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CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — CIRCONFÉRENCE THORACIQUE. 119
do l'",()7G, la circonférence du thorax peut n'atteindre que 0"\838, soit 1 ceniiinèire de plus que la dcnji-taille; enlin dans la cavalerie de réserve le périnièlre exigé, 0"',889, ne représente que la demi-taille.
Pour résumer ces rapports entre la taille, le poids et la circonférence du thorax, nous croyons devoir poser les conclusions suivantes, qui pourront servir de guide aux médecins appelés devant les conseils :
1" Chez les individus sains et robustes, la taille, le poids et le périmètre thoraciqne augmentent propurtioimellement, mais sans que la raison de celte progression soit constante.
2° Chaque cenlimètre d'augmentation delà taille, chez les individus sains, entraîne une augmentation absolue du poids et du périmètre ihoraciquc, tandis que le rapport de ce périmètre à la demi-taille diminue.
3" Les conditions les plus favorables d'aptitude militaire se rencontrent avec une taille de l'^.CO à 1"',70, correspondant à un périmètre ihoracique de 0"',861 à 0'",92/i.
h° Au-dessus de la taille de l"",?!) lorsque la demi-taille et le périmètre se rapprochent de trop près, on a des chances pour avoir affaire à des individus îi poitrine étroite, à courte respiration, prédisposés aux affections thoraciques.
5"0n doit refuser d'accepter dans l'armée les hommesdont la circonférence ihoracique n'excède pas la demi-taille d'au moins 2 centimètres sil'individu est au-dessusde 1"\60, de 3 centimètres si le sujet est au-dessous de l'^,ÇtQ.
§ lit — iicH infiriisités qui rendent impropre au service militaire
/. — Devoirs du imUlecîn appelé comme expert devant le conseil de rt'viMon an sujrt de la constatation des infirmités. — Le médecin qui assiste le conseil de révision doit considérer sa mission comme des plus importantes; il est à la fois dépositaire des intérêts de l'armée qui s'en rapporte à lui pour ne pas laisser admettre dans ses rangs des sujets douteux, et de ceux du jeune homme présent devant lui. De sa décision, va dépendre peut-élre la vie de cet individu, car, en entrant dans l'armée, il est bien entendu que tout homme doit s'attendre à faire, le cas échéant, le sacrifice de son existence pour le salut de la pntric; quelque éloignée qu'elle paraisseen temps de paix, celte éventualité n'en existe pas moins. — Avec le système des contingents restreints, le médecin tenait encore, pour ainsi dire dans la main, non-seulement le sort du jeune homme examiné, mais encore celui d'un second qui parlait à sa place dans le cas où on trouvait le
HECRUTI-MF^NT DKS ARMKLS.
premier iiisiiflîsunt. — Avec le service obligaïuire, la siliialioti n'est pas tout à fait la même, tout le contingent devant être incorporé dans l'armée active, chatiue individu reconnu apte doit partir.
Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici textuellement la partie ([cV Instruction du?) avril 1873 pour servir de guide aux médcvins militaires, qui traite précisément de leurs devoirs.
« Le choix des hommes à admetlre dans l'armée est une opération très-grave, à cause des intérêts sociaux et individuels qui s'y raltachent et des difficultés qui l'entourent.
» Les médecins appelés par la loi, comme experts, à concourir à ce choix contractent une grande responsabilité morale devant les conseils de révision, ou devant les représentants de l'autorité militaire près desquels leurs avis ont nécessairement une valeur très-grande.
» Le sentiment du devoir le plus absolu, la probilé la plus sévère, l'intérêt combiné de la société, de l'armée et de l'individu, doivent ne cesser jamais de les inspirer, et rester chez eux étroitement liés ù la connaissance profonde de la pathologie interne et externe, des maladies spontanées et provoquées, des maladies simulées et dissimulées. Ils ne perdront jamais de vue que les maladies internes sont généralement les plus graves, les plus difficiles à reconnaître, que ce sont elles qui augmentent la mortalilé, encombrent les infinncries cl les hôpitaux, aux dépens du Trésor et des effectifs valides.
)) A ces divers points de vue, ils procéderont à leur examen avec prudence et avec le plus grand soin, en recourant à l'emploi de tous les moyens d'exploration que fournit la science. Us ne prononceront pas de jugement sur l'aptitude ou l'inaptitude d'un individu, sur la foi de certificats médicaux, et sans l'avoir examiné; ils ne subiront l'influence de qui que ce soit, ni en faveur du visité ni contre lui, et ils n'agi ront que d'après leur propre conscience.
» Pour l'accomplissement de leur mission, en ce qui concerne les opérations de recrutement, les médecins mililaires doivent présenter trois conditions essentielles : 1° bien connaître le service qui leur est confié; 2'* n'ignorer aucune des obligations du service militaire et des conditions spéciales dans lesquelles se trouve le soldat en garnison, en marche, au bivouac, au combat; 3" enfin, avoir les notions sufTisantes sur la manière de servir dans les différentes armes.
» L'obscurité qui enveloppe parfois le diagnostic et le pronostic de la maladie ou do l'infirmité, les fraudes auxquelles on est souvent en butte, et quelquefois les conditions au milieu desquelles on opère, sont les dificultés ordinaires auxquelles les médecins devront toujours être préparés.
» Les conditions dans lesquelles se trouve un jeune homme présenté pour être admis ou maintenu dans l'armée, soit comme appelé, engagé volontaire ou rengagé, donnent à priori aux médecins un précieux élément d'appréciation.
a Les appelés, dans le but de se soustraire au service, provoquent ou allèguent souvent des maladies ou des infirmités qu'ils n'ont pas, ou exagèrent l'importance de celles dont ils sont atteints; les engagés volontaires elles rengagés, intéressés, au
rnUMlTÉS KKNDANT IMPP.OPRK AU SEllYTCE MIT,ITAIIU:. 121
eoiitrairo, à se faire admettre ou à être maiiitemis sous les drapeaux, passonl sous silence, dissimuleut ou atténuent parfois la gravité do leurs maladies ou de leurs infu'mités.
)> Les médecins auront toujours présents à l'esprit ces éléments d'appréciation.
» Les jeunes gens prévenus de s'être rendus volontairement impropres au service militaire étant, aux termes do la loi, déférés aux tribunaux (article 6;}), le médecin doit, dans les cas de celte nature, redoubler de prudence et de fermeté, pour ne pas exposer un innocent à des poursuites judiciaires, et pour éviter de faire exempter un sujet qui aurait encouru la sévérité de la loi.
» Uuelle que soit d'ailleurs la position de celui qui est soumis à son examen, le médecin, en garde contre toute espèce de fraude, recherchera : 1" si l'individu n'est atteint d'aucune maladie ou infirmité dont il ne connaîtrait pas lui-même l'existence ou la gravité; 2" si la maladie ou l'infirmité alléguée est réelle ou simulée; 3" et dans le cas où elle serait réelle, si elle est spontanée ou provoquée.
» Dans tous les cas, même après avoir constaté la simulation d'une maladie ou d'une infirmité donnant droit à l'exemption, si elle était réelle, le médeciti procédera à un examen complet et rigoureux, car le sujet pourrait présenter à son insu un ou plusieurs motifs de véritable incapacité.
» Dès qu'un individu accuse une maladie ou une infirmité, la première question à résoudre est de savoir si la maladie est réelle ou simulée. Si elle est réelle, il faut déterminer, de plus, si elle était spontanée ou provoquée. Enfin, si elle est réelle, qu'elle soit spontanée ou provoquée, il faut voir si elle est suffisamment grave pour motiver rinnptitvih absolue au service militaire.
