‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 95 sur 115 · DÉSINFECTION. LINGE · texte numérisé non relu

DÉSINFECTION. LINGE

Les matelas, qu’on ne désinfectait [>as autrefois, ont servi sans nul doute bien souvent à la propagation des maladies contagieuses. M. le médecin principal Ferron a publié des faits intéressants à cet égard, recueillis à une époque où la désinfection des objets de literie se faisait encore d’une manière illusoire.

On doit au D’’ Gelau la relation d’une épidémie de fièvre typhoïde observée dans un régiment d’artillerie à Oldenbourg, dans l’étiologie de laquelle des culottes souillées, mal désinfectées et remises en usage, paraissent avoir joué un rôle très important. Entre l’étolTe du fond des culottes de cheval et la doublure, on trouvait en général des souillures de matières fécales. La désinfection avait été pratiquée à l’aide des vapeurs d’acide sulfureux, et l’on sait aujourd’hui que la désinfection opérée par ce procédé est d’ordinaire très imparfaite. Le nettoyage et la désinfection des effets amenèrent la disparition de l’épidémie, alors que la désinfection des locaux n’avait donné aucun résultat.

Le typhus exanthématique, le choléra, la lièvre jaune et la peste à bubons ont été souvent transmis par des effets d’habillement qui avaient appartenu à des malades.

En 1878, la lièvre jaune a été importée à Madrid par des soldats qui revenaient de Cuba et qui rapportaient des effets ayant appartenu à des soldats atteints de cette maladie (Guichet).

Les effets des malades atteints de variole et de scarlatine peuvent aussi propager ces maladies.

La désinfection des effets est d’autant plus nécessaire dans l’armée que ces effets changent souvent de propriétaire ; on distribue aux recrues et aux réservistes des effets qui ont déjà servi. On a constaté plusieurs fois que la teigne avait été transmise par l’intermédiaire de képis qui, après avoir ajipartenu à des hommes atteints de cette affection, avaient été remis en usage sans être convenablement désinfectés.

I*armi les objets dont la désinfection s’impose, il faut citer encore les instruments de musique (instruments à vent), l’embouchure de ces instruments, qui changent souvent de propriétaire dans les régiments, peut servir à la transmission de la syjihilis ou de la tuberculose (Maljean, Arch. de méd. müü., XV, p. 198).

I. Désinfection du linge. — Pour le linge de corps, les draps de lit et les taies d’oreiller, la désinfection est facile. Tous les germes pathogènes connus sont tués dans l’eau portée à l’ébullition pendant quehjues minutes; il suflit donc d’employer des lessiveuses

dans lesquelles la température se maintient à 100° pendant une demi-heure pour assurer la désinfection du linge.

Lorsque le linge est fortement souillé, en temps d’épidémie cholérique ou typhoïdique, ])ar exemple, on peut procéder à sa désinfection immédiate : à la porte des salles de malades on installe de grandes cuves renfermant une solution désinfectante (solution de chlorure de zinc ou de clilorure de chaux), tout le linge sale est plongé dans ces cuves et porté de là à la buanderie.

Les chemises de flanelle, les bas de laine, les ceintures de laine ou de flanelle ne peuvent pas être mis à la lessive qui donne lieu à un rétrécissement très marqué des tissus de laine ; on les savonne à l’eau froide ou tiède ; il est donc indispensable de désinfecter ces effets, surtout dans les hôpitaux, avant de les remettre en service. On peut ou bien les immerger avant le blanchissage dans une solution désinfectante, ou bien les faire passer à l’étuve après le blancbissage.

IL Désinfection des effets d’habillement et des objets de literie PAR LA CHALEDR. Etuves A DÉSINFECTION. — La désiiifectioii des vêtements et delà literie peut se faire : 1° par la chaleur; 2° par les gaz ou vapeurs doués de propriétés désinfectantes, acide sulfureux, aldéhyde formique ou formol.

La désinfection par la chaleur, au moyen des étuves à vapeur, est généralement préférée aujourd’hui; elle donne en effet des résultats plus certains que la désinfection par l’acide sulfureux.

Tous les procédés susceptibles d’altérer les tissus ou la laine et le crin des matelas donnent être nécessairement écartés.

A. Etuves à désinfection, historique, conditions qu elles doivent remplir. — L’emploi de la cbaleur présente de grands avantages pour la désinfection des eflets d’habillement et de la literie.

Les germes les plus résistants sont tués à la température de 112°, lorsqu’ils subissent l’action de cette température pendant un quart d’heure et dans un milieu saturé de vapeur d’eau.

C’est sur ce principe, bien établi par Pasteur, qu’est fondé l’autoclave de Chamberland en usage dans la plupart des laboratoires de bactériologie.

Celte température de 112° altère très peu les tissus '; les objets

1. Les couvertures de laine qui passent souvent à l’étuve Tinissent cependant par s’altérer, la force de résistance au dynainoinèlre diminue et les couvertures sont mises plus rapidement hors de service cjue celles qui ne sont pas soumises à la désinfection.

en cuir, ou dans la confection desquels entre le cuii-, sont seuls profondément détériorés à cette température ; enfin les olijets désinfectés par la chaleur peuvent être remis en service aussitôt après désinfeclion; ils ne prennent pas de mauvaise odeur comme ceux qui ont été désinfectés à l’aide de l’acide sulfureux.

Les premières étuves à désinfection étaient des étuves cà air sec, chaullees à l’aide de rampes à gaz ; des régulateurs placés sur la conduite d’arrivée du gaz empêchaient la température de s’élever au delà d’un chiffre donné. Ces étuves étaient commodes, peu coûteuses, faciles à installer.

Si une température de 105 à 110“ était suffisante, on pourrait sans danger y exposer tous les efléts d’habillement et les objets de literie (E. Yallix et A. Girardin, art. Désinfectants in Diction, encyclop. des sc. méd.).

A la température de 115 à 120“ les tissus de laine blanche commencent à jaunir ; les tissus de coton et de toile subissent un commencement d’altération à la teinjiérature de 125“, quand cette température est maintenue pendant 2 lieures.

On a reconnu que la température sèche de 115 à 120“ était insuffisante pour obtenir la désinfection des effets et de la literie. On a alors essayé d’introduire de la vapeur d’eau dans les étuves, afin d’humecter les objets à désinfecter; mais, à la pression ordinaire, la vapeur ne mouille que les objets dont la température est inférieure à 100“.

On a été ainsi conduit à construire des étuves à désinfection jmr la vapeur sous pression, qui ne sont en somme que de grands autoclaves tout à fait comparables, en dehors de leurs dimensions, à l’autoclave de Cbamberland, et des étuves à désinfection par la vapeur fluente, c’est-à-dire dans lesquelles la désinfection est faite par un courant de vapeur '.

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O. DU Mes.ml, La désinf. par la vapeur sous pression et les étuves locomobilcs, Ann.

Il n’est pas nécessaire que les étuves à désinfection délniisenl tous les microbes connus; certains microlies (jui offrent une résistance très grande à la chaleur, les spores du bacille de la pomme de terre, par exemple, ne sont détruits par la vapeur d’eau à 100“ qu’après o ou 6 heures, mais il s’agit heureusement de bacilles non pathogènes ; il suffit qu’une étuve permette de détruire sûrement les microbes pathogènes dont le plus résistant à la chaleur est la bactéridie du charbon avec spores.

Pour qu’une étuve donne de bons résultats, il faut que la tempé-rature de la vapeur d’eau se maintienne au moins à 100“ C. et que la vapeur soit pure, c’est-à-dire non mélangée à l’air qui se trouve dans l’appareil au début de l’opération ; cette dernière condition est très importante. L’air qui est un mauvais conducteur du calorique s’échaulfe lentement et le mélange d’air et de vapeur qui se produit quand l’air a été échauffé, désinfecte moins bien que la vapeur pure; ce fait a été bien mis en évidence par les recherches de Heiden reich, Rohrheck, Gruher, Pietro Canalis.

Les spores de la bactéridie charbonneuse qui sont tuées au boni de 5' dans la vapeur d’eau à 100“ peuvent, dans un mélange d’air et de vapeur, résister à une température de 130 à 140“ C.

L’expulsion complète de l’air d’une étuve à désinfection n’est pas facile à obtenir, surtout l’exjnilsion de l’air contenu dans les objets volumineux : oreillers, matelas, etc.

L’air, plus lourd que la vapeur d’eau, tend à s’accumuler dans la partie inférieure des étuves; par suite, ce sont les objets placés à la partie inférieure qui se désinfectent en général le plus difficilement; c’est dans l’intérieur de ces objets que la température de 100“ est atteinte d’ordinaire en dernier lieu.

La manière dont se fait l’expulsion de l’air dans les étuves à

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désinfection a été bien étudiée par Walz , Gnibei- et l’ictro Canalis.

Locsiinc rentrée de la va[)eur a lieu à la partie supérieure, et la sortie de l’air à la partie inférieure, la vapeur, qui est |)lus légère que l’air, s’accumule à la [lartie supérieure de l’étuve et refoule vers la partie inférieure les couches d’air sous-jacentes. Un mètre cube d’air à 0" pèse 1 kg. 293 et à 1ÜÜ“, 0 kg. 9i6, alors qu’un mètre cube de vapeur pèse 0 kg. o88.

Lors(|ue l’entrée de la vapeur a lieu par le bas de l’étuve et la sortie de l’air j)ar la partie supérieure, il faut, pour que l’air s’échappe, qu’il se réchaulïe et qu’il se mélange à la vapeur; son expulsion de l’appareil est donc beaucoup plus difficile.

A l’aide de thermomètres à maxima placés à différentes hauteurs dans une étuve, il est facile de constater que la température augmente presque toujours de la partie supérieure vers la partie inférieure (Frosh et Clarenrach) *.

Walz et Gruber ont conseillé avec raison de construire les appareils de désinfection de manière à assurer l’arrivée de la vapeur à la partie supérieure et le départ de l’air par la partie inférieure.

La vapeur surchauffée pénètre plus facilement à l’intérieur des objets que la vapeur à lüO”.

D’a]irès les expériences de Frosh et Clarenbach la température de 100“ est atteinte d’autant plus vite dans l’intérieur des objets placés dans l’étuve (|ue la pression employée est jilus grande, et il suffit d’une augmentation très faible de pression (1/20 d’atmosphère), i)Our obtenir un raccourcissement très notable du temps nécessaire pour arriver à la température de 100“.

Plusieurs observateurs, Esmarch principalement, ont attribué à la vapeur tluente ou circulante, de grands avantages sur la vapeur stagnante.

Walz et Teuscher n’ont [>as constaté cette supériorité d’action de la va|)eur fluente.

La vapeur lluente favorise, dans les étuves à désinlection, l’ex[)ulsion de l’air et par suite elle pénètre plus complètement et [)lus rapidement dans les objets à désinfecter; on s expliipie ainsi (|u’elle puisse donner de meilleurs résultats (|ue la vapeur stagnante

I. .1*. Canalis a constaté (|uc dans rétnvc de Thursiield la température augmente de bas en liant, ce (jui tient à ce que la vapeur pénètre par le bas, en traversant les objets à désinfecter. Dans cette étuve le pyromètre et le thermomètre à maxima iloivent donc être jilacés à la partie supérieure.

lorsque, dans les appareils à va[)eur slag-iiante, on n’a pas le soin d’assurer l’expulsion complète de l’air.

