvérisée sort de l’appareil à 45° et à son arrivée sur le mur elle marque 14°, c’est-à-dire une température inférieure à la température de l’air ambiant.

Il ressort en somme de nos ex[)ériences que la désinfection des parois des habitations opérée à l’aide des pulvérisateurs ne donne, comme la désinfection par l’acide sulfureux, que des résullats incertains.

Les expériences comparatives que nous avons faites sur la désinfection des murs avec les solutions antiseptiques i)ulvérisées, et sur le lavage à l’aide d’une solution do savon noir, suivi d’un lavage avec une solution désinfectante, montrent qu’à l’aide de ce

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ilcniier [irocédé, on ohlienl des résultats beaucouj) plus satisfaisants qu’avec les [lulvérisations.

Dans ses recherches sur la désinfection des poussières sèches des ap[)artements {loc. cit.), M. Miquel a adopté une technique très dilTérente de la nôtre. Il a opéré le plus souvent on noyant les poussières dans le liquide désinfectant dont il voulait constater les propriétés; ce ne sont ])as là, on en conviendra, les conditions de la ilésinfection à l’aide dos [mlvérisateurs. Les liquides pulvérisés mouillent à peine les |)oussières, quand elles sont en couche un peu épaisse à la surface des murs, ils sèchent rapidement et surtout ils ne peuvent pas agir sur les microhes qui sont englobés dans du mucus, comme cela arrive quand il s’agit de murs souillés ]>ar les crachats. On comprend que M. Miquel soit ari-ivé à des conclusions qui dillerent des nôtres.

c. Désinfection des murs avec de ta mie de pain. — Ce procédé, préconisé par E. v. Esmarch, est somment employé en Allemagne; on frotte les murs à désinfecter avec des tranches de pain, les poussières et les microbes s’incorporent à la mie de pain, on balaie tous les débris résultant du nettoyage et on les brûle. Esmarch a obtenu ainsi des résultats très satisfaisants, ce qui prouve que le nettoyage mécanicjue présente de grands avantages.

Le lavage des murs, quand il est possible, nous paraît bien préférable au procédé d’Esmarch. 11 suftit (|ue la mie de pain soit trop sèche ou trop humide, pour (|ue l’cHet voulu ne soit pas obtenu; d’autre part, les débris du pain entraînant les poussières, tombent ilans les fentes des parquets, ce qui constitue une nouvelle cause d’infection à laquelle il est difficile de remédier. Il serait d’ailleurs très long de nettoyer par ce procédé les parois de chambres aussi vastes (pie les chambres des casernes ou des hôpitaux et l’opération serait coûteuse. Enfin la mie de pain ne suffit ]»as pour enlever les microbes incorpoi'és dans du mucus desséché et très adhérent.

d. Badigeonnage à la chaux '. — Lorsque les murs sont badigeonnés à la chaux, comme ils le sont dans les casernes, il n’est |)as |)0ssil)le de les laver; heureusement le badigeonnage à la chaux a, jiar lui-mème, des pro[)riétés désinfeclantes lorsqu’il est fait dans de bonnes conditions.

1. E. Vai.lin, op. cil., p. nS8. — Dr Uiaxa, Sur r.acLion désinferlnnle du Idnncliimcnl des murs au lait de chaux, Ann. de ynicror/rapliie, 20 avril 1800. — Lacarskt, môme sujet. Reçue d’/iijr/üne, 1802, ji. 481.

Le badigeonnage des murs à l’eau de chaux doit être fait dans les chambres des casernes tous les ans et au besoin tous les six mois. (Itèglemcnt sur le service intérieur, infanterie, art. .3b;i.)

Lavekan, Hyg. milU.

Tl arrive trop souvent qu’on emjiloie un badigeon qui renferme beaucoup de carbonate de chaux et de gélatine et (jui, loin d’avoir une action désinfectante, augmente la souillure des murs.

Il résulte des recherches de de Giaxa que les bacilles du charbon (sans spores), ceux île la fièvre typhoïde et du choléra sont détruits par le hadigeonnage avec la chaux caustique; les spores du charhon et les hacilles de la tuberculose résistent.