» Quand elle ne paraît pas incurable, mais que la guérison n'est probable que dans un temps qui pourrait être assez prolongé, ou qu'elle est de nature à n'entraîner que r inaptitude temporaire du sujet à suppprter les fatigues du service, elle devra motiver l'ajournement ii un nouvel examen.
» M en est ainsi pour la faiblesse générale de la constitution, quand elle est duc à un développement corporel insulfisant ou à une croissance incomplète ; la débilité générale, provenant d'une maladie grave récente ou d'anémie; les phicgmasies et les maladies internes aiguës, les accidents successifs de la syphilis, les tumeurs bénignes, les fistules superficielles, les ulcères de la cornée, et toutes les affections dont la guérison complète est probable, mais exige un temps prolongé qui ne doit pas dépasser la période légale d'ajournement.
» Quand il s'agit d'un engagé volontaire, le médecin peut disposer de tout le temps et de tous les moyens nécessaires pour s'éclairer avant de donner son avis motivé ; mais, devant les conseils de révision, la solution de cette question n'est pas constamment facile, car il n'est pas toujours possible d'établir, séance tenante, soit le diagnostic de telle maladie, soit le pronostic de telle autre. Dans tous les cas douteux, le médecin fera bien d'engager le conseil à user du droit de délai que lui donne la loi pour se procurer les documents de l'enquêle qui serait reconnue nécessaire, et à suspendic son jugement, jusqu'à plus ample informé, pour tous ceux dont l'examen cl l'appréciation réclameront des procédés d'exploration moins rapides.
» Le même individu peut offrir à la fois plusieurs maladies ou infirmités. Chacune
d'elles prise isolément peut être compatible avec les exigences du service militaire, tandis que, réunies, elles constituent un ensemble motivant l'inaptitude. Les cas de cette nature réclament de la part du médecin une grande attention et une expérience consommée.
» La loi (art. 17, § 2, n° 2) accorde la dispense au puîné d'orpbelins de père et de mère, au fils puîné et au petit-fils puîné d'une veuve ou d'une femme dont le mari a été déclaré légalement absent, ou d'un père aveugle, ou entré dans sa soixante-dixième année, lorsque l'aîné est devenu aveugle ou est atteint de toute autre infirmité incu^ rable qui le rend impotent.
» Vincwabilité, quand il ne s'agit pas de perte absolue d'un membre ou d'un organe important, doit cire prononcée lorsque les caractères séméiologiques de la blessure ou de l'infirmité et l'insuccès de traitements métbodiques suffisamment variés et prolongés s'accordent à faire présumer que le sujet ne guérira point, à moins de circonstances exceptionnelles que la science et l'expérience ne permettent pas de prévoir.
» L'impotence, dans le sens légal, doit être considérée comnie l'impossibilité, par suite d'infirmités congénitales ou acquises, de pourvoir à sa propre subsistance et de venir en aide à sa famille. Lorsqu'il s'agit d'infirmité acquise, l'impotence doit s'entendre de l'impossibililé de continuer à exercer la profession que l'on avait embrassée, ou toute autre profession en rapport avec les habitudes de l'individu.
» Les médecins devront bien se pénétrer de l'esprit de la loi, en ce qui concerne cette disposition, qui, réclamée dans l'intérêt des familles, ne devra être appliquée, par les conseils de révision, qu'après qu'ils auront bien constaté l'état physique de l'aîné d'orphelins, ou de l'aîné des fils ou petits-fils. »
Lorsque le médociii a reconnu que le jeune homme est inapte au service militaire armé, il doit se demander si ces infirmités entraînent également ï inaptitude au service au.\iiiaire. — La loi du 27 juillet 1 87 2 spécifie nettemenl (articles 3 et 36 que tout Français qui n'est pas déclaré impropre à tout service militaire doit, etc...., et (article 18) elle prescrit « qu'après l'examen définitif ceux de ces jeunes gens reconnus propres^ soit au service armé, soit nunsei^mce auxiliaire, sont soumis, scion la catégorie dans laquelle ils sont placés, à toutes les obligations de la classe à laquelle ils appartiennent ». — Les jeunes gens reconnus propres à un service auxiliaire doivent, en vertu de l'article 31, cire rangés dans le quatrième paragraphe de la lisic du recrutement canton;il.
Malheureusement la loi de 1872 n'a pas nettement spécifié ce que seront ces « services auxiliaires ». Une note de l'insirulion du 3 avril 1873 dit bien :
« 11 semble rationnel d'appliquer surtout cette expression, par opposition à celle des service actif ou arme, à tout service sédentaire ou de garnison, qui pourrait être fait
dans les corps ou les établissements militaires (ateliers, arsenaux, magasins, etc., etc.) par des hommes ayant certaines infirmités ou certains défauts de conformation qui ne seraient pas compatibles avec le service actif en campagne, et qui seraient déclarés propres à être appelés éventuellement pour tel ou tel emploi par le service de recrutement. »
On peut néanmoins conserver encore une ccrlaine incerlitude à ce sujet. — Aussi les médecins doivent-ils réagir contre les tendances de beaucoup de conseils de révision qui se montrent trop larges à ce sujet et voudraient voir placer presque tous les impotents dans les services auxiliaires.
Il convient donc d'être fort circonspect quant à cette désignalion pour les services auxiliaires, d'autant plus qu'il règne à ce sujet chez certaines personnes une opinion très-préjudiciable aux intérêts de l'armée et même à ceux de nos jeunes gens; quelques-uns pensent, qu'avec celte facilité d'emploi dans les services auxiliaires, il sera possible d'incorporer une masse considérable des individus autrefois rejetés. C'est là une erreur; sans doute on pourra, par exemple, enrôler dans les commis aux écritures les gens atteints de myopie d'une intensité moyenne, prendre comme ouvrier boulanger ou tailleur tel ouvrier de ces professions alors même qu'il serait un peu contrefait par suite même de son travail spécial ; mais on doit bien se souvenir que tout homme appartenant à l'armée, môme dans les services auxiliaires, est appelé tôt ou tard à faire cafn|)agne, à porter un sac pesant 20 ou 25 kilogrammes en faisant huit lieues dans la journée, à manier enlin le fusil pour sa défense. Arrivés à l'étape, alors que les soldats proprement dits peuvent se reposer, ces auxiliaires commencent seulement leur ouvrage, le boulanger construit son four et pétrit sa farine, le commis aux écritures s'assied pour de longues heures devant une table chargée de papiers. L'instruction du 3 avril 1873 s'exprime ainsi :
« Il ne faut pas perdre de vue toutefois que, si pour le service avixiliaire on peut être moins exigeant que pour le choix des recrues du service armé, il n'en Hiut pas moins que tous les jeunes gens de cette catégorie présentent les gamntvis csseniieiles (/'aptitude militaire, si l'on ne veut pas s'exposer à de sérieuses déceptions, alors que l'armée devra être mise sur le pied de guerre. »
On suppose que tous les borgnes et boiteux, et en général toutes les nonvaleurs physiques, trouveront leur emploi dans les ambulances; or l'infirmier militaire est précisément de tous les soldais celui qui a les plus dures fonctions. En temps de paix il travaille toute la journée, et veille généralement une nuit sur trois ; en temps de guerre son service est pour ainsi
(lire permanent; il doit fournir une somme de travail infiniment plus grande que celle du soldat dit cijndîattanl ; il est exposé à des dangers de maladie, àdes chances de mortalité qui exigent une force de résistance considérable. Cette situation se traduit par des chiiïres indiscutables. La mortalité moyenne du soldat d'infanterie est, en paix, de 10,32 pour 1000 hommes, celle des ouvriers de l'administration est de 17,36, celle des infirmiers, la plus forte de toute l'armée, de l^i,18 (1).
