‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 27 sur 241 · V. — Départements celtiques modiliés par les · texte numérisé non relu

V. — Départements celtiques modiliés par les

croisements :

(I. Groupe de la basse Loire. 68,2

Moyenne de i , ^ , . ■ - 1 i

\ h. Groupe de 1 Aquitame. . . / U

ces 3 '^rou-

^ 1 f. Groupe de l'ancienne prônes, 67,-1 f . „

' vuice roinamc ()i,U, j . . i

> Moyenne de toute la

VI. - Départements celtiques les plus purs : ) ^^^^ ^^^^.^^^ ^^^3

fa. Groupe alpestre 99,5 l

Moyenne de^ Groupe de la Bretagne. . 109.6 \ ces ;> groii- , OA j - .

i (.-. Groupe des 20 départe- , pes, 109,09 ^ , '

menls du centre 111,1/

MI. — Département de la Seine 85,0

MM. — Département de la Corse 87,0 ^'

En envisageant clans leur ensemble les conciliions de taille exigées clans les armées étrangères, on pent vérifier encore le même principe. Partout où se trouvent les races germaniques et savonnes, clans l'Allemagne du iNord, l'Angleterre, les États-Unis d'Amérique, on peut exiger du soldat un minimum de taille élevé. Dans les pays celliques, au contraire, on doit se montrer moins sévère, et cependant nous verrons ailleurs que dans les armées de race germaniciue la proportion des exemptions pour infirmités est peut-être plus élevée que dans les races celticpies.

Taille minimum dans les principales armées

/ Prusse. . . 5'2" l'",621

i ou 5' exceplionnellement. . . 1"',569

\ Amérique du Nord. . 5'3" l'^.GOO

Races germaniques. ... . , . .,„,, , ^

*' ^ 1 Angleterre 5'3" 1"\600

I Suède 5' 2" l'",(i()8

\ Bade 5'2"l/2 1"',570

i France l'n.SiiO

Races celtiques mélan-l Italie 1"',560

gées i Belgique l'",570

Espagne 1°^,560

Races germano-slaves. . Autriche 59" 1"',553

Étant donné ce fait scientifique que la taille n'est pas, le plus souvent, en rapport avec la constitution de l'individu, mais au contraire avec la race à laquelle il appartient, on ne saurait trop aj)prouver la loi du 27 juillet

100 EECRUTEMENT DES ARMÉES.

1872 qui nbaisseeii France le niiiiimum de la laille militaire jusqu'à l'",5iiO. Encore ce minimum n'existe-il que pour l'incorporation dans les services armés.

Le § 70 de l'inslruclion du 28 avril 1873, rédigé conformément à l'esprit de la loi est ainsi conçu :

<- Le défaut de taille persistant pendant deux années de suite ne saurait motiver en aucun cas l'exemption. L'homme qui n'a pas la taille de \^,5^\0 doit être classé dans l'armée auxiliaire. »

Celte disposition est prise en raison du fait démontré par l'observation que, dans nos races européennes, la croissance de l'homme continue souvent jusqu'à vingt-cinq ans et au delà.

Quetelet, dans dos travaux sur lesquels nous reviendrons en parlant du rapport qui unit le poids à la taille, a prouvé que l'homme dont la taille n'atteint à dix-huit ans que l'",658, atteint à vingt-cinq ans l^jôSO. Danson(l), observant sur ZiSOO criminels de dix-huit à trente ans, a remarqué que chez eux, si la taille moyonne était à dix-huit ans de r",63;i, elle arrivait à l^jGSZi vers trente ans. — Liliorzik (2]» dans des recherches très-exactes, a démontré l'accroissement successif jusqu'à vingt-quatre ans de chacun des segments du squelette, par suite de la taille totale ; de ses nombreux travaux, nous pouvons extraire les chiffres suivants qui sont éia!)lis, il est vrai, au point de vue de la population germano-slave.

AGE TAILLE AfiE TAILLE

(annie aecomplie). nioveiiiie. 'année fiocomiilie), miivennc.

On peut adresser à ces calculs le reproche d'avoir été faits sur des individus différents, à des périodes variables de leur vie; Allaire (3) et Robert [li) ont recherché la laille de soldats français, de l'âge de vingt-quatre à vingtcinq ans, et l'ont comparée à celle qui se trouvait inscrite sur leur livret, cor-

(1) Danson. Grcioth of Ihe human body [Statistical Sociefy's journal), p. 22,

(2) Liliarzik. Loi de la croissance et de la structure de V homme. Vienne, 1862.

