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tentes, et hôpitaux roulants, enfin même y faire rentrer les établissements ou maisons quelconques, dont le service sanitaire s'empare pour y installer des malades.
§ I. — ITâpitanx Honn liaraqnes.
Les liôpitaux sous baraques constituent le type le plus commun des hôpitaux temporaires; ils répondent aune double indication, celle de pouvoir être rapidement construits sur les points où leur présence est jugée nécessaire, celle de se prêter merveilleusement à la diffusion des malades et de pouvoir être montés hors des centres de population, avec lesquels de bonnes routes oji mieux des voies ferrées doivent les relier cependant.
Nous avons étudié, dans une autre partie de cet ouvrage, 1 es conditions à suivre dans l'établissement des baraques (voy. p. 517), les précautions à prendre en vue de les isoler du contact du sol (p. 519), de les ventiler suffisamment (p. 52li); toutes ces indications demeurent entières en ce qui concerne les hôpitaux baraqués ; elles doivent seulement devenir plus rigoureuses encore, lorsqu'il s'agit de loger sous ces abris non point des hommes valides, mais des malades. Entre les hôpitaux baraqués et les camps, il y a la même différence qu'entre les hôpitaux et les casernes.
Avec quelques perfectionnements, les hôpitaux baraqués semblent même pouvoir être absolument substitués aux hôpitaux définitifs, construits en maçonnerie. « Je voudrais, jdit Michel Lévy en terminant la description des baraquements élevés sous sa direction au jardin du Luxembourg pendant le siège de Paris, je voudrais que nos baraques pussent devenir les hôpitaux de l'avenir, avec une durée de dix ans, et, au terme de cette période, être détruits et remplacés sur d'autres terrains par des constructions nouvelles, avec les corrections que l'expérience aura suggérées (1). »
Dans un intéressant mémoire, Cabrol a développé la même idée en proposant de remplacer les hôpitaux permanents par des villas sanitaires, construites en dehors des villes, au milieu des jardins et des pelouses; il les compose d'une série de pavillons à charpente de fer forgé, dont les parois, faites d'une double couche de planches, avec intervalle intermédiaire, seraient facilement démontables pour être désinfectées, ou même brûlées au besoin. Cabrol propose en outre de faire circuler des tuyaux creux en fonte dans la couche de cailloutis séparant la baraque du sol, et d'envoyer dans ces tuyaux des jets d'air surchauffé, en vue de détruire les végétations microscopiques, les organismes inférieurs qui s'y développent,
1) Michel Lévy, Noies sur les hnpitnux-barnques du Luxembourg et du Jardin des Plantes {Ann. d'hyg. et demédec, légale^ t. XXXV, 1871).
Fie;. 160. — Plan g<^n(^ral do l'hftpital Mac Doiigall. — h, h. Tronte-quatro pavillons de blosstfs. — n, a. Saillie fin lonal rfinfermaiit Irs wator-oloscts. — c. Administration. — (1. Bnanderie, ni3f;asins. — r. Cuisine. — /'. Dépendances diverses. — g. Salle des morts. — h. Linge sale. — /. Ghapelle. — k. Services divers (Dcmoget.)
lOO'l INSTITUTIONS SANITAIRES DES ARMflES.
et d'empêcher ;iinsi la pénélration des eflluves iclluriqucs jusque dans la baraque eile-niême (1).
La dimension des baraques étant réglée sur le pied de la plus grande dimension possible, leurs divers aménagements choisis d'après des principes que nous avons cherché à développer, reste à fixer le nombre de baraques à réunir pour constituer un hôpital teniporaire et la disposition à leur donner, les unes par rapport aux autres.
On peut, au premier point de vue, se montrer beaucoup plus large que dans les hôpitaux définitifs, car l'agglomération est alors beaucoup moins à craindre. Dans la guerre de la Sécession, les Américains n'ont pas craint de former, avec des baraques de 25 à 50 lits, des hôpitaux contenant jusqu'à 3000 et ZiOOO malades, et l'expérience n'a pas été trop défavorable, ainsi qu'en témoigne hautement Hammond. Néaimioins, il semble que l'on s'expose ainsi à des dangers éventuels et mieux vaudrait ne pas admettre 600 à 800 places. Pendant la guerre de 1870-1871, ces fixations ont été dépassées, aussi bien en France qu'en Allemagne, mais ce n'est pas là un exemple à suivre.
