‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 63 sur 241 · ENTRETII'N DE LA PROPRETÉ DANS LES CASERNES · texte numérisé non relu

ENTRETII'N DE LA PROPRETÉ DANS LES CASERNES

procéderait à un blancliimcnt général des casernes; niais le samedi, lors du grand nettoyage hebdomadaire, les sous-officiers feraient donner quelques coups de pinceau dans les endroits les plus exposés, comme les bas côtés des chambres; les officiers veilleraient eux-mêmes à l'exécution de celte mesure, et, à l'inspection du dimanche, tout le biltiment devrait être trouvé dans un état de scrupuleuse propreté.

Nous demandons à charger les compagnies elles-mêmes de ces soins, parce que c'est le seul moyen de les rendre efficaces ; il y aura bientôt rivalité entre les diiïérentes compagnies à qui possédera les chambrées les pins propres, les plus brillantes; l'excès même ne sera jamais un défaut, car on doit se bien persuader que, dans les casernes, la propreté réelle, et non de surface comme celle qui existe, est en définitive la santé des hommes.

A. bord des navires les choses se passent ainsi ; il n'y a point de milieu, ou bien ils sont d'une propreté poussée presque jusqu'au fétichisme, ou ils deviennent horriblement insalubres et prennent un aspect d'étable et d'écurie. Dans les navires de guerre on demande le plus pour obtenir le moins, on frotte, on astique, non pas seulement pour avoir l'élégance de cuivres élincelants, de canons brillants comme des miroirs, de murailles d'une blancheur immaculée, mais parce que la propreté y devient un principe que I on pousse dans ses dernières limites. — Sur beaucoup de navires de commerce, à l'exception des paquebots, on tombe au contraire dans un résultat inverse.

Nons ne comprenons pas pourquoi ce même principe ne prévaudrait point dans les casernes, où son application serait bien plus facile que sur les navires. Il faut à tous prix que, en entrant dans une chambrée, on ne soit point frappé par cette odeur repoussante bien caractéristique qui s'en exhale, par cet aspect général de délabrement qui tranche singulièrement avec l'ordre apparent, le bon arrangement des elTets et des armes. Ce résultat, on l'obtiendrait en quelques semaines si on l'imposait éncrgiquement, — Nous ne demandons point à l'armée de copier servilement tous les agissements de la marine, d'astreindre les soldats a un astiquage indéfini des cuivres et des fers, ils n'en ont déjà que trop, mais nous réclamons l'assainissement absolu de leurs habitations et tenons à signaler les principaux points sur lesquels il conviendrait d'insister pour l'obtenir.

Enfin, n'y a-t-il pas des avantages réels à donner aux soldais le goût

tk- la propreté, ce vrai luxe des liabitalions, que les classes les plus intelligentes même ne comprennent pas suffisamment. Après avoir passé queUpies années à l'armée et rentrant dans sa famille, devenu lui-même le chef d'un petit groupe, le soldat n'y intrcduirait-il pas ces améliorations peu coûteuses, mais singulièrement efficaces, dont il aurait pris l'habitude? Qui oserait dire qu'au bout de quelques temps il n'en résulterait pas une transformation complète dans le logement des ouvriers, des paysans, de la grande masscde la population, et, par suite, une plus grande résislanceà la maladie, une diminution de Immortalité, peut-être même plus de moralité ,plus d'attachement au foyer domestique.

L'armée doit être une école de perfectionnement pour nos populations ; à tous les points de vue, il convient d'inculquer aux soldats des principes vrais et pratiques : ceux de l'hygiène y doivent ligurer dans toutes leurs applications.

§ V. — Des logements d^ofDeicrs, «le sons-ofGcici's et d'employés militaires.

I. Officiers. — En principe le gouvernement se regarde comme devant fournir le logement aux officiers de tous grades ou de toutes fonctions; en fait, fort peu sont logés dans les bâtiments militaires, mais ceux qui ne le sont point reçoivent ime indemnité de logement et d'ameublement différente suivant les grades. Ceci-est de l'administration, nous ne nous en occupons point.

Dans les bâtiments militaires, les logements affectés aux officiers doivent se composer de :

Pour les colonels. . . 100 à 120 répartis en G chambres (dont 5 à feu et une cuisine) lieut. -colonels. 80 à 100 5 » 4 »

ch. de bataill. 70 à 80 4 » 3 »

capitaines .... 35 à /lO 2 pièces dont une à feu et une écurie,

lieutenants et

s. -lieutenants . 20 à 25 une pièce à feu et un cabinet

(Les médecins, étant assimilés aux grades de la hiérarchie, ont droit au logement d'officiers de troupe de leur grade.)

(Tableau, article 24 du règlement du 30 juin 1856 et instruction de même date.)

