MURS. — COKIUDORS. — ESCALIERS, DES CASERNES
los cas, il lie saurail èlic jamais de niveau avec le sol lui-nièine, car J'Iui- Miidité y pénétrerait directement sons forme d'eaux pluviales, etc. Il y aurait grand avantage à relier entre eux les rez-de-chaussée des pavillons par de légères galeries vitrées; elles faciliteraient le service et constitueraient des promenoirs pour les hommes, pendant les temps de pluie.
II. ^fw's. — Corrido/'s. — Ffar/cs. — Escaliers. — L'épaisseur des nuirs varie avec la hauteur de l'édilice ; il est avantageux de ménager, à leur partie centrale, un espace vide dans lequel l'air peut circuler libreuïcnt. Celte couche d'air joue le rôle d'écran par rapport à l'atmosphère ambiante; elle protège du froid en hiver et de la chaleur en été. Kniin, elle peut servir très-utilement dans l'aménagement des procédés de ventilation, sur lesquels nous aurons à revenir. En supposant des pavillons peu élevés, nous estimons que les briques tubulaires sont préférables, pour la construction des murailles ; il n'est pas impossible de faire correspondre leurs orifices de façon à ménager ainsi cet espace vide dJnt nous signalons les avantages ; il conviendrait cependant de donner h ces murailles l'épaisseur de deux briques ordinaires si elles sont posées de champ ou debout, avec un espace intermédiaire égal à l'une d'elles; mieux vaut les placer à plat, alin de donner plus de solidité à la muraille.
Les corridors particulièrement larges, bien éclairés et aérés, doivent avoir dans les casernes inonumenlales une superficie proportionnelle au nombre des hommes qui, à un moment donné, peuvent tous s'v trouver à la fois, alin de servir de promenoirs, de salles d'exercice, etc. Placés, comme à la caserne Saint-Charles (fig. 33), sur l'une des faces de la caserne, ils ont l'inconvénient d'empêcher l'éclairage et l'aération des chambres sur les deux faces, ce (|ui est cependant absolument indispensable. Dans les casernes à pavillons isolés, on peut les supprimer absolument, en les remplaçant par des paliers sur lesquels viennent s'ouvrir les chambres d'habitation.
Nous avons suffisamment indiqué que la meilleure disposition consiste à ne donner aux casernes qu'un seul èlage au-dessus du rez-dechaussée ; dans ce cas, une hauteur de h mètres à /i"\50 convient pour l'un et l'autre; mais si l'on croit devoir multiplier les étages, comme dans les casernes monumentales, encore ne faut-il pas, pour obéir aux principes archilectoniqucs, donner à ces éiages des hauteurs sous plafond dilTérentes et toujours décroissantes à proportion que l'on s'élève, à
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moins cependant de diminuer d'autant le nombre de soldats que l'on veut loger sur une même surface ; sans celte précaution, le cubage d'air n'est plus le même pour tous les hommes, et l'on commet une injustice au détriment de ceux qui habitent les étages élevés. Si les besoins du service le permettent, il est quelquefois préférable de laisser inoccupé l'étage supérieur, lorsqu'il est réellement plus désavantageux que les autres, en le réservant pour l'éventualité d'une augmentation fortuite d'effectif; en cas d'égalité, mieux vaut cependant occuper toute la superficie des locaux , en diminuant d'autant le nombre des soldats par chambrée. Un escalier de plus à monter n'est pas un bien grand obstacle et les hommes bénéficiciont d'un cubage atmosphérique plus réparateur.
Les escaliers qui desservent les étages doivent avoir une largeur telle que l'encombrement ne puisse s'y produire ; leurs dimensions varient donc suivant l'effectif des unités auxquelles ils sont destinés; une largeur de 2 mètres paraît suffisante par compagnie ou escadron. Leur hauteur varie naturellement avec la dimension du bâtiment ; mais il est important de leur donner une obliquité suffisante, de les couper de paliers pour que l'ascension ne soit pas trop pénible ; les marches étroites sont une occasion de chutes, surtout pour les cavaliers, qui portent des é[)erons. Le système des escaliers se coupant perpendiculairement est préférable aux escaliers tournants, toutes les fois qu'un grand nombre d'individus doivent les traverser en même temps.
Les escaliers de bois offrent aux incendies un aliment par trop dangereux, aussi convient-il de n'employer comme charpente que du fer, et comme marches que du fer ou de la pierre. La cage de l'escalier joue par ses dimensions un rôle important dans l'aération du bâtiment; elle doit donc être suffisamment vaste et largement éclairée au moyen de grandes fenêtres. Dans les casernements anglais, les escaliers s'ont assez souvent extérieurs aux pavillons, appliqués contre les pignons, mais ils sont alors recouverts d'une légère toiture.
IV. Planchers. — Dans toute habitation, les planchers doivent présenter une résistance proportionnée au nombre des habitants destinés à les fouler, c'est dire que dans les casernes ils auront une résistance plus grande qu'ailleurs. De plus, ils doivent être absolument imperméables, afin de ne point laisser pénétrer l'humidité dans l'espace qui sépare le plancher du plafond de la pièce sous-jacente. Cet espace est, en général, rempli par des corps destinés à aniortir le son; si l'humidité y pénètre.
