BACTÉRIES PAR CM3 CONTENUES
Dans l’eau brute de Seine prise au barrage de Suresnes.
Dans l’eau filtrée prise dans la conduite de départ du réservoir.
Moyenne de l'année 1906 238 305
Moyenne de l’année 1909 (jusqu’à
fin d’août) . . 124 887
Ainsi que le montre le tableau ci-dessus, l’élimination des bactéries dépasse 99,97 p. 100.
Ces résultats semblent être plus le fait -des préfiltres que celui des dégrossisseurs. A la partie profonde de ceux-ci en effet s’accumulent des boues chargées de matières organiques qui au bout d’un certain temps souillent l’eau au lieu de la purifier1 *.
Système Anderson. — Le système Anderson est le trait d’union entre ce genre de filtres et celui dit à filtration rapide.
Pour remplir le même but queceluique s’étaitproposé MM.Puech
Fig. 29. — Coupe d’une installation filtrante. Système Anderson. — B. Revolver mû d’un mouvement de rotation dans lequel se fait le brassage de l’èau avec le fer. — C. Cascade où se produit l’aération et la transformation des sels ferreux en sels ferriques insolubles; B.D. Bassin de décantation; B. P. Préfiltre; B. F. Bassins de sable filtrants.
et Ghabal, c’cst-à-dire pour ne livrer aux bassins de sable qu’une eau déjà en partie épurée, on a pensé ici réaliser la première épuration, en hâtant la précipitation des impuretés des eaux brutes par le brassage avec des fragments de fonte pendant cinq minutes dans de grands cylindres horizontaux, tournant lentement autour de leur axe. Une certaine quantité de métal entre en dissolution : 500 grammes à 3 kilogramme pour I 000 mètres cubes d’eau. Les matières organiques et l’acide carbonique dissous dans l’eau attaquent le fer métal-
1. Marchadier, Projet (l’épuration d’une eau de rivière, Revue pratique d’hygiène
municipale, oct. 1909, p. 457.
lique et le transforment en carbonates ferreux et composés organométalliques solubles.
L’eau sort du cylindre en cascade, de façon à permettre une aération énergique qui transforme les sels ferreux en composés ferriques insolubles ; ceux-ci se précipitent dans les bassins de décantation ménagés à cet effet, entraînant par une sorte de collage : substances argileuses, organiques et microbiennes. L’eau ainsi épurée est alors dirigée sur des bassins de sable.
Outre les essais d’Anvers, l’appareil Anderson a été appliqué à Gouda (Hollande), 1886; àDoordrecht, sur l’eau de laMerwede, 1887; et Ostende, sur l’eau du canal de Bruges, 1887; à Paris, sur l’eau de Seine prise au quai de Grenelle; à Berlin, sur l’eau de la Sprée. La Compagnie générale des eaux en a fait des installations à Boulognesur-Seine pour le traitement de 5 000 mètres cubes par jour d’eau de Seine (1890-1892) ; puis dans les usines de Choisy-le-Roi (8 000 mètres cubes); de Neuilly-sur-Marne (7 000 mètres cubes); de Nogentsur-Marne (7 000 mètres cubes) ; enfin, à Villefranche-sur-Mer (15 000 mètres cubes).
Filtres rapides dits filtres américains' . — Schématiquement, ce filtre se compose de deux cuves : une cuve extérieure E et une cuve intérieure I. La cuve intérieure I est remplie de sable S : elle n’est ni aussi large, ni aussi haute que la cuve E, son fond cependant la déborde de façon à s’adapter d’une manière si parfaite au pourtour intérieur de la cuve E, que l’eau ne peut passer entre les joints.
Les cuves ainsi disposées délimitent entre elles deux espaces : un premier espace inférieur compris entre la face inférieure du fond de la cuvel et la face supérieure du fond de la cuve E; cet espace est le bassin de décantation.
Le second espace, délimité entre les deux cuves, est un espace annulaire compris entre la face extérieure du pourtour de la cuve I et la face intérieure du pourtour de la cuve E.