La faculté de désignation pour l'armée auxiliaire peut s'exercer dès la première visite faite entre vingt et vingt et un ans, h la seconde ou enfin à la dernière faite entre vingt-deux et vingt-trois; il est en elîet des cas où l'incompatibilité au service armé est définitive, tels sont par exemple les cas de myopie, de bégaiement, etc. ; d'autres, au contraire, où l'on est en droit d'espérer qu'une ou deux années de plus suffiront pour donner au jeune honnne le complément de vigueur qui lui manque.
On est généralement surpris, en étudiant les comiUes rendus annuels du recrutement, du nombre considérable de jeunes gens refusés pour faiblesse de constitution. Sans aucun doute cette désignation s'applique à une infinité de cas dans lesquels, faute de temps, faute de renseignements, le diagnostic réel n'a pu être porté, mais il s'applique aussi à des jei^nes gens incomplètement développés, qui, bien qu'âgés de vingt ans, ont l'aspect de l'eiifance ; ces cas sont fréquents parmi les p.opulalions urbaines, manulacturières, ou même dans les cantons ruraux pauvres, improductifs comme ceux de quelques régions montagneuses ou des plaines à maréca-îcs. Dans ces conditions, deux années de plus seront parfois suffisantes pour transformer l'enfant en un vigoureux jeune homme.
Le conseil, ouà vrai dire le médecin, doit d'autantmoins se croireobligé à une décision définitive que le jeune homme n'y fait que gagner ; les anntes qu'il passe ainsi dans sa famille seront considérées comme service puisqu'après acceptation définitive, il reprendradans sa classe lerangquelui assignait son numéro. Sans aller trop loin dans cette voie, le médecin doit agir avec la plus grande liberté, et ne pas hésiter à renvoyer à un examen postérieur tout ce ([ui est douteux en ne refusant définitivement que les gens évidemment à jamais impropres au service militaire.
Le médecin devra, pour rester dans l'esprit de la loi, faire remettre à un an tous les gens atteints d'une alTcction dont la guérison n'est pas évidente,
(1) Statislù/ueméf/icole de rnimée, if\(}9, XI. -'iG, P'iris. împrimorio, nalionalo.
IiM'lUMJTÉS RlîiNDANT IMPHOPRE AU SIÏUMCE Mll.lTAinL. 1 2l)
absolue ot prochaine et de même tout individu alteint d'une maladie suflisanie pour motiver l'exemption, mais qu'un traitement rationnel ou une opération sulïirait pour faire disparaître. On ne peut iniposer un traitement ou une opération de par la loi, mais il sera prudent néanmoins d'ajourner un tel individu à nn an, et de prolonger les ajournements jusqu'à la limite, dans l'espérance, qu'après réllcxion, il préférera se faire traiter et guérir, sauf à devenir soldat pour deux ou trois ans, plutôt que de garder pendant tout ce temps une inlirmité souvent pénible, quelquefois répugnante. Tels seraient, par exemple, les cas de loupes ou autres tumeurs bénignes de la face ou du tronc, l'hydrocèle, etc.
Les séances du conseil de révision sont publiques, mais il n'en est pas de même de l'examen médical qui doit (§. 35 de l'instruction du 28 avril 1873) être fait à huis clos, mais en présencedu conseil de révision tout entier. Cette prescription a pour but de soustraire les jeunes gens à une indiscrète curiosité, elle ne saurait être considérée comme contraire au principe de la publicité des séances du conseil de révision. Le président pourra, cej)eiulant, prendre telles mesures qu'il jugera op|)orimi, permettre par excinj)le l'entrée du lieu réservé pour cette opération au père ou au tuteur du jeune homme examiné, au besoin à quelques pères de famille dont les liisfont partie de la même classe, ainsi que le permettait l'instruction du 8 mai 18'i0 ; celte disposition n'est pas reproduite par celle de 1873 et on en comprend facilement le motif; avec le service obligatoire les jeunes gens n'ont plus un intérêt majeur à ce que tel individu ne puisse être refusé ou ajourné, il ne s'agit jîlus que d'une question d'équité générale et véritablement les conseils de révision sont assez estimés en France pour que, sauf dans des cas exceptionnels, ils n'aient pas besoin de se prémunir contre des suspicions qui n'existent généralement pas.
Un nondjre relativement assez grand de jeunes gens, surtout dans les can)i)agiies, où les mœurs sont en général plus saines que dans les villes, é|)rouvent un trouble réel à se voir l'objet d'un examen méthodique; cette émotion est encore augmentée par le sentiment de l'incertitude au iijet de l'avis que prendra le conseil; il est parfois fort difficile d'en obtenir alors le moindre renseignenient. Le médecin arrive le plus souvent à vaincre facilcnient cette difficulté en adressant quelques bonnes paroles au patient, Cil lui faisant bien comprendre que son intérêt même exige qu'il reprenne un peu de courage et puisse répondre aux demandes qu'on lui adresse. Beaucoup de douceur, et en même temps de fermeté, suffisent pour atteindre ce
126 RLCRUTEMENT DES ARMÉES.
résultai; il va sans dire (|ue lorsqu'il est nécessaire d'adresser des questions très-spéciales et de nature à mettre en jeu raniour-propre du jeune homme, sa pudeur mC'nie, elles devront être faites à voix basse en sorte que les témoins n'en aient même point le soupçon. De même, les diagnostics de celte nature devront, s'il se peut, être rendus ininiclligiblcs pour les assistants ou donnés simplement aux membres du conseil et à voix basse. Dans toutes les conditions, le médecin doit agir avec le tact le plus parfait, avec la politesse la plus scrupuleuse; son devoir et sa dignité l'y obligent.
Si l'expert médical doit agir continuellement avec douceur, il n'en doit pas moins conserver toujours présente à son esprit la possibilité d'une simulation dans les infirmités qui lui sont présentées, ou plus rarement d'une dissimulation. C'est là peut-être la parlie la plus diiïicile de son rôle, car il doit, en prévision de cette éventualité, avoir fait une élude spéciale dessimulations et encore sera l-il exposé à commettre des erreurs. Il est peu de règles générales à ce sujet, les procédés d'investigations devant varier dans chaque cas spécial; il est évident néanmoins qu'une connaissance trèsexacte de la ^ymplomalologie pathologique reste le point de départ fondamental de toute expertise, mais encore est-il nécessaire de connnaîtrc pour ainsi dire l'hisloriquc de la question, de savoir quelles sont les maladies qu'on a le plus souvent simulées, les procédés mis en usage par les intéressés, plus souvent par des industriels dont la spécialité est de préparer les jeunes gens à la visite devant le conseil de révision.
L'instruction du 3 avril 1873 s'exprime ainsi qu'il suit au sujet des affections sinmlées.
« Parmi les maladies ou infirmités qui sont de nature à motiver la déclaration d'inaptitude au service militaire, il en est plusieurs qui ne sont pas assez évidentes pour que la réalité de leur existence ou leur degré de développement puissent être sûrement constatés parle médecin pendant un examen forcément rai)ide.
» Quand rinlirmilc prétextée ne révélo pas la réalité de son existence par des altérations qu'elle a pu apporter, soit à l'état de santé, soit à la conformation générale du sujet, et qu'il reste du doute dans son esprit, le médecin en fait part au conseil, qui peut prendre en considération les certificats des autorités locales, le témoignage des maires qui sont présents, celui des jeunes gens qui ont connu de près l'iiidividu qui se dit impropre au service. Si ces attestations font défaut, ou que le médecin ne se trouve pas suffisamment éclairé, il peut, sans se prononcer contre l'inaptitude, demander que la décision du conseil soit remise, pour lui permettre un examen plus complet.