D’après Lapasset on obtient de très bons résultats avec le badigeon suivant :

Eau 5 litres

Chaux fraichemeiit éteinte 2 kilogr.

On décante et on mélange avec une solution de colle pour badigeon (250 à 300 gr. pour 5 litres d’eau bouillante).

Lorsqu’on badigeonne les murs à la chaux, on ne doit pas gratter le hadigeonnage ancien.

« Des exjiériences que nous avons faites il y a trois ans nous ont montré, écrit M. le médecin inspecteur Yallin, qu’un simple badigeonnage (avec de la chaux fraîchement éteinte) stérilisait mieux les murailles, intentionnellement souillées de germes, que ne le faisait la pulvérisation d’une solution de sublimé à 3 p. lOÜO. On croit généralement et on répète que lorsqu’on renouvelle le badigeonnage, il est indispensable de gratter les couches anciennes qu’on suppose imprégnées de germes. Nos expériences ont montré que c’est une erreur ; des parcelles empruntées aux couches des trois, quatre ou cinq années précédentes, semées dans des liquides de culture n’ensemencent ceux-ci que rarement et difficilement. Au contraire les couches les plus profondes, celles qui adhèrent à la muraille proprement dite, jiullulent de germes à tel point que la gélatine de culture est rapidement liquéfiée.

« Contrairement à ce que l’on pense et à ce (jue nous croyions nous-même, pour obtenir une désinfection parfaite, il suffit d’appliquer le nouveau badigeon sur les couches anciennes et l’on doit se dispenser de gratter celles-ci qui disséminent dans toute l’babitation les germes superficiels qu’on se propose de détruire. » (Acad, de méd., 24 juillet 1894.)

En résumé, le meilleur procédé de désinfection des murs consiste à les laver d’ahord avec une solulion savonneuse ou avec une solution de bicarbonate de soude, [)uis avec uiu' solution de chlorure de chaux ou d’acide j)héni({ue à 4 ou 5 [). lOü.

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Dans les casernes, comme dans les hôpitanx, il fandrail avoir <les parois imperméables, faciles à nettoyer et à désinfecter ]>ar ce procédé.

Lors(jii’on opère la désinfection à l’aide dos pulvérisateurs, il faut [uilvériser le li({uide désinfectant jus(|ii’à ce qu’il ruisselle le long des murs; même dans ces conditions, la désinfection faite par ce [)i’Océdé est souvent incomplète.

Le badigeonnage à la chaux est un bon procédé de désinfection, mais il ne vaut pas le lavage suivi de désinfection qu’on peut faire quand les j)arois sont recouvertes d’enduits imperméables.

Lorsque la partie inférieure des murs des chambres de caserne est enduite de coaltar, il est facile de laver avec des solutions désinfectantes cette partie des murs qui est la plus exposée aux souillures.

13. Désinfection des planchers. — La désinfection des planchers ordinaires, dont les nombreuses fentes communiquent aved’entrevous,qui est rempli de poussières, peut être qualifiée d’impossihle.

Nous avons insisté déjà sur la nécessité de supprimer, dans les casernes, les planchers en hois et les entrevous (Ch. xiii, p. 480) et nous avons indiqué les moyens qui avaient été préconisés pour rendre les planchers imperméables.

Les ]danchers rendus imperméables à l’aide du coaltar s’infectent moins, et sont plus faciles à nettoyer que les planchers ordinaires, mais on ne remédie ainsi qu’en partie au mal, l’entrevous est toujours une cause d’infection.

11 faut se garder de faire le lavage des planchers à grande eau, même en employant des solutions désinfectantes; les désinfectants sont bien vite annihilés; ils s’évaporent (acide phénique) ou ils sont fixés par la matière organi(|ue (sublimé) et l’eau entretient dans l’entrevous une humidité (]ui favorise la pullulation des bactéries et des moisissures.

On se servira avec avantage, ])Our nettoyer les planchers, d’une solution savonneuse additionnée de crésyl :

Eau chaufle 10 lit.

Savon noir 300 gr.

Crésyl 400 gr.

