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ALIMENTATION DANS LES HOPITAUX

en dehors des appareils baliK^'aires qui fonctionnent dans un local spécial de l'hôpital. Nous avons indiqué (voy. p. /iOS) le système de waler-closels le plus avantageux à introduire. Pour la disposition de ces services de propreté, l'on peut adopter dilîérenls plans d'ensemble, dont l'hôpital de Saint-Thomas (fig. 157) et l'hôpital de AVoolwich (fig, 158) présentent des modèles bons à suivre.

V. Service d'alimentation. — Après une bonne installation des salles et des services connexes, l'alimentation tient certainement une place de premier ordre dans l'hygiène hosi)italière.

Les administrations, partant du point de vue qne les habitants des hôpitaux sont des malades et n'ont pas besoin d'une alimentation très-réparatrice, fixent en général des tarifs alimentaires que les médecins regardent, de leur côté, comme insuffisants pour les convalescents, pour les opérés, pour tous ceux, en un mot, auxquels il s'agit de fournir une grande somme de matériaux réparateurs.

Dans nos hôpitaux militaires français, la ration maximum à allouer à un même malade se compose de 750 grammes de pain et de 280 grammes de viande, de légumes secs et d'une ration de vin de 50 centilitres par jour.

Rarement cette ration est prescrite pendant plusieurs jours de suite, et l'habitude administrative semble exiger de ne la formuler que pour les hommes sortants. On donne plus généralement la ration 3 portions, se composant de 500 grammes de pain, 210 grammes de viande et 36 centilitres de vin. En elles-mêmes, ces rations sembleraient suffisantes pour des hommes ne se livrant à aucun travail matériel, mais l'on n'a pas calculé, en les fixant, que les blessés ont à fournir une somme considérable de forces pour faire les frais de la suppuration, que les convalescents de maladies fébriles ont également à reconstruire leurs tissus brûlés par la fièvre, que tous ces gens peuvent et doivent être assimilés à ceux qui font un travail mécanique etqu'ondoit, au contraire, s'ingénier à leur présenter, sous la forme la plus facilement assimilable, la plus grande somme de matériaux réparateurs. Les aliments de choix, les viandes rôties, les côtelettes, qui leur conviendraient si parfaitement, ne peuvent être prescrites qu'en diminuant le taux général de la ration, en réduisant la quantité de pain et de vin; les côtelettes mêmes ne peuvent être données qu'à im dixième des hommes au ?'ér/imc gras. — On se demande par quel raisonnement administratif une telle erreur a pu se produire !

Il est vrai que le médecin, chef du service, peut, dans les cas spéciaux.

iOOO INSTITUTIONS SANITAIRES DES AltMÉES.

demander y l'adminislraiion de modifier le régime d'un malade, et il faut reconnaître que ces demandes sont, en général, favorablement accueillies; mais, outre que cette mesure apporte toujours un certain retard, puisqu'il y a demande, il peut y avoir refus, c'est là surtout qu'est l'erreur ; elle rend un administrateur incompétent juge en dernier ressorl.du traitement à formuler pour un malade.

Ces défauts ne sont pas particuliers, du reste, aux hôpitaux militaires; d'après un tableau, dressé par Ch. Sarazin dans son importante étude, c'est même dans ces établissements que l'on alloue les plus fortes rations ; il est des hôpitaux civils où la ration de pain descend justju'à 310 grammes, la viande jusqu'à 130 grammes. A l'étranger, les rations hospitalières sont en général plus fortes; c'est en Russie que l'on rencontre les prescriptions les plus larges : à l'hôpital Sainte-Marie de Moscou, la ration maximum atteint 619 grammes de pain et /i09 grammes de viande; dans les hôpitaux militaires badois, elle monte même à 560 grammes.

Non-seulement la quantité de vivres allouée doit être suffisante, mais encore ces derniers doivent être préparés avec le plus grand soin. Nous avons fait ressortir (p. 878) la nécessité de soigner la cuisine du soldat, cette vérité s'impose bien plus encore dans les hôpitaux. Tout ce qui touche à la cuisine doit êire regardé comme de première importance ; les Américains, qui, depuis dix ans, ont accompli les plus grands progrès dans l'hygiène hospitalière et ont ouvert une voie où les puissances européennes doivent s'engager, n'ont pas négligé non plus le service des cuisines. Les locaux mêmes où se préparent les aliments ont appelé toute leur attention, ainsi que le prouvent leurs installations de ce genre, parmi lesquelles ils citent en général la cuisine de l'hôpital militaire de Sedgwick, comme un modèleà suivre (fig. 159).

En dehors des hôpitaux généraux, les armées doivent posséder des établissements spéciaux pour le traitement des aliénés, pour le service des eaux minérales. Ces catégories d'hôpitaux n'offrent rien de particulier à signaler, par ce seul fait qu'ils doivent recevoir des militaires. Il n'y a donc pas lieu d'en faire ici une mention spéciale.

ARTICLE IL — HÔPITAUX militaires TEMPORAIRES.

Les hôpitaux temporaires des armées sont ceux que l'armée prend soin d'organiser en arrière du front des opérations, sur les lignes d'étapes et

dans rinléiieur du pays liii-mèine, pour subvenir au irailement des malades et des blessés. On peut les diviser en hôpitaux baraqués, hôpitaux sous

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