(3) Allaire. Étude sur la taille et le poids de lliomme dans le régiment des chasseurs de la garde, in Recueil des Mém. de médec. et de chirurg. mil., 3" série, t. X, p. 161.

(i) Robert. Notice sur la taille et le poids du fantassin français, in nnême Recueil, t. X, p. 171.

CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — TAILLE. 101

respoiulaiit |)ar coiisoqueiU à IV^poqiic de leur incorporation. Chez beaucoup il'enlre eux, ils ont trouvé une différence en plus de 23 niilliniètres.

Dans une discussion survenue il y a quelques années à l'Académie de médecine, certains observateurs, M. Jules Guérin eu particulier, ont jeté un cri d'alarme et n'ont |>as craint d'affirmer que notre population était en voie de décadence physiiiue, ils en donnaient précisément pour preuve ia nécessité où l'on se trouvait d'abaisser la taille minimum pour le recrutement de l'armée. — M. Broca prit vivement la défense de la race française qu'il sut au contraire montrer en voie de progrès, moins rapide fjue d'autres peutêtre au point de vue du nombre, mais supérieure, ou tout au moins égale aux plus favorisées comme dtn-ée de la vie moyenne.

Nous avons recherché quelle a été la proportion réelle des exemptés pour défaut de taille sur une longue période, pendant vingt-cinq ans, par exemple ; cette proportion, nous pourrions la trouver toute faite dans les comptes rendus du recrutement, mais elle y est entachée d'une erreur manifeste.

Dans ces rapports, la proportion pour ] 00 des exemptés pour infirmités ou pour défaut de taille se trouve calculée par rapport au nombre des ijidividus sur le compte des(|uels le conseil de révision a statué; mais ces individus n'ont pas tous été examinés physiquement; les individus exemptés du service n>iliiaire comme fils de veuves, aînés d'orphelins, fils ou petits-fils de septuagénaire, de père ou de grand-père aveugle, etc. , ne subissaient point l'épreuve physique ; il en est de même des jeunes gens déduits connue liés à l'armée par un engagement, un brevet, l'inscription maritime, les membres de rinstruction publique ou des cultes. Pour établir une proportion rigoureuse, il ne faut porter rencjuéte que sur les individus réellement examinés, sur ceux qui ont comparu tius devant le conseil; ces individus sont : 1° tous ceux qui sont admis, moins les déduits; 2° les exemptés pour infirmités; 3" les exemptés pour défaut de taille; pour tous ceux-là l'examen physique a été réel, effectif, et eux seuls doivent servir de base à la proportion.

Nous avons entrepris ce long Iravail de calcul dont les résultats sont consignés au tableau suivant ; la colonne 2 donne le chiffre des admis, la colonne 3 le chiffre des déduits, et la colonne /i leur différence, soit le nombre de ceux des admis qui ont été physiquement visités par le conseil de révision. En additionnant alors le chiffre de la colonne U avec celui de la colonne 5 (exemptés pour tai le) et celui de la colonne 6 (exemptés pour infirmités), on obtient un n()ud)re porté colonne 7 indiquant la totalité des individus sur l'aptitude physique desquels le conseil a réellement statué. On n'a plus

qu'à faire un simple calcul pour obtenir la proportion sur 1,000 d'individus de taille iusulïisanic (colonne 8) ou atteints d'infirmités incompatibles avec le service nulilaire (colonne 9). Les chiiïres (|ue l'on obtient ainsi peuvent être regardés comme donnant la moyenne de l'aptitude physique de tous les inscrits; il est en effet évident que si l'on avait examiné chaque année toute lu classe au lieu de s'arrêter dès que le contingenta été atteint, on aurait trouvé la même proportion d'infirmes, puisque le sort seul a décidé du rang suivant lequel les jeunes gens sont présentés au conseil de révision.

Proportion des exemptés pour défaut de taille et pour infirmités sur 1000 hommes de 20 à 21 ans réellement examinés par les conseils de révision.

Période (te 1844 à 1868, .foif vingt-cinq années.

j CLASSES.

UUIIU.S.

lin CM l

c-iiiitinifent

nu rÙRKNr.K

entre le nomliro lies admis et eelui dm ueQiiits.

KXElir TÉS

défaut (le laille.

KXEMPTÉS

inrirmités.

