‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 214 sur 241 · ARTICLE I". — DÉSINFECTION · texte numérisé non relu

ARTICLE I". — DÉSINFECTION

Au point de vue hygiénique, on doit entendre par désinfection l'ensemble des moyens mis en usage pour prévenir le développement ou la propagation de certaines maladies infectieuses, en détruisant les éléments qui semblent en être les agents de propagation, que ces éléments soient des gaz ou des organismes inférieurs, des ferments, qu'ils prennent comnie véhicule l'air, les eaux ou les individus eux-mêmes.

Les agents pouvant, par une action mécanique ou chimique, concourir à la désinfection, reçoivent le nom de désinfectants. Il ne faut donc point accorder ce titre aux substances qui masquent simplement certains caractères d'une matière infectée ; telles sont, par exemple, les compositions odorantes, employées pour couvrir l'odeur désagréable d'une atmosphère viciée ; de pareilles substances laissant persister l'action nuisible, infectante de cette atmosphère, ne sont point des désinfectants, mais tout au plus des désodorants.

y(jO INSTITUTIONS SANITAIRES DES ARMÉES.

Nous n'étudierons point ici les désinfectants en eux-mêmes ; mais, pour rester sur le terrain pratique, nous envisagerons leur application, dans les différentes conditions que les circonstances de la vie militaire peuvent faire surgir.

§ I. — Désinfection de l'air ambiant.

L'air ambiant est incessamment souillé par les germes morbides, que la nature détruit par voie d'oxydation ou qu'elle noie, pour ainsi dire, dans rimmensité des airs; l'hygiéniste doit chercher à imiter ces procédés, sur l'atmosphère ambiante des espaces rétrécis où son action peut s'étendre, comme les salles d'hôpitaux, les chambres d'habitation, etc., lorsque l'agglomération d'organismes humains, sains ou malades, tend à augmenter l'insalubrité de celte atmosphère. On peut, dans ce but, employer des agents solides, liquides ou gazeux.

I. Charbon. — Parmi les agents solides de désinfection , le charbon lient le premier rang; il agit en vertu de sa faculté d'absorption pour les gaz, en sorte que si l'on peut placer une couche de charbon au niveau d'un orifice par lequel s'échapperaient des gaz méphitiques, il jouerait à leur égard le rôle d'un véritable écran. Pour la désinfection de l'atmosphère ambiante d'une salle ou d'une chambre, il faut réduire le charbon en poudre assez fine et l'étendre en surface. On doit remarquer cependant que le charbon n'est pas un désinfectant dans le sens littéral du mot, il absorbe des gaz comme l'ammoniaque et l'hydrogène sulfuré, mais lorsqu'il est saturé lui-même, il n'empêche pas la formation de ces gaz dans l'atmosphère et peut devenir lui-même alors un agent infectieux. Aussi, le charbon qui a servi à absorber des gaz méphitiques doit-il être désinfecté en étant porté au rouge, avant d'être utilisé de nouveau.

Le charbon animal jouit de propriétés absorbantes plus prononcées que celui de bois, mais ce dernier est plus facile à se procurer.

IL Marne, chaux. — La terre marneuse bien desséchée peut remplacer le charbon, sans le valoir toutefois. La chaux caustique absorbe l'acide carbonique et vraisemblablement décompose les gaz sulfhydriques, aussi le lavage des murs d'une chambre à l'eau de chaux peut-il agir ainsi sur l'atmosphère qu'elle renferme.

IIL Permanganate de potasse, chlorure de zinc, d'alumine, etc. — ■ Les solutions de permanganate de potasse, de chlorure de zinc, d'azotate de plomb, sont exposées dans des vases larges et plats, ou mieux servent k

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