Pour diminuer la durée de la désinfection, pour économiser la quantité de vapeur nécessaire et par conséquent la quantité de combustible, et aussi pour assurer la dessiccation rapide des objets soumis à la désinfection, il importe de limiter autant que possible la condensation de la vapeur d’eau, résultat qu’on obtient en entourant l’appareil à désinfection d’un revêtement mauvais conducteur de la chaleur et en chauffant les objets placés dans l’étuve avant d’introduire la vapeur. Une grande quantité de vapeur est perdue lorsque les objets à désinfecter sont froids au moment où l’on introduit la vapeur et, après la désinfection, les objets qui contiennent beaucoup d’eau de condensation sont difficiles à sécher complètement.

11 importe de savoir à quelle température correspond telle ou telle pression indiquée par le manomètre d’une étuve, le tableau suivant fournit cette indication

Pression (en almosphèros)

Température

B. Étuves à vapeur sous pression. — La première étuve à désinfection par la vapeur sous pression a été construite, croyons-nous, par .1. Le Blanc en 1881 ; elle se composait essentiellement d’un grand cylindre en tôle épaisse, de 1 m. GO de diamètre sur 2 m. 50 de long, recouvert de bois pour empêcher la déperdition de la chaleur et fermant à l’aide d’un couvercle à charnière et à boulons. Le cylindre était placé horizontalement pour qu’on pût facilement introduire sur un petit chariot les objets à désinfecter et les retirer

après désinfection. L’éluve était munie d’un tliennoinètre, d’une soupape de sûreté et d’un robinet d’écoulement de l’eau de condensation.

Un générateur indépendant permettait d’introduire la vapeur sous ju'ession dans le cylindre après avoir laissé échapper l’air.

Si l’on imagine un autoclave de Chamberland placé horizontalement et muni d’un générateur indépendant, on a une très bonne idée de l’étuve de Le Blanc.

Cette étuve a été employée avec succès dans les établissements de la marine, au Sénégal, à la Martinique, à la Guadeloupe et au port de Toulon dès 1885.

On pouvait faire un reproche aux premiers appareils construits par Le Blanc : les matelas, au sortir des étuves, étaient imprégnés d’humidité et ils séchaient lentement, surtout si l’air était humide.

MM. Geneste et Herscher ont remédié à cet inconvénient en construisant l’étuve qui porte leur nom et qui ressemble d’ailleurs beaucoup à celle de Le Blanc. La principale différence entre ces deux étuves est la suivante : dans l’étuve Geneste et Herscher il existe, à la partie supérieure et à la partie inférieure, des tuyaux dans lesquels on peut faire passer la vapeur d’eau, de façon à chauffer l’étuve sans y introduire de la vapeur. Grâce à ces surfaces de chauffe, on a, à volonté, une étuve sèche ou une étuve à vapeur sous pression, par suite il est très facile de chauffer les objets à désinfecter avant d’introduire la vapeur et de les sécher coniplètetement, dès que la désinfection est terminée.

Nous avons vu plus haut qu’il y a grand avantage à n’introduire la vapeur que lorsque les objets sont chauds; on évite ainsi le dépôt de l’eau de condensation et les objets sont beaucoup plus faciles à sécher.

Les étuves Geneste et Herscher (fixe et locomolule) ont été adoptées dans l’armée française, dans la pliqiart des grands hôpitaux et, à Paris, pour le service de la désinfection municipale.

Nous empruntons à MM. Geneste et Herscher la description de leur étuve fixe et de son installation dans un hôpital ou dans une station de désinfection (Geneste et Heuscueu, Matériel de désinfection, Paris, 1887).

Étuve fixe Geneste et Herscher. — L étuve se compose d un cylindre de 1 m. 30 de diamètre, en tôle de 0 m. 006 d’épaisseur (fig. 237). Aux deux extrémités de ce cylindre sont fixées deux fortes cornières en fonte, munies d’oreillons disposes |)Our recevoir les axes de boulons articulés, et de deux saillies IraA’ersées ])ar les

axes de charnières des portes. De |)lus, les l'aci'S extérieures de ces cornières portent une rainure circulaire dans laijuelle s’encastre un anneau en caoutchouc formant joint liermétique.

Pour combattre les condensations de la vapeur, ce cylindre est recouvert Sur toute sa surface extérieure d’une enveloppe isolante en bois.

Le cylindre formant le corps de l’étuve est fermé par deux [lortes en tôle de 0 m. 007 d’épaisseur, en forme de calotte sjdiérique. Le bord de ces portes est armé, du côté extérieur, d’un cercle en fer |)lat de 0 m. 018 d’épaisseur et de 0 m. 080 de largeur et, d,u côté intérieur, d’un cercle en fer demi-rond, formant une saillie, ayant le même diamètre que la rainure réservée dans la cornière en fonte. Sur ces portes sont encore fixées deux fortes charnières en fer

forgé. De plus, on a réservé, sur ce bord, dix échancrures i)our le passage des boulons à bascule. Pour faciliter l’ouverture des portes, un galet en fonte, dont l’axe traverse une chape rivée au bas de la porte, roule sur un rail courbe (X) formé d’une barre de fer plat fixée sur le sol.

A l’intérieur de l’étuve, deux rails en fer plat solidement boulonnés, ayant la môme longueur que l’étuve, guident et supportent le chariot U. Deu.x voies extérieures sont placées à distance convenable, c’est-à-dire en réservant un intervalle suffisant pour permettre l’ouverture des pertes.

Ces voies extérieures portent des rails à charnières Y,V' qui, en se rabattant, complètent la voie et se raccordent avec les rails intérieurs.

A l’intérieur du corps cylindrique, deux batteries cbaunàntes GO' placées l’une en haut, l’autre en bas, sont consliluées cbacuno par onze tubes en fer.

La batterie du haut est accolée au jilafond de l’étuve; elle esl doublée d’un écran placé au-dessus des objets à désinfecter; la

seconde batterie garnit le vide laissé en contre-bas du chariot; elle est disposée de manière à provoquer le séchage rapide des objets après désinfection ; la batterie haute a surtout pour but d’empêcher les condensations à l’intérieur de l’étuve et d’éviter ainsi les taches et le mouillage.

Ces surfaces chauffantes sont desservies par une arrivée de vapeur distincte et indépendante, qu’il est bon de porter et de maintenir à la température de 135 à 140“ C. Tl convient de ne pas dépasser cette limite; cependant, pour simplifier l’opération, les dites batteries sont construites de manière à supporter accidentellement les plus hautes pressions des chaudières qui les alimentent.

Un tuyau en cuivre rouge, percé de trous de 0 m. 004 de diamètre, est fixé à l’intérieur du cylindre, un peu au-dessus de l’axe; ce tuyau communique par une bride de raccord avec les appareils de distribution de vapeur placés à l’extérieur. Un écranen tôle est placé devant ce tuyau sur toute sa longueur.

La chaudière verticale à tubes de circulation (non représentée sur la figure) est composée comme il suit : une grille en fonte, une porte de foyer, un cendrier, une cheminée en tôle avec registre, un obturateur, des portes autoclaves pour la visite et le nettoyage; deux soupapes de sûreté, un manomètre indicateur de pression, un niveau d’eau à tube de verre, deux robinets de jauge.

Sur le haut de la chaudière est placé un robinet de prise de vapeur servant à l’alimentation.

Un autre robinet de 0 m. 025 de diamètre est également placé au-dessus de la chaudière ; un tuyau en cuivre partant de ce robinet amène la vapeur près de l’étuve, où il se divise en deux branches. La première branche se raccorde avec la boîte de distribution des batteries de chaufi'e placées à l’intérieur dans le bas et dans le haut de l’étuve. Cette conduite porte un réglage (B), une soupape de sûreté et un manomètre (T).

La deuxième branche porte un robinet (C), une bouteille de séparation d’eau condensée et de vapeur, une soupape de sûreté, un manomètre (S), et elle se raccorde avec le tuyau d’arrivée de vapeur directe dans l’étuve.

Sur le tuyau de vapeur directe, et un peu avant sa pénétration dans l’étuve, se trouve branché un tuyau de plus gros diamètre portant un robinet valve (H). Ce tuyau sert a faire échapper la vapeur pendant les différentes phases des opérations.

Un robinet purgeur d’air (N) est placé extérieurement, près des

Laveran, Hyg. milit. f)2

appareils de dislribulion de vapeur, il communique avec l’intérieur par un tuyau en fer de gros diamètre qui descend juqu’à la partie la plus basse de l’étuve.

Pour purger l’eau condensée provenant de la vapeur directe, deux tuyaux qui se réunissent en un seul (F), terminé par un robinet, partent des deux extrémités basses du corps cylindrique.

Un tuyau (D), terminé également par un robinet, sert à la purge des surfaces de chauffe.

Le chariot en fer est porté par quatre roues en fonte. Les parties susceptibles de toucher les objets à désinfecter sont garnies de bois.

Le chariot est agencé de façon que les matelas puissent être placés verticalement, ce qui est une très bonne condition pour la désinfection; de simples claies en osier, jetées à volonté sur les traverses-guides, forment des compartiments étagés sur lesquels on dispose les linges et vêtements.

Toutes les parties intérieures et extérieures de l’étuve sont recouvertes de deux couches d’un enduit spécial. Il faut avoir soin de repeindre l’intérieur de l’étuve, si l’enduit se détériore; lorsqu’on ne prend pas cette précaution, les effets mis à l’étuve peuvent être tachés par la rouille.

Un appareil enregistreur, qui n’a pas été représenté sur la figure 257, est adapté à chaque étuve.

L’étuve doit être installée de manière à ce que les opérations soient faciles et surtout qu’on ne risque pas de souiller de nouveau les objets désinfectés, en les mettant en contact avec des objets non désinfectés. Les étuves qui n’ont qu’une porte exposent à ce danger, mais il ne suffit pas que l’étuve ait deux portes pour l’éviter; il faut que la chambre des objets infectés soit complètement séparée de celle des objets désinfectés.

L’étuve sera placée dans un local clos, propre, muni de fenêtres, et divisé en deux compartiments par une cloison pleine.

Les dimensions de ce local doivent être d’au moins 8 m. 50 de long sur 5 m. 50 de large. Pour un service un peu actif, ces dimen- .sions seront augmentées; même }»our un service ordinaire, il y a avantage à disposer de 9 m. de long et G m. 50 de large. Une hauteur de 3 m. suffit au [loint bas des fermes; mais il faut donner le plus de hauteur possible à la cheminée de la chaudière.

Dans la cloison divisant le local en deux compartiments, on réserve une fenêtre grillagée et vitrée (E, fig. 258) de quelques décimètres carrés, située à environ I m. U) au-dessus du sol;

cette fenêtre est nécessaire pour la communication rapide des avertissements d’une cliamlire à l’autre.

Dans la chamlire d’entrée (K, lig. 258) ou chambre des objets a desinfectei , la poite de 1 etu\e (A) sort de la cloison d’environ 0 m. 10; cette chambre est munie d’une voie extérieure nécessaire à la manœuvre du chariot. La chambre de sortie (L) ou chambre des objets désinfectes renferme la presfjue totalité du corps cylindrique de l’étuve, tous les appareils de distribution de vapeur, la chaudière (B) et ses accessoires, ainsi que la voie supportant le chariot à sa sortie de l’étuve. i

Les cabinets D', permettent d’assurer la désinfection

Fig. 258. — Installation d’une dtuvc Goncstc et Ilerschor.

des personnes qui passent de la chambre K dans la cbamlire L.

Ces personnes quittent leurs blouses dans le cabinet D', se lavent les mains dans le cabinet et prennent de nouvelles blouses dans le cabinet D^.

