Keim, Éqwpement et habillement de l'infanterie
ÉQUIPEMENT DU SOLDAT
La connaissance de celui-ci est donc la base d’appréciation qui doit guider tout hygiéniste appelé à se prononcer sur la valeur de l’équipement militaire, comme sur celle des différentes transformations qu’on peut lui faire subir.
A. — Centre de gravité du corps. — Le centre de gravité du corps est à vrai dire essentiellement mobile, étant fonction des courbures de la colonne vertébrale elle-même, qui se modifient sous l’influence du moindre écart de la position de repos.
C’est ainsi que, dans la marche et les exercices, l’inclinaison de la surface du sol sur laquelle se meut le corps, occasionnent des pertes d’équilibre momentanées, corrigées immédiatement et pour ainsi dire instinctivement par des mouvements correcteurs et spontanés.
La respiration et la circulation du sang mêmes déplaceraient ce centre suivant les expériences de Mosso1.
Aussi a-t-on cherché à le déterminer en prenant pour base la position du repos. Des nombreuses recherches faites à ce sujet il résulte que le centre de gravité, dans la position de repos, tombe en un point situé sur la bissectrice de l’angle formé par les deux pieds appuyant sur le sol, les talons accolés l’un à l’autre et les régions antérieures écartées, de façon à former un angle de 45° environ.
Ce point correspond au niveau de l’union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs des pieds.
B. — Façon de porter la charge. 1° Sac dorsal. — L’homme porteur du sac dorsal a son centre de gravité reporté très en arrière, l’équilibre du corps est détruit. Pour obvier à ce grave inconvénient, on a placé deux cartouchières à la partie antérieure de l’abdomen. Or, ces deux masses ont leur centre de gravité situé très près de celui du corps : elles ne compensent donc pas la projection en arrière produite par le sac. De plus, par suite d’un arrimage défectueux, le sac descend et en même temps se détache du corps par son bord supérieur, reportant ainsi le centre de gravité encore [dus en arrière.
Pour rétablir l’équilibre, l’homme se penche en avant et contracte fortement ses pectoraux et ses grands droits abdominaux, organes si nécessaires à l’accomplissement des fonctions respiratoires. On conçoit dès lors facilement quels troubles peuvent apporter leur immobilisation et la simple limitation de leur action.
L’obstacle apporté au libre jeu de la cage thoracique entraîne une diminution dans l’apport d’oxygène aux poumons et dans l’expulsion de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau, d’où une dépuration incomplète de l’organisme. Ces troubles ne tardent pas à restreindre