Supporté par la cuve E, on voit en M un fort madrier; à celui-ci est solidement fixé un axe métallique A, autour duquel peut tourner une roue dentée D supportant quatre bras en croix B. Ces bras métalliques, dont deux sont visibles sur la figure 30, supportent appendus à eux-mêmes de légères tiges métalliques T, disposées sur les bras comme les dents d’un peigne et munies d’articulations à rotule, ce qui leur permet de rester rigides quand la roue D tourne dans le sens en. avant; quand la roue D tourne dans le sens en arrière, les tiges, par suite de la résistance du sable dans lequel elles sont enfouies, se
1. Lacomme, L’épuration des eaux par les filtres à sable dits Américains, R. H., 1905.
ÉPURATION DE L’EAU DE BOISSON
replient et se placent presque horizontalement à la surface du sable.
Placé au milieu de la cuve I en entourant l’axe A est une conduite C dont l’extrémité supérieure s’élève légèrement au-dessus du niveau du sable S, cette conduite descend jusque dans le bassin de décantation où elle se termine par un coude qui, relié à l’axe A, tourne avec
lui. Le sable employé est de préférence du sable en grains polyédriques de un demi-millimètre de diamètre.
Sur le fond de la cuve I est tout un système de tuyauterie en fonte F sur le détail de laquelle nous n’insisterons pas; tous ces tuyaux de premier, second, etc., ordre, se réunissent en deux troncs principaux P' P" qui, se confondant, forment le tuyau P.
Les cuves communiquent avec l’extérieur au moyen de 6 vannes : la vanne 1 amène l’eau que Ton veut filtrer; la vanne 2 sert à vider le bassin de décantation ; la vanne 3 communique avec un réservoir d’eau filtrée ; la vanne 4 est en communication avec un réservoir qui contient soit de l’eau naturelle, soit de l’eau filtrée; la vanne 5 con-
Lemoine. — Traité d’hyg. milit. 20
duit beau filtrée dans le réservoir d’où elle sera distribuée; enfin, la vanne 6 fait communiquer l’espace annulaire avec l’extérieur. Les vannes 2 et 6 communiquent avec l’égout. A la conduite correspondant à la vanne 5 est annexé un appareil appelé « controller » (7) par les constructeurs et servant à régler la vitesse de filtration suivant les besoins. Un autre appareil, annexé à la conduite, correspondant à la vanne 1, règle l’arrivée de l’eau à filtrer de façon à ce que celle-ci n’arrive pas plus rapidement qu’elle ne s’écoule. Enfin, un appareil permettant de stériliser la couche de sable au moyen de la vapeur est annexé à ce filtre.
Comme on le voit par la description de ce filtre, l’eau passe à travers le sable par la seule action de la pesanteur.
Ce modèle, que l'on peut voir en détail, est dit « Jewell Gravity fîlter ».
On a agité la question de savoir si les bassins de sable devaient être ouverts ou fermés. Les bassins ouverts auraient l’avantage d’utiliser faction de la lumière et de l’oxygène en favorisant le développement des algues vertes à chlorophylle. D'autres pensent qu’il vaut mieux les couvrir pour éviter justement le développement trop considérable des algues qui finissent par mourir et deviennent alors le siège de phénomènes de putréfaction. Avec les bassins couverts disparaît aussi l’inconvénient de la gelée, et de réchauffement produit par le soleil, qui favorise le développement des espèces microbiennes. La question n’est pas encore tranchée, mais il semble rationnel d’admettre qu’il y a plus d’inconvénient à les laisser ouverts, l’action microbicide de l’oxygène développé par les plantes à chlorophylle étant peut-être compensée par les phénomènes de putréfaction dont elles sont trop souvent le point de départ. La chose est si plausible qu’en pratique on cherche actuellement à se débarrasser des algues qui encombrent souvent les bassins filtrants.
Le fonctionnement des bassins de sable en général semble donner de bons résultats. La ville de Paris les a utilisés pour purifier les eaux de la Marne (Saint-Maur), de l’Oise et de la Seine (Ivry) de façon à subvenir à l’insuffisance des eaux de source et à prévoir l’alimentation de la ville au cas où les eaux de sources viendraient -à manquer, en cas de guerre par exemple l. Les analyses faites comparativement pendant le quatrième trimestre de l’année 1903 indiquent une teneur microbienne moindre dans les eaux de la Seine et de la Marne filtrées que dans les eaux de source. Tandis que la Seine contient 298 microbes par centimètre cube et la Marne 975,