En H est un prand guichet par le(]uel on reçoit les objets à désinfecter.

Le sol du pavillon doit être carrelé ou cimenté, tie manière à [touvoir être maintenu toujours propre et en bon état.

Fonctionnement de J'étitve '. — Avant de mettre l’étuve en communication avec la chaudière, il faut que la chaudière soit bien en pression et remplie d’eau jusqu’au niveau réglementaire.

La chaudière étant en pression et les deux |>ortes do l’étuve étant fermées, on ouvre le robinet d’arrivée de la vapeur, ainsi que le robinet B (pii dessert les batteries de chauffe intérieures. La |tression la plus convenable dans ces batteries est de 2 kilogr. à 5 kg. 5. Cette pression est indi(juée par le manomètre T, elle se

1. InstrucLion sur le fonclioniieinent îles étuves fixes Geneste et Herscher.

règle facilement au moyen du robinet B (]ui reste ouvert pendant toute la durée de la désinfection.

Il convient, dès le début, d’ouvrir les robinets de purge d’eau K et D, en évitant toutefois de perdre de la vapeur. Le robinet K est destiné à purger l’eau de la conduite de vapeur venant de la chaudière ; le robinet D sert à purger les batteries intérieures de chauffage de l’étuve ; on le réglera à la main, de manière à ne laisser sortir que de l’eau condensée, sans perte inutile de vapeur.

Lorsque la condensation provenant des batteries de chauffe a diminué notablement, par suite de l’échaulTement du corps de l’étuve, on peut commencer les opérations de désinfection.

Dans les cas où l’on est obligé de pratiquer un grand nombre de désinfections dans un temps restreint, on peut activer l’opération du chauffage préalable de la façon suivante :

La vapeur ayant été introduite dans les batteries de chauffe, s’assurer que la vanne II est fermée et que le robinet d’air N est ouvert, introduire directement la vapeur dans l’étuve par le robinet C, ne fermer le robinet N que lorsque la vapeur sort bien humide et bien chaude, ce qui prouve que la purge d’air est complète. Porter la pression à 0 kg. 7 (pression indiquée par le manomètre S), et la maintenir pendant W. Fermer alors le robinet G, évacuer la vapeur par la vanne H, purger l’étuve par l’ouverture du robinet F, et lorsque l’aiguille du manomètre S est revenue à 0, rouvrir le robinet N, et procéder au chargement.

Ce chaulTage préalable ne doit avoir lieu que lorsqu’on commence les opérations de désinfection l’étuve étant froide.

Le chargement des objets infectés s’opère de la manière suivante : Ouvrir la porte du côté des objets à désinfecter, placer les rails mobiles extérieurs (V), tirer le chariot (U) et le remplir en rangeant les objets avec soin sur les claies, par couches peu épaisses. Les vêtements, couvertures, draps et linges doivent être dépliés le plus possible et il faut éviter tes paquets serrés. Lorsqu’il s’agit de matelas, placer ceux-ci verticalement, sur champ, entre les traverses des claies.

Relever les rails mobiles et fermer ta porte en serrant les écrous des boulons dans les encoches de sûreté.

Parle châssis vitré dormant, réservé dans la cloison (E, fig. 258), avertir le mécanicien chargé de la conduite des appareils que la porte de l’étuve est fermée.

On aura soin, avant chaque chargement, d’essuyer le chariot et ses claies. Il est également recommandé de couvrir les objets

placés dans le chariot d’une toile de protection qui doit être rabattue sur les côtés, sans serrage, pour empêcher le contact direct entre les objets et le pourtour du chariot.

L’opération de la désinfection sera conduite comme il suit : avant d’introduire la vapeur dans l’étuve même, s’assurer que la vanne H servant à l’échappement est fermée, et que le robinet de purge d’air N est ouvert ; puis ouvrir doucement le robinet d’introduction de vapeur C. Fermer le robinet N lorsque la vapeur sort bien humide et bien chaude. La pression à l’intérieur de l’étuve, indiquée par le manomètre S, doit être portée et maintenue à 0 kg. 7, c’est-à-dire que l’aiguille doit rester sur le chiffre 7 du manomètre; cette pression correspond à une température maxima de llb° C.

On règle le robinet F de façon à ne laisser écouler que de l’eau, sans perte inutile de vapeur, et l’on purge de temps en temps les boîtes de séparation d’eau et de vapeur en ouvrant les robinets G et K.

L’opération de la désinfection doit durer de 15 à 17'; elle commence au moment où, après avoir ouvert le robinet C, l’aiguille du manomètre S atteint le chiffre 7.

On maintient la pression à 0 kg. 7 pendant 5'; puis on ferme C et on ouvre la vanne H, de façon à produire une détente brusque qui s’accuse par le mouvement en arrière de l’aiguille du manomètre S. Dès que la vanne II a été ouverte, on ouvre égalemeut le robinet de purge F.

Lorsque l’aiguille du manomètre S est descendue jusque près du 0, on ferme la vanne II et le robinet F. Pendant la durée de cette détente et lorsque l’aiguille du manomètre S est descendue entre 0 kg. 3 et 0 kg. 2, il est très utile, pour l’efficacité de la désinfection, d’ouvrir également le robinet de purge N.

Lorsque l’aiguille du manomètre S est au voisinage du 0, on introduit de nouveau la vapeur dans l’étuAm par le robinet C, et on ferme le robinet N lorsque la vapeur s’en échappe avec force. La pression est maintenue à 0 kg. 7 pendant 5' ; on fait une seconde détente en procédant de la même manière que pour la première.

On introduit une dernière fois la vapeur dans 1 étuve et Ion maintient encore la pression à 0 kg. 8 pendant 5'; 1 opération de la désinfection est alors terminée.

On ferme le robinet de vapeur C; on ouvre la vanne II et le robinet de purge F, et on facilite la detente complète, ainsi (jue la

renlrée d’air dans l’étuve, en ouvrant gi’aduelleinent le robinet N. Quand l’aiguille du manomètre S est revenue à U, on desserre les écrous de la porte de sortie (coté des objets désinfectés) et l’on procède au séchage.

S’il s’agit de matelas ou d’objets épais, il esl nécessaire de les maintenir dans l’étuve, après la période de désinfection, pendant 15' en moyenne. On entr’ouvre la porte de l’étuve (coté désinfecté) de 0 m. 15 à 0 m. 20 et on laisse l’appareil dans cette position, en môme temps qu’on a soin de conserver la pression de 3 kg. 5 dans les batteries de chaullé intérieures'.

Pour les vêtements il est préférable que le séchage ne se fasse pas dans l’étuve; on sort les vêtements aussitôt après leur désinfection et on les étend à l’air pendant une heure environ ; on éA'ite ainsi la formation de plis persistants.

Quant aux couvertures, au linge de corps et aux objets légers et peu épais, on peut les sortir de l’étuve aussitôt après la désinfection et les secouera l’air, cela suffit pour les sécher rapidement.

Le séchage dans l’étuve une fois terminé, on ouvre entièrement la porte, on rabat les rails extérieurs mobiles, on tire le chariot et on le décharge; on étale les objets sur des tablettes ajourées qui permettent à l’air de circuler tout autour.

On rentre alors le chariot dans l’étuve, on lève les rails mobiles, on referme la porte de sortie, puis, par le châssis vitré dormant de la cloison, on prévient l’aide qui est resté du côté de l’entrée des objets infectés, et l’on fait, s’il y a lieu, une nouvelle opération.

Pour éviter la communication des chambres K et L par l’ouverture simultanée des deux portes opposées de l’étuve, il est nécessaire que, pendant les manœuvres de chargement ou de déchargement, celle des deux portes qui n’est pas utilisée, soit soigneusement fermée.

On ne doit jamais mettre dans l’étuve des objets en cuir, en peau (chaussures, fourrures, etc.) ou en caoutchouc, non jdus que des objets collés ou en bois plaqué. Ces objets doivent être désinfectés par d’autres procédés : lavage au moyen de solutions antiseptiques, etc.

La chaleur fixe d’une manière indélébile les lâches de sang, de pus et de matières fécales; il faut donc laver les objets qui présentent des taches de cette nature, avant de les mettre à l’étuve.

Les enregisti’eurs dont les élnves Geneste et llerscber sont aujourd’hui pourvues permettent de contrôler le nombre des 0])érations, leur durée, l’heui'e à laquelle elles ont été ellectuées, la

température obtenue dans l’étuve, ainsi (|ue le nombre et la périodicité des détentes faites par le conducteur de l’appareil.

La première opération est beaucoup plus coûteuse ipie les opérations suivantes, à cause du combustible consommé [)Our la mise en train de l’étuve; il va donc avantage à faire des opérations successives et non des opérations isolées; dans un hôpital, on attendra, pour faire fonctionner l’étuve, que les objets à désinfecter soient en assez grande quantité ]>our remplir l’étuve à plusieurs reprises.

Pour transporter jusqu’aux étuves à désinfection fixes les effets d’habillement et les objets de literie, il est indispensable d’avoir des voitures spéciales faciles à désinfecter. La caisse de ces voitures doit être munie d’un couvercle et entièrement métallique; le fer galvanisé non peint convient bien pour cet usage. La voiture doit être assez grande pour qu’on puisse y faire entrer facilement au moins une literie ordinaire. A défaut d’une voiture spéciale, on se sert de sacs en toile pour transporter les objets à désinfecter. Une note ministérielle du 4 octobre 1894 a introduit, dans la nomenclature générale du matériel du service de santé, des sacs à désinfection qui sont confectionnés avec d’anciennes enveloppes de paillasses. Il faut avoir soin de sortir les objets des sacs pour les introduire dans l’étuve; les objets entassés dans les sacs se désinfecteraient mal si l’on introduisait le tout ensemble. ^

Etuve locomobile de Genesle et llerscher. — Cette étuve (fig. 2o9) est du même modèle général que l’étuve fixe décrite ci-dessus, elle est seulement plus petite. La locomobile sur laquelle se trouve l’étuve porte également le générateur de vajieur. Les dimensions de l’étuve sont calculées pour qu’on puisse y introduire un matelas en le pliant en deux; un attelage de deux chevaux suffit pour la traîner.

Dans les grandes garnisons il est facile de faire transporter cette étuve dans les casernes où se trouvent les effets d’habillement ou les objets de literie à désinfecter; l’étuve locomobile pourra rendre aussi de grands services dans les hôpitaux temporaires, en campagne.

Fonctionnement de l'étuve locomobile ‘. — La chaudière étant remplie d’eau jusqu’à son niveau normal, le robinet b de communication avec l’étuve étant fermé, ainsi (jue le robinet de vapeur c allant à l’injecteur, on met la chaudière en pression.

1. Inslniclion sur l’emploi de l’étuve locomobile système Geneste et llerscher.

En s se trouve le réservoir d’alimentation; un injecteur permet de faire passer l’eau de ce réservoir dans la chaudière, de manière à maintenir toujours l’eau de la chaudière à un niveau convenable qui est indiqué par le tube r.

En U se trouve une caisse à combustible, en x une caisse à outils.

La chaudière étant en pression, on ouvre doucement le robinet b, qui, placé sur le haut de la chaudière, donne accès à la vapeur dans la surface de chauffe disposée comme dans l’étuve fixe. La vapeur, après avoir passé dans la surface de chauffe, s’échappe par le robinet purgeur m, qui doit être réglé à la main, de manière à ne laisser

sortir que l’eau condensée, sans perte de vapeur. Le robinet b reste ouvert pendant toute la durée de l’opération. On ouvre la porte de l’étuve, on accroche la bielle i du chariot au crochet du levier h et on tire ce levier pour sortir le chariot de l’étuve.

