‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 178 sur 241 · OS · texte numérisé non relu

OS

Oe,

Ofe', 0388

ce

En résumé, on peut dire que les eaux de rivières, plus aérées que celles de source, leurs sont préférables lorsqu'elles coulent sur des terrains siliceux et qu'elles ne sont point souillées de détritus végétaux, de matières terreuses ou des excréta des centres de population ; dans ces derniers cas, elles peuvent néanmoins être quelquefois employées en les soumettant à des procédés d'épuration.

e. Eau des lacs, étangs, marais. — Les eaux des grands lacs, incessamment battues et brassées par les vents, se rapprochent singulièrement des eaux de rivière; mais sur leurs bords, mises en général, sans renouvellement, en contact avec les débris de végétation et de détritus animaux, elles acquièrent les propriétés funestes des eaux de marais, qui présentent, réunies à leur maximum, toutes les causes d'insalubrité. Ces dernières doivent cette nocuité, non point à leur minéralisation, qui est faible, ni à la présence d'ammoniaque, rare dans les eaux privées de végétaux, mais à la quantité de gaz qu'elles tiennent en dissolution, gaz h odeur putride, mé-

langé d'hydrogène sulfure, phosphoré dans quelques cas, et surtout aux matières organiques et aux myriades de végétations microscopiques et d'infusoires qui s'y développent. Ces derniers fournissent des générations successives, dont les cadavres tombent au fond du liquide et se putréfient, après avoir vécu au contact des végétaux microscopiques, mucédinées, conferves, palmelles, etc. Les eaux de certains étangs ou lacs renferment quelquefois de petites sangsues, qui se fixent sur les parois du pharynx ou de l'arrière-gorge, augmentent bientôt de volume en se gorgeant de sang et peuvent déterminer une asphyxie mécanique. Elles sont surtout à craindre pour les chevaux, car l'homme regarde généralement d'assez près l'eau qu'il va boire.

Les plus nuisibles de ces eaux gisent dans les petits étangs, les mares abandonnées, les fossés de fortification, les drains ; ces dernières sont, en outre, souillées par les détritus provenant de la population.

f. Eaux des neigns^ des gladei^fi^ etc. — Les eaux provenant de la fonte des neiges ou des glaces ne sont pas chimiquement pures, même au moment de leur formation, car les glaces et neiges des montagnes contiennent quelques matières minérales et même des matières animales, fournies par les puces des glaciers. En tous cas, leur minéralisation et leur aération ne sont pas suffisantes pour les rendre salubres ; elles déterminent des troubles intestinaux, et semblent avoir une action positive sur le développement des adénites indolentes, que présentent souvent les montagnards. En roulant sous forme de torrents dans les montagnes , elles se chargent peu à peu des principes salins qui leur manquent, entraînent de l'alumine et, lorsqu'elles arrivent à constituer des lacs ou des élangs dans les vallées, sont parfois, au contraire, beaucoup trop minéralisées, mais en général salubres et utilisables.

IIL Captage et purification des eaux potables. — Le captage et l'aménagement des eaux constituent l'un des points les plus importants de l'hygiène urbaine, mais cette étude ne pourrait trouver place en cet endroit, car ces soins n'incombent point d'ordinaire aux services militaires; nous en avons rapidement dit quelques mots à propos de la distribution des eaux dans les casernes (p. 378) et dans les camps (p. 538) (1).

(1) Voy. sur cette importante question d'hygiène urbaine J.-B. Fonssagrives. Hygiène et assainissement des villes, p. 285 et suiv. 1 vol . in-8 de 568 p . Paris, 187^.

Page 1