» Comme il importe de se tenir en garde contre la fraude, et que l'cQ ne saurait
se livrer à des investigations trop scrupuleuses, c'est dans ces cas douteux et parfois très-embarrassants, même pour les médecins les plus expérimentés, que le conseil de révision pourrait user du droit de délai que lui accorde la loi, et autoriser le médecin qui assiste à ses opérations à suspendre son appréciation jusqu'à un plus ample examen, qui aurait lieu dans une séance spéciale au clief-lieu du déparlement, avant la cliHure des opérations ; et, dans cette circonstance, le médecin pourrait môme obtenir de rechercher l'opinion, à titre consultatif, d'un autre médecin. Ce mode de constatation offrirait eu quelque sorte une double garantie aux intéressés, et diminuerait d'autant la rcsponsabililé morale du médecin-expert. Comme il ne préseule rien de contraire au fonctionnement des conseils de révision, tel qu'il est institué par la loi, rien ne doit les empêcher d'y recourir dans certains cas extrêmement rares, dans le but d'assurer l'équilé de leurs jugements.
» Les atïections le plus ordinairement alléguées, simulées ou provoquées, sont les suivantes : Valiénnliou mentale, sous toutes ses formes [VimOéci/lilé, la manie, la iiiunomanie et ïattémence), le vertige, Vépi/epsie, la churée, les spasmes, les convulsions, le somnnmfjulisme, la nostalgie, la teigne favense, Valopécie, la mentagve, le pemphijgus, le psoriasis^ la cyanose, la chromidrose, les ulcères^ les phlegmons^ la fétidité de la transpiration cutanée, la paralgsic de la paupière supérieure, le bléphnrospasme, le strabisme, la diplopie, la blépharite, la conjonctivite, la kératite, Yhémérnlopie, la mi/opie, la presbytie, Vainbfi/opie, Vamaurose, la surdité, ïotorrhée, la surdi-mutité, l'épistaxis, Vozcne, les polypes du nez, la perle et destruction volontaire des denti, le bégayem'^nt, la mutité, l'aphonie, la fétidité de Vhaleine, le goitre, le torticolis, Vasthme, Vapnéisme, l'hémoptysie, la phthisie pulmonaire, les palpitations, les varices (aggravées ou provoquées), la dysphagie, la dyspepsie, la gastrudynie, les vomissements provoqués, l'hématémèse, la tympanite, l'engorgement des viscères abdomidaux, les hémorrhoi'les, la cliide du rectum, Ia fistule de l'anus, ^'hématurie, les calculs urinaires, l'incontinence d' urine, la. spermatorrhée (alléguée), le varicocèle,ïbydrocèle, l'emphysème du tissu cellulaire du scrotum, les hernies, la cryptorchidie, la contracture des membres, la déviation du rachis, Vankylose, la claudication, les paralysies (hémiplégie, paraplégie), le tremblement musculaire, l'œdème des membres, le chevauchement des orteils, les orteils en marteau, l'ongle rentré dans les chairs; et parmi les maladies générales : la scrofule, le scorbut, la glycosurie, Victère, l'embarras gastrique, un accès de fièvre intermittente, une exaijéruHon de faiblesse de conslitittion ou de débilité générale.
» On a proposé l'emploi de divers agents, tels que les ancsthésiques, pour déjouer la ruse et reconnaître la simulation de certaines alTcctioiis. Mais tout en reconnaissant l'importance de cet élément de diagnostic, des motifs de haute convenance et les dangers qui y sont inhérents ne peuvent en autoriser l'usage devant les conseils de révision. On doit ne se servir que des procédés qui sont exempts de dangers, tels que l'exploration à l'aide d'inslrumcnls spéciaux : l'ophlhalmoscopc, l'échelle typograpiiique, les verres gradués, l'optomètre, le stéthoscope, les spéculums, les algalies les soudes, etc. »
La siiiiulalion devant les conseils de révision a fait l'objet de nombreux
128 RECfîUTEMliN I' DliS AlîMÉLS.
iravaux, auxquels on devra se rej)orler à l'occasion (1), en particulier à l'ouvrage spécial de Boisseau qui résume irès-coinplétemenl l'état actuel de la science à ce point de vue. .
Quelque importante que soit, au point de vue du recrutement la question des maladies simulées, il ne peut entrer dans notre cadre de donner ici les règles générales auxquelles l'expert devra se reporter le cas échéant. Nous donnerons simplement, pour quelques cas particuliers, des indications sommaires qui seront en géiiéral suffisantes. Dans les cas plus difficiles, on aura recours aux traités spéciaux.
H est bon de rappeler que la loi de 1872, en frappant d'une peine d'un mois à un an de prison les individus coupables de s'être volontairement rendus impropres au service, ainsi que leurs complices (article 63), ne prononce aucune pénalité contre la simulation. Cependant l'article 276 du Code pénal punit d'un emprisonnementde six mois à deux ans les mendiants, même invalides^ qui feignent des plaies ou infirmités. L'individu qui cherche à se soustraire par la simulation aux obligations du service militaire, est-il donc moins coupable que celui qui trompe la commisération publique ? Il y aurait évidemment une lacune à remplir dans ce chapitre de notre législation, tout au moins pourrait-on assimiler les simulateurs à ceux qui cherchent à se faire omettre sur les tableaux de recensement ou sur les listes du tirage. Au point de vue moral le délit est le même, la même pénalité devrait atteindre ces deux délits, « emprisonnement de un mois à un an )', dit l'article 60, de la loi du 27 juillet 1872; à notre point de vue les simulateurs sont encore plus coupables.
L'instruction du 28 avril 1873, § 67, accorde au conseil la faculté de faire procéder à une enquête dans les cas où la simulation peut être soupçonnée ; ce paragraphe est ainsi conçu :
(1) Parmi les publications françaises modernes, traitant d'une façon générale de la simulation devant les conseils de révision, on peut citer en particulier, comme œuvres de médecins militaires : Bégin, article Réforme, in Didioun. demédec. et de chirurgie pratique fi. vol. XIV, Paris, 1835.-11. Bernard, Dissertations sur les maladies simulées. Thèse de Paris, 185/i. — Tarncau, Des maladies sinmlèes les plus communes aupoint de vite du recrutement. ïlièscs de Montpellier, 1855. — Lcudiiger-Fortmorel, Considér(dions pratiques sur les opérations du recrutement et quelques maladies simulées. Thèse de Paris, 1855. — Cliampouillon, Leçons insérées in Gazette des hôpitaux, 1858 (rédigées par Sculfort). — Boisseau, Des maladies simulées et des moyens de les reconnaitve. Paris, 1870, in-S".
« Lorsque l'exemption est demandée pour surdité, bégayemeiit, épilcpsie, folie, etc., etc., et généralement pour les cas où rinfirmilé, n'étant pas apparente, peut être facilement simulée, les conseils de révision doivent accorder des délais et faire procéder pendant ces délais à des investigations scrupuleuses, au besoin même à des enquêtes sur les lieux, afin d'être complètement éclairés sur la réalité des alTections alléguées. »
Il est vrai que rinstniction n'autorise pas le conseil à faire asage du meilleur moyen à employer en pareil cas, celui de l'envoi de l'individu suspect dans un hôpital militaire. Le § 68 dit positivement :
« Ils ne peuvent, dans aucun cas, envoyer le jeune homme à l'iiopital, pour l'y faire observer à loisir. »
Il arrive assez fréquemment que les jeunes gens, retenus h la chambre par une maladie, ne peuvent se présenter devant le conseil, un délai doit leur être accordé (§ 65 de l'instruction du 28 avril 1873) si les motifs permettent d'espérer, qu'à l'expiration de ce délai, ils pourront comparaître en personne. Dans le cas contraire, le conseil délègue un médecin militaire pour visiter les réclamants à domicile avant la clôture des opérations. Cette visite a lieu en présence de l'officier de gendarmerie de l'arrondissement, qui en dresse procès-verbal, et envoie celte pièce au préfet pour être soumise au conseil de révision (§ 66 de la même instruction).