On charge le chariot avec les vêtements à désinfecter en ayant soin de les ranger sur les claies, par couches, en évitant de les entasser les uns sur les autres. On introduit ensuite le chariot dans l’étuve, en poussant le levier b. On décroche la bielle ^ et on ferme la porte de l’étuve en serrant fortement les boulons.

Après s’être assuré que le levier de la soupape servant à l’échappement de la vapeur repose bien sur cette soupape, et que le robinet purgeur d’air f est ouvert, on ouvre doucement le robinet de vapeur a; on forme le purgeur d’air /'au moment où l’air est complètement évacué, c’est-à-dire quand la vapeur s’échappe aA'ec force par ce robinet.

La pression de la vapeur indiquée au manoinôlre k doit être maintenue entre 0 kg. 5 et 0 kg. 7, résultat qui est obtenu lorsque l’aiguille se trouve dans le voisinage de la llèche marquée en rouge sur le cadran du manomètre ; on règle ensuite le robinet purgeur d’eau condensée n.

D’après l’instruction , l’opération de la désinfection doit durer 15' ; elle commence au moment où, après ouverture du robinet a , l'aiguille du manomètre k indique 0 kg. 5 ; cette pression est maintenue pendant cinq minutes, puis on fait une dépression; pour cela, après avoir fermé le robinet a, on soulève le levier de la soupape au moyen du petit volant à main g et on ouvre le purgeur d’air f. Quand l’aiguille du manomètre est revenue à 0, on ramène le levier de la soupape sur cette soupape, on rouvre le robinet de vapeur a et on ferme le robinet purgeur d’air f.

On maintient la pression de la vapeur entre 0 kg. 5 et 0 kg. 7 pendant le temps nécessaire pour compléter les 15'. Il est préférable de faire deux dépressions.

Après ces 15', on ferme le robinet de vapeur a, on soulève le levier de la soupape au moyen du petit volant g et on ouvre le robinet purgeur d’air f.

Quand l’aiguille du manomètre est redescendue à 0, l’opération est terminée; on entr’ouvre la porte de l’étuve de 0 m. 15 environ et on laisse les objets exposés à la chaleur sèche pendant 20 minutes. La porte de l’étuve est alors ouverte largement, le chariot est sorti, déchargé et rechargé, s’il y a lieu de procéder à une nouvelle opération.

Lorsque l’appareil doit être conduit d’un endroit dans un autre, il faut avoir soin de démonter les manomètres de l’étuve et de la chaudière et les barreaux de grille de la chaudière et d’attacher le levier h à la voie extérieure L du chariot, afin d’éviter la détérioration do ces accessoires pendant la route.

Lorsque l’appareil est arrivé à l’endroit où il doit fonctionner, on serre le frein, on remet les manomètres en place, ainsi (jue les barreaux de grille et on détache le levier h.

Quand l’étuve fonctionne d’une façon continue, on doit nettoyer l’intérieur do la chaudière environ tous les quinze jours en défaisant les tampons autoclaves dont elle est munie à cet ellet.

Quand l’ap[)areil doit rester un certain temps sans fonctionner, il faut vider complètement la chaudière par le robinet de purge p.

Poui’ remettre l’appareil en marche, on introduit de l’eau dans la chaudière par l’une des soupapes de sûreté.

Par les temps froids, on aura soin de vider complètement la chaudière et d’entourer les tuyaux des manomètres et le tuyau (l’amenée d’eau à la chaudière, de manière à les garantir de la g'elée.

Si la garniture de caoutchouc du joint de la porte de l’étuve est en mauvais état et donne lieu à des fuites, on ôte le caoutchouc hors d’usage et on enfonce un caoutchouc neuf à coups de maillet en bois dans la feuillure qui lui sert de logement. (3n frotte de temps en temps cette garniture avec un peu de poudre de talc ou de plombagine.

Appréciation des étuves Geneste et Herscher. — Tous les observateurs (jui ont procédé à des expériences sur ces étuves ont obtenu des résultats très favorables à ces appareils.

Il résulte des recherches de Grancher que l’étuve Geneste et Herscher est un appareil de désinfection excellent; il suffit d’élever la température à 106 ou 108" G. pour tuer, môme à l’intérieur d’un matelas, tous les microbes pathogènes, sans en excepter les spores de la bactéridie chai’honneuse. Certains bacilles non pathogènes, comme le B. subtilis, résistent seuls à cette température; pour les tuer il faut atteindre 115" C.

Salomonsen et Levison ont obtenu aussi d’excellents résultats.

11 faut bien savoir toutefois que, pour obtenir ces résultats, il est nécessaire de surveiller de près le fonctionnement des étuves et en particulier le mode de chargement et l’expulsion de l’air.

P. Canalis a retrouvé des punaises vivantes dans des matelas qui sortaient d’une étuve de Geneste et Herscher, preuve évidente que la température de 100" n’avait pas été atteinte dans toutes les parties des objets soumis à la désinfection ; les matelas avaient été empilés dans le chariot, on avait supprimé les cloisons intermédiaires, ce qu’on ne doit jamais faire.

P. Canalis, qui a fait des expériences intéressantes pour rechercher les meilleui’es conditions de fonctionnement de l’étuve Geneste et Herscher, est arrivé aux conclusions suivantes :

La désinfection à l’aide de cet appareil exige un temps })Ius long que celui qui est fixé par les instructions.

Avec la pression de 0 kg. 5 à 0 Ivg. 7, l’action de la vapeur doit s’exercer pendant 40', et avec la pression de 0 kg. 7 à 0 kg. 9, pendant 25'; dans les deux cas il faut faire deux dégagements de la vapeur à 5 ou 10' d’intervalle, le mieux est de lâcher la vapeur la première fois après 5', el la deuxième fois après 10'.

Il faut en outre avoir la précaution de laisser ouverts pendant longtemps, au début de l’opération, le robinet de l’air et celui qui sert à la purge de l’eau de condensation, afin que l’air soit chassé aussi complètement que possible de l’appareil.

A la pression de 0 kg’. 5 à 0 kg. 7 il serait imprudent de fermer avant lo', si l’appareil est chaud par suite d’une désinfection antérieure, ou de 25' s’il est froid. A la pression de 0 kg. 7 à 0 kg. 9 on peut fermer au bout de 15'.

La durée de l’opération, calculée depuis le moment de l’introduction de la vapeur dans l’appareil , doit donc être de C5' à 74', à la pression de 0 kg. 5 à 0 kg. 7, et de 50' à 54' avec la pression de 0 kg. 7 à 0 kg. 9.

La manière de charger les objets dans l’étuve mérite une attention particulière ; les traverses du chariot ne doivent jamais être supprimées, les matelas seront placés verticalement (comme l’indique l’instruction), avec des intervalles qui permettront à la vapeur de s’introduire entre eux. Les couvertures, les effets d’habillement, seront en petits paquets et non en tas volumineux; ils seront dépliés autant que possible. Les objets ne seront jamais empilés, comprimés dans des sacs.

L’appareil Geneste et Herscher, lorsqu’on le fait fonctionner dans ces conditions, donne d’excellents résultats, un peu moins rapidement seulement que ne l’avaient pensé les premiers observateurs qui l’ont expérimenté. P. Canalis croit qu’il est difficile de trouver un appareil qui permette de désinfecter, en aussi peu de temps et avec aussi peu de combustible, une aussi grande quantité d’objets.

Dans les conditions indiquées par P. Canalis, la quantité de charbon nécessaire à une désinfection est de 4G kilogr. pour la première opération et de 20 kilogr. pour les opérations suivantes.

On voit que, d’après ces expériences, il faudrait tripler au moins la durée de la désinfection prescrite par les instructions ; cette durée, (jui est fixée à 15', à la pression 0 kg. 7, devrait être portée à 50' [)Our donner des résultats certains.

Les recherches de Grancher, et celles de Salomonsen et Levison montrent qu’on obtient de bons résultats en se jilaçant dans les conditions do l’instruction et il y a évidemment des inconvénients à prolonger la durée de la désinlection ; sans compter la perte de temps, les objets risquent davantage de s altérer, enfin la dépense de combustible est plus forte.

Avant de porter à 50', comme lo demande P. Canalis, la duree de

la désinfection, il y aurait lieu de reprendre ces expériences, car il importe de bien établir quelle doit être la durée minima de la période à désinfection.

C. Étuves à valeur fluente. — Les étuves à vapeur sous pression sont excellentes, mais elles coûtent cher *, et pour les faire fonctionner, il faut avoir des ouvriers spéciaux sachant conduire une machine.

C’est pour remédier à ces inconvénients qu’on a imaginé des étuves qui sont basées sur un autre principe, celui de la stérilisation par les courants de vapeur ; ces étuves sont très employées en Allemagne, en Autriche, en Danemark, en Italie et en Russie.

De môme que le principe de l’étuve à vapeur sous pression est dans l’autoclave, le principe de l’étuve à vapeur fluente est dans l’appareil à stérilisation dont on se sert dans le laboratoire de Koch.

Le stérilisateur à vapeur de Koch se compose d’un cylindre en fer-blanc, recouvert d’une couche épaisse de feutre. La partie inférieure de ce cylindre, fermée par un grillage, est soudée à une petite chaudière en cuivre pouvant contenir 2 ou 3 1. d’eau. La chaudière est munie d’un tube niveau d’eau. Le cylindre est fermé, à sa partie supérieure, au moyen d’un couvercle dans lequel se fixe un thermomètre ; trois arrêts empêchent le couvercle d’obturer complètement l’orifice supérieur.

Les objets à stériliser sont placés à l’intérieur, dans un panier en treillis. La chaudière est chauffée avec une couronne de becs de gaz qui portent rapidement l’eau à l’ébullition ; le cylindre se remplit de vapeur et, grâce à l’enveloppe de feutre, la vapeur ne se condense pas. On note le moment où le thermomètre fixé dans le couvercle marque 100° G. ; il faut, à partir de ce moment, de 10 à lo' pour que la stérilisation soit complète.

On réussit presque toujours parce moyen à obtenir la stérilisation, ce qui paraît singulier, la résistance de certaines spores à la chaleur étant connue.

La température de la vapeur ne dépasse pas 100°; mais cette vapeur à 100° peut élever jusqu’à 104 et 105° la température des objets qui se trouvent dans l’étuve, à la condition ((ue le courant de vapeur soit assez fort (Esmarch) ; la vapeur qui se dépose sur les objets placés dans l’étuve abandonne du calorique latent (Buude, Zeilschr. f. Ilygiene, VII, p. 291).

I. La grande étuve lixe de Geneste et Herschcr coûte 0000 fr. et l’ctuve locomobile 6700 fr.

Parmi les étuves à désinfection par circulation de vapeur (jui sont les plus connues, nous citerons l’étuve de l’hôpital militaire de Giessen {MilitaràrtzI. Zeitsclir., 1887), les étuves de Thursfield, de van Üverbeck de Meyer, de Flügge, de Reck, d’Henneherg, de Schimmel, de Fouché.

Les étuves de Thursfield et de Schimmel sont les plus employées en Allemagne et en Autriche.

La figure 260 représente une coupe schématique de l’étuve Thursfield et la figure 261 donne une vue d’ensemble de cette étuve. La vapeur développée dans le générateur b pénètre par les tuyaux d,d, et s’introduit dans l’étuve par les orifices qui sont ménagés en e; la vapeur traverse de bas en haut les objets placés

Fig. 260. — Goupo de l’étuve Tliursftcld Fig. 261. — Vue d’ensemble do l’étuve Thursfield. (d’après E. Richard, op. cit.).

dans l’étuve f et s’échappe par le tuyau de fumée g. Un entonnoir pour Talimentatien de la chaudière et un niveau d’eau complètent l’appareil.

