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RÉGIME ALIMENTAIRE EN CAMPAGNE

Nous savons que divers essais ont été tentés dans ce sens : ainsi, dans un régiment, on a essayé de faire un ragoût tous les jours, soit avec du bœuf, de la morue, du mouton ou du lard, et un mélange de légumes secs et frais; les iiomtnes ont redemandé la soupe habituelle; ce ragoût ne les nourrissait pas assez, les ressources de l'ordinaire étant trop faibles pour qu'on pût le faire convenable. Dans d'autres régiments, on aurait cependant obtenu un résultat. C'est aux chefs de corps à essayer ce qui est le plus avantageux. Sans nul doute, ces différences dans les résultats sont dues au plus ou moins de cherté des vivres, dans les diverses contrées où séjournent les régiments.

Il serait à désirer que l'on pût de temps en temps distribuer de la viande rôlie. On pourrait, par exemple, donner, au repas du malin, une boime soupe grasse, dans laquelle on aurait fait subir une première cuisson à des légumes, haricots ou pommes de terre; puis, le soir, faire cuire la viande au four par grosses pièces en l'entourant des légumes déjà ramollis.

§ II. — Régime alimentaire en campagne ou sur le pied

(le mobilisation.

L'alimentation du soldat en campagne a déjà fait l'objet de nombreuses observations dans les chapitres précédents. La ration fixée réglementairement à 1000 grammes de pain ou 750 grammes de biscuit, 300 grammes de viande, 60 de léguujcs secs, 21 de sucre et 16 de café, a été sérieusement étudiée (p. 633 et suivantes) et nous en sommes venu à réclamer (p. 658) une augmentation de 200 grammes dans la ration de viande, de grammes de sucre et de grammes de café.

Chacun de ces éléments a fait l'objet de considération spéciale, le pain et le biscuit (p. 758, 11k et suivantes), la viande fraîche (p. 685 et 696), la viande conservée (p. 719), les aliments de réserve, saucissons de poison autres (p. 785). Nous n'avons donc pas à revenir ici sur des questions déjà traitées et avec des détails, suffisants, nous l'espérons, pour faire passer dans l'esprit de tous cette vérité, exprimée dans un langage imagé par un des plus grands capitaines, Frédéric de Prusse : « Celui qui veut organiser une armée, doit commencer par le ventre, car ce dernier est la base de celle-là.» « Wemi man eine Armée bauen will^ ho itiuss man mit d cm Bauchc anfanrjcn, denn dicser ist das Fnndameut daron (1) ».

(1) Frédéric II, bistruclions du roi de Prusse pour les gériéraux de ses armées ^ suivies de l'Art de lu ijuerre, pocme en six chants, édition française (sans date?). MORACHE. — Hyg. niilit. 56

I. Vivres de campagne. — Sur le pied de mobilisalion,et« fortiori &\\ campagne, le soldat louche les vivres de campagne sus-iiidiquées el ne verse point à l'ordinaire, en sorte qu'il louche son prêt franc el que, les circonstances aidant, il peut acheter des vivres supplémentaires, s'il en trouve. Les ordinaires n'existent plus, les hommes s'associent en tribus de six ou huit pour le couchage comme en vue de la préparation des aliments, pour laquelle ils reçoivent la marmite, la gamelle et le grand bidon. Ce matériel a été étudié au point de vue de ce qui existe, comme de ce qu'il semble désirable d'y modifier, en traitant de l'équipement du soldat (voy. p. 602).

En campagne, le soldat ne dispose parfois que de courts instants pour la préparation de ses aliments, or, pour cuire la soupe il faut au moins quatre heures et^ dans certaines journées, on n'est jamais sur d'avoir quatre heures assurées ; dans la dernière campagne, nos troupes étaient à chaque instant obligées de jeter la soupe à moitié cuite, en emportant la viande, mais en perdant le bouillon et les légumes. Ces déplorables circonstances tenaient aux conditions fâcheuses dans lesquelles se trouvaient nos corps d'armée, souvent obligés de modifier plusieurs fois leurs positions, par suite des mouvements de l'adversaire dont, généralement, nous subissions le plan plutôt que nous ne lui imposions le nôtre; elles tenaient peut-être aussi à des négligences, à l'insuffisance du service de sûreté, ce sont là des questions techniques dans lesquelles nous n'avons garde de nous immiscer. Nous espérons qu'elles ne se reproduiront plus.

Toujours est-il que, dans maintes circonstances, nos troupes vivaient fort misérablement et fournissaient cependant des marches prolongées ; elles montraient ainsi le merveilleux parti que l'on peut tirer du soldat de race gauloise qui, malgré d'injustes accusations, a fait preuve pendant cette campagne de hautes vertus militaires ets'est, personnellement, montré de tous points digne de ses ancêtres.

II. Cuisines roulantes. — La nécessité de fournir aux troupes des aliments chauds et l'avantage qu'il y aurait à leur en distribuer pendant la marche ont fait naître l'idée d'organiser aux armées des cuisines roulantes. Déjà le maréchal de Saxe en voulait avoir une par compagnie; une voiture portant une marmite a été essayée en 1808 devant Napoléon P% on peut en voir le modèle au musée d'artillerie. Plus récemment, M. Cavalli, officier sarde, a proposé des cyisines ambulantes dont la pièce principale est une chaudière à la Papin, avec foyer intérieur : il faudrait deux chevaux pour traîner une marmite fabriquant 1000 soupes, et un cheval pour une marmite faisant

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