L"hygiène de ces logements rentre alisolument dans celle des habitations en général. Il est évident que les conditions des chambres d'officiers sont

LOGEMENTS D'OFF.GIKUS, SOUS-OFFICIEUS, ETC. 3()9

le plus soiiveiU bonnes ou que les aniélioraiions à y introduire sont assez simples. Nous n'avons donc rien à y signaler, si ce n'est la nécessité du renouyellenient de l'air au moyen de cheminées ventilatrices du système Fondet ou mieux du système Dauglas -Gallon. 0:î doit remar(iuer en ciïet que ces logements sont en général occupés par plusieurs personnes de la iainille de roflicier, qu'ils abritent des enfants dont la res|)iration exige im grand volume d'air, par suite de la cohabitation avec les grandes personnes.

Enfin, en raison même de cette circonstance, nous regardons comme insulïisani K' logement ad'ecté aux capitaines ; deux pièces, dont une à feu, et un cabinet ne sullisent pas à deux adultes et à plusieurs enfants; beaucoup de capitaines sont en elîet mariés et pères de famille. — Le grade de capitaine est celui dans lequel on séjourne le plus longtem])s, la plupiu't des ofïicitrs ne le dépassent jamais et y prennent leur retraite; ce grade est, à plusieurs points de vue, l'un des plus intéressants de toute la hiérarchie; on sent le besoin de l'entourer d une grande considération et de donsier un certain bien-être à cette catégorie si honorable d'officiers ; l'améliiiration du logement en devrait être une, aussi trois chambres dont deux à fuu et une cuisine seraient-elles un minimum dont on ne devrait point s'écarter.

En fait, dans beaucoup de logements militaires, les capitaines sont mis en possession de locaux plus vastes que ceux qui leur sont attribués par le règlement, mais cet usage devrait se transformer en prescription; elle entraînerait naturellement une augmentation de l'indemnité représentative de logement, qui fixée actuellement à 30 francs par mois, est absolument insulfisanie mènie dans les plus njudestes villes de France.

II. Sous-Officiers. — Les sous- officiers sont logés dans des chambres absolument semblables à celles de la troupe, avec celte seule dilTérence (|u'il est accordé à chacun d'eux, pour placer leurs bagages, un déveloi)pement de place double de celui (ju'on donne au simple soldit (article hi du Règlement). Il est placé en outre, dans la chambre de chaque sergent-major ou maréchal des logis chef, un râtelier pour six armes, un développement de planches à bagage suffisant pour porter les bagages de douze hommes (en raison de ceux des hommes absents qu'il doit conserver) et une table à tiroir fermant à clef.

Les chambres destinées aux sous-officiers sont naturellement soumises aux mêmes règles hygiéniques (juc celles des hommes, il est alloué 12 mètres

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cubes par sous-oflicier; cepeiulant on devrait introduire dans ces cliambres certains aménagements spéciiiux que juslilient le grade et les services de ces militaires. On s'accorde généralement à dire qu'il faut améliorer leur situation, les relever aux yeux de la troupe; il faut encore, plus que pour les simples soldats, leur faciliter les moyens de travail ; il est donc logique de leur donner, comme à ces derniers, une armoire, mais de dimensions un peu plus vastes, une table pour deux, des tabourets ou des chaises, un éclairage suflisant pour lire et écrire. Le chauffage de ces pièces, actuellement exécuté au moyen des poêles, pourrait admettre des cheminées ventilatrices à foyer ouvert, autour duquel les sous-officiers passeraient leurs soirées en causant ou en travaillant. On leur procurerait ainsi un intérieur un peu agréable, et ils seraient alors moins tentés de le déserter pour se confiner dans les cantines ou les cafés, comme trop d'entre eux sont portés à le faire.

Les engagés conditionnels d'un an sont soldats comme leurs camarades, mais on exige d'eux un travail spécial, des études théoriques relativement étendues; on pourrait donc leur allouer, par série de dix ou douze, une chambre chauffée, éclairée et pourvue de tables de travail. Pour le couchage et le service en général, ils reviendraient prendre place dans la chambrée commune.

(certains sous-ofFicicrs ont droit à un logement indépendant, tels sont les adjudants, vaguemestres, tambours -majors, moniteurs généraux, brigadiers-fourriers d'état-fnajor, le garde magasin d'habillement, etc., le règlement leur alloue 12 à 16 mètres cubes. Destinés à des hommes non mariés, ces logements ne comportent pointun ameublementspécial, il peut ôAre semblable à celui que nous réclamons pour les autres sous-officiers, mais les dimensions de la pièce doivent être suffisantes, la ventilation assurée; 30 à hO mètres cubes ne sont pas de trop, lorsque du reste il existe un orifice d'évacuation pour l'air vicié.

in. Enfants de troupe. — L'institution des enfants de troupe n'est vraisemblablement pas destinée à persister, au moins dans sa forme actuelle; le service obligatoire, le maximum de vingt-cinq ans imposé aux sousofficiers, de vingt-neuf ans aux simples soldats, feront sans doute disparaître en quelques années la catégorie des militaires mariés. Dans tous les cas, il ne semble pas nécessaire d'affecter à ces enfants des locaux à disposition spéciale; néanmoins, on aura soin de leur choisir une chambre particulièrement bien aérée, baignée par le soleil, on les accumulera un peu moing

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