Le foyer, revêtu de briques réfractaires a, est situé au-dessous de la chaudière b, qui entoure la chambre de désinfection cylindrique. Cette disposition de la chaudière est très heureuse, elle permet de chaufièr les objets avant l’introduction de la vapeur, et de réaliser une grande économie de combustible en empêchant la déperdition de chaleur dans l’étuve.

Les étuves Thursfield sont mobiles, montées sur un train à deux roues (fig. 261).

P. Canalis, qui a expérimenté l’étuve Thursfield, a obtenu de bons résultats en laissant agir la vapeur pendant 1 h. et 10' à partir du moment où le thermomètre marque 100'’ (temps double de celui qui est d’ordinaire consacré à la désinfection au moyen de cette étuve).

Cet appareil se recommande [>ar son prix peu élevé, par la facilité de son fonctionnement, qui ne nécessite pas la présence d’un

ouvrier mécanicien; il a l’inconvénient de consommer une assez grande quantité de combustible. L’étuve Tliursüeld convient surtout à de petits établissements qui n’ont à désinfecter que très peu d’objets et qui ne peuvent pas faire l’acquisition d’un appareil à pression. (P. Canalis.)

L’étuve de O. Scbimmel se compose d’une chambre rectangulaire ou elliptique en tôle, à double paroi; l’intervalle existant entre les doubles parois est rempli avec un corps mauvais conducteur de la chaleur. Les portes qui se trouvent aux deux extrémités de l’étuve sont également à double paroi.

Au-dessous de la chambre dans laquelle se placent les objets à désinfecter se trouvent des tuyau.x à ailettes qui sont chauffés par la vapeur, et un tuyau percé de petits trous pour l’admission de la vapeur dans l’intérieur de l’étuve.

Un chariot, roulant sur rails, reçoit les objets à désinfecter.

Au bas de la paroi antérieure de l’étuve et à la partie supérieure de la paroi postérieure, des orifices, que l’on peut fermer hermétiquement au moyen de valves, permettent d’évacuer la vapeur et de faire, lorsqu’on les ouvre tous les deux, une ventilation très active.

Un tuyau de vidange pour l’eau de condensation et une soupape de sûreté complètent l’appareil.

La vapeur, (jui est empruntée, autant que possible, à un générateur servant à d’autres usages, doit avoir une tension de 3 à 4 atmosphères qui est indispensable pour porter les batteries de chauffe à la température nécessaire.

On commence par chauffer l’étuve, puis on introduit le chariot chargé et on attend que la température ait atteint G0° G. On ferme alors l’orifice d’admission de l’air et jiresque complètement l’orifice d’échappement de la vapeur et l’on fait circuler la vapeur pendant 30 minutes dans l’étuve. Au liout de ce temps on arrête l’arrh^ée de la vapeur dans l’étuve, tout en continuant à chauffer au moyen des tuyaux à ailettes et, en ouvi’ant les valves des orifices percés dans les parois antérieure et postérieure, on établit un courant d’air (jui sèche rapidement les objets.

Lorsqu’on désinfecte des matelas, il faut compter une heure pour échauflèr les objets, une heure pour le passage de la vapeur, et une heure pour le séchage.

L’opération de la désinfection est donc beaucoup [tins lente avec cette étuve ipi’avec les étuves à vapeur sous pression et si le piâx d’achat de l’appareil est moins élevé (|ue celui de ces dernières

DÉSINFECTION. EFFETS, LITERIE R3i

étuves, il faut tenir compte de ce fait que la dépense de coml)ustihle est plus forte.

L’étuve Fouché a été construite par la maison Geneste et Herscher pour la désinfection dans les asiles de nuit; il fallait, pour ces asiles, des ajipareils peu coûteux et solides, assurant une désinfection efficace et faciles à manœuvrer. Ces conditions sont également celles ({ue doit remplir un appareil à désinfection destiné aux casernes. Nous empruntons la description de l’étuve Fouché à un travail de M. le D'’ Drouineau sur la désinfection dans les asiles de nuit [Revue d'hygiène, 1895, p. 147).

L’étuve consiste en un cylindre de 0 m. 80 de diamètre et de 1 m. 20 de profondeur, faisant corps avec la chaudière, également cylindrique, placée immédiatement au-dessous, et avec le foyer (fig. 262). Elle est garnie intérieurement d’un écran circulaire en cuivre étamé, qui constitue, avec le corps cylindrique de l’étuve, une double paroi empêchant toute condensation à l’intérieur sur les objets soumis à la désinfection. Trois claies mobiles servent à supporter les effets; retirées, elles laissent la place pour un matelas. Une porte à charnière, assujettie par quatre boulons articulés, ferme l’étuve.

La vapeur produite dans la chaudière pénètre dans l’étuve par une valve placée à l’avant, elle circule dans la double paroi formée par l’écran et pénètre dans la cavité centrale par des ouvertures ménagées à la partie supérieure de cet écran ; de là, elle s’échappe par un tuyau situé en bas et en arrière, ce tuyau porte un thermomètre qui indique constamment l’état de la vapeur d’échappement et il plonge, à une profondeur de 0 m. 60, dans un récipient plein d’eau. La vapeur ne peut donc s’échapper que lorsqu’elle a atteint une légère jiresslon (0 m. 60 en colonne d’eau), et sa températin-e est ainsi, après complète purge d’air, un peu supérieure à 100“.

Un autre tuyau de sécurité }>art de la chaudière et plonge de 0 m. 80 dans le môme récijiient plein d’eau. Gette retenue est plus forte que celle de l’échappement de l’étm'e, aussi la A apeur ne peul s’échapper par ce tuyau que si la vanne d’introduction dans l’étuve est fermée ou si réhiillition est [>ar trop aclive.

L’introduction de l’eau dans la chaudière, au fur et à mesure des besoins, se fait à l’aide d’un entonnoir surélevé, sans robinet.

La simplicité de la manœuvre est très grande, puisque tout se fait à l’aide de la seule vanne j)lacée sur 1 avant de la chaudière.

La mise en train de l’appareil demande environ une heure; chaque opération de désinfection dure une demi-heure.

Le fonctionnement de l’appareil est facile. Dès que la vapeur est produite en quantité suffisante pour chasser l’air de l’étuve et porter le thermomètre à 100”, on charge l’étuve, après avoir fermé la valve. Pendant cette opération le thermomètre baisse et tombe à 60“ en-

viron; l’étuve chargée et refermée, on rouvre la valve, la vapeur pénètre dans l’étuve et, au bout d’un quart d’heure, le thermomètre remonte à 100"; dix à quinze minutes après, la désinfection est achevée. L’étuve est ouverte et les effets, secoués, étalés comme au sortir de l’étuve sous pression, sèchent rapidement.

Le séchoir, qui est annexé à l’étuve, n’est pas le complément nécessaire de l’appareil, mais il est très utile pour sécher les linges lavés, les effets et vêtements mouillés, avant de les soumettre à la désinfection.

Le séchoir est un coffre en tôle de Om.8 de largeur, de 0 m. 63 de profondeur, et de 1 m. 20 de hauteur; il est chauffé par les gaz perdus de la combustion ; la température y atteint aisément de 60" à 70".

Le compartiment inférieur sert de coffre à charbon.

La durée fixée pour la désinfection nous paraît tout à fait insuffisante, au moins pour les objets un peu volumineux; il est bien probable qu’il faudrait porter cette durée à une heure comme dans les étuves Thursfield et Schimmel.

Le système de douches annexé à l’étuve et en usage depuis longtemps dans les asiles de nuit (seau à douches) n’est pas applicable aux casernes, où le nombre des bains-douches à donner est considérable et où les opérations de désinfection ne peuvent pas toujours coïncider avec l’heure des bains-douches. Dans les casernes, les bains-douches devront rester indépendants des appareils de désinfection, si l’on se décide à doter chaque caserne d’un appareil à désinfection.

Appareils à désinfeclion improvisés. — Là où l’on dispose d’un générateur de vapeur, il est facile d’improviser une étuve à courant de vapeur. On fait arriver la vapeur par un tuyau de 0 m. 013 de diamètre dans un tonneau à double fond : le fond inférieur est plein; à ü m. 04 au-dessus de lui est disposé le fond supérieur, criblé de trous pour laisser passer la vapeur. Le couvercle ne doit pas joindre hermétiquement. Les objets à désinfecter étant disposés dans le tonneau, on charge le couvercle avec de grosses pierres. On fait ensuite passer le courant de vajieur qui doit avoir, dans le générateur, une tension d’au moins une demi-atmosphère. Un robinet [)lacé sur le trajet du tuyau permet de régler à volonté l’arrivée (le la vapeur. Au bout de 3 à 10' la vapeur sort par la partie supérieure du tonneau à la température de 100" G. et, à partir de ce moment, il faut une heure pour (jue l’opération soit achevée (Uiciiard, Précis d’hygiène, 1891, p. 366).

U. Étuve à circulation de vapeur et à vapeur sons pression. — T.’étuve de MM. Vaillard et Besson ne rentre exactement, ni dans les étuves à vapeur sous ju’ossion, ni dans les étuves a circulation de vapeur; elle fonctionne, enefiét, tantôt comme les unes et tantôt comme les autres.

Laveban, Ilyg. milit.

Cette étuve se compose du fourneau et de l’étuve i)ro[)i-emeiit dite qui repose sur le fourneau (fig. 2Gd).

Le fourneau comporte un manteau cylindrique en tôle épaisse reposant sur une plaque circulaire. Le bord supérieur de ce manteau est garni d’un cercle en fer forgé, destiné à recevoir la chaudière; trois fortes pattes viennent s’appliquer contre les parois de la chaudière et donnent à l’appareil la stabilité nécessaire.

Fig. 263. — Étuve à désinfection do Vaillard et Besson.

Le foyer est adapté [tour Ions les combustibles : houille, coke, bois, etc.

L’étuve, en tôle d’acier galvanisée, est constituée par deux cylindres concentriques, fermés à leur partie inférieure par un fond embouti et écartés l’un de l’autre, dans toute leur étendue.

Le cylindre intérieur S (fig. 2G4) forme la chambre de désinfection, qui mesure 0 m. 82 de haut, sur 0 m. 75 de diamètre; sa capacité est de 3G2 litres.

Le cylindre extérieur est écarté du précédent de 0 m. 025 suivant la circonférence; son fond est distant de 0 m. 15 du fond du cylindre intérieur.

DÉSINFECTION. EFFETS, LITERIE 83a

T.’cspace compris enire les deux fonds constitue la chaudière. Celle-ci reçoit l’eau au moyen d’un entonnoir latéral à robinet E. Un robinet de niveau N marque la hauteur de l’eau nécessaire à chaque opération. Un deuxième robinet de jauge P est destiné à indiquer la quantité d’eau qui reste dans la chaudière après une opération prolongée.

Le fond du cylindre extérieur, épais de 0 m. 0045, repose directement sur le fourneau, un liouchon fusible est vissé dans sa paroi (Q).

Le fond du cylindre intérieur S est su[)porté par trois ta(juets en fer galvanisé; il est percé en son milieu d’un orifice dans lequel s’engage une pièce en bronze K, évidée à son centre. Cette pièce peut être facilement enlevée, le cylindre intérieur est par suite amovible, ce qui [icrmet de visiter la chaudière.

