EAUX DE SOURCES. — EAUX DE PUITS
de débris de végétaux, deviennent liydrosulfureuses, par la décomposition des sulfates, et servent de milieu au développement de nombreuses espèces infusoires.
Nous empruntons au remarquable traité d'hygiène militaire du profes-
Fig. 135. — Sëfliment do l'oau d'un fleuve (Tamise), contenant des débris indiquant la présence de l'iioninie, des infusoires et des végétaux. (Hassall.) — 1 1. Goleps hirsutus. — 2. Bodo grandis. — 3. Actinophrys Eicliornii. — d. Cellule d'ép tliélium. — 5. Leucophrys striata. — G. Anguillule tluvialile. — 7. Paraniecium clirysalis. — 8. Vorticella niicrostonia. — 9. Kerona (jeune?). — 10. Vorticella niicrostoma. — 11. Paramecium aurelia. — 12. Gonferva. — 13. Corconenia lanceolalum. — U. Synedra splcndens. — 15. Gyrosignia attenuatum. — 16. Goniphonenia acuminatuin. — 17. Fibre .de laine. — 18. Fibre de coton. — 19. Gonferva tloccosa. — 20. Débris de cheveu. — 2t Ke rona niytilus. — 22. Fragment de silice. — 23. Dialome vulgare. — 2i|.Torula. — 25. Fibre de lin. — 2G. Aiîthrodesmus quadricaudatus. — 27. Stylonichia. — 28. Paramecium caudatum. — 29. Fibre de bois. — 30. Pollen. — 31. Tissu végétal et mycélium, avec spores. — 32. Détritus de matière végétale. — 33. Gomphonenia curvatum. — 34. Spores de fungus. — 35. Anthérozoïde. — 3(î. Spore enkysté.
seur de Nelley (1) une figure reproduisant l'examen microscopique d'une eau de puits, rendue insalubre par cet ensemble de phénomènes (fig. iU).
d. Eau de rivières^ de fleuves. — Les eaux de rivières, formées par la réunion des eaux de sources, se purifient en coulant avec vitesse sur un fonds rocailleux ou sablonneux qui fait l'office de filtre naturel; mais les détritus de toute nature qu'elles rencontrent sur leur chemin, ceux que les centres de population, qu'ils arrosent, leur fournissent en abondance, altèrent leur pureté primitive. Les eaux traversant de vastes forêts, principalement dans les pays chauds, où la décomposition des matières organiques est beaucoup plus active, sont généralement hydrosulfurées ; les eaux recueillies dans les villes et surtout en aval des grands centres de population contiennent des débris de toute nature. La fig. 135, également empruntée à Parkes, d'après les travaux de Hassall, nous fournit un exemple du degré d'impureté auquel peut arriver l'eau d'un fleuve qui, comme la Tamise, reçoit pendant plusieurs kilomètres les excréta de toute une capitale. Tandis que, à son entrée dans la ville de Londres, l'eau de la Tamise contient par litre 7 centimètres cubes d'oxygène, elle n'en présente plus que h à Hammersmith, 1,5 à Somerset-House , et 0,25 à Woolwich. L'oxygène s'est fixé sur les matières organiques (2). Dans la Seine, Boussingault a trouvé, en moyenne, 0^',12 d'ammoniaque par mètre cube au niveau de la place de la Concorde, et Cliatin a signalé, en aval de Paris, un grand accroissement des sels ammoniacaux, d'urée, de phosphates, de matières organiques, constituant, par leur ensemble, un milieu essentiellement favorable au développement de ces infusoires, dont l'action sur la propagation et l'évolution des phénomènes pathologiques semble à peu près incontestable.
H. Sainte-Glaire Deville a déterminé la composition et les proportions des matières minérales contenues dans l'eau des cinq grands cours d'eau de notre pays. Nous reproduisons ce tableau, qui offre un très-réel intérêt (3).
(1) C. A Varkes. A ma)iual of practicnl hygiène et.... A** édit, 1873, p. 60.
(2) A. Smith. Mém. Phil. Soc. Glascow, t. VI, p. 154.
(3) H. Sainte-Claire Deville. c^nn. e< i/e , t. XXIlI,p. h1.