CUISINES ROULANTES
*i5() soupes. Un oHicicr belge, M. Goffinet, a imaginé une de ces machines, servant à la fois de cuisine, de buanderie, et de four à cuire le pain. Enfin, pendant le siège de Paris, M. George Ville a construit une marmite roulante qui devait accompagner l'armée hors de la capitale, mais on n'en a jamais fait un essai sérieux. Nous signalerons encore la chaudière roulante du colonel Terwangne, tubulaire comn)e sa chaudière pour les cuisines de caserne, et plus simple que ces dernières. Il a élé parlé, page 7GU, des manutentions roulantes et des avantages que l'on en pourrait retirer. Au commencement de la dernière guerre, les Allemands avaient des cuisines roulantes ; mais ils ont été forcés de les abandonner, leur usage n'ayant donné aucun résultat satisfaisant. Nous ne pouvons nous prononcer sur la valeur de ces inventions, dont l'essai n'a pas été fait complètement, mais peut-être pourrait-on arriver à une solution pralique.
Il semblera toujours difficile cependant de construire des voilures-cuisines assez légères pour suivre les régiments dans tous leurs mouvements, dans les petits chemins et surtout dans les terres labourées. Si ces cuisines restent avec les bagages, bien rarement elles arriveront à temps pour fournir le repas; en somme, cette idée paraît pins théorique que réellement applicable.
Si, en temps de paix, le but doit être d'associer les hommes pour réaliser des économies de combustible ou autres, en temps de guerre, il semble qu'un principe contraire doit prévaloir, celui d'individualiser les soldats au point de vue alimentaire, de donner à chacun ce qu'il lui faut pour se préparer des aliments, en tant que vivres et matériel de campement.
Le service d'alimentation des armées en campagne constitue l'une des principales difficultés, parmi toutes celles que soulève la mobilisation de grandes masses de troupes. Cette question, nous l'avons déjà maintes fois entrevue et nous ne pouvons l'étudier à fond, car si sa résultante intéresse singulièrement l'hygiène, ses moyens d'action rentrent absolument dans l'ordre des questions tactiques ou administratives. Avec les effectifs des armées modernes, il semble absolument impossible de toujours approvisionner, surtout en viande et même en pain, les troupes qui sont en première ligne. On doit donc, comme nous le disions déjà en parlant des dislribulions de viande (p. 606), user largement des ressources du pays sur le(|uel on opère, ami ou ennemi, et mettre en réquisition tout ce qui est nécessaire pour la nourriture des hommes et des chevaux. C'était ainsi qu'en agissaient les armées de Napoléon I" : les généraux de corps ou de
division mettaient tout leur zèle à se faire attribuer des villages riches et populeux, où leurs troupes pouvaient iargementse fournir en subsistances.
En temps de guerre, il faut savoir utiliser toutes les ressources et modifier ses plans ou ses façons d'agir suivant les circonstances. Il en est de même pour l'alimentation du soldat, il est indispensable de la composer dilïeremment suivant la saison, la région cliniatérique où la campagne se poursuit, suivant qu'on demande h l'armée de fournir de longues marches ou, au contraire, de s'immobiliser derrière les remparts d'une place forte. Nous aurons l'occasion naturelle de revenir sur ces sujets en ciudianl les différents aspects de la vie du soldat en canipagne.