La vapeur produite au fond de la chaudière circule dans le manchon qui entoure le cylindre intérieur, aborde la chambre de désinfection par la partie supérieure et s’échappe ensuite par la jtartie inférieure; sa circulation dans le cylindre intérieur se fait donc de haut en bas.

La pièce de bronze K est creusée d’un canal dans lequel se visse un tube de fergalvanisé YI), servant à l’échappement de la vapeur;

ce lulie se tennine au dehors par une soupape qui sera décrite plus bas.

Toute communication entre la chaudière et la chambre de désinfection est rendue impossible par l’étanchéité du joint K.

Le cylindre extérieur porte à sa partie supérieure une forte cornière étanche J, dont la partie horizontale est munie de dix échancrures portant chacune un boulon à oreille , c’est sur cette pièce que s’applique le couvercle; un Joint en caoutchouc assure la fermeture hermétique.

Le couvercle se compose de deux parois de tôle assemblées sur un cercle en fer forgé; l’espace compris entre les deux parois est rempli de poussière de liège. Le bord du couvercle est creusé de dix échancrures destinées à recevoir les boulons; il porte en outre deux poignées et deux anneaux fixés l’un sur la cornière, l’autre sur le dôme du couvercle ; ces anneaux permettent de soulever le couvercle à l’aide d’une poulie et d’un contrepoids ; le poids du couvercle est en effet de 82 kilogr.

Le cylindre externe est garni d’une enveloppe isolante en feutre, recouverte d’une feuille mince de tôle ou de cuivre, maintenue par trois cercles métalliques serrés au moyen de boulons. Cette paroi porte : 1® un manomètre M, indiquant la pression et la température à l’intérieur de l’étuve; 2® à la partie supérieure et en communication directe avec la chaudière, une prise de vapeur sur laquelle est branché un T en bronze, portant à une de ses extrémités une soupape de grande sûreté, et à l’autre, un robinet de vapeur R. Ce dernier établit ou supprime à volonté la communication entre l’extérieur et l’espace limité par les deux cylindres.

Une claire-voie mobile, en toile métallique, garnit le fond du cylindre S et supporte les objets à désinfecter.

La disposition de l’orifice de sortie de la vapeur représentée dans la figure 265, joue un rôle essentiel dans l’économie de l’appareil ; un tube de bronze a est vissé à la partie terminale du tube YD et un clapet en cuivre h, oscillant sur une chape c, sert à la fois de moyen de réglage et de soupape de sûreté. Ce clapet s’appuie sur les rebords amincis et bien dressés du tube en bronze. En position verticale, il obture l’orifice de sortie de la vapeur; soulevé, il le démasque.

A la face extérieure du clapet est fixée une tige verticate d, qui reçoit une douille servant de support à un court levier muni d’une boule métallique j). Cette boule, mobile autour de la lige d, est destinée à agir sur le clapet pour augmenter, diminuer, ou anni-

liiler la charge que cet opercule exerce sur l’orifice de sortie; ce résultat est obtenu par le simple déplacement de la verticale passant par son centre de gravité. La charge est maxima lorsque la houle est placée dans la position indiquée par la figure, c’est-à-dire perpendiculairement à l’axe c; elle est minima lorsque, après avoir décrit un quart de cercle, le levier se trouve parallèle au plan de l’axe c; pour chaque position intermédiaire aux deux précédentes, la charge varie entre le maximum et le minimum. Enfin, lorsque après avoir décrit plus du quart de cercle, la boule se trouve en arrière de l’axe c, son poids agit pour soulever le clapet.

Le levier et la houle métallique sont construits de telle sorte que le maximum de leur charge sur le clapet fasse équilibre à une pression déterminée de la vapeur qui s’écoule par le tube a. Cette pression, fixée à 450-500 grammes par centimètre carré, correspond à la température de 110"-112“, largement suffisante pour assurer la désinfection. Pour des pressions supérieures le clapet se soulève, et l’échappement de vapeur maintient la pression au degré voulu. En déplaçant plus ou moins la boule de la position où elle exerce le maximum de charge, il est facile de réduire son action sur le clapet, et, par conséquent, de diminuer à volonté la pression et la température dans l’appareil. Les différentes positions de la houle par rapport à l’axe c peuvent être fixées au moyen d’un écrou moleté, placé à l’extrémité de la tige d.

Fonctionnement de l'étuve. — Les objets à désinfecter sont disposés dans le cylindre intérieur; on les recouvre d’un linge poulies protéger contre la faible quantité d’eau condensée au niveau du couvercle. Le couvercle est mis en place et solidement fixé au moyen des écrous.

Le robinet de l’entonnoir E étant ouvert, ainsi que le robinet de niveau N, on introduit l’eau dans la chaudière jusqu’à ce qu’elle s’écoule par le robinet de niveau; la quantité introduite est de 45 litres environ. Les robinets E, N et P sont fermés complètement. Le clapet f) est fixé dans la position soulevée. Le robinet latéral R est fermé. On allume le foyer.

18 ou 20 minutes après l’allumage, l’eau est portée à l’ébullition;

dlx:z>

Fip;. 265. — Étuvo Vaillard et Besson. Disposition tlo l'orifico cio sortie do la vapeur.

la vapeui* circule dans l’esjiace compris entre les deux cylindres, aborde et traverse les effets, et commence bientôt à s’échapper par le tube VD, d’abord faiblement, puis en jet vigoureux.

Si la désinfection se fait par la vapeur d’eau à 100", le clapet doit être maintenu soulevé pendant lout le temps de l’opération.

Le temps nécessaire à la désinfection commence à partir du moment où la vapeur s’échappe en jet fort par l’orifice VD. Sa durée doit être de 40 minutes au moins.

Pour la désinfection par la vapeur d’eau sous pression, la chaudière étant pourvue de l’eau nécessaire, les robinets E, N sont fermés, ainsi que l’orifice latéral R. Le clapet D est placé en position soulevée. Le foyer est allumé.

Lorsque la vapeur s’échappe en jet vigoureux, on laisse cet échappement se produire librement pendant cinq minutes ; le clapet est alors abaissé.

Si la désinfection doit être faite à 110-112°, le levier qui actionne le clapet est placé dans la position du maximum de charge. La |)ression et la température s’élèvent aussitôt dans l’intérieur de l’étuve, comme l’indique le manomètre. A mesure que la pression s’élève, l’échappement de la vapeur se fait plus vivement sous le clapet. Dès que la pression atteint 450 à 500 grammes, c’est-à-dire la charge correspondant à la température de 110-112°, la vapeur s’échappe en plus grande quantité. Si la chauffe est convenablement dirigée, la pression reste stationnaire.

Le temps nécessaire à la désinfection commence à partir du moment où l’aiguille' du manomètre indique la température de 110-112°; on le prolonge pendant 20 minutes, en ayant soin de maintenir la pression au degré fixé.

Lorsque la désinfection doit être faite à une température inférieure à 110-112°, le clapet étant abaissé, on place le levier qui l’actionne dans une position plus ou moins éloignée de la précédente. Moins la houle est éloignée de la position perpendiculaire au clapet, plus la température reste voisine de 112°; ])lus elle en est distante, moins la température s’élève au-dessus de 100°. Dans le quart de cercle que la houle peut décrire, avant d’arriver au point où son action est nulle ou négalive, il est facile de trouver la position qui donne et maintient la température désirée; les indications du manomètre servent de guide pour cette manœuvre.

La désinfection terminée, on procède à l’ouverture de l’étuve et au séchage.

La pression intérieure de l’étuve est ramenée à la pression

normale. A cet elTet, le roliiiiet U est ouvert progressivement, <le façon à éviter une détente trop brusque qui déterminerait une condensation de la vapeur et le mouillage des elléts. Lorsque l’aig-uille du manomètre est revenue au 0, on déboulonne et on soulève le couvercle; le linge (jui recouvre les effets est enlevé. La chauffe est entretenue pendant 5 ou 10' jiour opérer le séchage; celui-ci est d’ailleurs singulièrement abrégé par la faible bumeclation des effets et la haute température à laquelle ils se trouvent. Les objets sont ensuite retirés de l’étuve et exposés à l’air.

On retourne la grille du foyer et on fait tomber le feu.

L’alimentation de la chaudière doit être rigoureusement faite à chaque opéi'ation et le remplissage effectué jusqu’à la hauteur mar(|uée par le robinet de niveau (N).

La capacité de la chaudière est de 4S 1. ; pour une marche sous pression, la consommation d’eau ne dépasse pas 10 1. par heure; il n’en est pas moins indispensable, si une opération succède à une autre, de parfaire la proA'ision d’eau à chaque reprise.

Avec le fonctionnement sous pression, la durée totale d’une désinfection est de 60' environ, séchage compris; mais l’opération qui suit est abrégée du temps nécessaire pour chauffer l’eau au voisinage de l’ébullition, c’est-à-dire de 18 à 20' environ.

Cet appareil présente les avantages suivants : grâce à la forme donnée à la chaudière, on peut mettre rapidement l’étuve en fonctionnement, la surface de chauffe est très grande et la tranche d’eau à chauffer peu épaisse.

La disposition adoptée pour l’orifice d’échappement de la vapeur permet d’utiliser l’étuve pour la désinfection par un courant de vapeur à la pression normale, de réunir à volonté la pression à la circulation de vapeur et d’élever celte pression jusqu’à une limite qu’il est impossible de franchir, ou de la régler pour des degrés inférieurs.

Lorsque l’étuve est mise en [iression et le clapet disposé pour la charge maxima, la pression se règle automatiquement pour la température de 110-112“. L’ajiiiareil ne nécessite alors d’autre surveillance que celle qui a trait à l’entretien du foyer. Ija manœuvre est si simple ([u’elle peut être confiée aux personnes les plus étrangères à la conduite des machines; tout danger se trouve en outre prévenu par la soupa[)e de grande sûreté, et |)ar la résistance de l’appareil, établi pour une pression au moins égale à 1 kg. SOO par centimètre carré.

La vapeur est en circulation plus ou moins active, ce qui favorise

beaucoup l’expulsion de l’air; ainsi que nous avons eu déjà l’occasion de le dire, il importe beaucoup d’expulser complètement l’air des étuves; le mélange d’air et de vapeur désinfecte moins bien que la vapeur seule et, d’autre part, s’il s’agit de désinfection par la vapeur sous pression, la pression de l’air s’ajoutant à celle de la vapeur, les indications manométriques ne correspondent plus exactement aux températures.

La disposition de l’appareil qui assure réchauffement du cylindre intérieur permet d’opérer le séchage des effets. Lorsque le robinet R est ouvert et le couvercle enlevé, le courant de vapeur cesse de traverser les effets, et la chambre de désinfection devient une sorte de bain-marie permettant le séchage. Cette opération est d’ailleurs le plus souvent inutile, les effets sont retirés de l’étuve légèrement moites, mais à une température si élevée, qu’il suffit de les exposer à l’air pour que le séchage en soit complet en peu de temps ; seuls les matelas conservent encore un peu d’humidité et doivent être séchés.

L’étuve consomme 8 à 9 kilogr. de houille par opération.

La forme verticale donnée au modèle primitif n’est pas commode pour introduire et extraire les objets un peu volumineux, les matelas surtout; MM. Vaillard et Besson ont fait construire de nouveaux appareils dans lesquels l'étuve est horizontale, et les grands modèles auront des portes pour l’entrée et pour la sortie, ce qui est bien préférable.

