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DÉSINFECTION DE L'AIR AMBIANT

imbiber des pièces d'étoiïe, des draps que l'on suspend dans la pièce à désinfecter, de manière à former ainsi des séries de tamis que l'air, mis en mouvement, est forcé de traverser. Dans ces derniers temps, on a particulièrement reconunandé, en Angleterre, le chlorure d'alumine (chloraium); comme il n'est pas volatil, il faut le projeter dans la chambre à l'état de poudre, ou en préparer une solution, avec laquelle on enduit des pièces d'étolTe comme il vient d'être dit (1). Le chloralum a été spécialement préconisé pour la désinfection des habitations occupées par des clioléri(iues (2).

IV. Chlore. — De tous les désinfectants gazeux, le chlore est de beaucoup le plus avantageux, en ce qu'il est toujours facile d'en obtenir un dégagement. Il agit, ainsi que le brome, l'iode et les hypochloriles, connue agent oxydant, mais d'une façon indirecte. Ces substances, très-avides d'hydrogène, décomposent rapidement presque tous les composés minéraux ou organiques hydrogénés, s'emparent de Thydrogène et mettent en liberté une partie équivalente d'oxygène, qui, se trouvant à l'état naissant, réagit avec une grande énergie et elTeclue la combustion des matériaux organiques (3). Diverses réactions peuvent être utilisées pour produire un dégagement lent et régulier de chlore gazeux. La plus simple de toutes consiste dans l'exposition à l'air de la poudre ou de la solution de chlorure de chaux ; on peut substituer à cette matière, soit l'hypochlorile de potasse (eau de Javelle), soit l'hypochlorite de soude (liqueur de Labarraque). Ces composés sont réduits sous l'influence de l'acide carbonique de l'atmosphère, et du cblore se trouve mis en liberté. On peut activer celte action en ajoutant un peu d'acide, qui décompose en un temps donné une plus grande quantité du composé chloré.

D'après le procédé proposé par Guyton de Morveau, on obtient un dégagement lent et continu de chlore, en mélangeant dans un vase de terre 30 parties de sel marin, 10 de bioxyde de manganèse, 20 d'acide sulfurique et 20 d'eau. On peut aussi faire usage, soit d'eau saturée de chlore gazeux que l'on expose au contact de l'air sur une large surface, soit d'un

(1) Lancet (27 août et 3 septembre 1870).

(2) H. Blanc, moyens de se préserver du choléra , etc. {Revue des cours sctenti fi. 7«ey, p. 196, 1873).

(3) Z. Roussin, article Désinfectants {Nouveau dict, de médec. et de chiruv t. X[, 1869).

MOllACUE. — ll^j,'. inilit. gl

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mélange de parties égales d'acides chlorliydrique et azotique du commerce, qui dégagent un composé chloré des plus actifs pour la désinfection.

Sous quelque forme que l'on emploie le chlore, son action est rapide et énergique; à son contact, l'hydrogène sulfuré, l'hydrogène phosphoré, l'ammoniaque et les composés organiques sont détruits, les organismes inférieurs, les spores sont frappés de mort ; la désinfection est donc réelle et complète.

V. Ozone. — En tant qu'oxydant, l'ozone est un agent désinfectant; son action sur l'organisme est telle que Schonbein prétend avoir tué des petits animaux (des souris) en leur en faisant respirer (1). Richardson et Backer ont proposé de développer de l'ozone, pour la désinfection de l'atmosphère ambiante, en plaçant du phosphore dans une bouteille remplie d'eau et en mesurant l'intensité du dégagement avec le papier iodé. D'après Buiï, on obtient un dégagement continu d'ozone par un mélange de permanganate de potasse et d'acide sulfuriquc (3) ; nous avons déjà indiqué (p. 330) un procédé très-simple, proposé par Delahousse pour obtenir un dégagement continu d'ozone.

VI. Acide phénique . — L'acide phénique en cristaux, ou en solution, largement exposé au contact de l'.'.ir, laisse dégager des vapeurs qui, vraisemblablement, ont, sur les germes organiques en suspension dans l'atmosphère, une action aussi directe que celle que cet acide exerce sur les matières organiques, avec lesquelles il est en contact. Un procédé pratique, que nous avons déjà signalé (p. 365) consiste à mélanger de l'acide phénique à de la sciure de bois et à répandre cette dernière sur le plancher. Sait (de Birmingham) a proposé d'obtenir la volatilisation de l'acide phénique en le plaçant au-dessus d'une lampe à alcool disposée à cet effet [k).

Les vapeurs de goudron et de poix, recommandées, il y a plus d'un siècle déjà, agissent probablement en raison de l'acide phénique qu'elles contiennent.