PLANCHERS DES CASEBNES. 287
elle s'y étend en surface et devient la source de fermentations, de dégagements méphitiques dangereux pour les habilaiils. — Pour les chambres d'habitation des casernes, le bois de chêne est préférable à toute autre matière ; la pierre et la brique sont trop froides sous nos latitudes et absorbent trop facilement l'huinidité; les autres bois, comme le sapin, joignent à ce dernier inconvénient celui de s'user très-rapidement, de devenir poreux; ils se transforment en véritables éponges.
Un bon plancher do chêne, si l'on veut à double couche de plancher, dont les interstices sont réduitsau n)inimum et même à peu près supprimés grâce à un travail de menuiserie tiiiement exécuté, constitue une excellente couche isolante, niais encore faut-il rimperméal)iliser. L'emploi de bois injectés est indiqué pour cet usage, lorsque, du reste, la substance chimique introduite dans le bois ne peut être dangereuse pour les habitants. Il est ù remartiuer, en eftet, que, à la longue, une portion de celte substance se trouve mise en liberté, en proportion de l'usure du bois et se mélange, sous, forme de poussière très-tenue, dans l'atmosphère de la chambre.
La surface du plancher doit être revêtue d'un enduit imperméable ; les couleurs à l'huile, les diflérents vernis coûtent assez cher et sont d'un entretien difficile; on arrive au même résultat en passant sur le bois deux ou trois couches d'huile de lin bouillante. Celle-ci pénètre dans les couches superficielles, en augmente la cohésion, durcit le bois et le rend absolument imperméable. Il est bon de renouveler ce badigeonnage deux fois par an dans les pièces qui sont journellement occupées. Un plancher badigeonné à l'huile de lin peut être nettoyé au moyen de linges humides qui enlèvent la boue ou les substances terreuses apportées par les hommes, puis doit être essuyé avec un linge sec. Tonte humidité disparait alors en quekiues minutes. — Ce système est beaucoup plus économique que celui de l'encauslicagé, au moyen de cire dissoute dans de l'essence de térébenthine et d'un entretien beaucoup moins dispendieux, en raison du prix élevé de la cire. Nous le recommandons de la façon la plus absolue.
Jusqu'à présent, en effet, les planchers des casernes ne reçoivent d'autre entrelien que des balayages quotidiens ou des lavages accidentels. Appliqués sur bois non imperméabilisés, les lavages sont une pratique fâcheuse , car l'assèchement n'est jamais complet ; l'humidité pénètre dan« les couches profondes et y demeure.
2b8 HABITATIOISS DU SOLDAT.
Sur les navires, on enlrelient une propreté très-rigoureuse dans les batteries ou le faux- pont en briquant les ponts à sec et en les lavant mênfieà grande eau ; le briquage use rapidement le bois, et le lavage y maintient l'huaiidité. Nous préférons de beaucoup le système de l'imperméabilisation du plancher et le nettoyage avec des linges humides, suivi d'un assèchement avec des linges secs.
Les paliers sur lesquels donnent les chambres doivent être planciiéiés comme elles ; au rez-de-chaussée néanmoins et dans les corridors, on peut substituer au bois une couche de béton fortement tassé; les surfaces asphaltées, au premier abord avantageuses en tant que parfaitement imperméables, ne présentent pas une résistance suffisante ; l'asphalte s'affaisse par places, il se produit alors des inégalités de niveau où l'humidité s'accumule. Bœhme (1) cite l'exemple d'une église où, à la suite de semblables accidents, le sol asphalté devint la source d'émanations fèbrigènes dont plusieurs personnes ressentirent l'inlluence fâcheuse sous forme de véritables fièvres d'accès.
Dans les casernes de construction nouvelle, l'ingénieur pourra introduire avec avantage toute les modifications sus-iiidiquées; mais même dans les casernes anciennes on peut déjà améliorer sensiblement l'état de choses existant. Après avoir gratté toutes les couches détériorées par l'usage, altérées par l'humidité, il est facile de pratiquer le badigeonnage à l'huile de lin bouillante et d'entretenir journellement le plancher dans un rigoureux étal de propreté. En agissant ainsi, on aura rendu un immense service aux habitants de ces chambres; il est manifeste que l'étal actuel des planchers, insuffisamment nettoyés et conslanmient humides, est uiie cause puissante de méphitisme et, par suite, d'insalubrité.
V. Mansardes. — Toitures. — Pcu^atonnerres. — Les mansardes, c'est-à-dire l'espace plus ou moins triangulaire qui sépare la toiture du dernier plafond, ne doivent point servir d'habitations. Elles ressentent trop facilement l'influence des variations atmosphériques, s'échauffent en été, sont glaciales en hiver; leur ventilation n'est jamais suffisante. En revanche, elles doivent être utilisées comme magasins et remplissent parfaitement ce rôle, car, si la toiture est en bon état, elles sont parfaitement sèches.