Mode d'exploration. — Pour diminuer autant que possible les difficultés inhérentes aux opérations médicales du recrutement, la première condition est de procéder avec méthode à l'examen de chaque individu, suivant un ordre arrêté d'avance et propre à remettre en mémoire, comme points de repère, tous les détails vers lesquels l'attention doit successivement se porter.
A moins que l'inaptitude de l'individu ne soit déjh évidente, sans qu'il se déshabille, le corps tout entier doit être examiné avec soin ; le médecin ne doit pas se presser dans cette expertise, sous peine de laisser passer des erreurs. La visite comprend un examen d'ensemble et un examen de détail. (Instruction du 3 avril 1873.)
A cet effet, au moment où le jeune homme se présente devant le conseil et alors qu'il est encore soumis à l'opération du toisage, le médecin ne manquera pas de jeter un coup d'œil d'ensemble sur sa constitution extérieure, il le verra marcher, le considérera debout pendant qu'on le mesure, l'entendra répondre aux questions qu'on lui adresse à cet instant pour
vérifier son identité, en un njot il cherchera à se faire une opinion som- MORACHE. — Hyg. milit. g
loO RECRUTEMENT DES ARMÉES.
maire avant qu'il lui ait été présenté. LorsqnVnfin le jeune liomme s'approchera de lui, l'expert le fera placer debout, les talons rapprochés, les bras pondants sur les côtés du corps, les mains étalées et leurs pouces dirigés en avant; à ce moment il lui demandera à voix presque basse quelle est sa profession, fait toujours important à connaître, il s'enquerra s'il n'a pas quelque infirmité qu'il croit de nature à le rendre impropre au service. Bien souvent ce premier examen suffira pour faire rcconnaîlre quelque cas d'exemption auquel on s'arrêtera inuiiédiatement et pour dispenser ainsi de passer à l'examen de détail.
Pour procéder à ce dernier, on commencera par le crâne, en appréciant l'intégrité de la chevelure et de la peau de celte région, des appareils auditifs, visuels, de la bouche et des dents, des fosses nasales; le médecin fera tourner la tête du sujet dans tous les sens, puis passera aux épaules, aux membres supérieurs, au tronc, percutera rapidement et auscultera les régions pulmonaires et cardiaques, appréciera le volume de l'abdomen, le développement des hanches et ne nian(|uora point de vérifier la situation des organes génitaux, l'intégrité de la verge, la présence des deux testicules et l'absence de hernies, l'étal du canal inguinal.
Descendant alors aux membres infôiicurs, il terminera leur examen en considérant la face plantaire, la disposition normale ou anormale des doigts du pied et fera faire un demi-tour au jeune homme pour l'examinerde dos comme il l'a fait de face.
Pendant ce temps, l'expert ne négligera pas de lui adresser quelques questions sur sa santé, sur les infirmités qu'il croit avoir; il aura pu juger ainsi non-seulement de l'intégrité de l'ouïe et de la parole, mais jusqu'à un certain point de l'intelligence du sujet. Dans le plus grand nombre des cas, cet examen sera suffisant, s'il a été fait avec précision et mélhode ; si h médecin croit nécessaire de le pousser plus loin, il portera son attention sur l'appareil qui lui paraît malade et procédera aux examens ophthalmoscopiquesou laryngoscopiques, pour lesquels une chambre obcure devra être préparée à côté de la salle du conseil.
Son opinion une fois faite, l'expert en donnera connaissance au président et se tiendra prêt à répondre aux explications qui peuvent lui être demandées par les membres du conseil; il les donnera claires, nettes, précises et, dans l'intérêt de sa dignité comme dans celui de la science, maintiendra son opinion avec fermeté; à lui de ne l'avoir formulée qu'après sérieuse réflexion.
Si néanmoins il y a doute dans Sun esprit, ce qui peut arriver, mais est toujours regrettable, ii en fera part au conseil de manière à lui laisser la responsabilité de la décision. Cette détermination ne doit être prise que dans des cas bien exceptionnels, car l'expert fait ainsi aveu d'inconipétence; que penseront alors les membres du conseil auxquels il a élé adjoint pour les éclairer et qu'il place ainsi dans une situation fort perplexe ?
Évidemment nous ne voudrions pas engager le médecin à simuler luimême une opinion qu'il n'aurait pas; si le cas est trop difficile pour être Jugé séance tenante, il devra réclamer un délai, faire ajourner le jeune homme jusqu'à la fin de la séance, déclarer la nécessité d'un examen spécial, mais en tous cas prononcer nettement un jugement et savoir le faire prévaloir. S'il n'en agit point ainsi, toute la confiance que le conseil pouvait avoir en lui, qu'il avait certainement à priori, disparaîtra et ses expertises ultérieures seront toutes entachées de suspicion.
II. — Considérations sw les principales infirmités qui rendent impropre ou service. — La nomenclature des infirmités qui rendent impropre au service militaire, avait été fixée lors de la création des comptes rendus du recrutement et figurait au tableau n" Zide ces statistiques. Une instruction méthodique rédigée par le conseil de santé des armées, approuvée par le ministre de la guerre, et connue dans la législation militaire sous le titre de Instruction dy. 2 avril 1862, était venue fort heureusement servir de guide aux médecins militaires dans l'appréciation, non-seulement des cas soulevés devant les conseils de révision, mais encore pour la réforme n° 1 ou n° 2 des hommes déjà incorporés. Rédigée avec beaucoup de soin elle formait, non pas précisément un code invariable, à suivre à la lettre, mais une source précieuse de renseignements pour les médecins, aussi bien que pour les officiers du commandement et les membres des conseils de révision.
A certains points de vue cependant, elle n'était plus entièrement à la hauteur de la science et des moyens nouveaux qu'elle met entre nos mains; déjà en 1863, le conseil de santé des armées avait publié une instruction sur l'emploi de l'ophthalmoscope (1) où l'on traçait certaines règles très-précises sur l'utilisation de cet instrument au point de vue du recrutement.
(l) Conseil de santé des armées, Instruction sur /'emploi de l'ophtha/moscope,
{Recueil de Mém. de médec. et dechirurg. milit., 1863, 3" série, t. VIII, p. 2.)
Voy. aussi Lacronique, Caractères qxd peuvent servir au diagnostic de l'amnurose devant les conseils de révision. {Recueil de Mém. de méd. et de chirurg. milit., 1864, 3« série, t. X, p. 312.)
«ECRUTEME^T DES ARMÉES.
Les modifications profondes que vint apporter à ces opérations la nouvelle loi de 1872, motivèrent une nouvelle instruction, publiée en date du 3 avril 1873, dans laquelle nous relevons les deux nomenclatures suivantes que leur importance mérite de faire reproduire in extenso.
EXTRAtT DE L'INSTRUCTION DU CONSEIL DE SANTÉ DES ARMÉES EN DATE DU 3 AVRIL 1873. TABLEAU N" 1
Nomenclature des maladies, infirmités ou difformités qui rendent impropre
au service actif ou armé.
1^ La faiblesse de constitution (i) caractérisée par un développement insuirisanl des systèmes osseux et musculaires, persistant après le terme de la période de croissance et accompagnée d'un aspect maladif.
