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DANGERS DES CONDUITES EN PLOMR

Cependant, les circonstances peuvent être telles que l'approvisionnement (l'eau dans les camps donne lieu à des travaux spéciaux, et en tout temps, en marche et en campagne, les soldats doivent faire usage des eaux qu'ils trouvent sur place.

a. Ze.s tuyaux de conduites, dangers du plomb. — Dans le cas où il s'agit d'approvisionner d'eau une caserne ou un camp, on choisira judicieusement la source ou le cours d'eau auquel on veut avoir recours, en se basant, non pas sur le plus ou moins de facilité que l'on y trouve matériellement, mais sur leur composition et leur salubrité ; on ne doit point perdre de vue que l'eau exerce, sur la santé des hommes qui la boivent, une action directe et permanente et, qu'en pareille matière, la question économique ne doit venir qu'en second ordre. Le système par lequel l'eau sera amenée jusqu'au point de distribution, est une question technique dans laquelle l'hygiène n'intervient que pour demander l'emploi de conduites inaltérables à l'eau, comme le sont les tuyaux de ciment, de terre cuite émaillée, de tôle bituminée. Aux lieux mêmes dedistribution, les tuyaux de plomb, que leur grande malléabilité et leur facilité de disposition rendraient particulièrement commodes, doivent être proscrits de la façon la plus absolue. Il est, en effet, parfaitement établi que si le contact de l'eau sur le plomb n'amène pas, toujours et fatalement, l'insalubrité de ces eaux, ce fait se produit cependant trop fréquemment. Il est, aujourd'hui, démontré que l'eau distillée et l'eau de pluie attaquent rapidement le plomb, en se chargeant d'un carbonate de plomb par fixation de leur acide carbonique, mais que l'eau chargée de sels calcaires n'attaque pas les conduites de plomb, parce que le carbonate de chaux que laissent déposer ces eaux forme, au bout de peu de temps, sur la surface du métal, une incrustation de carbonate de chaux, en sorte que l'eau ne coule pas directement sur le plomb, mais bien sur le sel calcaire qui l'en isole; de plus, dans les eaux calcaires, l'acide carbonique étant fixé sur la chaux à l'état de carbonate, est moins apte à se combiner au plomb que l'acide carbonique libre des eaux de pluie ou des eaux distillées; la première explication semble particulièrement plausible.

Le simple fait de la minéralisation d'gne eau n'est pas une certitude de son innocuité vis-à-vis des conduites de plomb. Si les eaux contiennent des nitrates, des acétates, des formiates, elles ont, sur ce métal, une action irès-marquée, forment avec lui des composés solubles et deviennent rapidement toxiques. Les eaux, légèrement chargées de matières organiques et

par conséquent d'azotates provenant de leur décomposition, attaquent donc le plo(nb et ne doivent pas être mises à sou contact.

En présence de ces faits, des incertitudes qu'ils font naître, l'hygiéniste doit réclamer énergiquement la suppression absolue des conduites de plomb dans la distribution des eaux; de ce qu'une eau est chargée de sels calcaires, il ne suit pas la certitude, mais simplement la probabilité de son innocuité vis-à-vis du plomb; que les tuyaux restent vides quelque temps, ou simplement qu'une partie de leur surface ne soit plus en contact avec l'eau, la couche incrustante est mise à nu, se détache parfois, et, au moment où les eaux passeront de nouveau sur la surface métallique, elles se trouveront en présence du plomb ; pour un certain temps, alors, elles contiendront des sels plombiques. Enfin, rien n'indique que la composition des eaux soit constante; les eaux de rivières varient, au contraire, à chaque instant, et, avec elles, on n'est jamais sûr de ne point se trouver exposé au danger. Telles sont les raisons fréquentes des accidents d'intoxication plombique, éclatant subitement sur un groupe d'individus, alors que, depuis longtemps, les eaux dont ils faisaient usage passaient dans des tuyaux de plomb, sans devenir nuisibles.

La commodité industrielle des conduites de plomb ne paraît pas une raison plausible; lorsqu'il s'agit de la santé des hommes, l'industrie doit trouver des procédés parfaitement salubres de distribution des eaux et, quand on met de côté la raison économique, on finit toujours par y arriver.

b. Citernes — Les eaux, parvenues à leur point de distribution, sont en général accumulées dans des citernes, réservoirs ou caisses. Les citernes servent également à recevoir les eaux provenant des pluies; elles doivent être construites en maçonnerie de bonnes pièces meulières, réunies par de la chaux hydraulique ou du béton, leurs angles étant arrondis, car c'est surtout dans les coins que se développent les végétations; les citernes sont recouvertes d'une voûte suffisamment épaisse, au travers de laquelle on ménage une ouverture, ou trou d'homme, par lequel pénètrent les ouvriers chargés de les nettoyer.

La citerne doit pouvoir se vider en entier, soit par une ouverture placée h la partie inférieure, soit au moyen d'un siphon, toujours facile à établir lorsqu'il est compris dans la construction première.

c. Filtrage des eaux. — Lorsqu'on fait parvenir, dans les citernes, l'eau des pluies ou de telle autre provenance, qui fait désirer son épuration, on

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