TOTil,

dos enlouncs i, ^ et 6 donnant le i hiflVe

des lioiitines plijsiquenieiil examinés.

i»nOPORT10N

des défaut?

de taille l'Oui '.00 examinés.

PROPORTION des

infi imités l.oni- lUOO

examinés.

CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — TAILLE. 103

En considérant l'ensemble de ces vingt-cinq années, on peut voir que la proportion pour 1000 des individus au-dessous de la lailh; réglementaire de 1"',56 suit une progression toujours décroissante, ayant son maximum 108 en 18/i8 pour la classe 18^7, son maximum 50,6 en 1867 pour la classe 1868. Elle remonte légèrement pour les classes 1855 et 1856 levées pendant les aimées 1856 et 1857, au lendemain de la Crimée, à une époque où l'on pensait la paix assurée pour longtemps, et où l'on se montrait peut-être un peu plus vigoureux.

Il est donc bien évident que l'aptitude physique de notre population, au point de vue de la taille militaire, ne diminue point et qu'au contraire elle s'améliore très-sensiblement. — D'un autre côté, le nombre des individus à grande taille ne semble pas s'accroître avec rajMdiié, non plus que la taille moyenne, ce qui tendrait à faire admettre qu'il se fait encore dans notre population un travail de mélange dû à une fusion plus complète entre l'élément celtique et l'élément kymrique, ou à faire croire que la première de ces deux races croît plus rapidement (pie la seconde.

Le nombre des hommes h grande taille n'augmente pas en France, avons-nous dit; en effet en comparant trois périodes quinquennales, Broca (1) établit le rapport suivant, basé sur les comptes rendus du recrutement.

Nombre de jeunes gens ayant la taille suivante (sur 100,000)

183(M8iO.

Infanterie.. ,

( i°',570 à i^.oys. . .

Chasseurs . . . .

Cuirassiers . . .

l'",733 à lt",7GÛ. . .

Carabiniers. . .

1™,761 et au delà. . .

Totaux

En regard de ces chiffres, on peut placer ceux que Parkes a observé chez les recrues de l'armée anglaise pendant deux années consécutives (1861 et 1862).

im. 18G-2.

Au-dessous (Je 1™,600 200 365

De l'»,600 à 1"',625 50 157

A reporter {{) Broca. Loc. cit., p. 184.

RECRUTl'MEINT DES ARMÉES.

De l'",625 à l^,GbO

De r",650 à l'",67G

De l'n,676 à l"',70l

De 1™,701 à 1°',727

De 1>",727 à 1"',752

De 1"',752 à l'",777

De l'",777 à 1°>,803

De 1"',S03 à l'",828

Au-dessus «le i"'.828

Totaux

En comparant les deux derniers tableaux on peut s'assurer facilement que la taille est, en général, plus élevée dans l'armée anglaise que dans l'armée française, ce qui est entièrement d'accord avec ce que nous avons dit à propos de rinlluence de la race sur le développement de la taille.

Les statistiques du recrutement contiennent dans un tableau spécial le calcul de la taille moyenne du contingent, mais pour arriver à ce résultat, on est parti d'un point de départ qui n'est pas exempt de critique. On suppose que s'il y a par exemple 1000 hommes compris entre l^'jôôO et l'^,510, ce qui constitue un écart de 1 centimètre, ces 1000 hommes sont également répartis de millimètre en millimètre, de sorte que chaque division millimétrique doit comprendre la dixième partie de la série.

Ce point de départ n'est pas rigoureux, il aurait cependant une certaine valeur si les calculs étaient toujours exacts; malheureusement Broca a signalé de nombreuses erreurs dans ces tableaux, aussi propose-t-il de calculer non pas la taille moyenne, mais la taille probable, qui est à la taille moyenne ce que la vie probable est à la vie moyenne. Il suppose tous les hommes du contingent disposés en séries ordinales, depuis le plus petit jusqu'au plus grand; il y aura dans chaque série un individu médian, situé à égale distance des extrêmes, la taille de cet individu sera la taille probable de la série, c'est-à-dire qu'un individu quelconque aura autant de chances de se trouver rangé, par sa taille, avant ou après lui.

Ce calcul lui a permis d'établir l'ensemble des tailles probables depuis 1 836 jusqu'à 186^; (1), nous empruntons encore quelques chiffres à cet émineiit ethnologiste.

(1) Broca. Lot; cit., p. 488.

CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — TAILLE.