(1) Ijochm, Gesiindhcitsjyflege fur dus deutsche Heer, p. I2!i. Berlin, 1873.
TOITURES J)t:S CASERNES. . 2S9
Les loiluies sont recouvertes de substances dilléreiites suivant les régions et les climats. L'industrie fournit aujourd'hui des tuiles losanyiques ou rectangulaires, qui ne pèsent que /lO kilogr. au lieu de 90 par nièlre supcriiciel, et des dalles d'ardoise assez épaisses pour ne pas se rompre en débris sous les pieds des couvreurs. Les toitures de carton bituminé ou autres produits analogues sont trop peu résistantes pour des bâtiments délinitifs; elles conviennent tout au plus pour des baraques. — On emploie beaucoup dans les grands édilices, et même dans les habitations privées, les toitures en métaux peu oxydables h l'air, tels que le zinc et le plomb. Ce dernier fait cède aux eaux «fluviales une certaine proportion d'oxyde plombique <|ui compromet les eaux des citernes; le zinc n'olîre pas ces inconvénients ; il est plus léger que les tuiles et les ardoises et ne nécessite qu'une charpente plus légère,, mais les variations atmosphériques lui nuisent sensiblement. Les feuilles de tôle cannelée ont été utilisées, en particulier pour la toiture de la gare de l'Ouest à Paris; courbées suivant un certain rayon et arrêtées sur les nuu s, elle.s permettent de se passer de cliarpenle.
Dans tous les cas, si l'on emploie une toiture métallique, il est indispensable de dis(;oser un second toit de bois au-dessous du premier, afin d'inierposcr une couche d'air entre le métal et l'habitation, sans quoi celle-ci s'écliauiïe trop.
Dans les galeries couvertes, reliant entre eux les pavillons, on peut faire usage de toitures mi-partie de métal et de verre; elles procurent un excellent éclairage et sont très-favorables h la ventilation.
La forme des toitures n'est pas indilTérente ; dans nos régions, elles doivent présenter une certaine inclinaison, afin de favoriser l'écoulement des eaux pluviales et prévenir l'accumulation des neiges; les toitures en terras.se s'échauiïent facilement en été et laissent pénétrer l'humidité en toute saison.
La toiture des casernes est pourvue de paratonnerres; les règles qui président à leur coiistriu tion sont énoncées dans l'instruction de l'Académie dos sciences publiée en IH.uS, et modifiant les instructions antérieures, notamment celle de 1823. La tige du paratonnerre doit avoir une Ion gueur de 9"', '25 environ et se terminer par une aiguille de platine, dorée au bout ; le conducteur se fixe par des pattes sur la couverture du toit et le ],)ng du n)ur ; on lefait aboutir dansun puits ou dans un trou remplid'eau, après l'avoir conduit dans des tranchées creusées dans la terre et reniplies MORACHE. — Hyg. milit. 19
(le braise de boulanger. L'Académie a cru devoir appeler ralleution du public sur trois points principaux : 1" réduire autant que possible ie nombre des joints sur la longueur des paratonnerres, depuis la pointe jusqu'au réservoir commun; 2° faire, au moyen de la soudure à l'étain, tous ceux de ces joints qui doivent être exécutés sur place. Ces soudures à l'étain seront, en outre, consolidées par des vis^ des bourrelets ou des manchons. 3" Regarder comme important de ne point amincir la |)ointe des paratonnerres. L'extrémité supérieure du fer ne doit pas avoir moins de 3 centimètres carrés de section, soit 2 centimètres de diamètre ; on y fera, à la lime et dans l'axe, un cylindre ayant 1 centimètre de diamètre sur 1 centimètre de hauteur, qui sera ensuite taraudé; sur celte vis saillante, on adaptera un cône de platine de 2 centimètres de diamètre à la base et de ti centimètres de hauteur, l'angle d'ouverture à la pointe aigui; étant de 28" à 30° ; ce cône de platine, d'abord plein, sera creusé et taraude pour faire un écrou sur la vis, ensuite il sera soigneusement soudé au fer, à soudure forte, pour constituer avec lui un tout continu et sans vides.
Primitivement, on pensait qu'un paratonnerre étendait son action sur une surface d'un rayon double de la distance séparant la pointe du pai-atonnerre d'avec le sol; mais l'Académie ne s'est point prononcée car la pratique et l'expérience n'ont rien fourni de concluant à cet égard.
Pour les magasins à poudre et les poudrières, on doit redoubler d'attention et éviter la plus petite solution de continuité, car chacune d'elles donne lieu à une petite étincelle pouvant enflammer le pulvérin qui voltige et se dépose partout dans l'intérieur. Il serait prudent de ne point placer les tiges de paratonnerres sur les bâtiments eux-mêmes, mais sur des mâts éloignés de 2 ou 3 mètres, et assez élevés pour dominer de /i ou 5 mètres les bâtiments de la poudrière.
ARTICLE IIL — Aména(;ement intérieur des logements dans les