2° La scrofulose et Yadénopathie généralisée^ surtout si elles sont accompagnées d'ulcération et de cicatrices apparentes.
3° Les accidents secondaires ou constitutionnels de la syphilis (2).
4° La tuberculose, ou la prédisposition parfaitement accusée à la pl)this:e, se traduisant par l'habitus extérieur, ou la présence de tubercules conslatés dans un organe quelconque.
50 Le diabète.
6° La consomption et, en général, les cachexies, scorbutique, paludéenne, saturnine, mercurielle et autres, résultant de causes professionnelles, et caractérisées par des altérations organiques profondes.
7° Les tumeurs cnrcinomateuses, les cancroïdes. les tumeurs fibro-plastiques, et toutes les productions patiiologiques comprises sous la dénomination de cancer, de mélanose, etc., ainsi que les ulcérations tenant à une diathèse de même nature.
8° La pellagre et les altérations organiques consécutives à la morve et au farcin.
90 Uicfcricie chronique et Vanasarque, symptomatiques d'affections organiques des viscères abdominaux.
10" Les affections cutanées chroniques et étendues à de larges surfaces [Vcczéma. le lichen, le psoriaris, le lupus, Yichthyose, etc.), Valbinisme quand il est généralisé.
11° Les ulcères anciens et de nature rebelle, les fistules liées à une affection organique grave, ou apportant un trouble sérieux dans la constitution générale.
12° Les cicatrices adhérentes, étendues, difformes, résistantes, lorsqu'elles réu-
(1) On entend par faiblesse de constitution l'insutTisance, indépendante de toute lésion organique, de la force jugée nécessaire pour résister aux exigences du service militaire. C'ost une expression vaci,ue, dont on abuse souvent dans les conseils de révision, mais dont il serait difficile de ne pas faire usage. La faiblesse de constitution, sans lésion organique, est un état assez rare, excepté ctiezles hommes de petite taille, qui ont besoin d'une constitution relativement plus forte que ceux d'une taille élevée pour résister aux fatigues ordinaires du soldat, et chez les hommes de taille élevée dont la croissance a été rapide.
(2) La syphil:''- primitire ne doit jamais motiver l'inaptitude. L'ajournement devra être proposé pour les accidents successifs d'une certaine gravité.
nissent des orgaaes conligus, qu'elles entravent les mouvements, ou qu'elles déterminent un changement notable dans les rapports des parties.
13" Les nœvi mater ni, constituant par leur étendue et leur siège à la face une difformité repoussante.
li" Les tumeurs érectiles ou vnscuhnres développées sur la face, ou quand eiles sont volumineuses et exposées, par la place qu'elles occupent, aux chocs ou à une pression habituelle.
15" Les productions piVej^îe^ et cornées, si elles ont leur siège dans une région où, soumises à une pression gônanlc , elles peuvent s'opposer au libre mouvement des parties. 16° L'ohésiti; exagérée et morbide.
1 7" Le )narusme tt V amaigrissement morbide. 18" Les ahcè'i par congestion.
19" Les lipomes et les ki/stes s'ils sont volumineux, gênants, par leur siège, et soumis à une pression de vêtements.
20° La carie et les autres lésions organiques des os et des articulations {lumew-s blanches, ostéo-sarcome, fongus, corps mobiles articulaires) .
21" L'ankglosc des grandes articulations et les luxations ancienne?.
22" Les rétractions et les ruptures des tendons.
23° La rupture des muscles. • 24° La contracture musculaire avec atrophie, entraînant la flexion ou l'extension permanente du cou, de la colonne vertébrale ou d'une parlie d'un m3mbre. 25" Les néi romes.
26° Le tremblement habituel, général ou pnrlicl.
27" Le crétinismc, l'idiotie, à un degré qui ne permet pas l'instruction militaire. 28° V aliénation ttientale sous toutes ses formes (la lypémanie, la monomanie, la démence).
29° Vépilepsie, le vertige invétéré, la chorée et l'aboiement chroaique. 30° Le somnambulisme.
31" La catalepsie, l'extase, 32° Le delirium tremens.
33° La paralgsic du mouvement ou du sentiment, si elle est étendue; la paralysie générale progressive, Vataxie locomotrice. 34° Les anévrysmes.
35" Les éruptions diverses (eczéma, impétigo) du cuir chevelu, la teigne faveuse, l'alopécie, quand ces affections sont invétérées et incurables, la calvitie comprenant presque toute la surface du crâne.
36° Les tumeurs variées, les exosto^es, les fongus du crâne.
37° Les déformations du crâne (principalement de l'occiput), \' ossification incomplète de la voûte du crâne, les pertes d<; substance des os du crâne, par carie, nécrose, elc.
38° Une vicieuse conformation de la face, ou une grande irrégularité des traits du visage.
39° Les difformités résultant des mutilations, et les cxostoses du front qui seraient un obstacle à l'usage delà coiffure militaire.
40° ha. prosopalgie faciale (lie douloureux), et la paralysie de la septième paire, 41° Les dartres pustuleuses (mentagre, couperose), anciennes et étendues. 42° Le strabisme fonctionnel ^compliqué d'amblyopie), le strabisme organique, 43° V i;xopht}iaimie traumatique, pathologique. 44° La buphthahnie.
45° La kératite vasculaire on panniforme, la kératite disséminée, rebelle, les opacités de la cornée occasionnant une dipiinution de l'acuité de la vision supérieure à un quart (1), la cornée conique, la cornée globuleuse ou staphylôme pellucide, le staphylôrne opaque.
46° Les exsudats du champ pupillaire, occasionnant une diminution de l'acuité visuelle égale à un quart.
47° Les opacités du cristallin (2).
48" Le myosis entretenu par des synéchies postérieures et compliqué par des opacités pupillaires, le synchisis simple ou étincelant, le glaucome.
49° Les choroïdites rebelles, occasionnant une diminution de l'acuité visuelle de un quart, le décollement de la rétine, les rétiniles, les névro-rétinitcs, les névrites.
50° La myopie notable et constatée, égale à un quart (3), V hypermétropie de un sixième et au-dessus, V hypermétropie compliquée de strabisme convergent permanent, V hypermétropie compliquée d'amblyopie de l'œil droit, Vamblyopie à un quart.
51° Les affections de l'orbite (carie, nécrose, exostose, ostéo-sarcome) et les tumeurs intra-orbitaires .
52° Les ô/tl/jAflr?^^ ciliaires anciennes et rebelles, Yectropion, Yentj'opion, le trichiasis, la blépharoptose, Vankyloblépfm^on, et le symblépharon très-prononcés, Vépicanthus, quand il existe à un certain degré de développement, Yencanthus fongueux et malin, les granulations de la conjonctive, le xérosis, le ptérygion, Vépithélioma de la conjonctive et des paupières.
53° La dacryocystite chronique (fistule lacrymale).
54° Les diverses paralysies des nerfs de l'œil et de ses annexes (la blépharoplégie^ etc.), le nyslagmus,
55° La perte ou les difformités du nez, portées au point de gêner manifestement la respiration et la parole, ou seulement l'une de ces fonctions.
50° L'oblitération totale des narines, les polypes incurables des fosses nasales ou du pharynx, la rhinite clironiqxie et Vozène (punaisie) due à une carie osseuse ou à une affection des fosses nasales, des sinus frontaux ou des sinus maxillaires.
57° L'absence congénitale ou accidentelle du pavillon de l'oreille, l'atrophie ou le
(1) C'est-à-dire qui ne permettent de lire un texte ordinaire ou l'écriture courante qu'avec difficulté.