TaiUes moyennes. — Taille probcable de l'individu qui occupe le milieu de la série ordinale

TAILLE PROBAlîLK

du contingent.

de la population masculine

de 20 à 21 ans.

mélro.

nièli'O.

1 C f, ft fi. A

On voit, d'après ce lableau, que la taille a fort peu varié de 1836 à 1 S^ii, mais qu'une baisse très-sensible se inanifcste à partir deccltedcrnière année. Broca n'hésite pas à l'expliquer par le fait de l'application de la loi sur la dotation de l'armée. — En eiïet, avec ce système, l'exonéré ne paraissait généralement pas devant le conseil de révision, il se contentait de payer sa prime et ne s'occu]>ait plus de ses devoir.s envers l'État. Le conseil de révision était alors obligé de le classer dans les tailles inconnues; autrefois ces dernières comptaient pour 10,30 sur 100, depuis 185^, elles étaient montées à 12,20; or, si parmi les exonérés il pouvait se trouver un certain nombre d'individus de petite laille, ces jeunes gensdevaicnt plutôt, connue

appartenant à des classes plus fortunées que la généralité des autres appelés, présenter au contraire une conformation assez vigoureuse, une stature notablement élevée ; c'étaient donc autant d'individus à grande taille qui eussent contribué à élever la taille probable, tandis que leur absence ou leur inscription comme taille inconnue tendaient au contraire à l'abaisser.

De plus, les anciens remplaçants éiaicnt obligés de posséder une taille au moins égale à celle du remplacé; avec le système de l'exonération, rien de semblable, les rengagés et les remplaçants par voie adn)inistrative n'étant tenus qu'à posséder la taille, réglementaire.

De tout ce qui précède, on peut donc inférer: 1° que le nombre des individus présentant une taille inférieure au minimum réglementaire (l'",56jusqu'en 1868)aété toujours en décroissant; 2° que la taille moyenne de l'armée n'a -pas sensiblement varié; 3° que, vraisemblablement, il se produit encore un mouvement de mélange dans la population française ayant pour résultat d'élever les petites tailles, tout en diminuant les tailles élevées.

Le médecin n'a pas, en général, à intervenir directement dans l'évaluation de la taille, mais cette opération s'exécute sous sa surveillance et son contrôle ; il doit en être ainsi, car quelques jeunes gens, dont la taille est voisine du minimum légal, cherchent encore à la diminuer par différents subterfuges, en pliant, par exemple, les articulations pendant qu'ils sont sous la toise, en fléchissant la colonne vertébrale. — Il est certain qu'une marche prolongée, faite la veilledu jour qui précède l'examen, peut abaisser la taille de quelques millimètres, non point par un aplatissement des disques intervertébraux, mais plutôt, comme l'a démontré Malgaigne, par une exagération des courbures normales de la colonne vertébrale.

Les toises dont on se sert généralement en France consistent en un montant vertical dans lequel glisse à frottement un curseur horizontal ; la partie du montant vertical, intermédiaire entre les tailles extrêmes, soit del'",/iO à 2 mètres environ, est graduée en centimètres et millimètres; le montant est du reste fixé sur une sorte de plateau. Le jeune homme nu , ou tout au moins déchausés, se plaçant sur ce plateau doit conserver une position absolument verticale; on veillera à ce que les talons soient joints, et que les calcanéums, le sacrum, la portion dorsale de la colonne vertébrale et l'occiput demeurent en contact avec la tige verticale de la toise. — En faisant ensuite glisser le curseur horizontal jusqu'à ce qu'il effleure le sinciput, on n'a plus qu'à lire la graduation pour connaître la taille.

CONDITIONS D'APTlTUOt FFIYSIQUli. — TAILI.K. 107

Dans beaucoup de cantons, les loises mises à la disposition du conseil de révision sont bien construites et fort précisas; dans quelques autres, cependant, elles sont notoirement défectueuses: il est indis])ensable de les vérifier de temps en temps, car le bois joue facilement, le plateau horizontal se creuse à la longue, et la mensuration ne présente plus aucune exactitude.

On doit également faire usage, dans «pielques cas spéciaux, d'une toise horizontale. Elle consiste en une large planche bien unie, en chêne, terminée à l'une de ses extrémités par une planche verticale fixe de 2") centimètres de hauteur environ ; à l'autre extrémité une planche verticale mobile sert de curseur et permet de lire sur une échelle graduée horizontale la taille de l'individu suspect. La toise horizontale sert en effet pour mesurer les jeunes gens qui ne veulent ou ne peuvent prendre une position bien verticale, et lléchissent continuellement leurs membres ou la colonne vertébrale.