Les épreuves auxquelles cette étuve a été soumise lui ont été très favorables. A la température de 106“, tous les tissus souillés avec des cultures de bactéries pathogènes ont été stérilisés. Pour assurer la désinfection dans tous les cas possibles, il est indiqué d’opérer à la température de 110 à 112“ {Ann. de L'inst. Pasteur, 189S, p. 16). Dans la pratique, cet appareil fonctionnera le ])lus souvent comme étuve à vapeur sous pression.

L’étuve fixe de Vaillard et Besson a été adoptée dans l’armée française ainsi que l’étuve locomobile qui est décrite plus bas.

MM. Vaillard et Besson ont proposé de procéder à la désinfection à 100“, mais en employant de l’eau additionnée d’acide phénique (solution à 1,5 ou 2 p. 100); la vaporisation de l’eau phéniquée à 1,5 à 2 p. 100 donne des effets supérieurs à ceux de la vapeur d’eau simple et la vapeur d’eau phéniquée n’altère pas plus les objets que la vapeur d’eau simple, à condition que la solution soit faite avec de l’acide phénique pur. L’odeur de l’acide phénique est désagréable et tenace et puisqu’on peut désinfecter complète*

ment par la vapeur d’eau, il ne paraît pas indiqué de faire intervenir l’acide phonique.

Étuve locomohüe de Vaillard et Besson. — Cette étuve est disposée, suivant ses dimensions, sur un chariot à deux roues ou sur un train à quatre roues. Dans les deux cas la forme generale de l’appareil ne varie pas ; la figure 26G représente la coupe d’une étuve horizontale montée sur roues.

Fig. Î266. — Étuve loconiobilo do Vaillard et Besson.

L’a[)pareil se compose : 1° du fourneau et de la chaudière; 2° de l’étuve proprement dite.

Ces deux pièces forment ensemble et sont inséparables. La chaudière disposée suivant la verticale est emboîtée dans le fouineau qui l’entoure de toutes parts; elle aflecte la lorme d un cylindre dont le fond plonge au milieu du foyer, tandis que l’extrémité opposée, largement ouverte, s abouche avec létu^e qui lui est superposée et fait intimement corps avec elle.

L’étuve se compose de deux cylindres concentriques feimés à une extrémité par un fond fixe, et à 1 extiémite opposce pai un fond mobile ou porte (C) qui donne accès a la chambie de desin-

fection. Ces deux cylindres sont séparés dans toute leur étendue, sauf vers l’extrémité correspondant à la porte, où ils sont réunis par un cercle métallique interposé entre les deux parois.

Le cylindre extérieur est percé à sa partie inférieure d’une larpe ouverture qui correspond à la chaudièi-e et se raccorde avec cette dernière. C’est par cette haie que la vapeur débouche pour circulci' ensuite dans l’espace ménagé entre les deux parois.

Le cylindre intérieur reçoit les objets à désinfecter, disposés suiun chariot roulant. Il est perforé à sa partie supérieure de trous multiples par où pénètre la vapeur. A sa partie inférieure, il supporte, dans le sens longitudinal, un tube métallique percé d’orifices latéraux où la vapeur s’engage après avoir traversé la chambre de désinfection. La vapeur collectée est conduite au dehors par un tube d’échappement qui se raccorde avec le précédent, traverse la paroi du cylindre intérieur, se prolonge dans la double enveloppe, dont il suit la courbure, puis vient déboucher à l’extérieur, où il se termine par un dispositif identique à celui qui règle la sortie de la vapeur dans l’étuve verticale.

Le cylindre extérieur est pourvu en K d’une grande soupape à ressort et à levier dont le mécanisme est à deux fins : elle constitue un appareil de sûreté et sert aussi à faire la décompression avant l’ouverture de l’étuve.

Les dimensions de l’étuve peuvent varier suivant les indications. Deux types sont définitivement établis et couramment construits. L’un, dit petit modèle, mesure 1 m. 20 de longueur et 0 m. 7S de diamètre; ces dimensions sont celles de l’esjiace utilisable, c’est-à-dire de la chambre de désinfection. L’autre, dit grand modèle, mesure 1 m. 90 de long et 0 m. 90 de diamètre.

Conclusions. La comparaison des étuves à vapeur sous pression et des étuves à circulation de vapeur conduit aux conclusions suivantes :

1“ Les étuves à circulation de vapeur sans pression donnent des résultats moins sûrs (jue les étuves à vapeur sous pression; il arrive souventque, dans les [)remières, la stérilisation n’estpas conijilète; à la A'érité, les microltes qui résistent ne sont pas, en général, des microbes pathogènes, ce sont des spores du IL subtitis, et des bacilles de la terre.

2” Les étuves à vapeur sous jiression coûtent plus cher d’achat que les étuves à circulation de vapeur, mais elles permettent d’opérer la désinfection lieaucoup plus rapidement. Avec l’étuve de R(!ck, à va[)eur ftuente, il faut trois fois plus de temps pour désin-

fectcr la litei-ie de trois lits, qu’avec rétuvc Geneste et llersclier, et la désinfection n’est |ias aussi comj)lète (Salomonsen et Levison).

3“ Dans les cas où il est nécessaire de désinfecter en peu de teni[)S une grande quantité d’effets d’habillement et d’objets de literie, dans les stations de désinfection des grandes villes, ]iar exemple, il faut donner la préférence aux étuves à vapeur sous pression; là où la (juantité des objets à désinfecter est moindre et où il n’est pas nécessaire d’opérer rapidement, dans un petit hôpital, par exemple, on peut faire usage des étuves à circulation de vapeur, dont le prix est moins élevé que celui des étuves à vapeur sous pression; encore faut-il faire remarquer que, si les opérations de désinfection sont fréquentes, les dépenses plus grandes de combustible, nécessitées par les étm'es à circulation de A'apeur, auront bientôt épuisé l’économie réalisée sur le prix d’achat des appareils.

4" Les étuves à circulation de vapeur sont d’un maniement plus facile que les étuves à vapeur sous pression, c’est là un de leurs plus grands avantages pour les petits hôpitaux civils et pour les asiles de nuit; dans l’armée, on trouve toujours des mécaniciens capables de surveiller les étuves à vapeur sous pression. L’étuve de ^IM. Yaillard et Besson est d’un maniement extrêmement facile.

.3“ Les étuves à désinfection par la vapeur sous pression, qui permettent de désinfecter la literie et les effets d’habillement plus rapidement, plus sûrement, et à moins de frais que les étuves à circulation de vapeur, sans pression, paraissent, au moins pour l’usage des hôpitaux militaires, préférables à ces dernières.

E. Expertise cVime étuve b — Pour savoir si une étuve fonctionne bien, si les objets qui en sortent sont désinfectés, le meilleur jirocédé est assurément celui qui consiste à étudier l’effet produit sur une série de microbes donnés et principalement suites microbes pathogènes. De petits morceaux de di-ap stérilisés sont souillés avec des cultures de différents microbes, et, après dessiccation, jdacés au centre de matelas ou de couvertures qui sont soumis à la désinfection; l’opération terminée, on ensemence dans du bouillon ou l’on inocule à des animaux les tissus souillés et on note les i-ésultats obtenus.

I. Esmahcii, Dcsinfeclions Apparate und ihre Anweiulung, Ili/f/ien. Rundschau, I Jahrgang, n“ 1. — Fluoge, Griindriss (1er Hygiène, 3' édit., 1894. — UunoE, • Zeilschr. f. Ihjf/iene, Bd. VII. — Boiiubeck, GesiindheWs Inr/enieur, 1893, n°‘ 1-3. — 1’. Canaus, Esperienze sugli apparecchi di disinfezione a vaporc, Borna, 1895.

Il n’est pas nécessaire que les étuves à désinfection détruisent tous les microbes connus, il suffit qu’elles permettent de tuer sûrement les microbes pathogènes ; on choisira donc, pour l’expertise bactériologique d’une étuve, non les microbes qui, comme le B. subtilis, présentent une très grande résistance à la chaleur, mais des microbes pathogènes, et en particulier la bactéridie charbonneuse sporulée, qui est, de tous les microbes pathogènes connus, celui qui résiste le plus à la chaleur.

Cette épreuve bactériologique, assez longue et délicate, peut être remplacée, dans une certaine mesure, par des observations thermométriques, beaucoup plus faciles; on sait à quelle température sont tués les différents microbes dans un air saturé d’humidité ; d’après la température qui a été obtenue dans les diflérents points de l’étuve, on peut donc préjuger les résultats que donnerait la désinfection faite dans les conditions où l’on s’est placé.

Pour cette épreuve il faut avoir de bons thermomètres à maxima, pouvant supporter des températures de 120 à 130“, et dont l’index reste bien en place lorsque la température s’abaisse. Ces thermomètres doivent être placés dans des gaines en fer munies d’une fente longitudinale qui permet de lire la température sans retirer le thermomètre de sa gaine.

Plusieurs thermomètres à maxima sont placés à la partie centrale des objets à désinfecter (matelas, couvertures enroulées), les uns à la partie supérieure, les autres à la partie inférieure de l’étuve. L’opération de désinfection terminée, on retire les thermomètres et on constate la température qui a été atteinte à la partie centrale des objets, c’est-à-dire dans les conditions les plus défavorables à la pénétration de la vapeur et de la chaleur.

On a objecté à cette manière de faire que les thermomètres indiquaient, il est vrai, la température à laquelle les objets avaient été soumis, mais que celte température pouvait avoir été atteinte seulement dans les dernières minutes de l’opération.

Pour répondre à cette objection, on s’est servi de pyromètres électriques dont il existe plusieurs modèles.

La figure 267 représente un pyromètre électrique très simple et facile à construire. (Reck et Dudde.)

Sur un morceau d’ardoise sont fixées, à l’aide de pivots c, d, doux lames de laiton a, b, qui se croisent un pou et qui se touchent lorsqu’on les abandonne à elles-mêmes.

Sous la lame b et dans une rainure do l’ardoise, on glisse un petit

cylindre d’un alliage dont le point do fusion est à 100'’ *; le petit appareil est place au milieu des objets à désinfecter, au centre d’un matelas, par exemple, les fils e, f traversent la [laroi de l’étuve et vont aboutir à une sonnerie électrique. Au moment où la température de 100° est obtenue au centre du matelas, le cylindre fond, la lame b entre en contact avec la lame a, et la sonnerie électrique se fait entendre.

Lorsqu’on ne place dans une étuve qu’un thermomètre à maximum ou un pyromètre électrique, il faut avoir soin de mettre l’appareil au centre des objets qui occupent la partie inférieure de l’étuve; c’est là en elfet que la température de 100“ est obtenue, en général, le plus difficilement.

Pour constater si la température de 100“ a été atteinte dans toutes les parties des étuves en expérience, P. Canalis emjiloie le moyen suivant qui se recommande par sa simplicité : de petits morceaux de l’alliage fusible à 100“, d’un millimètre d’épaisseur et d’un centimètre carré, \ taillés d’une façon très régulière, sont placés en différents points de l’étuve, au centre des objets à désinfecter; l’opération terminée, il est facile de constater, d’après l’examen de ces petites plaques, si la température de 100“ a été atteinte; partout où ce résultat n’a pas été obtenu les plaques d’alliage ont conservé leur forme régulière.

Ce procédé est commode. Il faut bien savoir toutefois que, lorsqu’on prépare un alliage dans les conditions précitées et qu’on <lécoupe le morceau d’alliage en petits morceaux, il est difficile d’obtenir des fragments homogènes et qui entrent tous en fusion à la même température; il y a donc là une cause d’erreur.