(2) La plupart des affections de l'œil, même celles de la choroïde et de la rétine, se traduisent généralement par des altérations faciles à reconnaître par l'examen ophthalmoscopique. Le médecin ne devra toutefois y recourir qu'après avoir établi déjà son diagnostic par voie d'exclusion et comme pour le confirmer.
(3) Le myope devra pouvoir lire à une distance très-rapprochée du nez sans verres, ou à 35 centimètres avec des verres bi-concaves n° 6 ou 7, et distinguer nettement les objets éloignés, ou lire à une distance minimum de 5 mètres de gros caractères d'imprimerie (le n° 20 de l'échelle typographique) avec des verres bi-concaves n° 4.
développement excessif de la conque, son envahissement par des tumeurs érectiles volumineuses, par des ulcères, par un eczéma chronique et rebelle, son adhérence aux parois du crâne.
58° L'oblitération entière, le rétrécissement considérable et la déviation du conduit auditif externe ; la présence de végétations dans sa cavité, ou de polypes, d'exostoses ■ou de périostoses déterminant une surdité prononcée.
59" La nnjrimjite c/trot/iqiic, Votorrhée purulente avec perforation de la membrane du tympan, et en général tous les écoulements puriformes, abondants et fétides, qui sont entretenus par une carie de quelque portion du rocher ou par la suppuration des ■cellules mastoïdiennes.
GO" L'obstruction, le rétrécissement ou Yobliléralioa de la trompe d'Eustache, quand ces affections sont accompagnées d'un affaiblissepient notable de l'audition.
61" La surilité /terreuse, ou la perle absolue (cophose), ou la diniimition considérable et ancienne (dysécie) de l'ouïe, quand rinlu-milé est bien avérée.
62° La surdi-mutité, constatée médicalement, et certifiée par la notoriété publique.
63" La division congénitale des maxillaires supérieurs (gueule de loup), la /jer/oration de la voûte palatine, bien que l'on puisse remédier à cette dernière par l'application d'un obturateur.
64" La proéminence exagérée ou Vatrophie du maxillaire inférieur, les fractures non ou mal consolidées, les pertes de substance de cet os, les cxusioses, la carie, la nécrose, les kystes oss'eux,
65° La luxation mal réduite de l'articulation temporo-maxillaire, qui apporte une ^êne considérable à la mastication, la luxation survenant avec une grande facilité et même volontairement, la comtriction ou le resserrement des mâchoires, et Vankylose,
60" Vltjiperlrophie de la lèvre supérieure, portée au point de nuire à la netteté de la prononciation ; le bec-de-lièvre (congénital ou accidentel) très-prononcé, les dartres de nature rebelle (mentagre, lupus, etc.), et la dégénérescence cancéreuse des lèvres, la paralyne labiale, bien constatée, l'occlusion incomplète ou les déformations de la bouche par suite d'adhérences étendues et vicieuses entre la muqueuse des joues et des gencives.
67" Le décollement des gencives, accompagné de l'ébranlement des dents, Vétat fongueux, ï hypertrophie, Vétat scorbutifjuc des gencives, la fétidité de V haleine, pro venant d'une stomatite chronique.
68" La perte ou la carie des dents incisives et canines d'une mâchoire, la perte^ la carie ou le mauvais état de la plupart ou d'un grand nombre des autres dents, quand ces conditions s'accompagnent de ramollissement, d'ulcération chronique des gencives, et que la constitution est faible et détériorée, et que d'ailleurs les dents existantes sont insutnsantes pour la mastication et la prononciation.
69" Le prolapsus, l'hypertrophie ,1a division congénitale de la langue ; la perte de substance un peu considérable et les adhérences normales de cet organe, les tumeurs «t les ulcérations de mauvaise nature.
70" Le bégayement très-prononcé, le mutisme (congénital ou accidentel).
71" L'absence du voile du palais, ses divisions ou perte de substance, le prolapsus de la luette avec dégénérescence manifeste.
RliCRUTEMENT DES ARMÉES.
72° La (jrenouillette et les fistules salivaires anciennes et incurables.
73° Les ulcères^ les ckaMces adhérentes, les brides de nature scrofuleuse, lorsque ces lésions sont étendues, les tiannirs ganglionnaires du coii ayant acquis un certain degré de développement et de chronicité.
7i" Le torticolis considérable, tenant à des causes organiques et rebelles à tout traitement. ►
75° Le goitre très-développé et accompagné de difficulté de la respiration quand on presse légèrement sur la tumeur.
76° La àijsphagii; dépendante de causes organiques incurables (vice de conformation, spasme, rétrécissement, coarctation de l'œsophage, paralysie des organes de la déglutition), les polypes du pharynx.
77° Le développement anormal ou déviation prononcée du larynx, avec dyspnée, la laryngite chronique dépendante d'une affection organique incurable, les fistules, per' forations, ulcères^ tumeurs, polypes, et les fractures du larynx.
78° V hypertrophie de la glande mammaire, ainsi que toute difformité et toute tumeur pouvant gêner d'une manière notable le port du sac ou de toute autre partie de l'équipement ou de l'armement.
79° La conformation vicieuse, la proéminence à\x thorax en forme de carène, iV*:foncement très-accusé de la portion inférieure du sternum, avec renversement de l'appendice xiphoïde, soit en dehors, soit en dedans; Y étroitresse extrè)ne des parois sterno-cosla'.es (1) ; les voussures , les tumeurs, les déviations partielles des côtes ou du sternum ; le rétrécissement exagéré d'un des côtés de la poitrine ; la mobilité excessive des fausses côtes, les luxatiofis et les fractures mal réduites, les difformités très-prononcées de la clavicule, Y enfoncement des côtes, les fractures des côtes et de leurs cartilages, non consolidées ou consolidées vicieusement ; Yostéite, Yexostose, la carie, la nécrose et Yosléosarcome des côtes, du sternum ou de la clavicule ; la résection appliquée à l'un de ce^ os, quelles qu'en soient les suites.
80° La bronchite, la pleurésie et la pneumonie chroniques, avec gêne notable de la respiration et dépérissement; Yemphysème du poumon, lorsqu'il est notablement développé, et quelle que soit sa forme; Yasthme confirmé, quelle qu'en soit la cause immédiate j la tubei^culisation pulmonaire confirmée, quels que soient son siège et le degré de son développement (2) : Yhydrotliorax et le pneumothorax, les plaies, les hernies, ainsi que toutes les lésions de la trachée, des bronches, de la plèvre et du poumon, caractérisées \>dLT YapJionic (3) ou par une altération notable et réelle de la respiration et de la voix.
(1) Eu égard au minimum légal de la taille, la circonférence liioracique pour les hommes de petite taille doit dépasser la demi-laillc, de manière à mesurer au moins 784 millimètres. Quant aux hommes de taille plus élevée, le rapport entre la taille et la circonicrancc thoracique servira de guide pour le jugement à porter. Un thorax peu développé n'exclut pas du service dans la cavalerie légère, quand le reste du corps est bien constitué et que les bras sont bien musclés.
(2) La réforme doit être proposée pour tout homme phlhisique, dès le premier signe certain de tuberculisation.