En les faisant coucher sur la planche, la plante des pieds appuyée contre le bord vertical, on arrive facilement à déjouer ces tentatives de simulation ou à constater les courbures anormales qui peuvent réellement exister. Aux États-Unis, le docteur Bâche a fait construire une toise à laquelle il donne le nom (Vandromètre et dont l'idée première revient à Ballingall (1). — Le mérite de cet instrument, que nous voudrions voir adopter en France, consiste en ce qu'il permet de mesurer non-seulement la taille générale de l'individu, maisencore la hauteur des genoux, la dislance qui sépare le col du pubis, le diamètre au niveau des trochanters et au niveau des hanches, l'écartcment des épaules et la largeur du cou.

Ces données ne sont peut-être pas absolument nécessaires au point de vue de l'aptitude militaire, mais elles sont précieuses pour l'élude ethnologique de la population, étude à laquelle le service du recrutement pourrait contribuer puissamment, ainsi que nous le développerons plus loin.

La fig. '2 nous dispense de donner une description plus complète de l'andromètre du docteur Bâche ; il a été utilisé lors de la grande enquête ethnologique entreprise pendant la guerre de la Sécession par la commission sanitairedes États-Unis. — Cette enquête a porté suri 232 256 individus différents qui, tous, ont été examinés en détail par les médecins américains auxquels la commission avait adressé un modèle unique de feuille ethnologique à remplir. Les résultats de cet immense travail sont consignés dans

(1) Ballingall. Outlines of military surgerij, p. 34-36. New-York. 1855.

un remarquable ouvrage d'ensemble du docteur Benjamin Gould (1), qui peut servir de modèle pour des recherches analogues que nous serions heureux de voir entreprendre dans notre armée.

FiG. 2. — Androiiièlre du docteur Baclie, son application a la mesure des principales dimensions du corps humain.

III. — Rapport de la taille, du poids et du développement de la poii^^ine. — La constitution d'un individu, avons-nous dit plus haut d'après Michel Lévy, est la résultante d'éléments multiples dont les uns échappent

(1) Benjamin Afilhorp Gould. Investigations in themililarij and anthropological statistics of american soldicrs. New-York^ 1869.

CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — TAILLE ET POIDS. 409

souvent à nos rechcrclies, même en nous éclairant des données de pins en plus positives que nous fournit la physiologie moderne. — C'est une raison de pins pour applicpier à ceux de ces éléments qui sont pondérables des procédés d'investigation précis, presque mathématiques.

Sans doute, il restera toujours une part considérable laissée à l'incertitude ; mais moins grande elle sera, plus le jugement de l'expert appelé à prononcer sur l'aptitude des recrues gagnera en certitude. Les hygiénistes militaires ont, depuis quelques années, multiplié leurs études dans cette voie ; Hammond en Amérique, >eudorfer en Autriche, SlolarolTel Seeland en Russie, Parkes, Balfour, Aiiken en Angleterre, Vincent, Allaire, Robert, Bernard en France ont successivement abordé ce problème et déterminé, non point des règles absolument précises, au moins de précieuses indications dont nous devons prolitcr.

Si, faisant pour un instant abstraction de la volonté, de l'énergie, des qualités pro|)res à l'espèce humaine, nous considérons l'homme comme une machine destinée à produire du travail, son rendement, ou si l'on veut son aptitude militaire, pourront être regardés conune une fonction de sa masse et de la force vive développée en une unité de temps. — La masse elle-même peut se mesurer par les éléments combinés taille et poids, la force vive parla quantité de chaleur transformable en force que l'individu est capable de produire.

Déjà, nous avons pu constater les rapports qui unissent l'âge à la consommation de carbone, c'est-à-dire à la production de la chaleur; les rapports du poids à la taille n'offrent pas moins d'intérêt. Queleiet, un des premiers, a cherché h comparer ces deux valeurs et traduit ses observations par les chiffres suivants qui nous montrent, une fois de plus, que le développement de l'individu est loin d'être complet au moment où l'atteint l'obligation du service militaire.

Échelle du développement de la taille et du poids

HOMMES. FKMMI'.S.

Taille.

Poids.

Taille.

Poids.

mi'ir.

kii.

niMr.

kii.

RECUUTE.MtNT DES ARMÉES.

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