Nous avons vu ipae, dans les hôpitaux, on pouvail rendre les planchers imperméables au moyen de ta paraffine ou de peinture à l’huile mélangée à un vernis. los |)lanch('rs sont

ainsi préparés, il est facile de les tenir propi’os et de les désinlecter, dans une certaine mesure, en passant à la surface un linge imbibé

(l’un liquide dfîsinfectant. L’émulsion de crésyl à 4 p. 100 nous paraît convenir pour cet usage

G. Objets mobiliers, literie. — Les objets mobiliers et la literie qui se trouvent dans les locaux infectés doivent être nettoyés et soumis à la désinfection. Les parties des lits les plus exposées à être souillées seront lavées avec des solutions désinfectantes (acide phénique à 5 p. 100, émulsion de crésyl), ainsi que les tables de nuit dans les hôpitaux ^

La paille des paillasses sera brûlée, les enveloppes seront envoyées à l’étuve à désinfection, ainsi que les matelas et les couvertures; nous nous occuperons, dans le chapitre suivant, de la désinfection de ces objets.

D. Désinfection des écuries et abreuvoirs. — Une instruction récente réglemente ainsi qu’il suit la désinfection des écuries qui ont renfermé des chevaux atteints de morve et celle des abreuvoirs. {Bullet. off. du ministère de la guerre. Sept. 1895.)

« Écuries. — 1° Les intervalles à désinfecter seront débarrassés de toutes leurs litières et aliments quelconques contenus dans leur râtelier et dans leur mangeoire. Les interstices de leurs pavés seront raclés et soigneusement balayés. On incinérera ou l’on enfouira profondément tous ces détritus.

(( 2“ Immédiatement après, premier hiA^age à grande eau des râteliers, mangeoires, murs de face et de cotés, séparations et pavés, toutes portes et fenêtres du voisinage étant ouvertes. Puis deuxième lavage plus soigneux avec la brosse dure et de l’eau aussi chaude que possible, contenant 4 pour 100 de crésyl ou de lysol. On s’attachera surtout à faire disparaître la crasse ou autres souillures apparentes, à faire pénétrer le liquide désinfectant dans tous les joints, fissures et interstices des boiseries et des murs, en insistant surtout sur les parties vernissées ou revêtues d’un enduit

1. Le crésyl esl un produil impur que l’on relire de la créosote de houille. Il s’émulsionne très bien dans l’eau et l’émulsion est très persistante.

L’émulsion de crésyl à 4 p. lOU d’eau est un désinfectant énergique qui détruit même la bactéridie charbonneuse avec spores.

2. 11 résulte des reche’rches de Zelenell que les tables de nuit sont très souvent souillées par des microbes pathogènes. La poussière recueillie sur 39 tables de nuit a été injectée à des cobayes et à des souris blanches. Des 39 tables, 5 provenaient d’un service de tubercideux, 4 d’un service d’érysipélateux, 30 des services généraux de médecine. Des cinq premiers échantillons (luatre contenaient des bacilles de Koch qui se trouvaient aussi dans un des échantillons du service des érysipélateux et dans quatre échantillons des poussières des tables provenant des services généraux. La présence d’autres bactéries [(athogènes a été également constatée dans quelques cas : pneumobacille de Friedlilnder, bacille pyocyanique, streptococpies (Zeleniîi’k, Souillure du mobilier des hôpitaux par les bactéries. Wratsch, 1895, anal, in.’ Reuue d'/ijjf/iène, 1895, p. 955).

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gras quelconque. Ces deux lavages seront facilités, s’il est nécessaire, ]>ar des grattages superficiels ou profonds.

« 3" Deux jours après, badigeonnage général de tous les objets cidessus indi(|ués, avec un lait de chaux vive ayant une c.onsistance senii-li(|uide, soigneusement étendu avec de volumineux pinceaux en crin. Ce lait de chaux sera préparé avec de la chaux vive d’excellente qualité, au moment même de son application.

« L’emploi du coaltar est prohibé, à cause de ses propriétés agglutinantes.

« 4° Les places désinfectées ne seront pas réoccupées avant trois jours au plus tôt; on se basera du reste, pour prolonger ce délai, s’il y a lieu, sur les circonstances climatériques et locales. Il v aura toujours avantage à le prolonger autant (jue possible.