(3) L'aphonie est presque toujours le résultat d'une lésion organique du larynx, facile à diagnostiquer ; alnrs le jugement à prononcer est rendu facile; elle peut aussi
IINFIRMMÉS RENDANT LMPROPRE AU SERVICE MILITAIRE. 137
81" Les lU-plttcemcnts du cœur par suite d'une maladie pulmonaire ou pleurale, les ndhéreuces et Vliydropisie du péricarde, V hypertrophie et Vatrophie du cœur, les rétrédsmtit'nt^- el \es. i/nu/fisances valvulaires, Wntévrisnie du cœur ou de l'aorte, ainsi que toutes les alïections chroniques du péricarde, du cœur et des gros vaisseaux, caractérisées par des palpitations ou un affaiblissement notable des contractions cardiaques, par des bruits prononcés de souflle ou de frottement, par le frémissement cataire, ou par une gêne évidente de la circulation ou de la respiration,
82" Les cicatrices bridées ou adhérentes des parois abdominales ; les fistules gastriques, intestinales ou biliaires ; les tu)iteurs superficielles ou profondes de l'abdomen; les intninc^cences du foie et de la rate, tenant à des altérations organiques ; les phlegmons profonds de la fosse iliaque, les abcès symptomatiques d'une carie osseuse, les adénites étendues de nature scrofuleuse; les /ésio7is organiques de l'estomac, des intestins, du péritoine; les /«»?ei<>\> du mésentère, les vomissements nerveux persistants avec une altération prononcée de la constitution.
83" Les hernies ab(hjiniit(des confirmées, anciennes ou récentes, faciles ou difficiles à réduire ou à maintenir réduites, quel que soit leur siège, les pointes de hernie même (1 j.
84" Les cicatrices profondes et bridées de l'anus, les abcès si/mptomatiques de la carie de l'iscliion, les fistules anales, les fissures à l'anus, si elles sont profondes, de mauvais caractère, et liées à une maladie chronique interne; le rétrécissement du rectum résultant d'un engorgement squirrheux ou d'une tumeur née de ses parois ou agissant sur elles par compression ; les Jiémorrhoides internes ou externes, ulcérées ou non ulcérées, lorsqu'elles sont très-volumineuses ; la cliute du rectum, quelle qu'en soit la cause immédiate; la procidence de la muqueuse rectale, si elle est trèsmarquée ; Vanifs contre nature.
85" L'incontinence et la rétention d'urine avérées, Vhématurie constatée, Valbuminurie, la gravelle et les calculs rénaux, les abci'S ou dépôts urineux, les fistules urinaires, la néphrite chronique, quelle que soit sa forme, les calculs vésicaux ou tout autre corps étranger dans la cavité vésicale, la cystite chronique.
86" L'absence o\x\' imperforation l'urèthre, Vépispadias et Vhijpospadias qui ne permettent pas d'uriner sans se salir, les rétrécissements uréthraux et les fistules uréihrales qui ne permettent pas de projeter l'urine à distance, l'hypertrophie et l'induration de la prostate.
87" L'hermaphrodisme, quelle qu'en soit la forme; la perte entière ou presque totale des organes génitaux (2) ; la cirsocèle très-considérable, douloureuse, et se
plus rarement, exister sans lésion organique, et dans ce cas on doit se mettre en garde contre la simulation.
(1) La simple préilisposition aux hernies caractérisée par la dilatation des anneaux ne doit pas déterminer l'exemption du service armé. Pour les hommes incorporés, la hernie inguinale ne motive la réforme que lorsqu'elle est volumineuse, difilcile à réduire ou à maintenir réduite.
(2) L'absence des testicules, chez un sujet qui présente d'ailleurs tous les autres signes de la virilité et qui n'offre aucune trace matérielle de mutilation ou d'opération chirurgicale doit faire supposer que ces organes sont restés dans l'abdomen. Cette absence apparente ne constitue pas un motif d'inaptitude au service militaire. Si les
gonflant par la station debout, quand il n'y a pas de doute sur la gêne qu'elle peut provoquer, Vhydrocèle voluniiueuse, la perte, l'atrophie ou une altération organique du testicule et du cordon, la spermatorrhée .
88" Les (jibbosités ou di/forniités du rachis, les déviations congénitales, accidentelles ou symptomaliques du mal de Pott, les fractures ou luxations incomplètes des vertèbres cervicales, Varthropatine cervicale clironique, Vankylose rachidienne, la déformation du bassin, le relàchemeyit des symphyses, Vartlwopathie sacro-iliaque.
89° L'inégalité congénitale des membres, qu'elle existe aux membres supérieurs ou aux membres inférieurs; V incurvation , V allongement ou le i^àccourcisscment du bras ; l'étal cagneux des jambes, quand celte défectuosité est très-prononcée, et en général toutes les difformités des membres inférieurs résultant du racliilisme.
90" Une perte de substance d'un membre, résultant d'une mutilation ou d'une opération (résection ou amputation),
91° Les déformations résultant de fractures vicieusement consolidées et entravant les mouvements, le relâchement des ligaments d'une articulation, suite d'entorse ou de luxation ancienne, et tel que les mouvements habituels peuvent déterminer une luxation.
92" Les varices, quand on ne peut expliquer leur existence par aucune cause locale ou aucune influence professionnelle, qu'elles sont très-multiplices, douloureuses, en paquets volumineux, et exposées par leur siège à s'ulcérer ou à se crever par les efforts, Véléphantiasis des membres, les névralgies (scialique rhumatismale) quand elles sont chroniques et ont déterminé une diminution notable dans le volume et la force du membre, Varihrile goutteuse chronique.
93° Les diff'ormités très-prononcées des mains (1) ; la flexion ou V extension ^jermanente et l'incurvation des doigts, quand ces lésions sont bien constatées, et que l'usage de la main en est très-gênée.
94" Les membres surnuméraires, à moins que le doigt ou l'orteil surnuméraire n'ait une organisation complète et n'augmente la force du membre^ sans nuire à la liberté des mouvements ou à l'application de la chaussure; les doigts ou les orteils palmés; — pour la main : 1" quand la membrane réunit tous les doigts d'une main, lors même qu'elle ne s'étendrait qu'à la première articulation phalangienne ; 2" quand deux doigts sont réunis d'un bout à l'autre ; — pour les orteils, quand ils sont réunis en une seule masse par la membrane depuis leur insertion jusqu'à leur extrémité.
95" Les mutilations des doigts et des orteils, consistant dans : 1" la perte totale d'une phalange à un pouce ou à un gros orteil ; 2" la perte totale d'une phalange à l'indicateur droit, ou de deux phalanges à l'indicateur gauche ; 3° la perle totale et simultanée de deux phalanges à deux doigts; k° la perte totale et simultanée de deux orteils; 5" la perte totale et simultanée d'une phalange aux trois derniers doigts, ou aux quatre derniers orteils.
testicules étaient retenus dans l'anneau, il y aurait lieu à proposer sinon l'exemption, du moins le classement dans le service auxiliaire, en raison des douleurs que, ainsi placés, ils provoquent, à cause aussi de la prédisposition qu'ils ont alors à s'atrophier, à produire des hernies.
(1) Les déformations des mains dues à la profession ne constituent pas un motif
INFlRiMlTÉS RENDANT IMPROPRE AU SERVICE MILITAIRE. 139
96" Les pieds plats et déuiés, qui obligent à marcher sur leur bord interne (1), la </t'i'2V//i'o/i considérable ou superposition d'un ou de plusieurs orteils, susceptibles de donner naissance à des excoriations habituelles ; la disposition de l'orteil eu marlean qui oblige à marcher sur l'ongle même (2) .
97" La saillie anormale très-prononcée de la tubérosité du premier métatarsien; les hyperostoses ou autres lésions des orteils s'opposant au port de la chaussure.
98<* l'ongle incarné, avec complication de fongosité des chairs, — le mal perforant du pied.
99<* La ôromidroso abondante des mains et surtout des pieds, quand la peau en est ulcérée, ou qu'elle est bien avérée.
100" La di/formilé du corps entier^ résultant d'un défaut d'iiarmonie ou d'une claudication tenant au pliis grand nombre des lésions précédentes, lorsqu'elles existent aux membres inférieurs.