‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 4 sur 241 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

cier les lois de leur organisation, l'inlluence qu'elles peuvent avoir sur la société générale en tant qu'elles lui enlèvent une partie de ses membres. Il est ensuite indispensable d'étudier les lois, les règlements qui déterminent la qualité des individus appelés, les conditions physiques dont ils doivent justifier pour être utiles à leur pays. Tel est le but du Lwre /, traitant de VOrfjanisation et du Recrutement des années.

Arrivé à l'armée, le soldat subit l'inlluence de milieux nouveaux; ces milieux, il importe au médecin et à l'officier de les connaître, car ils exercent une inlluence constante sur la santé. Dans le Livre II, on a donc réuni tout ce qui est relatif aux II(d)itations du soldat^ qu'elles soient permanentes comme les casernes, ou accidentelles comme les camps, le cantonnement, les logements dans les forteresses. Dans ce livre, le lecteur trouvera un court résumé des notions indispensables sur le sol et la nature des terrains utilisables pour y loger des troupes, ainsi ([uc sur le genre de constructions fixes ou temporaires à y élever.

A la question des habitations se rattache naturellement celle de l'éclairage, du cliauiïage et de la ventilation, qui jouent un rôle primordial dans leur salubrité.

Une fois logé, le soldat est revêtu d'un uniforme, il doit s'habituer au poids de l'équipement; aussi parait-il logique de consacrer un livre spécial, le Livre IJI à l'élude du Vêtement et de t équipement, envisagés dans leurs relations avec la santé des hommes, comme avec la nature spéciale des travaux physiques auxquels ils sont soumis.

Le Liere IV, auquel nous avons donné une étendue relativement considérable, traite de Y Alimentation du soldat; avant d'entrer dans l'étude même des aliments, il a semblé logique de rappeler brièvement les lois qui président à la natiquo de l'organisme humain, afin d'arriver à constituer les rations du soldat, en quantités et en qualités telles, qu'il y trouve toujours des élé-

^'iil PRÉFACIi.

mcnts suflisanls pour réparer les perles de son organisme, en temps (Je paix comme en temps de guerre, aussi bien que pour fournir à son développement normal, qu'il est loin d'avoir atteint au moment de son incorporation. Ces prémisses établies, nous passons à l'élude des aliments en eux-mêmes, mais de ceux-là seuls qui sont utilisables pour le soldat, en recliercbant leur valeur nutritive, les caractères extérieurs que l'on est en droit d'en exiger, les procédés de conservation et de cuisson dont ils. sont susceptibles. — Les boissons, Tcau aussi bien que les boissons alcooliques, taisant partie des aliments, sont étudiées dans la même partie de l'ouvrage.

Sous le titre spécial de la Vie militaire^ ie Livre V envisage successivement les faits principaux de la vie militaire, la nécessité d'une bygiène corporelle sévère, les exercices, les marches, les influences morales auxquelles le soldat est soumis; passant ensuite à la vie militaire en campagne, nous le suivons pendant la période de mobilisation, dans les combats, dans les dinérenles sortes de campagne, genres de siège, d'hiver ou d'été, expéditions hors d'Europe, etc. . , en cherchant à formuler, pour chaque cas, des indications au?si précises que la multiplicité des circonstances le comporte.

Un traité d'hygiène militaire ne saurait être, en même temps, un traité des maladies des armées, non plus que de thérapeutique spéciale; aussi, en rédigeant dans un Livre VI un aperçu des Imlitutions sa?iitaires des armées, n'avons-nous pas cherché à étudier à fond des questions, trop importantes pour ne pas faire l'objet de travaux entièrement spéciaux. Après avon- indiqué, avec quelques détails, les procédés scientifiques mis en usage pour éloigner du soldat les inlluences épidémiques, comme la désinfection des locaux et des individus, la pratique de la vaccination, etc., nous avons très-rapidement esquissé Ihygiène générale des établissements sanitaires des armées, délinitifs ou

PIlÉFACli. IX

temporaires, lixes ou mobiles, sans en apprécier le lonctionnemenl en lui-même.

Enlin, dans un court appendice, le lecteur trouvera groupés quelques chiflres relatifs à la morbidité et à la mortalité dans l'armée, mais envisagés dans leur ensemble et sans aborder riiistoire si intéressante des maladies des armées.

Telle est l'idée générale de ce livre, et l'on peut voir, dès l'abord, qu'il ne s'adresse point aux médecins seuls, mais bien aux ofliciers du commandement eux-mêmes, l^^t, en elFet, si le médecin joue un rôle considérable dans l'application de l'hygiène aux circonstances de la vie militaire, celui du commandement est plus important encore. Lui seul est responsable des milliers d'existences que la patrie lui conlie, et celle responsabilité, il ne doit la déléguer à personne. Que, suivant les cas, le commandement laisse aux médecins une part sul'lisante d'autorité pour appliquer, pour foire exéculer, rien de mieux, mais il n'en demeure pas moins établi que le commandement a le droit et le devoir de ne rester étranger à rien de ce qui alfère à la santé du soldat. Or, en disant commandement, il s'entend que ce terme s'applique à tous ceux qui commandent, depuis le général en clief jusqu'aux oi'liciers de compagnie. Ces derniers, les capitaines surtout, dont le rôle dans l'armée est si considérable, peuvent, dans leurs rapports quotidiens avec les troupes, être les vérilables promoteurs de l'hygiène, en exigeant l'application rigoureuse de ses moindres préceptes.

L'hygiène militaire donc fait partie de Tensemble de connaissances que doivent posséder ceux qui ont l'honneur de commander aux soldats. Dans une existence aussi réglée que celle des armées, tout doit procéder du commandement et, tandis que, dans la vie civile, l'hygiène ne peut, le plus souvent, s'imposer que par des conseils, il est possible, dans l'armée, d'agir avec plus d'autorité , de transformer en ordres for-

Page 1