‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 40 sur 241 · C-l <M oc «o o lO » lO 1- in o «ri o ^ o o © O) o · texte numérisé non relu

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pour les classes ISkh à 1853, de 160 000 hommes sur les classes 1854 et 1855 (guerre de Crimée), de 100 000 pour toutes les classes suivantes à l'exception de la classe 1858, levée en 1859 (guerre d'Italie). A la colonne 3, on lrouv(î le nombre de jeunes gens inscrits sur les listes de tirage et sur lesquels nous avons déjà appelé l'altention. La colonne h donne le nombre de jeunes gens absents ou présents sur lesquels le Conseil a statué. Ces nombres ne se rapportent pas seulement aux individus comparus et réellement examinés par les conseils de révision, dont nous avons calculé la proportion véritable page 102, mais ils indiquent le nombre d'individus sur lesquels il a fallu statuer pour parfaire le contingent. Ainsi en 1866, pour arriver au contingent de 80 000 hommes, il a fallu examiner la situation physique, les causes d'exemption, ou de dispense, etc., de 173 662 jeunes gens. La colonne 5 donne l'indication du total des exemptions prononcées pour tous les motifs légaux, parmi lesquels on comprend les exemptions pour défaut de taille, portées à la colonne 6, et les exemptions pour inflrmités (colonne 7). A la colonne 8, on trouve la proportion des exemptés pour 1000 individus sur le compte desquels le Conseil a statué; enfin, colonne 9, nous introduisons un nouvel élément que nous nommons les Déduits sans bénéfice pour Vai^mée.

On sait que, dans la loi de 1832, un certain nombre d'individus étaient comptés dans le contingent, sans cependant prendre part aux levées; sur le nombre de ces jeunes hommes, les uns : engagés volontaires, oiïiciers brevetés, inscrits maritimes, etc., faisaient partie de l'armée ou de la marine et servaient le pays au point de vue militaire; les autres, ecclésiasii([ues, membres de l'instruclion publique, etc., comptaient dans le contingent sans faire partie de l'armée. Ils n'étaient pas exempts, en ce sens que s'ils venaient à quitter leur carrière spéciale, ils retombaient sous les obligations de la loi militaire; mais, en fait, ils ne rendaient à l'armée aucun service direct. Ce sont ces déduits que nous nommons les Déduits sans bénéfice pour l'armée et dont nous avons calculé la proportion colonne 9. Il en résulte que si l'on veut étudier le rendement de chacpie classe en tant que soldats prêts à marcher, il faut joindre au nombre des exemptés celui des déduits sans bénéfice pour l'armée. En opérant ainsi, on obtient un nombre, porté colonne 10, que l'on peut désigner sous le titre de Perte réelle de Varmée sur la classe, et, en généralisant, perte sur 100 hommes de 20 à 21 ans pris au hasard dans la vie civile, auxquels on fait application des motifs d'exemption admis i]ar la loi de 1832.

RÉSULTATS fltNÉRAUX DU RECRUTEMENT EN FRANCK. 235

Comme exemple: pour la classe 1862 la perte réelle de l'armée a été de 52,11 pour 100; si donc en 1862 on avait levé tous les hommes disponibles, en faisant application du service obligatoire, le nombre des inscrits étant de 323 070, on n'aurait pu en réunir que 15^ 750, car 168 320 auraient été soit exemptés, soit déduits sans bénéfice pour l'armée, {x représentant la perle de l'armée sur la classe, y le nonibre des

individus aptes à être levés, on calcule : = -^^^ el?/=323070

— x; x= 168 320; 7/ = 15^i 750 ; et comme vérification x + y = 323 070). Au moyen de ce raisonnement, il est facile de calculer le rendement possible CiQ la population française pendant la période 18ft4 à 1868, avec l'application des principes de la loi de 1832.

L'ensemble des nonibres portés à la colonne 10 nous prouve que les pertes réelles de l'année sur la classe ont toujours été en décroissant ; de 5/j,79 pour la classe 18.'i4, 5^i,5^i pour la classe 1845, 69,66 pour la classe 1846, elles n'étaient plus que de 49,41 pour la classe 1866, 48,24 pour la classe 1867, 48,25 pour la classe 1868.