« Abreuvoirs. — ,3“ Les auges contaminées ou ayant pu l’ètre seront immédiatement vidées. On veillera à ce que leur contenu ne puisse souiller les auges voisines. Elles seront recouvertes d’une claie, et leur usage sera interdit pendant toute la durée de la désinfection.

1 6" L’intérieur et l’extérieur de ces auges, ainsi (jue leurs abords, seront soumis à un nettoyage complet, suivi d’un lavage très soigneux avec de l’eau contenant o pour 100 d’acide sulfurique du commerce.

« Le nettovaire se fera avec l’aide de balais, de curettes en fer et de brosses dures, de façon à faire disparaître toutes traces de matières organiques, animales et végétales (conferves). Le lavage qui suivra ce premier nettoyage se fera avec l’aide de tamjions d’étoujie fixés à des bâtons; on aura soin de faire pénétrer la solution sulfurique dans toutes les fentes ou fissures des abreuvoirs et de leurs déjiendances immédiates.

« L’opération sera com[)létée et terminée par un dernier lavage à grande eau, à la suite duquel les auges pourront être rendues à leur destination dans le délai minimum de vingt-quatre heures.

« 7® Tous les récipients (seaux, baquets), etc., ayant servi ou jiu servir à abreuver les animaux contaminés, seront soumis sans délai à un traitement analogue à celui des auges. »

Le crésyl et le lysol conviennent très bien pour ces opérations de désinfection; leur pouvoir désinfectant est bien établi et on n’;i pas à redouter leur action toxique sur les chevaux.

ÜESTKUcrioN DES PUNAISES. — Daiis la plupart des casernes on trouve en abondance des punaises (Ciuiex leclucaria) qui, pendant

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le jour, se cachent dans les trous des murs et surtout dans les fentes des planches à châlits ou dans les plis dos envelo[)pes dos matelas et des paillasses. Lorsqu’on hrûle quelques allumettes audessous des fentes des planches à châlits, il est rare qu’on ne voie pas sortir de ces fentes une ou plusieurs punaises.

Les soldats écrasent les punaises sur les draps, sur les murs, ce qui est malpropre; mais ces insectes sont surtout nuisibles parce qu’ils empêchent le sommeil, et qu’ils sont par suite une cause de fatigue.

En étudiant les objets mobiliers des chambres de caserne (p. S23), nous avons dit combien il était désirable de Amir disparaître les planches à châlits et les paillasses ; le jour où l’on aura, dans les chambres des casernes, des lits en fer avec sommiers métalliques, on pourra, bien plus efficacement qu’aujourd’hui, empêcher la pullulation des punaises.

La poudre de pyrèthre est employée depuis longtemps pour la destruction des punaises.

Lorsqu’on insuffle cette poudre dans une literie, les punaises disparaissent, mais cette disparition n’e.st pas de longue durée, ce qui se conçoit facilement; la poudre de pyrèthre n’a en effet aucune action sur les œufs des punaises, et elle perd rapidement, par évaporation, ses propriétés.

Une commission qui était présidée par M. le colonel du génie Goulier a été chargée, en 1877, de rechercher le meilleur procédé â employer pour la destruction des punaises dans les casernes. xVprcs avoir expérimenté différents procédés, cette commission a reconnu que c’était l’huile de pétrole qui donnait les meilleurs résultats. L’huile de pétrole, qu’il ne faut pas confondre avec l’essence de pétrole, dont l’emploi serait dangereux, tue très rapidement, non seulement les punaises, mais leurs œufs.

Il n’est pas nécessaire d’employer le pétrole pur, on se sert d’une émulsion de pétrole dans l’eau, ce qui éloigne tous les dangers d’incendie.

On mélange une partie de pétrole â quatre parties d’eau environ, on agite fortement et à l’aide d’une grosse brosse de peintre trempée dans ce liquide on badigeonne les planches des châlits, les boiseries et tous les interstices suspects h

1. Au printemps, et plusieurs fois i)endant l’été si cela est nécessaire, le mobilier (les chambres est lavé avec de l’iuiilc de i)étrole étendue d’eau dans la proportion de un dixième; deux fois par an on procède à la destruction des insectes par la poudre de pyrèthre. (llèglem. sur le service intérieur, infanterie, paragr. 3oo.)

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