Lorsqu’on fait l’exjiertise d’une étuve, il est nécessaire de contrôler les indications thermométriques à l’aide de recherches bactériologiques; il peut arriver, en effet, dans les cas où l’air n’est ]>as complètement chassé de l’appareil, que la température de 100" soit atteinte sans que les microbes soient tués. Teuschei’, Salomonsen et Levison ont vu le thermomètre marquer 102” et 113" dans des points où les sjiores du charbon étaient encore vivantes. Ifietro Canalis signale des faits analogues et insiste avec raison sur l’importance du contrôle bactériologique (|ui, certainement, ne peut pas être emplové journellement, mais ijui est indispensable poui-

Fig. 267. — Pyromôtre électrique.

I. Un alliage composé de : Ijisnnilli 8 parties, plomb 5 et étain 3, fonda 100°.

HYGIÈNE MlLITAHiE

l’expertise d’une étuve nouvelle et pour régler les conditions de son fonctionnement.

Dans la pratique journalière, les a|)pareils enregistreurs dont les étuves Geneste et Herscher sont garnies, constituent un moyen de contrôle très précieux; il suffit de jeter les yeux sur les tracés fournis par ces appareils pour voir si la température voulue a été atteinte et si les dépressions ont été exactement faites; il faut noter toutefois que ces appareils ne peuvent pas donner l’indication exacte de la température qui a été atteinte à la partie centrale des objets soumis à la désinfection.

Pour constater si l’air a été entièrement expulsé d’une étuve on introduit dans l’orifice de sortie de la vapeur un tube en cuivre qui est fixé à l’aide d’un bouchon en caoutchouc et on recueille la vapeur et les gaz dans des éprouvettes remplies d’eau et plongeant dans de l’eau bouillie et refroidie. On peut s’assurer ainsi que, lorsque l’étuve est remplie avec des objets volumineux ; matelas, etc., l’expulsion complète de l’air nécessite de 20 à 25', même avec un courant continu de vaj)eur. (Vaillard et Besson.)

Pour apprécier une étuve, il faut tenir compte en outre des éléments suivants : capacité de l’étuve, durée d’une opération de désinfection et quantité de charbon consommée pendant cette opération, état des objets à la sortie de l’étuve. Pour connaître le degré d’humidité, on prendra le poids des objets avant leur introduction dans l’étuve et au moment où ils en sortent.

Le prix de l’étuve et les conditions du fonctionnement doivent aussi entrer en ligne de compte.

L’expertise au point de vue de la construction, de la solidité et des dangers d’explosion doit être faite }>ar un ingénieur.

in. Désinfection des effets d’habillement et de la literie a l’aide de l’acide sulfureux ou de l’aldéhyde formique. — xV propos de la désinfection des locaux, nous avons fait une étude assez complète des propriétés désinfectantes de l’acide sulfureux pour qu’il soit inutile d’y revenir ici. Nous avons vu que ces propriétés n’étaient pas douteuses, mais que l’acide sulfui’eux n’était pas utilisable jiour la désinfection des locaux, parce que le gaz se diflùsait toujours et qu’on n’obtenait jamais une concentration suffisante et assez persistante de l’acide sulfureu.x dans les locaux soumis à la désinfection.

Lorsqu’on procède à la désinfection des elTets d’habillement et des objets de literie à l’aide de l’acide sulfureux, il faut s’elïorcer

(le ])arer à ces iiicoiiviMiients ; la désinfection par l’acide sulfureux ne sera employée, d’ailleurs, (jue lorsqu’il ne sera pas possible de faire la désinfection dans les étuves, ou lorsqu’il s’agira d’objets qui seraient profondément altérés par la chaleur.

La chambre à désinfection sera petite et hermétiquement close; le sol, les murs, le [dafond, seront recouverts d’enduits imperméables, la fenêtre et la porte fermeront hermétiquement; la fenêtre pourra s’ouvrir de l’extérieur afin qu’on no soit pas obligé de pénétrer dans la chambre lorsqu’elle sera rem])lie d’acide sulfureux.

Les coffres en bois, dans lesquels on a proposé de faire la désinfection par l’acide sulfureux, laissent facilement dilTuser ce g'az et ne donnent par suite que de mauvais résultats.

On brûlera de oO à GO gr. de soufre par mètre cube d’air, ou bien on se servira d’une solulion aqueuse d’acide sulfureux; il faut verser la solution dans des récipients qui présentent une large surface d’évaporation. On peut également employer l’acide sulfureux liquéfié mais l’opération est [)lus coûteuse.

Jusqu’à la dose de Sü gr. de soufre brûlé par mètre cube d’air, l’acide sulfureux n’altère pas les tissus; au delà de cette dose, le drap garance subit une modification de teinte très sensible, surtout s’il est mouillé, il devient jaunâtre. Les draps d’uniforme de couleur bleue ou arise ne subissent aucune moditication.

Les objets à désinfecter doivent être laissés pendant vingt-quatre heures en contact aA'ec les vapeurs sulfureuses. Au bout de ce temps on ouvve la porte et la fenêtre de la chambre à désinfection et on aère les objets pendant quelques jours, avant de les remettre en service. Les matelas gardent souvent })endant assez longtemps une odeur d’acide sulfbydrique désagréable.

La chambre à désinfection doit être placée loin des locaux habités, afin que les vapeurs d’acide sulfureux n’incommodent personne.

D’après les recherches de M. d’Arsonval, le mélange Pictet donne de meilleurs résultats que l’acide sulfureux (V. p. 785).

Nous avons vu dans le chapitre précédent que les propriétés désinfectantes du formol étaient bien établies et (|ue les vapeurs du formol n’altéraient pas les tissus. Le formol, qui ne paraît pas applicable à la désinfection des locaux (casernes, lu')pitaux), pour les motifs donnés [)lus haut (p. 789), semble au contraire devoir donner de bons résultats ])Our la désinfection des ellêls d’habillement et de la literie. 11 serait très commode d’avoir, dans les lujpitaux et dans les casernes, de grandes caisses dans lesquelles on dégagerail des va[)eurs de formol après y aAmir disposé les objets

à désinfecter; l’opération de la désinfection s’exécuterait ainsi beaucoup plus aisément qu’avec les étuves et les etfets ou objets désinfectés par ce procédé s’altéreraient moins. Il sera facile, avec le formol, d’avoir des caisses à désinfection bermétiques ; on pourra en effet employer des caisses métalliques, ce qui n’était pas possible avec l’acide sulfureux. On pourra combiner l’action de la chaleur (étuves sèches) à celle du formol. |

IV. Désinfection des objets en cdir ou garnis de cuir, des effets |

DE PANSAGE ET DE HARNACHEMENT, DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. NoUS î

avons vu que le cuir s’altérait profondément dans les étuves ; !

comme, d’autre part, la désinfection par l’acide sulfureux n’offre j

pas toutes les garanties désirables et que la désinfection à l’aide j

du formol n’est pas encore entrée dans la pratique, il y a lieu de | j se demander par quel procédé on peut désinfecter ces objets. î

La désinfection des chaussures est rarement faite mais il est | indispensable de désinfecter les képis ^ et les pantalons basanés. ■'

La désinfection des képis se fait souvent d’une manière incom- ; plète, on se contente de laver l’intérieur de la coiffe en cuir avec une solution de sublimé, et si l’on examine les képis ainsi nettoyés, i on trouve entre le drap et la coiffe une grande quantité de poussière qui n’a pas été touchée par le sublimé ; nous a\mns Am d’ail- : leurs que le lavage au sublimé ne donnait que des résultats aléatoires, à cause de l’appauvrissement rapide des solutions.

Peut-être aiThmi'a-t-on, à l’aide du formol, à désinfecter les képis sans les défaire; pour le moment, et avec les moyens dont nous disposons, ce résultat ne nous paraît pas possible à obtenir. Pour désinfecter un képi il faut le défaire; le drap sera mis à l’étuAm, le cuir de la AÛsière sera lavé avec une solution phéniquée à 4 pour 100, et la coiffe sera remplacée par une coiffe neuve

Pour désinfecter les pantalons basanés en cuir il nous paraît ‘ également indispensable de démonter les basanes afin de pouvoir mettre le drap à l’étuAm.

1. A tort peut-être; des souliers sur lesquels uu tuberculeux crache tous les malins pour les cirer peuvent être une cause d’infection. 11 devrait être défendu de cracher sur les souliers pour les cirer, en attendant qu’on renonce au cirage comme nous le demandons.

2. Note minist. du 11 août 1891, indiquant les procédés à employer pour la désinfection des effets des hommes atteints de pelade. Dullel. o/f. du ininislère de la guerre, 1891, partie réglem., 2“ sem., p. 87.

3. Les masques d’escrime peuvent servir aussi à la propagation de la pelade (circul. minist. du 14 nov. 1893) ; on les désinfectera au moyen d’une brosse trempée

clans une solution d’acide phéni(|ue à 4 p. 100, aussi chaude c]ue possible. ’|

DÉSINFECTION, EFFETS, ETC. 8i-'J

La désinfection des effets, depansar/e et de harnacliemenl est indisj)ensal)le ([uand ces objets ont servi à des animaux atteints de morve ; une instruction récente sur l’emploi de la malléine et sur les mesures à prendre en cas de morve règle ainsi (pi’il suit la désinfection de ces effets {Bullet. off. du ministère de la guerre., sept. 189b).

A l’exception des éponges ayant servi aux animaux contaminés, aucun effet de pansage ne sera détruit. Ces effets, musette comprise, seront, le plus tôt possible, soumis aune immersion de IS' dans de l’eau maintenue à la température d’au moins GO'* et contenant .3 p. 100 de crésyl ou de lysol. Ils ne pourront être remis en service qu’après dessiccation complète à l’air libre.

On disposera, dans chaque écurie contaminée, un ou plusieurs baquets contenant une émulsion de crésyl ou de lysol à 3 p. 100, renouvelée toutes les 24 heures, dans laquelle tous les cavaliers ou gradés laveront leur éponge et leurs mains, aussitôt qu’ils auront terminé le pansage d’un cheval et avant de passer à un autre.

Dans l’escadron, la batterie ou le groupe, contaminés, toutes les brides avec leurs rênes, tous les bridons, les licols ou colliers, ainsi que tous les autres moyens d’attache et de conduite, seront désinfectés, même s’il n’y a eu qu’un seul cas de morve...

Les autres objets de harnachement, tels que selles, couvertures, etc., ne seront désinfectés que dans le cas de manifestations cutanées de la morve (farcin) et seulement dans le peloton ou le groupe dans lesquels ces manifestations se seront produites...

L’instruction prescrit d’employer pour la désinfection des objets de cuir l’émulsion de crésyl ou de lysol à 3 pour 100.

Les instruments de musique en métal sont faciles à désinfecter avec de l’eau bouillante, ou mieux avec une solution pbéniquéc bouillante ; l’embouchure, qui est la partie la plus souillée, doit être démontée et plongée, pendant un quart d’heure au moins, dans l’eau phéniquée bouillante; en même temps on doit nettoyer mécaniquement l’intérieur do l’instrument.

Les instruments en bois ne peuvent pas être plongés dans l’eau bouillante, ni même dans les solutions antiseptiques froides; on ne peut que les nettover mécaniquement et les écouvillonner avec un linge imbibé d’une solution antiseptiipie. Il est à désirer (jue la partie la plus dangereuse de ces instruments, le bec, soit faite en une suJ).stance imperméable, facile à désinfecter. Les anches, dont la valeur est insignifiante, seront remplacées.

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