YIL Fumigations aromatiques. — Les fumigations, autrefois si répandues, doivent être signalées parce que, contrairement aux croyances populaires, elles n'ont aucune action désinfectante réelle. Les fumigations de

(1) Schonbein, Ueher die Anweseaheit von Ozon in f/er atmosphârischen Lvfl [Zcitschrift fïi.r Biologie, 3^ vol., p. 109, 1867).

(2) Biiff, Kw'zes Lelirhuch (ter anorganischen Chemii;p. Hili. Erlangen, 1868.

(3) Delahousse, Ozonisation artificielle {Gaz. des hôpitaux, 1862).

(4) Sait, Lancet, 13 mai 1871.

DÉSiNFliCTlON DliS ÉTOFFES, VËTJtMliiNTS, 1£TC. 963

vinaigre en ont peut-être une légère, en vertu de la créosote que renferme ce liquide ; on augmenterait cette action en se servant de vinaigre de bois, qui contient une plus forte proportion de créosote, ou bien en le mélangeant avec un dixième d'acide pbénique et un peu de camphre.

§ II. — Désinfection dos étoffes, vêtements, etc.

Les vêlements, et en général les tissus organiques, surtout ceux faits de laine, deviennent très-facilement les véhicules de germes morbides qui s'y fixent, peut-être même s'y développent, et en tous cas, y conservent fort longtemps leurs propriétés infectieuses. L'histoire des épidémies contient à ce sujet les exemples les plus probants et, pour n'en citer qu'un seul cas, on sait que des individus contractèrent en France le typhus après avoir déballé des vêtements provenant de Crimée. Il en est de même dans les épidémies de choléra, les personnes qui manient les vêtements, les draps, etc. , des cholériques, sont atteintes dans une proportion tout exceptionnelle ; des faits identiques ont été démontrés pour la variole, le typhus épizootique, etc..

Vis-à-vis des vêlements ou des objets de cette nature, il est facile d'employer les agents de désinfection les plus énergiques, sans cependant les détruire ou les rendre par la suite inutilisables : telle serait l'action de plusieurs désinfectanls chimiques. Le procédé le plus radical de désinfection pour les tissus consiste à les soumettre, pendant un certain temps, à une température suffisante pour détruire les germes organiques ; cette température semble devoir dépasser + 130°, car il n'en faut pas moins, d'après rasteur, pour tuer les bactéries ou autres organismes inférieurs ; aussi, le simple lavage à l'eau bouillante, même additionnée de substances désinfectantes, ne saurait- il être regardé comme suffisant pour mettre absolument à l'abri d'une contagion ultérieure.

A défaut d'autre installation, on peut utiliser un four ordinaire que l'on chaufle comme pour y cuire du pain ; on introduit les vêlements ou autres objets» après avoir complètement enlevé tous les débris de charbon, et on les isole de la sole et des parois du four en les plaçant sur un grillage de bois ou de métal, car si les tissus viennent à toucher ces parois, on court risque de les détériorer. Dans les hôpitaux, cette opération de désinfection devrait toujours être appliquée, aussi bien aux vêtements des malades entrés qu'à tout ce qui a servi à leur usage, pour peu qu'ils soient atteints

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d'une alïeclioii infectieuse. Il serait donc à désirer que chacun de ces établissements fût pourvu d'une chambre de désinfection. Un assez bon modèle du genre a été récemment établi à l'iiopilal de University Collège de Londres (1).

Celle chambre de désinfection (fig. \h'6) est fortement construite en

maçonnerie de murs dou- ^Jà^im bles, laissant entre eux un certain intervalle. A l'intérieur de la chambre, existent des tiges métalliques pour suspendre les elîets, on y pénètre par une porte de fer, fermant très-hermétiquement. Un poêle F de fer forgé, reposant sur un bàlis de briques, est chaulTé au moyen de coke; il communique avec l'extérieur par une ouverture B, destinée à l'entrée du combustible, par une seconde C destinée à l'évacuation des cendres et à l'entrée de l'air, par une troisième A, au travers de laquelle on peut glisser une cuiller de fer, pour répandre du soufre sur la surface du

Fig. — Chambre de désinfection h l'hôpital iVlMvevsity Collège. — A. Ouverture pour l'introduction du soufre. — B. Foyer de coke. — C. Cendrier. — I), V.. Canal d'évacuation de l'air vicié. — F. Poêle. — G. Plaque de fer.

poêle. Une plaque G, également de fer, isole la partie supérieure du four el empêche les objets pendus sur les tringles de se brûler à son contact. Sous l'influence d'un chauffage énergique, la température intérieure peut s'élever jusqu'à 150° centigrades; en outre on fait dégager de l'acide sulfureux en projetant, comme nous l'avons dit, du soufre sur la surface supérieure

(1) F. Oppert, Besdireibung einiger englischen Désinfection Anstalten {Deutsche Vierteljahvsschrift fur ofjentliche Gesimdheitspflege,i. V, p. 358, 1873).

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