Pour la commodité du service, les baraques peuvent être jointes par une galerie, ainsi que le présentait Vhôpital Mac Dougall (fig. 160) en Amérique. Un peut remarquer que les pavillons tombent obliquement sur cette galerie ; cette disposition a paru préférable à celle qui avait été adoptée dans les hôpitaux Mac Clellan et Lincoln, qui ne différaient du précédent qu'en ce que les pavillons étaient tous parallèles les uns aux autres, faisant avec la ligne de la galerie un angle toujours le même, de degrés. Dans l'hôpital construit pendant la guerre dans le polygone de iMetz, l'architecte M. Demoget, suivit un plan intermédiaire, les baraques étant disposées obliquement par rapport à la galerie qui, elle, représentait les deux branches d'un V(fig. 161).
On doit faire à ce système le reproche de rapprocher beaucoup trop les baraques les unes des autres, en ne laissant entre elles qu'un intervalle tout à fait insuflisant pour permettre la libre circulation de l'air.
Il semblerait plus logique d'adopter, si le terrain le permet, une disposition circulaire, ainsi, que le présentait l'hôpital de Hammond, élevé sur le bord de la mer, à l'embouchure du Potomac. Cet hôpital, dont l'idée
(1 ) Cabrol. Les villas sanitaires, principalement en temps de guerre et d'épidémie. Paris, 1873.
Fig. IGI, — Plan général de l'hôpital du Polygone, U Metz. — De 0 a 30. Bàliments numérotés contenant les lits. — n. Corps de garde. — b. lîureaux d'administration, ateliers de réparation de linge et logement du directeur. — a. Poste, magasin et atelier d'armes. — d. Grande lingerie et logement des sœurs. — e. Médecin de garde, aumônier, médecin en chef. — /'. Cuisines. — /'. Dépenses. — 7, g' . Cabinets do bains. — h, }i' . Salles d'opérations. — i. Pharmacie. — k. Dépôt d'ériuipements et ctrcts des décédés. — /. Dépôt de linge sale. — m. Salle des morts. — n. Latrines. — n' . Latrines de l'administration. — 0. Bureau des employés atlacliés a la construction.— p. Chemin d'arrivée. — r. Autel pour le service en plein air. — 7, y. Puits avec pompe. (Dcmoget.)
liNSTlTUTIONS SANITAIRES DES AEMÉES.
première semble avoir élé inspirée par un plan présenlé, il y a près d'un siècle par Poyel, se composait d'une série de 1(5 pavillons, dont 15 de dimensions idenliques;^(fig. 162).
Fig. 162. — Hammonci gênerai Hospital. Plan du rez-de-chaussée. — a. Bureaux de la direction. — b. Salles de malades. — c. Cuisine. — d. Lingerie. — e. Maisons de garde. — /'. Vestiaire, —gr. Chambre des morts.
Disposés autour d'une cour circulaire, ne mesurant pas moins de 106 mètres de diamètre^ reliés entre eux par une galerie également circulaire, distants les uns des autres de 12 mètres à leur extrémité centrale, de 25 à leur extrémité périphérique, les pavillons pouvaient recevoir chacun 52 malades; l'hôpital tout entier en contenait 780. Sauf le nombre trop considérab'e de malades par pavillon, cette disposition paraît la plus avantageuse de toutes celles que nous avons signalées.
On n'est pas du reste toujours maître de suivre un plan régulier dans la disposition des baraciucs, sur le terrain, et si le fonclionnement du service est rendu un peu plus difficile par leur dispersion, la salubrité est loin d'en soutïrir.
On peut, comme type d'une bonne installation, citer l'hôpital baraqué élevé au Luxembourg, sous la direction médicale de Michel Lévy, et celle du colonel du génie de Laussedat.
Boulv. SL-Michel.
K. du Val- Jc- GrAce.
Carref. do VObsurvatoiro.
Rue d'Assas.
Rue Caniot.
Rue do l'Orangerie.
Rue d'Enfer.
Jardin.
Bassin.
.\rbres.
Terre-plein.
Terres en cxc vatiuu.