Cette diminution tient en grande partie à la diminution des exemptions pour défaut de taille, diminution bien sensible d'après les nombres portés à la colonne 6,- mais que nous avons discutée avec détails en traitant de la taille au point de vue de l'aptitude militaire, page 103. Le nombre des exemptions pour infirmités diminue également, mais dans une |)roporlion moins sensii)le ; on s'en assurera en consultant le tableau porté page 103 (colonne 9). Le minimum des exemptions pour infirmités correspond aux classes 1848 levée en 18fi8, 1853 levée en 1854, 1858 levée en 1859, c'est-à-dire aux trois époques de la révolution de 1848, de la guerre de Crimée, de la guerre d'Italie, momenis où les conseils chorcbaient évidemment à faire entrer le plus grand nombre possible d'individus, soit en vue de la guerre que l'on a craint en 1848, soil pour atteindre des contingents de 140 000 hommes.

Par contre, le nombre des déduits sans bénéfice pour l'armée a toujours marché progressivement; ne nous en plaignons pas, car l'augmentation porte principalement sur les dispensés comme membres de l'instruction publique, qui ne sauraient jamais être trop nombreux, pour le plus grand bénéfice de nos populations.

En se maintenant dans les évaluations les moins favorables, on trouve que, pour les dernières années, la perte de l'armée sur la classe doit être évaluée

à /i9 ou 50 0/0. En supposant 305 000 inscrits tous les ans, nous pouvons donc lever 152 500 h 156 550 soldats prêts à marcher. Ce nombre est un niininium, car l'application de la loi du 27 juillet 1872 diminuera sans aucun doute le -nombre des exemptions et des dis|)enses. L'abaissement de la taille à l^^ô^, la faculté de l'examen successif des jeunes gens trois ans de suite au moyen des ajournements, rendront évidemment les contingents aimuels plus forts de quelques milliers d'hommes. Mais cètle loi entraîne de bien autres conséquences : avec la loi de 1832, les individus fils de veuves, de septuagénaires, frères de militaires présents sous les drapeaux, réformés ou décédés par suite des fatigues du service, étaient exempts absolument; actuellement, en vertu de l'article 17 de la loi du 27 juillet 1872, ces individus ne sont plus que dispensés du service d'activité en temps de paix et, outre les exercices auxquels ils sont soumis en temps de paix en vertu de l'article 25, sont rappelés en temps de guerre (article 26) et n'en passent pas moins avec leur classe dans la réserve de l'armée active, puis dans l'armée territoriale. > I

Nous avons du reste apprécié déjà, page 24 et suivantes, les résultats de la nouvelle loi du recrutement au point de vue des ressources qu'elle met à la disposition de l'armée, et n'avons pas à y revenir ici. Il n'y a pas lieu de s'elîrayer de ce chilFre, en apparence considérable, de 50 0 0 de nonvaleurs militaires sur la totalité des inscrits ; la France est à ce point de vue aussi bien partagée que la plupart des Élats de l'Europe, quoique, malgré l'avis de quelques optimistes, elle n'y tiemie pas le premier rang. Malheureusement, il est excessivement difficile de comparer les résultats statistiques du recrutement dans les différentes armées, les lois qui président à cet acte, la manière de les com|)rendre et de les appliquer variant très-sensiblement d'une puissance à l'autre. Aussi est-ce sous toutes réserves que nous enregistrons le tableau suivant, dressé en grande partie à l'aide de documents empruntés aux auteurs spéciaux, dont les travaux statistiques paraissent mériter la plus grande confiance. Il ne s'agit dans ce tableau que des exemptions prononcées pour infirmités ou défaut de taille, les exemptions à d'autres titres se trouvant écartées. C'est une donnée moyenne de l'aptitude physique militaire dans les différents pays (1).

(1) Pour de plus amples renseignements d'origine récente sur la question d'aptitude militaire dans les différents pays, on pourra consulter les travaux suivants :

Documents fronçais. — 1° La collection des Comptes rendus annuels du recrute^ ment, publiée par le ministère de la guerre (Imprimerie nationale).

Résultats des examens d'aptitude militaire chez différentes puissances.

KTATS.

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