FIXATION DE LA BATION ATMOSPHÉRIQUE
à rciilieilen de la vie; la première indication d'une habitation consiste donc à assurer cet air en qnanlité siiffisanle à ceux qui l'Iiabilent. Lorsque l'iioinnie se trouve en plein air, le renouvellement se fait de lui-même et l'air expiré se perd dans la masse de l'almasphère ambiante ; dans une habitation, il n'en est plus de môme; si l'on n'y prend garde, encourt le danger d'exposer ses habitants à l'action de l'air confiné, le plus dangereux des poisons.
Le problème se pose donc en ces termes : quelle est la ration atmosphérique nécessaire à l'entretien normal de la respiration chez un adulte de vingt à trente ans, comme l'est le soldat, et dans le plein exercice de ses roiiclions physioh)giques? La solution absolue n'est pas des plus simples à trouver, car une foule de circonstances, l'état de veille, le sommeil, le repos ou le travail, la digestion, la température, etc., font singulièrement varier, dans leurs proportions, les phénomènes chimiques de la respiration.
On peut évaluer, en moyenne, à 500 litres ou un demi-mètre cube je voliunede l'air ins|)iré, chaque heure, par un adulte^ partant de ce fait, il semblerait, au premier abord, qu'en assurant à cet adulte ce cubage atmosphérique, on aurait satisfait aux besoins de sa respiration.
Ce serait une déplorable erreur. Les 500 litres qu'il inspire chaque heure doivent, sons peine d'être insuffisants, sinon même dangereux, jouir de toutes les propriétés physiques et chimiques de l'air normal, contenir 208 millièmes d'oxygène, 792 w?7//mes d'azote et h dix-millièmes au plus d'acide carbonique, de la vapeur d'eau en quantité suffisante, mais non trop forte, enfin, théoriquement, ne point renfermer en suspension des matéhaux organiques ou inorganiques et en dissolution des gaz plus ou moins nuisibles, sinon par leur action directe, au moins par leur substitution aux principes normaux de l'air.
Supposons un homme plongé dans un milieu atmosphérique d'une pureté absolue, mais où le renouvellement ne s'exécute pas, un milieu de 10 mètres cubes par exemple; pendant les premiers moments, l'air qui arrive dans ses poumons ne présente aucune modification, mais dès qu'une portion de cet air a été expiré, la masse de l'atmosphère and)iante en est altérée; au bout delà première heure, ce n'est plus de l'air pur qu'il respirera, mais une atmosphère composée de 9""=, 500 d'air pur et de 0™ %500 d'air déjà respiré, c'est-à-dire absolument impropre à suffire aux besoins de l'hématose. Plus l'individu séjournera dans ce milieu, plus la composition
de l'almosphèrc s'éloignera de la composition normale de l'air ; les produits irrespirables iront en s'accroissant suivant une progression géométrique à raison constamment ascensionnelle. — Si, an lien d'un individu, plusieurs se trouvent réunis dans nu même local, la vicialion de l'air s'en trouve naturellement augmentée suivant : 1" le cubage de la pièce ; 2" le nombre des individus réunis ; 3° l'âge de ces mêmes individus et d'autres valeurs que l'on peut négliger dans la discussion.
Que se passe-t-il, en effet, dans l'air qui a servi à la respiration ? — En premier lieu, l'oxygène a diminué, il a été employé pour la combustion ,des matériaux carbonés du sang, et cette consommation ne s'élève pas à moins de 25 litres d'oxygène environ par heure pour un adulte; la quantité d'acide carbonique a augmenté, au contraire, l'adulte expirant environ 20 lilres de ce gaz par heure. (Nous donnons ici les chiffres moyens résultant des travaux de Lavoisier, Damas, Andral, Gavarret, Scharling, etc. ; il demeure bien entendu que mille circonstances peuvent faire varier la combustion physiologique et, par conséquent, la consommation de l'oxygène et l'exhalation du carbone.) Enfin l'azote, qui joue dans l'atmosphère, par rapport à la respiration, un rôle, pour ainsi dire, de véhicule, ne varie pas singulièrement en proportion dans l'air par le fait de celle fonction physiologique; il y a cependant une certaine exhalation d'azote par la surface puliTionaire chez les animaux supérieurs comme l'homme ; cet azote provient en partie de la destruction d'une petite proportion des substances azotées du sang, en partie de la li ansformalion des matières alimentaires azolécs en produits ternaires.
En résumé: diminution dans la quantité d'oxygène, augmentation trèsnotable de l'acide carbonicjue, variations légères dans la proportion d'azote, tels sont les principaux changemenls que la respiration fait subir à la composition de l'air.
De plus, l'air expiré est notablement chargé de vapeur d'eau, dans une proportion qui varie singulièrement suivant les circonstances, mais qui^ chez un adidte, durant le repos et dans les conditions ordinaires de la santé, paraît être comprise entre 20 et UO grammes d'eau par heure. Enfin, indépendamment de l'acide carbonique, de l'azote libre et de la vapeur d'eau, on a signalé dans l'air expiré la présence d'autres produits, de matières organicjues provenant de la muqueuse pulmonaire et peutêtre pour une plus grande part des voies supérieures que traverse l'air expiré,